La visite du village de 袁家村 (Yuan Jia Cun)

Une fois n’est pas coutume, l’Université a organisé il y’ a 15 jours, une sortie qui sort un peu des sentiers battus. J’entends par là : nous ne sommes pas allés visiter l’armée de soldats en terre cuite (兵马俑 – Bing Ma Yong) pour la énième fois ou encore les remparts de la ville. Non, cette fois-ci, nous sommes allez visiter un village qui se situe non loin de Xi’an (西安), à une soixantaine de kilomètres à l’Ouest et communément appelé, la « Lijiang (丽江) » du Shaanxi (陕西) (en référence à la vieille ville de Lijiang dans le Yunnan, classée à elle seule Patrimoine de l’Unesco).

Bon, autant vous dire tout de suite que c’est tout de même un cran au dessus, ne serait-ce que par ce village est classé par le ministère du tourisme chinois « AAA » et que le classement Unesco équivaut à « AAAAA ». Néanmoins, le village est loin d’être dénué de charmes et recoins pittoresques, c’est peu de le dire.

Le village de 袁家村 : paradis des gourmets

Après une bonne heure de car, nous arrivons aux portes du village de 袁家村 (Yuan Jia Cun) et ses 400 âmes.

Entrée du village

Entrée du village

Évidemment, comme tout site touristique chinois, celui-ci porte les stigmates de la « reconstruction » et autre modernisations en tout genre. Conscient de l’attrait touristique de ce petit bourg, on se croirait presque dans un mini Disney Land et les habitants ne font rien pour dissiper l’illusion. Mais bon, on s’y fait et le charme rustique est toujours vivace. Preuve en est, je tombe avec surprise nez à nez avec la boutique d’un apothicaire chinois ; les traditions demeurent.

Herboristerie traditionnelle chinoise

Herboristerie traditionnelle chinoise.

Le tour du village se fait en moins d’une bonne demi-heure et se résume en une successions d’échoppes, toutes dédiées aux spécialités locales. Là, des pieds de cochons en saumure, ici, des pâtes de sarrasin en bouillon vinaigré, là-bas des yaourts faits maison, par ici, des scorpions séchés. Bref, un paradis pour le gastronome que je suis, n’hésitant pas à prendre un deuxième petit déjeuner à 10h du matin avec une de mes professeur de chinois.

DSC07569Même si l’illusion fausse de modernité joue le rôle de verni, ce dernier craque vite au contact de la population et des savoirs faire ancestraux avec lesquels les différents mets son confectionnés. J’en veux pour preuve le séchage de pâtes de blé ainsi que la confection de pâte de riz.

"Chérie, je pose les pâtes là"

« Chérie, je pose les pâtes là »

Le tour du village bouclé, direction un site qui nous permettra d’observer le paysage depuis les hauteurs du bourg ou 县(Xian).

Le tombeau de 昭陵 (Zhao Ling)

Comme de nombreux tombeaux d’Empereurs chinois, celui-ci est dit « ouvert » et est à flanc de colline. Zhao ling était le 2nd Empereur durant la Dynastie Tang, une des plus rayonnantes et des plus puissantes en terme culturel notamment (618-907 après JC). Cet Empereur est aussi communément appelé Tai Zong. L’entrée du site est payante et il me semble que le ticket était de 20Y (2€60 au 18/11/2014)…gracieusement à notre charge (manquerait plus que l’Université paye pour nous en plus….).

Entrée du tombeau

Entrée du tombeau

Rien à dire de plus, si ce n’est que ce site vaut avant tout le détour si l’on souhaite crapahuter sur la petite colline derrière et qui donne accès à une vue panoramique de la vallée. Spectacle assez plaisant au demeurant, bien que l’on aperçoive  très facilement l’anneau de pollution qui enserre complètement la région, et son contraste avec le ciel bleu de la journée est particulièrement édifiant. Néanmoins, cela n’enlève rien au charme du site, et en fin octobre on se serait presque cru en début de période estivale en catalogne française. Rien que pour ça, je ne regrettais pas mon déplacement.

"La ceinture empoisonnée"

« La ceinture empoisonnée »

Le musée de 昭陵

Dernière étape de notre escapade scolaire, le musée entièrement dédié au dit Empereur. Qui dit culture et musée dit forcément moins de visiteurs, et nous étions donc les seuls à visiter ce musée en apparence à l’abandon. Là aussi, un ticket d’entrée vous sera réclamé pour la modique somme de 25Y (2€8).

Le musée en soi ne paye pas de mine mais il présente certaines sculptures, d’animaux notamment, dont la qualité de conservation laisse pantois…à moins que cela soit des reproductions (on m’aurait menti ?). Là aussi, je ne saurais quoi dire, car c’est typiquement le genre de musée dont vous ne profiterez pas des richesses si vous n’êtes pas accompagné d’un guide compétent.

DSC07604Je précise compétent, car nous avons effectivement bénéficié des services d’un guide mais qui nous a fait la visite « à la chinoise« ; c’est à dire : au pas de course, en criant dans un haut parleur miniature et sans nous laisser le temps d’admirer les différentes collections. Mes camarades Kazakhs et autres Tadjiks ne s’étaient même pas donnés la peine de venir écouter, et le peu qui comme moi essayaient de comprendre, étaient littéralement noyés dans le flots des références culturelles et historiques complètement absconses pour les non initiés. Rajoutez à cela que malgré mes 2 années d’étude de chinois intensif, j’ai du comprendre pour à peine 10% de son blabla, j’étais un peu énervé sur la fin. Mais bon, le plaisir des yeux était dominant.

