1 an et demi à étudier le chinois, et ce n’est pas fini…

Depuis septembre 2012, l’étude du chinois accapare pour ainsi dire 100% de mon temps. Vivre en Chine, c’est vivre la langue  chinoise, la seule capable de véhiculer la richesse de la culture et des traditions chinoises. C’est aussi la seule dans laquelle les chinois daignent s’exprimer quand ce n’est pas pour se réfugier derrière leur patois local : exit l’anglais et autres langues « internationales », ça ne vous sera qu’une d’un très faible utilité, mais ça, je l’ai déjà expliqué plus d’une fois ici et ici.

Je reste toujours aussi interdit quand je rencontre des expatriés, notamment à 西安 (Xi’an), qui après certaines années sur place ne pètent toujours pas un mot de chinois. Quel gâchis! Je m’interroge vraiment sur la motivation de ces personnes qui débarquent en Chine soit en ayant l’intention d’apprendre le chinois (mais abandonnent au bout d’un mois, face à l’ampleur de la tâche), soit qui ne s’y consacrent même pas, si ce n’est pour apprendre à dire « Bonjour » et « Au revoir ».

L’apprentissage du chinois est une histoire de méthode, et chacun a forcément la sienne…à condition encore d’y travailler. S’il est vrai que l’on peut rapidement se retrouver confronté à un mur, tant le chinois est une langue sans le moindre point commun avec nos langues indo-européennes (encore que…), votre volonté à vouloir demeurer dans ce pays et à chercher à comprendre ses habitants, ses us et coutumes, son histoire, déterminera votre aptitude à progresser en chinois. Et je mets de côté les expatriés qui côtoient les chinois plus ou moins anglophones : la langue de Shakespeare ne permet pas de comprendre toute la symbolique et les raffinements du chinois. De plus, ce sont souvent des chinois trop heureux de chercher à se faire des amis européens et qui auront rarement le réflexe de vous parler de la Chine dans ses aspects les plus « basiques« , les plus « pittoresque« , par peur de provoquer le désintérêt de certains expatriés clairement hypnotisés par l’exotisme « clean » chinois.

Mais revenons en à l’étude du chinois.

 

Sonnez le tocsin, c’est la rentrée du 2nd semestre

Comme à chaque début de semestre, nous prenons connaissances de l’emploi du temps. Sachant que j’ai commencé au niveau 2 (sur 8), me voilà propulsé au niveau 5 (五班 – Wu Ban) après 1 an et demi de cours intensifs. Et ce semestre s’annonce plein de changement par rapport aux précédentes rentrées.

On passe désormais de 20h à 24h de cours par semaine dont 4 heures sont dispensées en après midi. La part des cours de pure langue diminue une nouvelle fois pour faire place à des cours culturels ou plus « élaborés ». Par exemple : exit le cours de 听力 (Ting Li – Ecoute intensive). Maintenant, on estime que le niveau atteint en chinois est suffisant pour se passer clairement d’un cours strictement dédié à l’écoute.

Le cours de 精读 (Jing Du – Lecture intensive / Cours de synthèse) reste à 6h par semaine et reste le cours le plus important et qui permet de vraiment bien progresser en chinois. A compter du niveau 5, la grammaire n’est que très peu abordée en raison de son poids bien moindre dans la langue chinoise qu’elle ne l’est en français. Tout est question d’enrichissement de vocabulaire et de son utilisation.

Le cours de 口语 (Kou Yu – Oral) reste à 4h comme le semestre dernier et le cours de 写作 (Xie Zuo – Écriture) reste à 2h semaines (et c’est toujours aussi soporifique d’ailleurs).

Bref, rien de bien passionnant à première vue. Mais il reste donc 12h de cours qui ne sont pas plus en rapport direct avec la langue chinoise (en comparaison aux rentrées dernières)…vraiment aucun rapport ?

 

Le chinois comme les étudiants chinois et en chinois …tu étudieras.

La particularité de notre institut de langue chinoise est qu’il sert également de centre de formation pour les étudiants chinois cherchant à devenir professeurs de chinois à leur tour. Professeur de chinois s’entend aussi bien comme un prof de chinois pour les chinois (comme nos professeurs de français au collège, lycée) que pour les étrangers (l’équivalent de la matière Français Langue Etrangère – FLE). C’est aussi pour cela que j’avais choisi cette université, car elle est réputée pour son centre de formation des professeurs à l’enseignement du chinois sous tous ses aspects… Et les aspects sont forts nombreux comme le dévoile le planning de ce semestre.

 

Cours de lecture intensive de journaux (报刊阅读 – Bao Kan Yue Du) – 2h/semaine

L’intitulé parle de lui-même : cours de lecture de coupures de presse avec analyse du vocabulaire dédié et de certaines tournures grammaticales récurrentes. La semaine dernière, le professeur a préféré perdre mettre à profit les 2 premières heures de cours afin que nous nous présentions tous mutuellement…alors que nous nous connaissons déjà tous pour la plupart…je sens que le professeur me gonfle déjà…. . C’est d’ailleurs assez dommage étant donné que le contenu de l’ouvrage semble vraiment très intéressant et utile. Nous verrons bien demain.

