L’été est là à Xi’an

Depuis quelques semaines c’est confirmé, l’été est bien arrivé à 西安 (Xi’an). Finis les hélas climatiques, assez étranges d’ailleurs, place au 33°C de moyenne tous les jours et sans vent! Le schéma est désormais assez classique : 8 jours de chaleur souvent étouffante, entrecoupée de 48h de pluie non stop, histoire de rafraichir (un peu) l’atmosphère. Le climat du 陕西(Shaanxi) n’en reste pas moins très sec et cela ayant 2 conséquences : des glissements de terrains dans certaines parties de la région (le sol, trop sec, ne pouvant absorbé l’afflux de précipitation) mais aussi une végétation particulièrement verdoyante. Cette dernière conséquence est loin d’être désagréable.

Le campus de mon université est justement réputé pour être particulièrement « vert » et nombreuses sont les personnes qui viennent s’y balader en famille tellement l’ambiance y est apaisante. On y trouve de nombreux bancs sous l’ombre d’arches de verdures, protégeant de cet impitoyable soleil.

Hors de l'ombre, point de salut

Hors de l’ombre, point de salut

Car il faut également savoir que les Chinoises (mais aussi les Chinois, dans une moindre mesure) sont un peu à la mode européenne du début du 20e siècle, question exposition au soleil : plus la peau est blanche, et plus vous êtes « belles », « charmantes ». Surtout, moins vous êtes tannée par le soleil et donc vous n’êtes pas une « paysanne » originaire d’un quelconque 农村 (Nong Cun – village), qui travaille sous le soleil pour gagner sa vie. Eh oui, c’est une réalité en Chine : vous verrez autant de femmes sortir en parapluie quand il pleut que quand il fait un soleil de plomb ; l’impératif sera le suivant : NE SURTOUT PAS BRONZER! Forcément, y’a un décalage avec nos concepts de beauté européens.

Le marché de l'ombrelle est florissant lui aussi

Le marché de l’ombrelle est florissant lui aussi

Il faut dire que le soleil ici, peut être particulièrement écrasant. J’ai connu quelques weekend où je ne sortais quasiment pas de chez moi, tellement c’était la « suée » immédiatement à l’extérieure. Mais il est incontestable que le retour d’un soleil plus présent, moins vacillant, a donné une certaine légèreté dans le comporte des gens, une certaine bonne humeur ambiante, forte agréable. Cela m’a donné l’envi de retourner me ballader avec 刘帅 (Liu Shuai), du côté du quartier musulman de la ville, 回民街 (Hui Min Jie).

Ce quartier est un haut lieu du tourisme et en cas de venue à 西安, un véritable passage obligé. Assez pittoresque il faut le reconnaitre, c’est avant tout un quartier de commerçants en tout genre mais dont la nourriture est encore le principal attrait : brochettes par ici, jus de pommes et jujubes pas là, dégustation de gâteaux de thé dans ce coin, petites sucreries au riz gluant dans l’autre coin… . Bref, on ne meurt pas de faim dans ce quartier, organisé autour de la grande mosquée dont l’entrée est (hélas!) payante pour les non musulmans, 20Y (faudra me dire comment ils vérifient…).

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Le quartier permet aussi d’apercevoir quelques étales de bouchers, certains spécialisés dans les abats disposés sur des planches de bois à l’air libre : cœur, foie, tripe…. Plus d’une fois j’ai failli leur retapisser l’échoppe , l’odeur étant décuplée avec la chaleur! J’ai également constaté le grand amour des chinois pour un sorte de jujube séchée, proche un peu de la datte, qu’ils peuvent vendre très cher selon la taille et la variété.. . On retrouve ce fruit dans toutes sortes de plats, mais aussi dans les jus etc…

On m'explique ?

On m’explique ?

Le beau temps est aussi un peu l’occasion de visiter quelques coins de la ville où l’on va rarement comme 西门 (Xi Men, Porte Ouest de la ville), où se concentrent beaucoup de centre commerciaux, plus oui moins dernier cris. Mais je reste avant tout ébahi par la présence de ces murs d’enceintes « authentiques » qui cernent la ville dont le développement économique est plus que galopant.

西门

西门

En tout cas, l’été est là et il sera chaud. Je n’en n’aurai qu’un petit aperçu puisque qu’il faut bien que je revienne à Paris mais c’est toujours un plaisir que de savourer ces petits moments simples dans la ville, à observer ce qui est différent de chez moi mais aussi ce qui nous rassemble finalement : le bonheur (je vous autorise à sortir la guimauve et le pastel)!