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Les vestiges d’une Chine qui disparait : Pingyao (平遥)

Sous ce titre éminemment pompeux, je profite surtout de l’occasion pour vous présenter l’une des mes villes préférée en Chine. Il s’agit de Pingyao (平遥 Ping Yao), petite ville nichée dans la région du Shanxi (山西 – Shanxi), région attenante à celle où je réside….le Shaanxi (陕西). Vous ne voyez toujours pas ?

A l’occasion de la venue de ma mère et de deux amies en Chine, courant mai 2014, j’ai fortement orienté le planning des visites afin que nous fassions une excursion d’un jour dans cette cité médiévale où le temps semble s’être suspendu depuis plusieurs centaines d’années ( 400 ans, au bas mots), notamment dans la vieille ville.

Étant donné que nous étions à Pékin (北京- Beijing) à ce moment là, il m’a paru pertinent de rejoindre Xi’an par voie ferrée, en faisant une étape à Pingyao (平遥 – Ping Yao) puisque c’est sur le chemin. Allez zou, on prend le train de nuit, histoire d’arriver le lendemain très tôt le matin à Pingyao.

10h après (moi j’ai bien dormi, comme d’hab, pour ce qui est des autres….^^), nous y sommes! Une consigne officielle se trouve à votre gauche, directement en sortant de la gare. Très pratique sauf pour les horaires de fermeture…17h ! Quand tu reprends le train pour Xi’an (西安 – Xian) le soir même à 21h, ça fait un peu…comment dire…CHIER! Mais bon, ça ne coûte pas plus de 10Y (1,2€) par bagage et le personnel est sympathique (bien qu’empoté). Direction la vieille ville!!!

Info : en sortant de la gare, dos à celle-ci, dirigez vous sur l’artère principale à votre gauche puis engagez-y-vous sur environ 300-400 mètres. Ensuite, prenez l’artère sur votre droite qui longe directement les douves (asséchées) de la vieille ville (sur votre gauche). Continuez 200 mètres, et l’une des porte principale (La Porte Ouest – Fengyi) est sur votre gauche.

La vieille ville de Pingyao (平遥), une image d’Épinal à elle-seule.

Pour sûr, on en a pour ses yeux. Si je me souviens bien (ou plutôt, si je lis bien dans Wikipedia….désolé…), la ville n’a pas été modifiée depuis la fin de la Dynastie Ming, soit depuis 1644. La vieille ville est en effet encerclée par un mur d’enceinte quasiment intact, couplé à de nombreuses tours de garde. Comme à Xi’an, il est tout à fait possible de s’y promener et d’en faire le tour….contre la modique somme de 120Y ( 8€)! Hé oui, c’est aussi ça la Chine : l’art de te faire cracher au bassinet la visite d’un site touristique quand bien même celui-ci est une ville entière. Donc 120Y (demi-tarifs pour les grabataires de plus de 65 ans) pour crapahuter sur les remparts, mais pas seulement. Ce ticket d’entrée vous donne accès aussi aux différents bâtiments officiels : poste, bureau de douane, centre de la monnaie… . Autant d’endroits bourrés d’histoire et qui valent vraiment le coups d’être visités, tant par la beauté de l’architecture intérieure que par l’importance historique qu’ils revêtent malgré la modestie de cette ville : c’était un véritable carrefour commercial incontournable et le plus important centre bancaire de toute la Chine au XIX siècle.

Remparts vus de l'intérieur de la ville

Remparts vus de l’intérieur de la ville

Véritable bijou historique, la vieille ville a entièrement été classée Patrimoine de l’UNESCO en 1997. Le plaisir principal étant donc d’y déambuler et 2 jours de visites ne seront vraiment pas de trop pour explorer les petites ruelles, tellement typiques. On se croirait presque dans « Tigres & Dragons« .

DSC07317Mais Pingyao (平遥) n’est pas une simple ville musée puisque de nombreuses familles y vivent, et vivent du commerce touristique particulièrement développé (voire à l’écœurement). Il n’est donc pas rare de tomber sur ces petites « scènes » du quotidien donc je raffole particulièrement.

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Une école primaire (小学 – Xiao Xue)

Les personnes rencontrées dans les petites ruelles, notamment des personnes âgées, étaient très chaleureuse bien qu’habituées à croiser de nombreux touristes tout au long de l’année. Mon seul regret est que je pense que cette ville va continuer à se transformer jusqu’à devenir un véritable « Disney Land » à ciel ouvert, comparable à Lijiang (丽江) dans le Yunnan (mais nous y reviendrons). Quoi qu’il en soit, j’ai eu le plaisir de converser avec un vendeur de chaussures qui baragouinait un français de cuisine, fort drôle à l’écoute. Nous sommes même tombés sur un théâtre tenu par des personnes de petites tailles qui proposaient un spectacle de marionnettes en ombres chinoises (皮影 – Pi Ying). Ticket d’entrée 80Y (ou 40Y, je ne sais plus, désolé).