 

Le cours de chinois moderne (现代汉语 – Xian Dai Han Yu) 2h/semaine

Voilà le cours que je ne vais pas aimer! Après déjà 4h à essayer de comprendre le but ultime du cours, je pense avoir déjà laissé tomber. Il s’agit en fait d’un cours à la croisée de la phonétique et de la linguistique pure. Les timbres, les sons, la structure des syllabes. Parfaitement indigeste, même si cela avait été enseigné en français d’ailleurs! Je me rendrais toujours en cours mais honnêtement, en tant qu’auditeur passif. Dommage car les 2 premières heures laissaient entrevoir un contenu plus intéressant et moins aride, vu que le professeur nous avait présenté les différentes sonorités des dialectes chinois.

Cours d’histoire ancienne de Chine (中国古代历史 – Zhong Guo Gu Dai Li Shi) 2h/semaine

Cours dispensé par notre professeur d’histoire de l’année dernière. Sauf que là, le cours est en chinois et l’on commence au temps de la préhistoire chinoise jusqu’en 1840. Le professeur a au moins le mérite d’avoir une locution claire et compréhensible et d’ étayer son cours avec une rétroprojection, ce qui rend la compréhension bien moins difficile. Un de mes cours préféré.

Le cours de « Écoute, observation et conversation » (高级视听说 – Gao Ji Shi Ting Shuo) 2h/semaine

Petit aperçu de ce cours avait été fait au semestre dernier. La trame de base est la suivante : visionnage d’un dessin animé ou d’un passage de film puis on discute de ce que l’on a vu avec la classe. D’apparence trivial, le semestre dernier, cette matière s’est révélée être un pur calvaire : professeur démotivant et idiot, dessins animés intéressants mais tous muets, vocabulaire étudié extrêmement compliqué et inutilisable au quotidien et enfin, un livre pourri! Donc ma participation à ce cours pour ce semestre était pleine de préjugés. Vite envolés avec un professeur dynamique, un livre bien ficelé avec des rappels grammaticaux et surtout une approche « utilisable au quotidien » des structures et du lexique. C’est également un de mes cours préféré. Les dessins animés en question ont été élaborés expressément pour les apprenants en chinois et permettent donc également de comprendre certains pan de la culture populaire chinoise. Également un de mes cours préférés.

Le cours de culture des caractères chinois (汉字文化 – Han Zi Wen Hua) 2h/semaine

Voici mon cours préféré et certainement le plus compliqué. Intéressant parce que grâce à ce cours, on retrace l’histoire de l’écriture et de l’élaboration de chaque sinogramme (par famille). Formes évoluant au travers des siècles, voire des millénaires, avec des changements de styles aux noms bien particuliers (chez nous on parlerait de l’écriture gothique etc…). Être attentif à ce cours, c’est aussi comprendre tout le cheminement de pensée de la langue chinoise mais aussi la culture chinoise. Ce cours illustre parfaitement bien mon propos qu’en à l’apprentissage de cette langue. Comprendre la Chine c’est d’abord apprendre à la parler et ainsi en découvrir les secrets historiques et culturels ; pourquoi passer à côté d’une telle aventure ?

Ce cours est aussi le plus difficile car il nous confronte à un pan culturel qui n’est pas évident pour les occidentaux. Ajoutez à cela que le cours est enseigné dans un chinois plutôt académique. Au moins le professeur est motivé et tente d’être le plus pédagogique possible même si ce n’est pas évident.

Le cours de géographie (中国地理 – Zhong Guo Di Li) 2h/semaine

Tout est dans l’intitulé du cours, j’aurais du mal à digresser dessus hormis le fait que ce cours recoupe également quelques éléments de culture chinoise. Le professeur est de bonne volonté mais relativement soporifique et se contente de nous faire lire le livre dont la structure éditoriale me paraît très bizarre : on prend les 23 régions chinoises et autres districts autonomes puis pour chacun, on lui dédit un chapitre qui résume son histoire, sa géographie, ses lieux remarquables, ses spécialités culinaires et le tempérament de ses habitants….un catalogue de banalités plus qu’un vrai livre d’étude géographique…Bref, je n’exclus pas pour autant d’y apprendre quelque chose mais j’aurais plus vite fait en lisant l’ouvrage par moi même.

Voilà donc mon programme (fort chargé) pour ce semestre….mais je m’en sortirai ^^

L’art du renoncement ou le courage des professeurs

Et voici le premier coups de gueule de l’année et rédigé depuis mon téléphone portable tant qu’à faire.

