Comment les Chinois ont failli me faire détester la Chine

Le titre qui appelle à peine à la polémique, un véritable appeau à trolls ! Alors je vais annoncer immédiatement la couleur : il ne s’agit encore une fois que d’expériences personnelles et de partager un sentiment qui m’est propre. Loin de moi l’idée de mettre tous les chinois que je vais citer dans un seul et même sac (même si c’est tentant, au regard de l’immensité démographique). Non, tout cela relève justement un peu de la légèreté rédactionnelle et permettra de rendre cette lecture plus agréable, plus ludique, PLUS LOL QUOI!!

Comme à mon accoutumée, mon retour sur Xi’an (西安) s’est accompagné d’une belle escadrille d’emmerdes. De toute façon, je ne m’attendais pas à autre chose. La première année ça a été la difficulté de trouver un logement avec mon coloc, pour ensuite se rendre compte que la connexion internet mettrait du temps à venir. La deuxième année, l’arnaque au visa de travail d’une école privée qui soudainement a décidé (sans consultation bien sur) que j’enseignerai l’anglais principalement et le français à titre liminaire (au lieu de l’inverse) ; obligé de quitter le territoire, refaire un visa étudiant à Hong Kong, engager beaucoup de frais imprévus etc.

Et cette année, rebelote! L’avantage en Chine c’est que ce n’est jamais les mêmes emmerdes, toujours un truc de nouveau. Y’a pas moyen de se dire : « Nan, mais ça je l’ai déjà réglé par le passé, c’est bon je gère! » NON, NON, NON! JAMAIS DE REPETITION! A chaque fois, t’as un nouveau truc qui te pète à la gueule ce qui me confirme dans mon sentiment qu’en Chine, rien n’est stable si ce n’est l’instabilité (Sarah ne dirait pas autrement).

Cette fois-ci, apprenant mes velléités de déménagement à 15 jours de la fin du bail, la propriétaire décide qu’elle me pompera (NON NON NON ON SE CALME!!!) l’entièreté de ma caution de 2000Y (275€ au cours actuel). Je peux vous dire qu’au lendemain de mon retour de France, ça n’aide pas à rester serein surtout quand les arguments soulevés par la propriétaire sont tous de mauvaise foi et non prévus au bail.

Alors je ne vais pas entrer dans les détails de ça, la page est déjà tournée depuis quelques jours et rien que d’en reparler, ça me fout les boules. Non, par contre je vais vous présenter un peu le portrait type de 3 chinois qui à eux seuls ont failli m’écœurer de la Chine. Oui, il y’a matière à caricature et je ne vais pas m’en priver mais très franchement, les entre-lignes témoignent assez bien de la réalité de cet état de faits…De toute façon, c’est mon blog, je dis ce que je veux , et toc!

La pétasse nouvelle riche

Sois belle et ouvre la!

Sois belle et ouvre la!

Oui, oui, les nouveaux riches sont partout et leur portrait est finalement assez similaire d’un pays à l’autre : sous l’afflux soudain d’argent et des capacités d’achat démultipliées, on se croit soudainement fondé à réclamer tout et son contraire et en plus, avec le sentiment d’être en droit à le faire puisque l’argent prouve notre existence soudaine. Cette cruelle réalité est d’autant plus vraie en Chine où l’appât du gain n’est pas un tabou et où la problématique de l’argent semble irriguer ou sous-tendre la moindre discussion. Le problème étant que l’argent n’a jamais acheté les bonnes manières, le savoir vivre (et le savoir être donc), l’éducation (et non l’instruction), la courtoisie, l’élégance etc.

On me répondra que je suis trop « romantique » etc. Mais merde quoi! La vieille bourgeoisie a au moins ce côté « classe » tout en étant plein aux as que toute cette tripotée de nouveaux riches n’a pas. Et en Chine, ce phénomène est endémique. Mais je dois reconnaître, après discussion avec ma chère Sarah, que les nouvelles riches remportent la palme de l’exécrabilité (néologisme je sais).

Ma propriétaire par exemple. L’air hautain, l’insatisfaction permanente, certainement en possession de plus de deux appartements dans Xi’an (西安), qui se croit sapée chique alors que bon….ça se voit sur sa gueule que c’est une pouilleuse (et bim, t’avais qu’à pas porter des lunettes de soleil type « mouche » alors qu’il n’y a pas de soleil et qu’on est de surcroit en intérieur). Eh ben vas y que j’essaie d’estourbiller 275€ à l’étranger qui ne comprend rien  » Ici, on est en Chine, pas en France! » me rappela -t-elle. Peu importe s’il faut invoquer toutes les clauses les plus improbables du contrat, voire même celles qui n’existent pas, on gratte tant qu’on peut. « Je sais bien que vous en profitez parce que je suis étranger et que vous pensez que je ne comprends rien parce que mon chinois n’est pas excellent, mais faudrait pas me prendre pour un con parce qu’en France j’étais juriste » lui avais-je rétorqué…sans succès, me jurant la bouche en cœur avec son eunuque de mari que cela n’a rien à voir avec mon statut d’étranger….ben voyons!

