La visite du village de 袁家村 (Yuan Jia Cun)

Une fois n’est pas coutume, l’Université a organisé il y’ a 15 jours, une sortie qui sort un peu des sentiers battus. J’entends par là : nous ne sommes pas allés visiter l’armée de soldats en terre cuite (兵马俑 – Bing Ma Yong) pour la énième fois ou encore les remparts de la ville. Non, cette fois-ci, nous sommes allez visiter un village qui se situe non loin de Xi’an (西安), à une soixantaine de kilomètres à l’Ouest et communément appelé, la « Lijiang (丽江) » du Shaanxi (陕西) (en référence à la vieille ville de Lijiang dans le Yunnan, classée à elle seule Patrimoine de l’Unesco).

Bon, autant vous dire tout de suite que c’est tout de même un cran au dessus, ne serait-ce que par ce village est classé par le ministère du tourisme chinois « AAA » et que le classement Unesco équivaut à « AAAAA ». Néanmoins, le village est loin d’être dénué de charmes et recoins pittoresques, c’est peu de le dire.

Le village de 袁家村 : paradis des gourmets

Après une bonne heure de car, nous arrivons aux portes du village de 袁家村 (Yuan Jia Cun) et ses 400 âmes.

Entrée du village

Entrée du village

Évidemment, comme tout site touristique chinois, celui-ci porte les stigmates de la « reconstruction » et autre modernisations en tout genre. Conscient de l’attrait touristique de ce petit bourg, on se croirait presque dans un mini Disney Land et les habitants ne font rien pour dissiper l’illusion. Mais bon, on s’y fait et le charme rustique est toujours vivace. Preuve en est, je tombe avec surprise nez à nez avec la boutique d’un apothicaire chinois ; les traditions demeurent.

Herboristerie traditionnelle chinoise

Herboristerie traditionnelle chinoise.

Le tour du village se fait en moins d’une bonne demi-heure et se résume en une successions d’échoppes, toutes dédiées aux spécialités locales. Là, des pieds de cochons en saumure, ici, des pâtes de sarrasin en bouillon vinaigré, là-bas des yaourts faits maison, par ici, des scorpions séchés. Bref, un paradis pour le gastronome que je suis, n’hésitant pas à prendre un deuxième petit déjeuner à 10h du matin avec une de mes professeur de chinois.

DSC07569Même si l’illusion fausse de modernité joue le rôle de verni, ce dernier craque vite au contact de la population et des savoirs faire ancestraux avec lesquels les différents mets son confectionnés. J’en veux pour preuve le séchage de pâtes de blé ainsi que la confection de pâte de riz.

"Chérie, je pose les pâtes là"

« Chérie, je pose les pâtes là »

Le tour du village bouclé, direction un site qui nous permettra d’observer le paysage depuis les hauteurs du bourg ou 县(Xian).

Le tombeau de 昭陵 (Zhao Ling)

Comme de nombreux tombeaux d’Empereurs chinois, celui-ci est dit « ouvert » et est à flanc de colline. Zhao ling était le 2nd Empereur durant la Dynastie Tang, une des plus rayonnantes et des plus puissantes en terme culturel notamment (618-907 après JC). Cet Empereur est aussi communément appelé Tai Zong. L’entrée du site est payante et il me semble que le ticket était de 20Y (2€60 au 18/11/2014)…gracieusement à notre charge (manquerait plus que l’Université paye pour nous en plus….).

Entrée du tombeau

Entrée du tombeau

Rien à dire de plus, si ce n’est que ce site vaut avant tout le détour si l’on souhaite crapahuter sur la petite colline derrière et qui donne accès à une vue panoramique de la vallée. Spectacle assez plaisant au demeurant, bien que l’on aperçoive  très facilement l’anneau de pollution qui enserre complètement la région, et son contraste avec le ciel bleu de la journée est particulièrement édifiant. Néanmoins, cela n’enlève rien au charme du site, et en fin octobre on se serait presque cru en début de période estivale en catalogne française. Rien que pour ça, je ne regrettais pas mon déplacement.