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La viande de bœuf, spécialité culinaire de 平遥 (Pingyao)

Je ne pouvais pas ne pas vous parler des spécialités locales. Étant dans la région du Shanxi (山西), les nouilles sont effectivement fameuses. Mais une spécialité culinaire caractérise un peu plus Pingyao (平遥) : les tranches de viandes de bœuf froides arrosées de vinaigre de soja. Comment dire : un pure délice et puis c’est tout! Les restaurants locaux ne s’y sont pas trompés, et vous trouverez cette spécialité sur toute les cartes. N’ayez craintes sur le fait que la viande soit « froide », il s’agit ni plus ni moins que de tranches de rôti.

MIAAAAAAAAMMM!

MIAAAAAAAAMMM!

Enfin, pour ce qui est des spécialités artisanales, je citerais les boites laquées mais là encore, je pense que vous serez obligés de vous laisser un peu « attraper » car je ne saurais me prononcer sur la qualité de la laque employée. Mais ma mère en a acheté une, et semble pleinement satisfaite de son nouveau coffret à bijoux ^^.

Alors n’hésitez vraiment pas à passer à Pingyao (平遥), culturellement et historiquement parlant, cette ville est un pur trésor. Vous trouverez 2-3 auberges de jeunesses très propres et confortables, avec un personnel parlant un anglais très correct. Vous pourrez dormir sur des literies aux contours d’époques (je ne parle pas du sommier, patate -_-!), le tout dans des chambres donnant directement sur les courettes intérieures, typiques des 四合院 (Si He Yuan).  Et si vous n’êtes toujours pas convaincus, j’en connais un qui ne pense pas comme vous:

"J'ai faim!"

« J’ai faim! »

Le nouvel an chinois vu de l’intérieur VI : la visite de 武当山 (Wu Dang Shan – La Montagne Wudang)

Nouvel an ou pas, on ne vient pas à 十堰 (Shiyan) pour rien. A vrai dire, si l’on ne connait personne dans cette région du 湖北 (Hubei), rien ne prédestine à la visite et encore moins à la visite de sa banlieue (modeste). Non, ceux qui se prennent la direction de 十堰 (Shiyan) ont un but principal : visiter la fameuse montagne Wudang (武当山 – Wu Dang Shan).

« Jamais entendu parlé! » me répondrez vous. Je serais tenté de dire « faux!« . Oui, si je vous dis « Tai-chi-chuan » (太极拳 – Tai Chi Shuan) ? Hé bien ce style de combat est originaire du 湖北 (Hubei) et plus précisément, de la Montagne Wudang, et vous avez déjà certainement vu certains chinois pratiquer cet art ancestral, notamment très tôt le matin dans les parcs publics.

Si je vous dis « Tigre & Dragon » ? Le film de Ang Lee qui a fait un carton au cinéma en Europe, et tout particulièrement en France ? Hé bien le héro principal, Li Mu Bai, est issu de l’école de Wudang, véritable pendant de l’école de Shao Lin (少林). Preuve en est en vidéo, ce sont les premiers mots qu’il prononce :

Donc la montagne Wudang (武当山) n’est pas  totalement inconnue dans l’imaginaire européen, même si l’image du Temple de Shaolin (少林寺 – Shao Lin Si) est bien plus vivace. A ce sujet, je me permettrais d’émettre un avis très personnel (Si, j’ai le droit! C’est mon blog après tout!) : ayant visité le Temple de Shaolin il y’a 3 ans, je peux vous assurer que c’est certainement l’une des plus grande arnaque touristique de toute la Chine! Ticket d’entré hors de prix, site de visite des plus indigent, c’est un véritable supermarché du Kung Fu à ciel ouvert, avec prestations d’élèves de Shaolin dans un amphithéâtre etc (même dans « Le plus grand cabaret du Monde » de Patrick Sébastien, on apprécie mieux le spectacle)! Bref, ce site est une honte et je déconseille très vivement la visite, il n’y a vraiment RIEN A VOIR! Mais je m’égare!

Contrairement au Temple de Shaolin, le montagne Wudang (武当山) mérite amplement le détour…

Une visite en pleine période des vacances nationales chinoises

A croire que visiter la Chine en pleine période de vacances nationales est devenu un sacerdoce. L’occasion fait le larron à vrai dire : étant dans les parages de la dite montagne, pourquoi se priver d’aller y jeter un coups d’œil ? De plus, les cours à l’université reprenant le 3 mars 2014, je n’aurais peut être pas d’autre occasion de m’y rendre, alors tant pis pour la foule!

Le site de Wudang se trouve à une quarantaine de kilomètres depuis la ville de 十堰 (Shiyan). L’accès par la route est possible, tout comme l’accès par train puisqu’il y a même une station qui lui est dédiée, à 30 minutes de la station de 十堰 (Shiyan). L’attraction est classée patrimoine de l’UNESCO depuis 1994.