Le semaine prochaine, c’est la fête nationale (国庆日-Guo Qing Ri) (Fondation de la République Communiste etc…), 1er octobre. À ce titre, toute la Chine profite d’une semaine de vacances durant laquelle une très grande partie des Chinois voyagent. On pourrait presque dire que c’est un avant goût des vacances du nouvel an chinois (春节-Chun Jie- Fête du Printemps): énormément de monde sur les routes, les rails, dans l’air etc…je vous laisse imaginer le boxon!

Mais le Gouvernement n’est pas fou: il convient de rattraper quelques jours « gracieusement » donnés en travaillant le Week end. Cette année cela s’articule ainsi: le dimanche 30 septembre permet de rattraper la journée du vendredi 4 octobre et le samedi 12 octobre permet de rattraper le lundi 7 octobre.

En ce sens, ce dimanche était prévu donc ma journée de cours du vendredi 4 octobre. Sauf qu’aujourd’hui la majeur partie des élèves de la classe ont indiqué au prof d’écoute (听力) leur intention de ne pas venir en cours ce dimanche quand bien même cette journée est considérée comme une une journée « normale » de classe. La prof, surement trop heureuse de l’occasion, à mollement demandé à mes camarades de confirmer leur intention de ne pas venir: manquait qu’a les prier!

Et ni une ni deux, elle décrète donc qu’il n’y aura pas cours de 8h à 10h. Position confirmée par la venue d’une responsable de la scolarité qui a redemandé confirmation de « notre intention de ne pas venir »! Belle preuve de courage et de renoncement vu le sourire complice qu’elle semblait avoir avec mes camarades Kazhaks (un ramassis de branleurs pour 90% d’entre eux) en quittant notre salle de classe.

J’étais à 2 doigts d’exploser de rage de voir un tel manque de professionnalisme et de conscience professionnelle. Mais aussi quel manque de respect à l’égard de ceux qui comme moi ont payé plus de 2 000€ leur année de scolarité et sans le bénéfice d’une bourse quelconque (pas comme les Kazkaks ou Coréens qui peuplent ma classe)

Bien sur j’aurais pu faire part de mon insatisfaction en le disant haut et fort devant tout le monde: « NON IL Y’AURA COURS! ». Car oui, en tant que « délégué de classe » (班长-Ban Zhang) mon avis compte pas mal (spécificité chinoise).

Mais pour quel résultat?
– J’aurais perdu la face en criant devant tout le monde;
– J’aurais été le seul con à venir en cours;
– Au regard de la situation, la prof aurait annulé le cours ou bien obligé à étudier pour la énième fois une chanson « pop » chinoise (suscitant en moi une expulsion de tous les liquides corporels par tous les orifices dans les 5 minutes).

Alors voilà, merci encore donc à toute l’organisation pédagogique de mon université pour son professionnalisme et son respect à l’egard tant d’eux même que des élèves. Car quand on prouve en 2 minutes que l’on se fait retourner par les élèves aussi facilement, c’est que l’on doit avoir une sacrée dose de respect pour soi…ou pas.

Et pour info, du 1er au 7 octobre je serais à 上海 (Shanghai) pour visiter les villes avoisinantes avec des amis.

Bisous quand même

Devinez qui est de retour ?

Je reconnais que cela fait un peu pétard mouillé mais oui, je suis de retour en Chine (plus précisément 西安…comme l’année dernière quoi) pour une nouvelle année d’apprentissage de la langue chinoise. Pas mal de temps a passé depuis mon dernier poste mais je tiens à rassurer mon immense base de fans (au bas mot, 30 pékins) : je vais bien. Comme dirait notre Belge préféré (non, pas Johnny!) : « I’m back physically and mentaly« 

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Je suis arrivé en Chine le 23 août à Shanghai et y suis resté 4 jours en guise de sas de décompression avant d’affronter de nouveau la rugosité culturelle et quotidienne de 西安. Je suis arrivé le 27 au matin, en train, et mon actuel colloc (et toujours partenaire de langue) est venu me chercher. Serviable et gentil comme tout, il s’était chargé de la location de l’appartement, des achats sur internets pour meubler etc etc… bref, encore une fois j’ai laissé l’autochtone se charger de tout. Nous voici donc bien installé depuis presque 15 jours, les cours à l’université (陕西师范大学 – Shaanxi Shifan Daxue – Université Normale du Shaanxi) ont repris depuis bientôt 20 jours… tout semble fonctionner comme sur des roulettes …mais non en fait : JE N’AI PAS INTERNET CHEZ MOI! Pour ceux qui ont suivi mes aventures concernant l’eau chaude et le chauffage l’année dernière, c’est la même chose cette année mais version réseau internet. Et je peux vous dire que c’est quasiment tout aussi handicapant quand on connait ma propension à surfer sur internet, ne serait-ce que pour raconter mon humble quotidien ou quelques aventures « rocambolesques » genre « Il n’y a plus de papier dans les toilettes du restaurant, que faire ? Main droite ou main gauche ?« ). Bref, l’impression d’être coupé du monde. Vous me répondrez  » Tu n’as qu’a aller dans un café avec le Wifi gratuit ou autre subterfuge« …oui mais c’est pas pareil : plus de spontanéité dans ce que j’écris car obligé de tout préparer avant de se diriger au café et se délester de 20Y pour boire du jus de chaussette un café, juste pour boire un café…Honnêtement, ça fait chier! Mais comme l’année dernière, je vais devoir prendre mon mal en patience après que mon coloc se soit fait balader par la société prestatrice : un coups ils disent qu’ils peuvent, l’autre non, 3 jours après finalement c’est possible mais le surlendemain finalement non…That’s China, et ceux qui ont vécu en Chine ne pourront que très difficilement me contredire.

