Qu’est ce qu’on mange ?

Pour aujourd’hui, je ne vais hélas pas être très original en terme de plat présenté. Par contre, le plat en question fait parti des in-con-tour-nables de la cuisine chinoise. Vous le retrouverez dans quasiment tous les restaurants « généralistes », s’entend non spécialisés comme par exemple les restaurants de nouilles (兰州拉面), les « Hot Pot » (火锅) etc. Il s’agit ni plus ni moins que de 西红柿炒鸡蛋 (Xi Hong Shi Chao Ji Dan) ou littéralement « Tomates aux œufs frits« . Derrière cette évocation un peu bizarre, il s’agit en réalité d’un plat extrêmement simple et qui peut se faire facilement avec les produits occidentaux du quotidien. Vous trouverez des recettes sur internet mais en gros c’est comme une omelette déstructurée, à la tomate, voilà! Pas de quoi casser trois pattes à un canard, il n’y a même pas de sauce soja à ajouter. Après selon les régions, certains y mettent du piment, d’autres rajoutent du glutamate ou encore des champignons noirs.

Enfin, je ne me lassais pas de sourire quand nos professeurs vantent la particularité et la « singularité » chinoise de ce plat. En réponse à pareils propos, je ne me lassais pas de leur balancer dans les dents qu’en France on ne se gargarise pas autant, devant de simples œufs battus passés à la poêle ; même topo en Espagne avec la tortilla aux pommes de terre.

"Qui veut de l'omelette à la tomate ?" oups pardon, des 西红柿炒鸡蛋..., nuance...-_-

« Qui veut de l’omelette à la tomate ? » oups pardon, des 西红柿炒鸡蛋…, nuance…-_-

Bref, cela reste en tout cas une valeur sûre d’un point de vu gustatif, et c’est tant mieux. Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas 300 ingrédients avec 3 heures de cuisines en « back-up » que le plat n’est pas bon….je dirais presque que c’est le contraire, on va directement à l’essentiel.

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Comment…le cours d’écoute s’est transformé en cours de cuisine chinoise

Celle là, on ne l’a, mais alors pas du tout, vu venir!! Quelques semaines avant les vacances d’octobre, alors que nous étions tous en train de nous enfoncer dans un sommeil de plomb durant le cours de 听力 (« écoute »), la professeur a su habilement titiller notre attention (et non pas les tétons…bande de dégueulasses!). La leçon traiter de mon sujet préféré….la nourriture ou comment se rendre au restaurant et dire ce que l’on aime manger. Faut dire que presque 1 mois après que les cours aient commencé, il était temps que cette leçon intervienne…. .

Bref, ni une ni deux, dans un élan de naïveté, la prof’ nous divise en 3 groupes et nous charge à chacun d’une recette. Recette et ingrédients, le tout écrit dans un parfait chinois évidemment insondable à première lecture. Mon groupe étant aussi cosmopolite que jamais : une Camerounaise, une Japonaise, deux Tchèques, un Ouzbek et moi même. Nous nous donnons rendez-vous pour 17h devant l’entrée de l’Université, direction Vanguard, l’une des plus grande chaine de supermarchés en Chine.

Tient un concurrent….^^

Moi qui avait passé 2h en bibliothèque à essayer de déchiffrer ces hiéroglyphes sinogrammes (et avec seulement 50% de réussite, mais ça c’était avant^^), la chance a voulu que notre chère camarade japonaise reconnaisse à peu près tous les ingrédients. Tant de temps gagné, on se divise : un groupe aux gateaux apéritifs légumes, un autre aux alcools condiments. J’en profite pour acheter le minimum vital pour faire ma popote à savoir : un Wok (bah ouais, c’est la Chine je vous rappelle), une sauteuse et une plaque induction…le tout pour 200Y (25€)

EUR to CNY

Notre groupe était donc chargé de s’occuper de la recette suivante : 鱼香肉丝 (Yu Xiang Rou Si) ou Boeuf (pas de porc à cause de nos amis musulmans) haché piquant et parfumé. L’autre groupe s’attaquait lui à 西红柿炒鸡蛋 (Xi Hong Shi Chao Ji Dan) ou Tomates et oeufs frites. Enfin notre professeur et son élève avaient préparé de quoi faire les fameux 饺子 (Jiaozi).

 

Le lendemain nous nous engageons donc dans presque 2 heures de préparations culinaires et autres chahutage.

Ouzbek et Tadjik ne chôment pas à la préparation des Jiaozi

Pendant ce temps, ça hache, ça émince, ça pèle en une symphonie culinaire pour que le bœuf haché piquant et parfumé soit une réussite

 

Ça bosse sec…attend un peu…

 

Même la prof met la main à la patte

 

Pour une fois qu’elle semble sourire ^^

 

Moi en attendant, je trime pour faire mariner le bœuf….

 

D’où je prends la pose ? Groumph!

 

Le fait est que cela a été une sacrée réussite à plus d’un titre. D’abord le cours d’écoute est subitement devenu assez passionnant pendant au moins 2 heures. Savoir que les autres groupes triment pendant que nous on se marre à cuisiner (bon j’avoue attaquer le boeuf à 10h du matin ça n’a pas été le plus simple), ça n’a pas de prix! Ensuite, cela a permis de souder un peu le groupe qui semblait se chercher un peu. J’en ai donc profité pour sympathiser avec un Ouzbek :). Enfin, les plats étaient réussis (héé ouais Dédé!) et on a à peine eu le temps de prendre des photos « finish ».

Mais oui, puisqu’on vous dit que c’était très bon!!

 

Si seulement tous les cours d’écoute pouvaient être comme ça. Je peux enfin dire que j’ai eu mon « premier cours » de confection des JiaoZi :)… . Enjoy!