Une fois arrivé sur le site principal, on se trouve en réalité à la base de la montagne et il convient d’acheter un ticket d’accès pour l’ensemble du parc : 246Y (30€) en plein tarif, c’est 146Y (17,50€) pour les personnes âgées et handicapées et 126Y (14,50€) pour les étudiants (still I am ^^). Les locaux peuvent même profiter d’une entrée à 100Y (12€) s’ils présentent une carte spéciale leur donnant accès à de nombreux sites touristiques gratuitement, bien vu! Encore une fois, et c’est l’une de mes principale et récurrente critique à l’égard des sites touristiques en Chine : les tarifs d’accès sont exorbitants au regard du coût global de la vie et des salaires. A 庐山 (Lu Shan), l’entrée plein tarif était à 180Y, à 南京 (Nanjing), l’accès à la Montagne pourpre était de 115Y en plein tarif…

Les tickets achetés, nous devons ensuite prendre un petit bus qui nous mènera à la base du sommet de la montagne, car il n’est tout simplement pas possible de procéder à une quelconque ascension du mont depuis là où nous nous trouvons (à tout le moins, c’est ce qu’il m’a semblé à première vue, le cas échéant n’hésitez pas à me corriger). C’est parti pour une ascension de près de 30 minutes de virages en lacet, largement comparable au trajet Toulouse – Perpignan par Quillan (les amateurs me comprendront).

Les premiers arrêts nous permettent de visiter les anciens bâtiments, succession de temples aux murs ocre et tuiles d’un vert de jade magnifique. Le temps jouait en notre défaveur puisque l’ensemble de la montagne était recouverte d’une épaisse brume d’humidité, qui néanmoins renforçait l’atmosphère mystérieuse, mystique…très « Tigre & Dragon » (c’est de circonstance).

Le Palais du Paradis Violet (rien que ça...)

Le Palais du Paradis Violet (rien que ça…)

Le début de la visite est donc une enfilade (j’ose le mot) de petits temples et de succursales, le tout relié par de très nombreux escaliers, tantôt montants, tantôt descendants. On finit par s’y perdre mais après 2 heures à déambuler dans le brouillard, nous finissons par retrouver la voie principale qui devrait nous permettre d’accéder au sommet, à 5 km. En attendant, plus nous montons, et plus la brume s’épaissit, si bien que les flans de la montagne disparaissent complètement dans une mère de coton ne laissant rien apparaître du vide qui nous entoure.

"Attention à la marche"...

« Attention à la marche »…

« Mon royaume pour un ascenseur »

La foule est nombreuse et le début de l’ascension est loin d’être facile, entre ceux qui ont eu la bonne idée d’amener leurs enfants de 2 ans, sachant à peine marcher, ceux qui ont emmené leurs animaux de compagnie, ceux qui s’arrêtent en plein milieu de l’escalier pour prendre une photo en contre bas…, bref, visiter la Chine avec les chinois, c’est pas toujours gage d’une grande tranquillité d’esprit, mais ça forge indubitablement le caractère et la patience. Le problème étant aussi qu’avec une telle « animation » (热闹 – Re Nao) autour de soi, il est tout simplement impossible de profiter de la quiétude de la montagne Wudang, dommage.

Après une pause bien méritée, nous dégustons notre repas composé de nouilles instantanées ( l’adjonction d’eau bouillante étant facturée 3Y par le commerçant, no comment!), d’œufs durs, de concombres et …d’alcool blanc! (Malédiction!). Il est maintenant grand temps de s’attaquer à l’ascension des 4 derniers kilomètres…et s’annonce assez hard!

La brume se dissipe

La brume se dissipe

Effectivement, coincés entre 2 pics montagneux, nous apercevons de mieux en mieux les flancs grâce à une brume qui disparait soudainement. Les paysages sont magnifiques même si le manteau cotonneux persiste. Cette « aridité » hivernale donne réellement un sens particulier à ces paysages : pas de luxuriance verte mais des cailloux, des arbres sans bourgeons, entourés d’une brume mystérieuse et dévorante. Malgré le boucan généré par les autres visiteurs, la vue est extraordinaire …et ça continue de monter! les escaliers devenant de plus en plus pentus, de plus en plus irréguliers et élevés, c’est rude!

euh....

euh….

Tigre & Dragon

Le dernier kilomètre est le plus difficile, la fatigue s’ajoutant au poids de mon sac à dos plein de victuailles. Après presque 3h30 d’ascension totale, nous parvenons enfin à une grande plateforme donnant accès aux dernières centaines de mètres avant le plus haut sommet. Et là aussi, nous ne sommes pas les seuls, il faut donc faire la queue pendant presque 1h car l’entrée est fractionnée en raison de l’étroitesse des escaliers mais aussi par le fait qu’il faille passer par un tout petit temple pour monter au sommet. Petit temple qui, sans surprise, demandera un sus pour grimper au sommet, à raison de 26Y en plein tarif ou 15Y en demi-tarif (mais pourquoi cela ne m’étonne même plus….)

Nous touchons au but

Nous touchons au but

Après encore 20 minutes d’ascension en rang d’oignons, nous y voilà enfin : le dernier temple au sommet de la montagne Wudang (武当山), et quelle vue magnifique, les images (médiocres!) parlent d’elles-même , il faut le vivre!

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DSC07283La descente en télécabine (ça va, j’en ai bouffé des escaliers!) se fait sans encombre après s’être délesté de la somme de 80Y (10€)  (tarif haute-saison – 60Y en basse saison). La sorti de la station donne obligatoirement sur un centre commercial uniquement composé de boutiques souvenirs avec pour spécialité des épées et autres sabres de combat, des sculpture de jade etc. Pas moyen de passer à côté!