Mis à part ça, tout va bien et je recommence donc sur les chapeaux de roues. En attendant d’avoir ma propre connexion internet je vais essayer de profiter au maximum de celle de l’Université, aussi instable soit-elle. Je vais profiter de post pour vous résumer un petit peu ces 3 dernières semaines.

  • L’université et les cours de chinois

Sur ce point, également peu de changements.  Je suis au niveau 4 (四班) sur 8 et une nouvelle matière s’ajoute au détriment de 2 heures de cours de conversation. Il s’agit du cours de 视听说 (Shi Ting Shuo – « Regarder Ecouter Parler ») : en gros, on regarde un dessin animé traditionnel chinois, souvent muet, puis le professeur nous demande de raconter ce que l’on voit. D’apparence intéressant, ce cours est proprement nul à chier et d’une très grande inutilité vu comme il est enseigné. Aucune vitalité, aucun souci d’expliquer comment utiliser tel ou tel mot, c’est simple, je n’y apprends strictement rien du tout. Au moins, je sais à quoi ressemble un dessin animé traditionnel chinois : c’est un peu comme les Barbapapa chez nous! J’aurais une meilleure connexion, j’aurais fait l’effort de trouver une vidéo sur internet… Nous sommes actuellement 18 en classe, avec une très grande majorité de Coréens du Sud. Mais on retrouve les classiques Kazakhs, Kirghiz etc… à cela s’ajoute une japonaise, une indonésienne, un indien, une écossaise ainsi que mes camarades de l’année dernière. Et une fois de plus, j’ai été désigné « délégué de classe » 班长 (Ban Zhang), on ne se refait pas.

Le 10e jours du 9e mois du calendrier lunaire (soit le 10 septembre 2013), c’était également traditionnelle fête des professeurs « 教师节 » (Jiao Shi Jie), preuve que ce métier revêt encore une dimension sociale particulièrement importante (même s’ils sont payés au lance pierre, comme en France en fait ^^). Le statut du professeur est réel et il est toujours apprécié donc de souhaiter à ses professeurs une « bonne fête »…je me suis abstenu quand même. L’université était bien évidement décorée pour l’occasion.

Sculpture de fleurs

Sculpture de fleurs

  • La Chine et les Chinois

Pour le coups, ça aussi ça n’a pas changé. Le chinois reste égal à lui même : attachant mais désespérant tout autant, curieux mais pragmatique, gentil mais pas fou etc… . Les chinois restent les chinois que ce soit à Shanghai (上海) ou à Xi’an (西安) : ça grouille, ca vie sans se laisser perturber par les problèmes, les choses du quotidien. « Il faut avancer », « il faut vivre! », pragmatiques jusqu’au bout des ongles même si pour le coeur de occidental cela peut parfois manquer de chaleur ou de spontanéité à la « méditerranéenne ». J’ai repris le chemin de la piscine, faute d’ouverture de portes de la salle de gym. J’habite à  10 minutes à pied de l’université et me suis rapproché de l’arrêt de bus qui m’emmène à la piscine régionale. Là aussi, c’est un mini-bus avec un vendeur de billets à l’intérieur à qui l’on indique jusqu’où l’on va afin qu’il vousfixe le tarif correspondant. Il annonce de lui même les stations à venir, engueule les gens qui ne veulent pas se serrer comme des sardines pour laisser rentrer les nouveaux passager (à croire qu’ils doivent avoir une commission au nombre de passagers transportés entre 2 stations)! Je me demande encore comment les essieux arrivent à tenir tant je suis sur que l’on dépasse le nombre maximal de passagers autorisés à être transporté. That’s China once again… et j’adore ça!