La soif insatiable du pognon et l’ambition d’écraser son prochain pour faire miroiter son pseudo statut de réussite sociale, les femmes chinoises sont encore celles qui le font le mieux et tout ça dit sans sexisme aucun. Quelle pitié!

Bref, après de longues discussions, j’arrive à m’en sortir avec une simple pénalité de 1000Y : elle garde les 2000Y mais n’exige pas de moi le paiement des charges qui s’élèvent à peu près à 1000Y (frais annexes engagés inclus). TROP AIMABLE! Et c’est là que j’ai encore reçu une belle leçon de vie : 花钱买教训 (Hua Qian Mai Jiao Xun) selon un apophtegme chinois que me surina un de mes amis chinois « Payer pour acheter une leçon, pour recevoir une leçon (de vie s’entend)« . Dans un pays étranger, où les us et coutumes différent, quand bien même la barrière de la langue est partiellement franchie, il n’y a pas toujours de solution parfaite et il faut alors savoir se contenter de la solution la moins pire, celle qui ne nous empêchera pas d’avancer par la suite, quitte à mettre un mouchoir sur son orgueil ou sa dignité. Dure à avaler aux premiers abords, je pense que cette solution sera salvatrice pour la suite.

L’agent immobilier complaisant et veule

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Alors lui, il aurait des actions chez Pampers et Kleenex que cela ne m’étonnerait pas! Premier rendez vous avec lui, accompagné de Sarah, on sent déjà le malaise quand je lui évoque le fait que la propriétaire est en train de me la faire à l’envers avec captation de caution à la clé. Ca sue, ça goutte, ça baisse les yeux…sa couche a du se remplir en un rien de temps. On le sentait tout de suite bien emmerdé par cette affaire, au point de nous baratiner avec une clause inventée sous notre nez, pensant que nous comprendrions pas. Sauf qu’après le rendez-vous et un bon café, on s’était bien aperçu que ce n’était que mensonge.

Allez zou, nouveau rendez-vous avec un ami chinois histoire de lui mettre la pression. Tout d’un coups, changement de stratégie, il n’argue plus cette clause mais une autre, qui elle a la particularité par son manque de clarté de lui donner une bouée de secours. Mais nous ne sommes pas les seuls à lui mettre la pression, puisqu’il téléphone aussi à la propriétaire pour lui faire art de la problématique et cette dernière, en bonne 暴发户 (Bao Fa Hu – Nouveau riche) lui hurle une quantité de conneries pour faire valoir son arnaque. Lui faisant remarquer de toute façon qu’il n’était pas objectif puisque son client principal était la propriétaire et pas moi, il me répondra dans une hypocrisie pleine d’aplomb et dont les chinois ont le secret « Bien sur que non, autant que elle , vous êtes mes clients, je ne prends pas parti.« 

Ultime coups de poignard, au moment de la visite de rendu de l’appartement, vla ti pas qu’il débarque en tenue décontractée, avec son chtite n’enfant de 5 ans dans les pattes! La stratégie du gamin en bas-âge, un classique aussi! La fourberie vient du fait que personne n’aurait idée de s’engueuler devant un gamin, le pauvre, sous peine : d’une, de faire pleurer cette petite tête noire (bah oui, sont pas blonds les chinois), de deux, de perdre doublement la face. Déjà que la perdre en Chine est un affront, mais alors la perdre deux fois en même temps, j’imagine. Et donc oui, on est resté courtois eu égard à cette margoulaterie de premier ordre même si au finish, on a réussi à arracher un accord avec l’autre mégère (泼妇 – Po Fu). Note que ce constat de mégère ne vient pas que de moi, chacun de mes accompagnant ayant eu affaire à elle en est ressorti avec le même sentiment. Et l’agent immobilier lui, a réussi à se sortir de se guêpier car oui, oui, les chinois détestent (mais qui aime ça fondamentalement) les situations 麻烦 (Ma Fan – embêtante, pour rester poli) et font en général tout pour se défausser sur quelqu’un ou pour te rouler dans la farine histoire de t’éloigner, et donc , éloigner cette situation inconfortable. Courage fuyons!