Nous prenons enfin le bus qui nous ramène au parking, et zou « Guigui téléphone maison« , retour à l’hôtel! Journée extraordinaire, riche en paysages mais toute aussi fatigante! La Chine n’en finit plus de me surprendre, et j’en redemande à chaque fois, et vous ?

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NB : n’oubliez pas d’aller visiter (enfin, si ça vous dit….) mes photos supplémentaires sur mon compte Flick’r, en bas à droite  du blog (cliquez « Plus de photos« ), ou en cliquant ici

Le nouvel an chinois vu de l’intérieur V : le D-DAY (et autres disgressions)

C’est bien beau de parler de mon voyage pour 十堰 (Shiyan), de la visite de la ville en question ainsi que du village natal, 鲍峡 (Bao Xia), mais c’est bien du nouvel chinois dont il s’agit. Outre la parenthèse d’une journée de mariage, le jour de la « Fête du Printemps » (春节 – Chun Jie) arrive enfin et il est temps de mettre les petits plats dans les grands.

Les préparatifs

La veille du nouvel an (le 30 janvier 2014 donc), il convient de s’atteler à quelques préparatifs, et notamment, d’assurer le stock de nourriture étant donné que tous les commerces seront quasiment fermés les jours suivants. Pour cela, c’est donc la belle-mère qui se charge de l’intendance et non les « hommes ». Durant ce voyage, mon ami 盼盼 (Panpan) m’a bien fait comprendre la survivance de règles de vie que l’on classerait aisément comme rétrogrades ou sexistes en Europe. Ce n’est pas le cas et les tâches dévolues à chaque « sexe » sont faites de bon cœur et sans atermoient philosophique (de là à s’en satisfaire…mais ce n’est pas le sujet!).

Par exemple, j’avais interdiction absolue d’aider à lever la table après la fin d’un repas : d’une part en raison de mon statut d’invité, et d’autre part parce que c’est aux femmes du foyer de faire ça. Une action contraire ferait inévitablement « perdre la face » à mes hôtes.

Le jour du nouvel an en Chine est aussi un jour plein de petites coutumes, de traditions et autres interdis. Citons en vrac (et cela doit certainement varier selon les régions, les villes, les villages…et les habitants!) : ne pas laver de linge ni le suspendre le jour du nouvel an, ne pas « couper » quelque chose (j’ignore jusqu’où cela peut aller), ne pas laver les fruits et les légumes etc. Cela semble saugrenu, mais malheur à qui ne respecterait pas ces traditions. Je m’y plie de bon cœur et me rends compte que j’ai du linge sale à nettoyer avant le jour fatidique : direction la rivière.

Ce n’est pas que la famille de mon ami ne dispose pas de machine à laver, mais les chinois (pour certains que j’ai rencontré) ne se résolvent pas à nettoyer leurs sous-vêtement avec le reste des vêtements (je ne comprends toujours pas pourquoi) : les deux sont ainsi lavés séparément. Par conséquent, histoire de ne pas mobiliser  deux fois la machine à laver et de « rigoler », je me mets au défi d’aller nettoyer mon linge à la rivière et en tenue de combat, telle une lavandière perdue.

La lavandière improbable

La lavandière improbable

C’est clair, j’ai fait le show ! Mais étonnamment, ça n’a pas étonné plus que ça ma camarade de droite qui elle, nettoyait son persil. Dans une telle situation, je me suis senti soudain pris d’une pensée profonde pour mes grands mères qui se rendaient au lavoir pour faire de même, sauf que ce n’était pas un jeu!

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Une fois cette petite comédie terminée, le repas du midi englouti, il était temps de passer aux choses sérieuses : nettoyer les légumes, viandes et aliments afin d’assurer la pitance des prochains jours sans avoir à les nettoyer . Direction une nouvelle fois la rivière, mais plus en amont…c’est plus propre parait-il….mouais….

Deux paniers pleins de choux y passeront

Deux paniers pleins de choux y passeront

Question propreté, cela reste discutable puisque nous n’étions pas les seuls à avoir vidé poissons et autres poulets dans l’eau croupissantes : la transparence de l’eau laissant apparents tripes et boyaux de nos prédécesseurs.

Le reste de l’après midi sera consacré à la confection des plats ainsi que la préparation des 饺子 (Jiao Zi – raviolis), plat typique pour les festivités du nouvel an.

S’occuper pendant le nouvel an chinois

Après interrogation auprès de 盼盼 (Panpan), je me rends compte que les fêtes du nouvel an chinois ne sont finalement pas si différentes de celles du réveillon de Noël en France: la famille et les amis passent à la maison pour manger et discuter le bout de gras autour d’un repas un peu plus élaboré qu’à l’accoutumé.

La veille, un ami de la famille est passé pour apporter une table automatique de 麻将 (Ma Jiang « Mah Jong »), histoire de faire autre chose que « regarder la télévision » (dixit mon ami…). Grand fan de ce jeu chinois, la variante la plus répandue du 湖北 (Hubei) se joue à 3 et non à 4 personnes. Une famille de tuiles disparait afin d’équilibrer le jeu, et quelques petites variations de règles caractérisent donc le style du 湖北 (Hubei).

