Qu’est ce qu’on mange

Difficile de trouver au quotidien un grand renouveau culinaire. Non pas que la Chine manque de créativité, je pense même le contraire et que c’est certainement la cuisine la plus variée au monde (j’assume la prise de position « radicale », c’est mon esprit « bonnet rouge »……ou pas!). Le quotidien aidant, on se contente de manger les plats que l’on apprécie le plus, généralement à un tarif qui défie toute concurrence. Les découvertes culinaires se faisant désormais plus fortuitement, ou bien à l’occasion d’une soirée dans un « grand » restaurant (en opposition au bui-bui local) ; parfois c’est aussi le fait d’avoir oublié de prendre une photo du plat que j’ai immédiatement englouti, sitôt servi.

Je vais donc vous parler d’un plat encore typiquement chinois mais qui se décline selon plusieurs saveurs. Il s’agit du porridge chinois, aussi appelé congee ou 粥 (Zhou). La base de ce gruau est le riz, bouilli pendant un certain temps de sorte que le bouillon s’épaississe sous l’effet de l’évaporation de l’eau et de l’amidon contenu dans le riz. Pour faire simple : on dirait un bol de vomi (voilà, je l’ai dit). Mais la comparaison se limite à la simple texture, car gustativement c’est un pur délice. Tantôt relativement épais et salé, le 粥 (Zhou) peut être tout autant plus liquide et privilégier le sucré. Il y’en a de toutes sortes mais ma description n’en retiendra que 2, les plus courants et consommés.

皮蛋瘦肉粥 (Pi Dan Shou Rou Zhou) : Congee à la viande maigre et aux œufs de cent ans.

On reste sur une base de riz blanc, avec un bouillon très très épais. A ceci s’ajoute donc des tranches de porcs maigre qui ont cuits dans le bouillon (sans gras, ni os), ainsi que des morceaux d’oeuf de « Cent ans ». Ce dernier est un oeuf de canne « conservé dans un mélange de boue riche en chaux, de paddy (riz non décortiqué), de cendre, de sel et de feuilles de thé pendant quelques semaines ou quelques mois, selon la méthode de préparation. Le jaune d’œuf devient vert foncé et de texture crémeuse avec une forte odeur de soufre et d’ammoniac, tandis que le blanc devient brun foncé et translucide comme une gelée, mais avec peu de saveur. » (Source : Wiki).

Si, si, "Miam Miam!"

Si, si, « Miam Miam! »

Je ne me battrais pas avec la majorité de mes lecteurs (si nombreux sont-ils…merci public!), il faut juste gouter en passant le cap psychologique du « œuf pourri », car ça n’a strictement pas d’odeur et encore moins la saveur d’un oeuf pourri. C’est au contraire très bon.

Ajoutez à cela des tranches d’oignons, quelques feuilles de coriandre et de la ciboulette, et le résultat est au rendez-vous.

Et pour ce qui est du 粥 (Zhou), la dernière qui m’a été donné l’occasion d’en consommer, c’était à 上海 (Shanghai) pendant la fameuse « Golden Week » (ici, puis là, ici aussi et enfin là.) Bon le tarif de 20Y (2,50€) m’a paru un brin excessif mais ça valait le coups.

皮蛋瘦肉粥

皮蛋瘦肉粥

 

八宝粥 (Ba Bao Zhou) : Le congee aux 8 trésors

Dénomination plus poétique pour parler d’un 粥 à la saveur plus sucrée (carrément même!) puisque l’on se retrouve avec un gruau de riz complété de miel, de sucre de canne mais aussi de noisettes, d’amandes entières, de jujubes sèches. Pour ce qui est de la recette, vous pouvez jeter un oeil par ici, mais je pense qu’il y’a autant de 八宝粥 (Ba Bao Zhou) que de gens qui en préparent : chacun à son ingrédient secret.

Le 八宝粥 (Ba Bao Zhou) est servi en même temps que tous les plats et fait office de « soupe ». Pas de distinction donc entre les plats salés et le 粥 (Zhou) comment cela se retrouve plus traditionnellement dans la gastronomie occidentale (et mon père qui me reproche de manger mon camembert en même temps que le couscous fait maison, là , il ne peut plus rien dire!).

Plus « chiche » en ingrédients nobles, le 八宝粥 est donc moins cher mais pas moins bon pour autant. Moins roboratif par sa texture plus fluide et ses ingrédients moins gras, vous pourrez en trouver de délicieux entre 4Y et 10Y (moins d’1€ dans tous les cas). Je ne m’en lasse pas.

A la recherche des 8 trésors!

A la recherche des 8 trésors!

Quoiqu’il en soit, il existe plein d’autres sortes de 粥, certains très dilués plus proches de la soupe comme le 稀饭 (Xi Fan) est particulièrement servi en cantine par sa facilité d’élaboration et sont faible coût en matière première. Mais parfois, on croirait boire de l’eau chaude épaisse.

 

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6 réflexions sur “Qu’est ce qu’on mange

  1. Peux-tu me dire de quelle sorte de riz il s’agit? Du long, du rond? du parfumé? du glutinous (comme disent les british) ou de tout autre riz non encore parvenu sur le continent européen.
    Eh, oui, il y a riz et riz….

    Bises

    • Si je vous dis « Riz à la con », ça vous aide ? hihihih! Du riz long basique. Le secret est dans la cuisson (presque plus d’une heure) jusqu’à la bouillon s’épaississe est atteigne la consistance souhaitée 🙂

  2. Merci Guigui pour ces quelques recettes, mais malheureusement les jolies photos et descriptions appétissantes n’ont pas pu me convaincre. Une bonne soupe aux potirons et à la crème voilà qui me plait un tantinet plus que ces. ….. (à toi de remplir selon ton humeur) 粥 et 稀饭.

  3. J’espère que tu compulses sérieusement tes chroniques culinaires car cela pourrait franchement faire l’objet d’un bouquin à terme… BRAVO pour ces billets plein de saveur. Biz, cricri

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