L’ami passif, contemplatif et donneur de leçons

50261202178345750Sans fondamentalement viser quelqu’un (mon ancien coloc quand même), cette catégorie vise un peu tous les accompagnants chinois que j’ai eu durant cette histoire et qui à chaque moment clé n’ont pas fondamentalement essayé de comprendre mon désarroi face à cette situation qui puait l’arnaque à plein nez.. Moins pire que les deux précédents, mais pas moins gonflant sur le long terme car prompt à t’indiquer que s’énerver ne sert à rien, que si on réagit comme cela c’est que l’on n’a toujours rien compris au fonctionnement de la Chine et ponctuant son propos d’une sentencieuse expression chinoise (成语 – Cheng Yu).

Alors ça, ça me fatigue au plus au point! Car derrière un espèce de verni de compréhension se cache en vérité une attitude molle, moutonnière et incapable de faire preuve d’empathie….d’autant plus quand ces personnes passent leur temps à te dire qu’il y’a quelque chose qui les fait chier tous les deux jours. Et moi alors ? Tu comprends pas que malgré mes efforts à m’adapter et à comprendre, la Chine n’est pas mon pays ? Que je suis en difficulté face à certaines attitudes clairement malhonnêtes et que plutôt que de me lancer vos litanies vous pourriez essayer de sortir de votre certain confort « intellectuel » pour essayer d’aider au mieux un ami. Bah non, comprennent pas! Au pire quelques jurons dans le dos des deux précédents connards qui ont essayé de me rouler (et qui s’en sont pas trop mal sortis au finish), mais en face en face, de véritables eunuques.

Bref, c’est des moments où je me dis : « Mais qu’est-ce-que je fous là putain ? Un vrai pays de schizo-dinguos!« . Et puis la tempête passe, on retrouve vite pieds  avec la réalité et finalement, rapidement, d’autres chinois vous réconcilient immédiatement avec cet Empire du Milieu…et c’est heureux, mais c’est une autre histoire.

To be continued!

L’art du renoncement ou le courage des professeurs

Et voici le premier coups de gueule de l’année et rédigé depuis mon téléphone portable tant qu’à faire.

Le semaine prochaine, c’est la fête nationale (国庆日-Guo Qing Ri) (Fondation de la République Communiste etc…), 1er octobre. À ce titre, toute la Chine profite d’une semaine de vacances durant laquelle une très grande partie des Chinois voyagent. On pourrait presque dire que c’est un avant goût des vacances du nouvel an chinois (春节-Chun Jie- Fête du Printemps): énormément de monde sur les routes, les rails, dans l’air etc…je vous laisse imaginer le boxon!

Mais le Gouvernement n’est pas fou: il convient de rattraper quelques jours « gracieusement » donnés en travaillant le Week end. Cette année cela s’articule ainsi: le dimanche 30 septembre permet de rattraper la journée du vendredi 4 octobre et le samedi 12 octobre permet de rattraper le lundi 7 octobre.

En ce sens, ce dimanche était prévu donc ma journée de cours du vendredi 4 octobre. Sauf qu’aujourd’hui la majeur partie des élèves de la classe ont indiqué au prof d’écoute (听力) leur intention de ne pas venir en cours ce dimanche quand bien même cette journée est considérée comme une une journée « normale » de classe. La prof, surement trop heureuse de l’occasion, à mollement demandé à mes camarades de confirmer leur intention de ne pas venir: manquait qu’a les prier!

Et ni une ni deux, elle décrète donc qu’il n’y aura pas cours de 8h à 10h. Position confirmée par la venue d’une responsable de la scolarité qui a redemandé confirmation de « notre intention de ne pas venir »! Belle preuve de courage et de renoncement vu le sourire complice qu’elle semblait avoir avec mes camarades Kazhaks (un ramassis de branleurs pour 90% d’entre eux) en quittant notre salle de classe.

J’étais à 2 doigts d’exploser de rage de voir un tel manque de professionnalisme et de conscience professionnelle. Mais aussi quel manque de respect à l’égard de ceux qui comme moi ont payé plus de 2 000€ leur année de scolarité et sans le bénéfice d’une bourse quelconque (pas comme les Kazkaks ou Coréens qui peuplent ma classe)

Bien sur j’aurais pu faire part de mon insatisfaction en le disant haut et fort devant tout le monde: « NON IL Y’AURA COURS! ». Car oui, en tant que « délégué de classe » (班长-Ban Zhang) mon avis compte pas mal (spécificité chinoise).

Mais pour quel résultat?
– J’aurais perdu la face en criant devant tout le monde;
– J’aurais été le seul con à venir en cours;
– Au regard de la situation, la prof aurait annulé le cours ou bien obligé à étudier pour la énième fois une chanson « pop » chinoise (suscitant en moi une expulsion de tous les liquides corporels par tous les orifices dans les 5 minutes).

Alors voilà, merci encore donc à toute l’organisation pédagogique de mon université pour son professionnalisme et son respect à l’egard tant d’eux même que des élèves. Car quand on prouve en 2 minutes que l’on se fait retourner par les élèves aussi facilement, c’est que l’on doit avoir une sacrée dose de respect pour soi…ou pas.