Je gère!

Je gère!

La sœur de mon ami est une joueuse hors pair et détonnait avec son caractère bien trempé. En tout cas, j’ai observé quelques parties où elle se faisait facilement 200Y (24€) en quelques coups. Une fois encore, la richesse du tempérament des chinois peut s’observer au travers des interminables parties de 麻将 (Ma Jiang).

La « Fête du Printemps » est aussi un moment où toute la famille se réunit pour célébrer un grand moment de fête. Ainsi réunis, les membres profitent de ce moment pour aller honorer les ancêtres en se rendant sur leur tombe pour faire exploser quelques pétards et bruler de faux billets de banques (voire des carte à jouer dans le cas de la grand mère de mon ami). Là encore, solennel mais pas plus que cela : pas de larmes, pas de « tronche d’enterrement », rien qu’une scène de vie « quotidienne ».

Sur la tombe des grands parents paternels de 盼盼

Sur la tombe des grands parents paternels de 盼盼

Respectant la pudeur du moment, je n’ai pas souhaité prendre plus de photo que cela mais c’est aussi un moment fort que de participer en communion au dépôt de bâtonnets d’encens, ou encore au pliage de feuillets destinés au feu. Les pétards ayant entièrement retentis, nous partons de ce 村 (Cun – hameau) pour rentrer manger.

Une soirée de nouvel an chinois

Sans tomber dans l’obsession, le repas a été gargantuesque et relativement simple (en terme de plats). Il faut dire qu’à se retrouver à 12 autour de la table, en incluant les amis de passage, ça fait du monde à nourrir.

Le paradis sur Terre

Le paradis sur Terre

Une fois les plats quasiment finis, on nous apporte un bol de riz ou de nouille blanche (qui se mange donc en fin de repas et non pendant) afin de terminer ce qu’il reste.

Les chinois ne trahissant par leurs habitudes de « mange tôt », à 20h le repas était bouclé et la table nettoyée, que faire ? Faire exploser des pétards PARDI! Je me suis amusé comme un gosse à allumer des feux de Bengale et autres pétards (en forme d’obus), bâtonnets lumineux ou feux d’artifice. Théoriquement interdits, les pétards faisant parti intégrante du folklore traditionnel des fêtes chinoises, l’interdiction n’est que pure façade. Les « munitions » se vendaient à tous les coins de rue, et même le jour du nouvel an, quelques échoppes étaient restée ouvertes, conscientes que la population viendrait se ravitailler en pétards…Ce que nous avons fait pendant 2 jours non stop ^^ .

Ca va chier!!

Ca va chier!!

Il est clair que certains pétards étaient tellement gros que l’on pouvait faire bien d’autres choses avec, comme de la pêche à l’explosif (ce que nous avons fait d’ailleurs hin!hin!hin!). J’ai cru devenir sourd durant les 2 principaux jours de festivité mais c’est aussi un beau moment à vivre.

Finalement si les chinois semblent tellement pressés de rentrer chez aux aurores du nouvel an, ce n’est pas tant pour s’amuser que pour jouir de « l’atmosphère » du nouvel an, les retrouvailles en famille…bref, comme pour Noël en France. Je m’attendais à quelque chose de radicalement différent mais ce n’était pas le cas, juste que je ne ressentais pas cette atmosphère, cette magie du nouvel an : je ne suis pas chinois après tout 🙂

Bonne année du Cheval

Le nouvel an chinois vu de l’intérieur IV : une journée de mariage et de tracking

Non content de me rendre à 十堰 (Shiyan) dans le 湖北 (Hubei), pour fêter le nouvel an en famille, après la visite de la ville en question et du village natale de 鲍峡 (Bao Xia), j’ai l’immense honneur d’avoir été convié à un mariage. Classiquement, la journée en question s’est déroulée à la chinoise : levée dès potron-minet et 盼盼 (Panpan) qui m’annonce que nous quittons la ville de 十堰 (Shiyan) pour nous rendre à un mariage…donc il ne connait même pas les personnes engagées! Encore une fois, les chinois font la démonstration d’une grande improvisation qui suscitera toujours un double sentiment à mon égard : frayeur et admiration. Frayeur, pour cette apparente incapacité à se projeter dans l’avenir très proche ou encore de refuser (sciemment ou non) d’organiser un minimum le déroulement d’une journée. Admiration, parce qu’avec un tel schéma de vie, on fait place à la spontanéité de la vie, à la « surprise » du quotidien, à l’imagination de l’immédiat : on agit toujours en conséquence mais seulement au moment où la chose, l’évènement, le problème se produisent ; peu ou pas d’anticipation. Je peux vous garantir que cela demande un gros effort de remise en question et d’adaptation si l’on souhaite rester vivre en Chine et surtout savoir y vivre.

Une longue matinée de mariage

Alors, comment cela se passe en Chine ? Première déception : nous sommes invités au repas et non à la cérémonie qui a eu lieu plus tôt dans la matinée…bon… . Et donc, je ne pourrais que vous faire part de l’expérience du repas en question, lui aussi un peu différent de nos banquets de mariages. Avant d’atteindre le village concerné, nous faisons un halte à 鲍峡 (Bao Xia), pour prendre le petit déjeuner (à 10h, c’est normal…). Allez hop, on engloutit une 汤面 (Tang Mian – Soupe aux pâtes) et un œuf dur, on souffle 10 minutes et on enchaine pour le mariage en question.