"Un bus nommé désir"

« Un bus nommé désir »

Au fait, aujourd’hui nous sommes le 19 septembre 2013, la fête de la mi-automne (中秋节 – Zhong Qiu Jie), autrement appelée la »Fête de la Lune » par les occidentaux. Suivi le guide pour la petite histoire, je n’ai pas trop le temps pour le faire. Mais on retiendra que les Chinois savourent les fameux « Gateaux de la Lune » pendant cette période. Pâtisseries typiques aussi bien farcies avec une contenu salé que sucré, elles ont la particularité d’emporter une faible adhésion gustative auprès d’une grande partie des chinois. En effet, je n’ai jamais entendu un Chinois me dire qu’il raffolait de ces petits gâteaux…mais ça ne les empêchent pas d’en offrir dans de magnifiques coffrets. D’ailleurs le bureau de la scolarité cette année nous a offert à chacun 2 gâteaux de la Lune. Il y’a 2 ans, j’en avais ramenés au bureau dont certains étaient fourrés aux ailerons de requin…ça n’a pas fait l’unanimité je dois l’avouer et je n’y ai pas touché moi même. Mais bon, cette petite fête permet de profiter de 2 jours de vacances et les cours du vendredi seront rattrapés le dimanche matin. Pas folles les autorités chinoises,  « un pont mais pas trop quand même », voilà comment on pourrait résumer la conception du « pont » jour férié en Chine : le jour offert est rattrapé le week end précédent ou suivant directement.

Ça parait bon...mais c'est infâme! (Moi les goûts et les couleurs, je les discute!)

Ça parait bon…mais c’est infâme! (Moi les goûts et les couleurs, je les discute!)

  • Moi et le quotidien « chinois »

Mon colloc m’a trouvé un élève de français pour l’équivalent de 8h par semaine (400€ par mois), ce qui améliore quand même un peu le quotidien ou permet à minima de payer le loyer. Mais je ferait un post sur mon élève qui est particulièrement motivé et cela fait plaisir d’enseigner dans ces conditions, surtout quand on n’a pas la formation de base. Mais je me sers des livres de FLE (Français Langue Etrangère) prêtés par une amie (merci Fatiah) et ils sont parfaits même si je prépare moi-même chaque leçon.

Je me suis aussi fait alpagué par un des gérants d’un café dans la rue de mon université qui m’ont demandé de les aider pour traduire leurs offres de café en anglais contre dégustation gratuite. Comment leur expliquer que ma présence récurrente chez eux n’avait pour motivation que l’utilisation de leur WIFI ? Bref, why not c’est une belle expérience et pas trop chronophage.

Les types de graines de café

Les types de graines de café

Service à table, s'il vous plait!

Service à table, s’il vous plait!

Sarah revenue de Belgique, nous avons donc organisé notre classique (du moins, ça va le devenir) soirée « Franco-Belge » : fromage à gogo, bouteille de Bordeaux (achetée chez METRO) et petite salade composée. Le tout accompagné de 3 baguettes rances datant de la veille (on n’a pas eu mieux!). Quel plaisir! L’apéritif a naturellement été fait au pastis (et merci PERNAUD RICARD, ma STARE!)

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Allez, c’est reparti pour 1 an d’étude du chinois, des chinois, de la Chine etc… En attendant d’avoir internet je ne vous cacherai pas que mes post seront plus espacés mais j’essaierais de faire mon mieux pour poster 2 fois par semaine même si cela nécessitera plus d’organisation que l’année dernière. Encore une fois c’est la Chine et comme disait le philosophe anglais  » You can’t always get what you want » (Sacré Jagger). Mais de la à ce que tout cela me fasse douter de mon amour pour le pays ?

Naaaaaaaan!

Naaaaaaaan!

La rentrée, c’est maintenant!

Les cours ont effectivement repris depuis le lundi 4 mars 2013 pour un nouveau semestre plein d’apprentissage, de découvertes, blabla… . On ré-enchaine pour 20h de cours par semaine, 20h de cours de PUR CHINOIS! Vous me direz, on est là pour ça. Mais quelques petites évolutions sont apparues depuis le 1er semestre. En voiture Simone (et Micheline)!

Ce qui ne change pas

Les matières enseignées le matin, à savoir :

  • 清读 (Qing Du, lecture intensive)
Bon, chez nous c'est plus moderne

Bon, chez nous c’est plus moderne

Cours « synthétique » : étude de texte, 40 mots de vocabulaire par leçon (15 en tout pour le semestre), exercices de grammaire, questions de compréhension, rédaction…. . C’est le cours principal soit 8h par semaine. C’est aussi le plus exigeant à mes yeux.

  •  口语 (Kou Yu, conversation)
Bah ouais

Bah ouais

Cours un peu plus dynamique que le semestre dernier, ça galope déjà pas mal depuis lundi. Mais la prof est très pédagogue et ne manque pas de « caractère ». En effet, j’ai déjà eu le droit à un tacle en bonne et due forme sous prétexte que mon nom chinois (张富贵 – Zhang Fu Gui ; prénom très vieux et évidemment, démodé, très rural)…même les paysans chinois ne le donnent plus!! Je ne vous cacherai donc pas que je l’ai prise en grippe ^^. Mais comme prof, elle assure, c’est encore bien ça qu’on lui demande.