Et pour info, du 1er au 7 octobre je serais à 上海 (Shanghai) pour visiter les villes avoisinantes avec des amis.

Bisous quand même

Les larmes du professeur

Épisode dont je me serais largement passé tant cela en a embarrassé plus d’un. Bénéficiant de l’office d’un professeur remplaçant pendant une semaine, certains de mes « camarades » de classes n »ont rien trouvé de mieux que de lui montrer très clairement leurs désintérêts pour la matière.

Petite précision de contexte général : Toute d’abord il convient de rappeler la présence en force de ressortissants d’anciennes républiques soviétiques (notamment Kazakhstan, Ouzbékistan, Tadjikistan….), dont de nombreux partenariats ont été tissés avec les universités de Xi’an. Ainsi on se retrouve avec des classes à moitié peuplées de personnes issues de ces pays. Le problème étant qu’en fait ces jeunes sont souvent envoyés ici  » à marche forcée » par leurs universités, qui leur défraient quasiment l’ensemble de leurs frais. Pour certains, c’est leur 1er année d’université et ils la passent à l’étranger, en Chine. Certains ont à peine 17 ans! N’hésitant pas ainsi à se comporter comme de « petits rois », pour une bonne moitié d’entre-eux on se demande ce qu’ils font là…et eux aussi je crois. Si bien que l’assiduité, le comportement en classe peut parfois s’en ressentir avec un « je-m’en-foutisme » ambiant par moment. Ma classe est relativement préservée par cet état de fait qui touche avant tout les classes de « débutants ». Et enfin, à leurs décharges, cette fois-ci ils n’y sont pour rien. Parenthèse fermée.

Notre professeure constatant que la moitié de la classe n’avait pas fait ses devoirs s’empourpre et rompt subitement avec le flegme de la titulaire (en déplacement pendant cette semaine). Commence alors, et à raison je dois l’avouer, un discours moralisateur sur le pourquoi nous sommes venu ici, qu’il y’a un temps pour jouer et un temps pour étudier et que ces temps sont très distinctement délimités pour qu’aucune confusion ne soit permise (hors mauvaise fois!). Et vas-y pendant qu’elle parle un de mes camarades (indonésien) se lève et se casse, sans aucune autre forme de procès, faignant de ne pas comprendre la prof’ qui lui demande la raison de ce départ soudain. Immédiatement suivi par un autre (indien cette foi-ci), principal agitateur sous ses airs décontracte-cool-istrillon (un connard quoi, faut le dire!). Ne reculant devant aucune provocation, il prétexte ne pas se sentir bien alors que la prof’ lui défend de sortir à 3 reprises…suivi de près par une arménienne qui prétexte la même chose, après avoir passé 2 heures sur son ordinateur portable. Forcément ça à de quoi vous faire dégoupiller! La prof termine son speech en arrosant au passage le comportement des occidentaux vis à vis des professeurs…classe! Et les larmes aux yeux, quitte subitement la classe, nous laissant en carafe pendant 15 bonnes minutes!

Mal être généralisé, puisque nous étions globalement tous en accord avec son discours mais ne sachant pas comment réagir face, nous lui avons offert notre meilleur visage à son retour. Participation tonitruante pour les 10 dernières minutes de cours, lui redonnant même le sourire. A la fin du cours, elle avait toujours les larmes aux yeux mais je n’ai pas manqué de lui expliquer brièvement que les occidentaux respectaient également les professeurs…et puis que bon, l’Indonésie et l’Inde, c’est l’Asie quoi! Et on ne va pas généraliser à une population le comportement de malheureux goujats! J’en ai profité pour lui dire qu’elle n’en demeurait pas moins bon professeur (hop, un coup de langue, c’est gratuit et ça fait pas de mal^^).

Et pour la Guigui Touch : j’ai proposé à tout le monde de cotiser pour acheter un petit bouquet de fleurs en guise de remerciement et de plates excuses. Parce que c’est ça aussi ça de montrer à un professeur que l’on apprécie son dévouement à nous apprendre une langue relativement difficile. Elle a su nous remettre un peu les idées en place et nous rappeler des efforts à déployer pour parler chinois. Et ça, même si je m’en doutais déjà, il est toujours bon de se l’entendre dire par le professeur. Lèche cul ? Non, je bénie chaque jour de m’avoir permis d’accélérer  mon apprentissage du chinois en Chine et ce, notamment grâce à la présence de professeurs; même si cela peut parfois être rasoir, je sais pourquoi je suis là et ne me laisserai pas gâcher mon plaisir par des gougnafiers de bas étages!

C’était la minute « petit coup de gueule »!