Tous les pays y sont : Colombie, Inde, Kazakhstan, Tadjikistan, Cameroun, République Tchèque, France, Italie, Arménie et Ouzbékistan

Tous les pays y sont : Colombie, Inde, Kazakhstan, Tadjikistan, Cameroun, République Tchèque, France, Italie, Arménie et Ouzbékistan

 

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Qu’est ce qu’on mange

Aujourd’hui, un petite article autour de la thématique pâtes et fritures. La cuisine chinoise est particulièrement riche et variée mais j’ai tout de même l’impression qu’elle a un faible pour tout se qui baigne, qui saute, qui danse… dans l’HUILE! Les Chinois en font une consommation tout bonnement hallucinante. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que vous ne trouverez jamais de bouteilles d’huile de moins de 2l en supermarché, ça sert à rien. Dans de nombreux concours ou manifestations en tout genre, il est tout à fait concevable et normal de repartir avec un bidon d’huile de 5 litre. De plus, il existe toutes sortes d’huiles, même si les plus prisées et les plus utilisées restent l’huile d’arachide et l’huile de tournesol. On trouve aussi de l’ huile de poisson (pouah!). L’huile d’olive n’a pas vraiment pignon sur rue et est très chère. On trouve même des mélanges d’huile, bref, c’est quasiment le pays de l’huile. A ce sujet, le journal « le Monde » avait fait un excellent article sur les différents scandales alimentaires à répétition en Chine .

 

Je mets le verbatim concernant les huiles:

  • De l’huile de caniveau pour la cuisine
Un supermarché à Shenyang, dans le nord de la Chine, en 2008.

La police chinoise arrête 32 personnes dans trois provinces, en septembre 2011, pour avoir produit et écoulé de l’huile frelatée fabriquée à partir de restes prélevés dans le caniveau à la sortie des restaurants. Cette huile pourrait représenter jusqu’à 10 % de l’huile consommée en Chine, selon certaines estimations. Les inspections sanitaires ont depuis été renforcées, mais le phénomène est difficile à éradiquer car le recyclage de l’huile de cuisine s’avère très lucratif.

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Mais revenons en plutôt à des considérations plus gustatives (on est là pour ça bordel!). Avant que la chaleur et le beau temps s’abattent sur 西安 (j’insiste dessus, mes lecteurs parisiens semblant avoir oublié de que cela veut dire^^), j’ai découvert un « boui-boui » (encore un!) dont les propriétaires sont originaires du 福建 (Fu Jian), région côtière du Sud-Est, proche (tout est relatif) de Canton. Ces régions du Sud étant originairement plus habituées à la cuisine du riz, en arrivant à Xi’an (des nouilles, que des nouilles et rien que des nouilles), de nombreux migrants du Sud se sont adaptés. Pâtes de riz, pâtes de blé, et surtout des pâtes sautées, frites.

Il est évident que l’apport calorique et lipidique provoquerait une crise cardiaque à tous les amateurs de macrobiotique (encore que) et autres bouffeurs de légumes cuits à l’eau de mer (on les emmerde d’ailleurs…ça y est, j’lai dit!). Voici donc les 炒面 (Chao Mian – Pâtes sautées)!

Nous avons donc les 炒河粉 (Chao He Fen), pâtes de blés sautées avec quelques feuilles d’épinards

炒河粉

炒河粉

Il y’a aussi les 炒饼 (Chao Bing), pâtes de riz sautés avec morceaux de crêpe (miam!miam!)

炒饼

炒饼

Je ne vais pas vous faire une liste exaustive, pour la plupart j’ai oublié le nom des plats. Mais peu ou prou vous retrouverez les mêmes saveurs dans le genres « pâtes sautées ». Si vous entrez dans un restaurant ou boui-boui, si vous voyez les caractères suivants 炒 et  面 ou  河粉, vous saurez que vous pourrez y déguster ces fameuses pâtes.

Bon appétit

Bon appétit

 

 

Qu’est ce qu’on mange

Les beaux jours étant arrivés depuis un certain temps à 西安, (ce qui ne semble pas être le cas à Paris, chèh), il est grand temps de profiter d’une bonne grillade, qu’en pensez vous ? A vrai dire je ne pense pas, je mange en Chine!

Voici le donc le plaisir qui réapparait de savourer quelques brochettes en bord de rue, arrosées de bière fraiche! Mais cette fois ci, il ne s’agit pas de « simples » brochettes de rues, mais bien de restaurants spécialisés dans ces brochettes, servies par dizaines. Ces restaurants portent le nom de 烧烤肉 (Shao Kao Rou). On les trouve un peu partout dans la Chine, pas seulement dans ma région (le 陕西, pour ceux qui ne suivent toujours pas). Comme de très nombreux restaurants de ce type, il est très facile de tomber sur des restaurants de mauvaise facture, qui te servent du gras plus que de la viande et en quantité rationnée. J’en ai fait les frais (de mon proprio) dans le restaurant juste en bas de chez moi : cher et pas bon.

L’autre particularité de ses restaurants (mais il semblerait que cela soit une mauvaise habitude propre à 西安), c’est que les serveurs passent souvent devant vous avec une brassée de brochettes qu’ils n’ont pas trouvées preneurs, et vous les proposent vous faisant presque croire que c’est ce que vous avez commandé. Si tu sais pas précisément  ce que tu as commandé et surtout, comment cela se prononce, tu es bon pour te voir remis le titre de pigeon : au moment de la note, tu paieras évidemment ce surplus de brochettes, initialement non commandées! Bref, Bienvenu en Chine (faut pas déconner quoi!)