  • 听力(Ting Li – Ecoute intensive)
C'est à peu près ça quand un chinois me parle

C’est à peu près ça quand un chinois me parle

Pour ce cours, rien de nouveau : même contenu, même prof…même ennuie en cours. Disons que c’est une matière difficilement « enseignable », d’où l’ennui ambiant.

  • 写作 (Xie Zuo – Ecriture)

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Tout autant que le cours d’écoute, pas grands changements en la matière, l’accent étant forcément donné sur nos capacités rédactionnelles plus que sur nos qualités orales. Toutefois, la différence entre chacune des matières est parfois bien poreuse.

La bibliothèque demeurera mon refuge privilégié permettant de travailler…tout en dormant! (ils font comme ça, je m’adapte, et toc!)

Ce qui change

Cette fois-ci, les cours « optionnels » vont m’occuper un certain temps puisque je vais en suivre pas moins de 3, à raison de 2h par matières :

  • Cours d’histoire de la Chine (moderne et/ou ancienne, j’ai pas compris) – Enseignement tout nouveau à l’Université, il sera dispensé en anglais (trop dur en chinois)! J’ai hate => Début : lundi prochain puis tous les lundi à 14h30 ;
  • Cours de Calligraphie : suite du cours du 1er semestre, normalement il y’a un niveau II. Si ce n’est pas le cas, il est fort probable que je ne poursuive pas sauf à apprendre de nouveaux sinogrammes en cours. J’adore cette matière 🙂 ;
  • Cours de HSK (汉语水瓶考试 – Han Yu Shui Ping Kao Shi) : préparation à l’examen permettant de certifier de son niveau de chinois à tous les niveaux, comme le TOEFL ou le TOIC en anglais. Je tente le niveau 5 (sur 6). Gros gros challenge de la fin de semestre!! J’y crois à mort!

Mes méthodes de travail vont également un peu évoluer, histoire de rendre l’apprentissage plus varié mais aussi plus dense :

  • Rédaction quotidienne d’un petit journal quotidien, en chinois

Journal que je ferais corriger chaque fin de semaine par mon partenaire de langue, 刘帅. Promis, je prendrais un carnet « Hello Kitty »!

Choisis ton camp!

Choisis ton camp!

  • Achat d’un quotidien chinois, toutes les semaines.

Technique qui devrait me permettre de progresser en compréhension écrite mais aussi d’appréhender la rédaction par les chinois….pour les chinois. L’objectif sera de comprendre 2-3 petits articles par semaine

  • Regarder tous les jours une série chinoise

Je vous avouerai que ça va être dur mais je ne lâcherai pas. Ce n’est pas tant la complexité de l’exercice qui me rebute que le contenu globalement assez « gnan gnan » de ce type de série mais bon. Sur les conseils de 刘帅, mon dévolu s’est porté sur « Impératices du Palais » (甄嬛传)…ça s’annonce BOOORRRIIINNNG!

En attendant, je m’attelle à ce savoureux menu gastronomique dès la semaine prochaine, histoire de me préparer mentalement à l’indigestion.Mais bon, il faut souffrir pour réussir (non, pas pour être belle). Et qui sait, avec un peu de chance, à la fin de mon initiation, je devrais ressembler à ça :

Mouais....

Mouais….

Que retenir de la Chine ?

Voici un petit post de rattrapage pour ceux qui n’auraient pas suivi mes frasques depuis l’origine (des temps). Une manière pour moi de vous faire petit « cadeau » avant les belles fêtes merdiques de Noël. La Chine a récemment renforcé sont grand « Firewall » rendant mes connexions, même aidées d’un VPN, assez incertaines. Tant que je peux, je poste! Je pars dans 2 jours pour Shanghai et espère pouvoir vous faire partager ma vision du chemin que semble prendre la Chine actuellement…Un chemin uniforme ?

Mais au fait, que pouvons nous retenir de la Chine ?

  • En ce qui me concerne, je m’acclimate très bien : la lutte des classes contre le froid n’a plus de secret pour moi, ni même les innombrables procédures qui jonchent la vie de tout résidant en Chine : ca va de l’école, en passant par la banque etc… Sont tamponés ces gens là! Je dirais bien un « Ils sont fous ces Chinois« , mais Obélix est parti en Belgique, c’est moins drôle! Je passe toujours des moments de plaisir à suivre les cours de chinois, parfois classiques, parfois plus « exotiques » mais toujours….tellement chinois

Au cas où donc vous ne recroiseriez pas ma plume 2.0 avant Noël, je vous souhaite de bonnes fêtes de fin du monde pour le 21 décembre 2012. Pour les survivants ou les mécréants, on se retrouvera avant la vraie fin du monde, le 31 décembre 2012. Et sinon, au prochain post depuis Shanghai surement.

Encore un grand grand merci à vous tous qui prenaient (ou pas, mais on s’en fout) le temps de lire. Encore un plus gros merci pour ceux qui daignent lâcher leurs COMZ’S! Et merci enfin à ceux dont j’ignore l’identité, mais qui semblent suivre mes pérégrinations (souvent par accident, ne nous voilons pas la face…merci Google Search -_-) depuis le bout du monde. Faîtes moi part de votre humeur, fusse-t-elle exécrables, c’est souvent la plus pure!