Après 30 minutes de voiture à tombeau ouvert (et après avoir dépassé un cortège d’invités, dont les voitures étaient arrêtées en plein milieu de la route….juste pour prendre le temps de discuter car ils étaient en avance….U-BU-ESQUE!), on arrive enfin au dit village, tout à fait comparable à celui de 鲍峡 (Bao Xia), un village somme toute classique. Nous atteignons ensuite le restaurant où se déroule le repas du mariage.

Premier constat : il y’a plus d’invités que de tables circulaires disponibles, mais comment les chinois gèrent-ils ça ? Tout simplement : une fois qu’une table a fini de manger, les convives quittent le restaurant et font place à de nouveaux convives. Je constate donc que même le repas de mariage est comparable à l’habitude pour les chinois à manger en 5 minutes, montre en main, et de se barrer : on mange, on se casse et c’est tout! Alors forcément, vous pouvez inviter le village entier, y’aura toujours de la place, puisque cela tourne! On s’installe à une table, on nous offre un paquet de cigarettes pour toute la table, une bouteille d’alcool blanc et une corbeille de graines en tout genre (graines de tournesol, de pastèques etc) afin de grignoter gaiement tels des oiseaux avant l’arrivée des plats.

A vos marques, prêt, GRIGNOTEZ!

A vos marques, prêt, GRIGNOTEZ!

Ma présence sur place détonne forcément, puisque je suis le seul étranger à table, et l’on se presse déjà pour venir trinquer avec moi. Le responsable de la police locale, le responsable de l’administration, les invités anonymes, tous veulent vider le godet avec moi, à raison de 2 shooter pour chacun (ça devait être une règle implicite ou je ne sais quoi, mais c’était minimum 2 culs-secs). Voyant l’engrenage dans lequel je venais de mettre le doigt, la famille de 盼盼 (PanPan) s’est vite affolée de la rapidité avec laquelle les verres descendaient, et s’empressait de remplacer un verre sur 3 d’alcool blanc par de l’eau bouillie, histoire de diluer. Mais quelques convives ne s’y sont pas laissés prendre, et prenaient alors mon verre (à liqueur je précise, c’était pas des pintes!), le vidaient puis le remplissaient eux-même d’alcool blanc pour trinquer à nouveau. C’était stressant car j’avais peur que par ce subterfuge, je ne vexe les convives (ils n’en prirent nullement ombrage en fait), mais très amusant en même temps de voir leur étonnement à me voir descendre aussi facilement leur alcool.

Dans ce genre de situations où le self-control est de mise, je soupçonne mon corps de déployer une résistance particulière du fait de l’ « hostilité » de la situation : donc je n’avais en rien l’impression d’être bourré, et je pense sincèrement que je ne l’étais pas ^^. Et pourtant, j’en ai descendu des verres! En attendant, les plats s’amoncelaient sur la table, et je ne perdais pas une occasion pour m’en mettre plein la lampe.

Profitons en, avant qu'ils ne se jettent sur la nourriture...comme je le fais!

Profitons en, avant qu’ils ne se jettent sur la nourriture…comme je le fais!

En attendant l’arrivée des mariés, un des convives s’occupe de « chauffer » la salle en plaçant quelques harangues dont je ne saisis pas le moindre mot mais qui ont le mérite de faire effectivement réagir l’audience qui s’esclaffe à chaque fin de tirade.

Le repas se terminera 1 heure après, et d’autres convives s’installent immédiatement après que nous avons libéré la table. Le bedaine au bord de l’explosion et une légère euphorie (bah ouais, ça fait quand même un peu effet le 白酒 [Bai Jiu – Alcool blanc]) seront le résultat d’un repas de mariage chinois, mon tout premier. J’ai même eu le droit de trinquer avec les jeunes mariés, arrivés juste avant notre départ, habillés comme au quotidien ( j’imagine que la robe a du être portée 20 minutes en tout et pour tout…encore une grosse différence par rapport à la France). Note : les mariés « trichent » en trinquant car en fait leur bouteille d’alcool est remplie d’eau (m’a-t-on dit) afin de pouvoir trinquer avec tout le monde sans tomber en coma éthylique dès la 2e tournée de table (pragmatiques ces chinois, encore et toujours^^).

Une après midi à 龙潭河 (Long Tan He)

L’après midi sera consacrée à la visite du parc de 龙潭河 (Long Tan He) que je traduirais très maladroitement par « La profonde rivière du dragon » mais je me trompe très certainement….on s’en fout en fait! Classique des parc forestiers Chinois, ce n’est pas le premier que je visite : il y’a eu 太平祥峪森林,   朱雀 tous dans le 陕西 (Shaanxi) , la montagne 庐山 (Lu Shan) dans le 江西 (Jiang Xi), La Montagne Pourpre à 南京 (Nankin)… L’attraction est classée AAAA par le ministère du tourisme chinois, un cran au dessous du classement UNESCO. Le ticket d’entré est de 50Y mais je crois que cela inclus la réduction étudiante, ce n’est pas moi qui l’ai acheté. Étant en période de préparation du nouvel an chinois, les chinois voyagent peu pour visiter, si bien que nous sommes les seuls à profiter du parc forestier, sous un soleil printanier très agréable.