Pour ce qui est du choix, y’ en a pour tous les goûts : de l’agneau, du bœuf, du porcs, du poulet (du chat, du rat, du renard..). Les chinois sont extrêmement friands de brochettes d’abats et autres tripes grillées en sauce! J’adore mais pas tout le temps. Et quand tu te retrouves avec : brochette de foie, brochette de rognons, brochette de moue (cadeau Titi) etc… ça peut vite devenir « lourd ».

Mon proprio m’a fait découvrir son restaurant favori et c’est mieux ainsi ; comme ça on sait ce qu’on mange avec une relative bonne qualité.

Le prix d’une « brochette » s’élève entre 0,80Y et 1,50Y selon ce que vous commandez! Ça se commande souvent par 5 ou par 10, vu les petites quantités proposées.

Voilà le travail

Voilà le travail

Un des classiques du genre étant d’accompagner ces mets de cacahuètes salées ou de pois frais

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Et pour le plaisir, une petite aubergine passée au grill et gratinée pour 20Y

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Et bon appétit!

Une ballade sur les remparts de la ville de 西安 (Xi’an)

Une des grandes particularités touristiques de 西安 (Xi’an) est d’avoir conservée ses murs d’enceintes, ses remparts et ses tours de gardes. Le centre ville, considéré comme tel géographiquement (ça ne veut rien dire, tiens!), est donc entouré de 14 kilomètres de remparts. L’autre particularité étant que l’on puisse s’y balader, soit à pied….soit à vélo!

Le climat actuel étant particulièrement clément, nous quittons lentement mais surement la pâle tiédeur du printemps pour un été qui va s’annoncer costaud en terme de température. Bref, mes compagnons de labeur d’étude de chinois (notamment francophones) me proposent de faire une ballade en vélo sur les remparts de la ville! Je ne refuse pas cette proposition et le jour même, un dimanche, je m’en vais les retrouver à leur hôtel-dortoir. 1er surprise : là où l’on ne devait être que 3…on se retrouve 12 : des coréens, des américains, des chinoises et un ouzbek! Et bien entendu, au lieu de rejoindre les remparts en 20 minutes on met quasiment 1h15. Les raisons ?

  •  » Attends j’achète une crêpe »
  • « Attends j’achète une saucisse grillée »
  •  » Attends j’achète des fruits »
  •  » Attends j’achète des préservatifs »

(Y’a un piège)

Bref, nous partîmes…

L'agence tout risque

L’agence tout risque

On arrive enfin aux à la porte Sud des remparts (南门 – Nan Men), (Station de métro : 永宁门). Voici les informations essentielles :

  • Droit d’entrée dans les remparts : 20Y (étudiants)/ 40Y en plein tarif
  • Location des vélos : 200Y de caution et 40Y pour 110 minutes ; possibilité de louer une voiturette de groupe ainsi que des tandems
  • Chaque porte d’entrée (Nord, Sud, Est et Ouest) dispose d’un point « dépôt » pour les vélos, sachant qu’à partir de 17h30, les vélos doivent être rendus à la Porte Sud (南门)

Allez, on est parti pour rejouer « l’équipée sauvage » façon Robert Mitchum

Born to be ....

Born to be ….

Pour ce qui est de la visite, c’est une affaire qui ne peut que  rouler à vrai dire. Pas grand chose à dire si ce n’est profiter d’un paysage vraiment étonnant. Comme si le fait d’être sur les remparts nous plongeait dans une atmosphère extrêmement clame et apaisée, loin du tohubohu de la ville. On se croirait un peu ailleurs pendant quelques instants, c’est très agréable.

Ca claque mine de rien

Ca claque mine de rien

Ainsi la balade à vélo se poursuit, nous permettant même de passer « au dessus » de la gare ferroviaire, hé oui, avec vue splendide sur la Ville.

"On dirait le Suuuud"! Ou pas d'ailleurs

« On dirait le Suuuud »! Ou pas d’ailleurs

Ça faisait un certain temps que je n’avais pas eu le bonheur de m’enfiler (on se détend!) 14 km de vélos sur du pavé très irrégulier, voir cassé. J’en avais un peu plein les pattes sur la fin. Néanmoins, je recommande grandement cette balade qui m’a plus qu’agréablement surprise, m’attendant à quelques chose d’insipide. Le temps était parfait, malgré une pollution résiduelle. C’est du plat tout le temps, donc pas de danger , même pas de faut plat! En tout cas, nous étions tous conquis, preuve en est :

"Sons of Anarchy"

« Sons of Anarchy »

Une chose est sur, j’y reviendrais une prochainement et avec un grand plaisir…Et vous ? ^^

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