"La ceinture empoisonnée"

« La ceinture empoisonnée »

Le musée de 昭陵

Dernière étape de notre escapade scolaire, le musée entièrement dédié au dit Empereur. Qui dit culture et musée dit forcément moins de visiteurs, et nous étions donc les seuls à visiter ce musée en apparence à l’abandon. Là aussi, un ticket d’entrée vous sera réclamé pour la modique somme de 25Y (2€8).

Le musée en soi ne paye pas de mine mais il présente certaines sculptures, d’animaux notamment, dont la qualité de conservation laisse pantois…à moins que cela soit des reproductions (on m’aurait menti ?). Là aussi, je ne saurais quoi dire, car c’est typiquement le genre de musée dont vous ne profiterez pas des richesses si vous n’êtes pas accompagné d’un guide compétent.

DSC07604Je précise compétent, car nous avons effectivement bénéficié des services d’un guide mais qui nous a fait la visite « à la chinoise« ; c’est à dire : au pas de course, en criant dans un haut parleur miniature et sans nous laisser le temps d’admirer les différentes collections. Mes camarades Kazakhs et autres Tadjiks ne s’étaient même pas donnés la peine de venir écouter, et le peu qui comme moi essayaient de comprendre, étaient littéralement noyés dans le flots des références culturelles et historiques complètement absconses pour les non initiés. Rajoutez à cela que malgré mes 2 années d’étude de chinois intensif, j’ai du comprendre pour à peine 10% de son blabla, j’étais un peu énervé sur la fin. Mais bon, le plaisir des yeux était dominant.

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Qu’est ce qu’on mange (de bon matin en Chine)

Aujourd’hui, peu de blabla, tout se résume à une vidéo et une image. Toutefois, il convient de s’imaginer la place du petit déjeuner en Chine, et surtout son lieu de consommation principal : la rue.

Les personnes fraichement arrivées en Chine ont du être étonnées du nombre de vendeurs de rue, de petits boui-boui à roulettes, prompts à vous proposer de multiples « snacks » : de la crêpe fourrée à la saucisse grillée, des petits pains fourrés (包子 – Bao Zi) aux brochettes de touffu pimenté. Il y en a pour tous les goûts. Là où en France on a plutôt tendance à prendre notre petit déjeuner chez soi ou bien à l’abri d’un troquet, les Chinois semblent suivre une autre voie, galopant toujours derrière un Temps qui leur échappe.

La rue est donc le principal lieu de ce théâtre gastronomique, et je ne compte plus le nombre de voiturettes qui encerclent l’entrée et la sortie du métro de bon matin, et ce entre 6h et 9h00 du matin. Le tout servi à une vitesse qui ferait pâlir n’importe quelle enseigne de fast-food.

Pour l’hygiène, vous repasserez! Même si on aperçoit quelques timides gants en plastiques enserrant leurs mains laborieuses, tout se fait naturellement « à l’ancienne« ! Et puis merde, on n’a qu’une vie bon sang! Je ne le répèterais jamais assez (et même si cela peut être une exception), en 2 ans de vie en Chine, je n’ai jamais eu la moindre intoxication alimentaire, alors que je mange minimum 1 fois par jour dans un boui-boui miteux.

Un de ces matins qui me mènent, le pas lent et embrumé, vers l’université j’ai décidé de déguster en 2 minutes une spécialité du Nord-Est de la Chine, le 山东 (Shan Dong – la patrie de Confucius 孔子) : la crêpe fourrée dites 煎饼果子 (Jian Bing Guo Zi). La garniture ? Un peu de fanes d’oignons et de ciboulettes, de la laitue, une cuillère d’une sorte de pâte de soja, de la pâte pimentée, de la pomme de terre rappée cru, un œuf et une gaufrette craquante (un véritable Gloubi-boulga en fait). Mais le plus impressionnant, c’est encore la vitesse d’exécution et la dextérité du cuistot. Voyez par vous même, il vous en coutera 4Y (0,50€)

Et le résultat, le voici

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