L'entrée du parc

L’entrée du parc

Comme je le disais précédemment, le parc en soi ne détonne pas par son originalité ni par sa structure : on traverse la forêt et son cours d’eau principal, parsemé de petits ponts plus ou moins (plutôt moins que plus d’ailleurs) naturels. Mais ce jour là, l’absence d’autres visiteurs, l’ensoleillement, m’ont permis de profiter de paysages et couleurs époustouflantes. Les photos prises (mauvaises pour la plupart, de toute façon je déteste prendre des photos) trahissent la beauté réelle et l’atmosphère si sereine qui se dégageait de ce parc. L’eau de la rivière et de l’étang principal était une d’une limpidité extraordinaire.

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Après quelques volées d’escaliers, nous atteignons le sommet du parc où trône un petit temple taoïste (avec son moine inclus). En 1h de randonné, la visite est donc bouclée. On redescend tranquillement et profitons de la luminosité déclinante du soleil.

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La ballade terminée, nous reprenons la voiture et regagnons rapidement la ville de 十堰. Le lendemain, nous nous rendrons à 鲍峡 (Bao Xia), le village natale, pour y préparer les festivités du nouvel an chinois. En attendant 🙂

A bientôt les loulou

A bientôt les loulou

Le nouvel an chinois vu de l’intérieur III : le village de 鲍峡 (Bao Xia – 湖北)

Loin d’être un chemin de croix pour se rendre à 十堰 (Shiyan), la visite de cette ville s’avère toutefois assez peu stimulante. Hormis son caractère vallonnée (un peu comme San Francisco), 十堰 (Shiyan) ne se distingue pas vraiment de n’importe quelle autre ville chinoise avec ses malls, ses quartiers dédiés à la restauration, sa place « du peuple » (人民广场 – Ren Min Guang Chang)… .

十堰 (Shiyan), une ville chinoise comme une autre

十堰 (Shiyan), une ville chinoise comme une autre

Que l’on se rassure, la famille de mon ami 盼盼 (Panpan) a justement prévu de passer les festivités du nouvel an dans le « village » natal. Difficile de s’y retrouver en Chine concernant les divisions administratives qui ne correspondent pas vraiment aux notres. Par exemple, il y’a la ville prefecture comme 十堰 (Shiyan), aussi grande que l’Ile de France, qui est divisée en 县城  ( Xian – comté ou « county » en anglais), eux mêmes composés de « villages » 镇 (Zhen – parfois comparable à des villes moyennes en France) auxquels peuvent être rattachés des hameaux  村 (Cun).

Nous nous rendons donc dans un 镇 (Zhen) du nom de 鲍峡 (Bao Xia) , appartenant au  « county » de 郧 (Yun), rattaché à la ville de 十堰 (Shiyan). En gros, on n’a pas quitté à proprement parlé la ville principale, du fait du rattachement administratif en cause. Nous sommes dans la très grande banlieue, à 45km.

Bienvenu à 鲍峡 (BaoXia)

Bienvenu à 鲍峡 (BaoXia)

Effectivement, aux premiers abords, ce village ne vend pas du rêve avec sa rivière quasiment asséchée, sa voirie à la propreté limite et son béton sur-présent, mais voilà, les villages n’échappent pas non plus au « bétonnage » bordélique lié à l’urbanisation.

Vue du village depuis les collines environnantes

Vue du village depuis les collines environnantes.

Ce village se niche entre les montagnes et diverses collines qui permettent de crapahuter et d’observer ainsi des paysages qui illustreraient parfaitement les romans de nos écrivains naturalistes. Une charme sec, âpre et brut se dégage de tout cela, mais c’est bien la simplicité et la dureté de ces paysages qui les rendent si appréciables, si beaux (oui j’ose!)

Derrière l’appartement où vit la famille de mon ami 盼盼, on accède aux collines en traversant divers potagers où la part belle est donnée aux choux en tout genre. Avant d’arriver aux sommets des collines, je me rends aussi compte que nous déambulons sans le savoir (du moins en ce qui me concerne) entre les tombes des anciens du village. Tombes à la structure complètement différente de nos caveaux puisque l’incinération est de mise, et les fleurs ne font pas parti de la culture funéraire. On vient y bruler de la fausse monnaie, allumer des bâtons d’encens ainsi que faire péter des centaines de pétards, afin de faire fuir les mauvais esprits. Tout cela s’inscrit dans un processus de piétée filiale (孝顺 – Xiao Shun) très ancré, même chez les jeunes…ce qui parait faire défaut à nos sociétés occidentales modernes. L’ambiance est pourtant moins solennelle ou macabre qu’en Europe puisque ces tombeaux s’intercalent souvent entre 2 potagers en hauteur et on surtout valeur de mémoire plus que de recueillement expiatoire ou mortifère.

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Pendant les 3 premiers jours, on bénéficiera même d’un temps particulièrement clément avec des températures approchant les 25 degrés en après midi. Rien de mieux pour découvrir les lieux, dont on fait toutefois, rapidement le tour. Mais je ne suis pas au bout de mes surprises ^^ …