Zoubi bande de vinch! (je vais vomir, tant de guimauve m’étouffe)!

Tribute "Team Tonton 2012"...tout ce blabla ne vaut pas un bon Triathlon

Tribute « Team Tonton 2012″…tout ce blabla ne vaut pas un bon Triathlon

Comment…j’apprends le chinois au quotidien ?

Si j’étais une personne qui a dans l’idée de venir étudier en Chine, c’est bien l’une des questions majeures que je me poserais. Je me suis moi même posé cette question et ai trouvé quelques réponses de parts et d’autres.  Mais après presque 3 mois d’expérience sur le sujet, je pense pouvoir raisonnablement  faire un petit topo sur la question (ouais je me la joue!). Sachant qu’en réalité, je suis d’avis de dire que cette méthode s’applique à toute situation d’immersion dans un pays étranger.

Avant tout je distinguerais 2 méthodes qui se complètent et fusionnent, l’une pouvant même être perçue comme le pendant pratique ou la conséquence de l’autre : la méthode scolaire et la méthode « para-scolaire ».

Méthode d’apprentissage scolaire

Les cours à l’Université

C’est un peu la « marque de fabrique » du projet dans lequel je m’investis au quotidien : des cours de chinois dispensés quotidiennement dans un cadre universitaire et avec des professeurs compétents en la matière. Mes outils principaux sont donc les cours en classe ainsi que les supports de cours : livres et feuilles d’exercices divers données en classe. 4 cours différents afin de focaliser notre attention sur un élément particulier de la langue : cours d’écoute, cours d’écriture, cours de conversation et cours de « lecture intensive » (qui fait surtout une synthèse de tous autres cours).

Le livre de « lecture intensive »

Cours de conversation

Écriture & Ecoute

Les conversations entre étudiants étrangers

J’assimile également cet élément à l’apprentissage strictement scolaire dans la mesure où nous nous contentons avant tout d’essayer de recracher et d’utiliser les nouvelles tournures de phrases et vocabulaire fraichement appris. Parfois cela peut virer au ridicule car certaines tournures de phrases se révèlent assez peu usitées ou encore parce que (parfois) nous ne faisons que deviner ce que l’autre essaye de dire au regard du contexte dans lequel s’inscrit la conversation : on devine plus que l’on ne comprend. Néanmoins à mes yeux, cela reste un excellent entrainement, un échauffement bienvenu pour un peu « débriefer » du cours avant de tenter quoique ce soit en direct avec les chinois. Et puis quel moment agréable que de pouvoir avoir l’impression d’être compris alors que l’on vient de formuler une phrase avec 3 fautes consécutives de grammaire ^^.

Le bachotage à la Bibliothèque

Le Saint Graal…euh…

Là aussi, grande classique pour étudiant sérieux et consciencieux, la « B.U ». Bâtiment très important à mes yeux puisqu’il me permet d’y travailler sereinement, sans la tentation de « l’internet à la maison ». Grandes salles de lectures avec leurs rangées de tables et de chaises moyennement confortables, j’y passe globalement 10 heures par semaine. Le grand jeu étant d’y trouver une place de libre ; libre s’entend comme une place où un petit malin n’a pas laissé négligemment ses livres de cours, histoire de « chauffer » le lieu. Combien de fois je suis resté sur une place « réservée » et de ne voir personne y prendre place durant les 3h où je suis resté. Et quand il n’y a plus de place, je nettoie par le vide, en dégageant les livres que le propriétaire viendra certainement récupérer ….dans 4h si ce n’est plus. Je ne vais quand même pas me priver de cet outil à cause de ces chtites manigances de bas étages!

Genre ça bosse!

Méthode d’apprentissage extra-scolaire

L’utilisation des médias traditionnels (développement de l’écoute)

Me concernant je vais surtout vous parler de la radio vu qu’il s’agit de mon média « traditionnel » de prédilection. Sans images ou autres sources de déconcentrations, la radio permet de se focaliser sur la diction, le parlé quotidien, l’accent, l’intonation (souvent bien différente de celle que l’on apprend, mais j’y reviendrais). Tous les matins, j’allume donc « Emilio », le poste de radio, pour me farcir pendant presque 45 minutes, l’équivalent de nos « antennes-libres » en chinois. On se rend vite compte que l’on ne comprend rien à l’essentielle de la conversation mais rien que le fait que de reconnaitre quelques bribes est très encourageant! Maintenant j’arrive à comprendre quand on me balance les chiffres en chinois et à 100km/h, c’est déjà ça de pris grâce à la pub (à défaut de comprendre si Monsieur Wang a réussi bander pendant sa nuit de noce…hé oui, dès 7h du mat, certains ne reculent devant rien!)

Mon avis :

Très honnêtement, je ne sais pas si cette écoute régulière à un réel effet à court, moyen ou long terme, mais j’aime à le penser. Au moins cela ne fait pas de mal et permet de travailler son chinois sans en avoir trop l’impression. Je pense que c’est la même chose pour la TV. Mais je reconnais cette qualité à la radio de forcer le cerveau à se focaliser sur le son plutôt que sur les images qui deviennent vite une béquille indispensable en Chine, surtout à ce stade de l’apprentissage.

« Bandour, c’est Emilio, le casse burnes du matin »!

L’utilisation des médias 2.0 (développement de l’écoute & de la lecture)

C’est le quart d’heure « cirons les pompes à l’Internet et le ouebdeupoingzerro« . Mine de rien (et de crayon…deux fois!) c’est surement l’une des plus grande mine d’or en terme d’apprentissage…à condition de savoir s’en servir évidemment. Maintenant Papy vieux con a fait son laïus sur la « Oueb Technoulougie« , j’attaque plus précisément le sujet.

Sites internet

Après avoir fait quelques courtes recherches, j’ai finalement conservé que les sites les plus simples d’utilisation et les plus courants. En réalité il n’y a pas de miracle : le mieux est encore de regarder séries ou films en chinois…sous titrés chinois, c’est encore mieux. L’avantage, c’est que l’on peut se raccrocher aux images faute de réellement comprendre ce qui se dit. Toutefois quelques séries se distingues par leur « relative » facilité d’accès.

  • Le classique du genre étant le clone de Youtube => Youku : aussi fourni que son mentor…mais dans un style chinois^^. A ma grande surprise il permet également de visionner les dernières séries américaines à la mode avec les sous titres…en anglais gnark!gnark (bah quoi? On a bien le droit de se détendre un peu bordel!). Si vous voulez accéder à l’onglet des séries, c’est par là!
  • Le clone => Tudou (« Pomme de terre » ou « patate », hé ouais, ça ne s’improvise pas…). Même contenu que sur Youku mais c’est sur ce site que je me regarde le « Caméra Café » chinois ^^, assez accessible également
  • Enfin, un site comparable aux 2 autres, en plus lisible : www.verycd.com (merci Hua). Pareil donc, une encyclopédies de vidéos en streaming, avec notation en sus.

Mon avis

Sur ces sites y’a à boire et à manger, c’est indéniable! Plus accessibles que leurs homologues européens s’il ont s’en tient à l’apprentissage du chinois (à savoir : mater des séries plus ou moins tolérables, le tout en chinois et gratuitement), c’est une mine d’or à explorer sans hésitation. Je dirais même que c’est à utiliser très régulièrement.

Les blogs

J’en retiendrais deux qui, hélas, ne sont pas francophones mais qui sont particulièrement bien élaborés pour l’apprentissage du chinois ou encore pour appréhender la démarche de l’apprentissage du chinois au quotidien ou sur le long terme.

  • Le site du suédois Olli Linge « Hacking Chinese« . Ce blog a le mérite de poser les bonnes questions et surtout d’y apporter les réponses que l’on attend. Pas avare en conseil, la lecture de ses post est très éclairante. Chaudement recommandé! Il est également présent sur Twitter @HackingChinese
  • Le blog de l’Italien Furio « Sapore Di Cina » . plus dans le ressenti et dans l’expérience personnelle, ce blog s’agrémente aussi de belles photos de voyage en Chine et dans des endroits relativement peu fréquentés. Excellentes explications et lecture très agréable des articles. Je le recommande tout autant. Egalement sur Twitter @saporedicina

Les logiciels

Ok c’est pas du Web 2.0, mais c’est ce dernier qui m’a permis de les trouver, et toc! J’en recommande là aussi 2, mais à usage différents :

  • Le logiciel de visionnage de vidéos et séries en streaming PPTV : il s’agit ni plus ni moins que d’un usage identique qu’un visionnage via Youku ou Tudou. Toutefois, je trouve le logiciel très pratique à utiliser même si tout est en chinois (pfiouu!)
  • Le logiciel Anki : logiciel qui permet de se confectionner des « jeux » de cartes de mémorisation (un peu comme un Memory) avec affichage aléatoires de celles-ci en fonction de nombre d’erreurs, du temps pour reconnaitre chaque carte… Ce logiciel est totalement paramétrable et vous pouvez aisément faire votre propre « paquet ». C’est ce que je fais et tous les mots nouveaux appris sont donc intégrés à ma base de donnée. Chaque jour, pendant 15 minutes, je révise donc des cartes aléatoirement choisies par le logiciel en fonction de mes précédentes erreurs. Le choix ainsi effectué permet de consolider l’apprentissage des caractères chinois ainsi que leurs prononciations. Le plus rébarbatifs étant d’entrer dans la base de donner un par un, chaque sinogramme mais libre à vous de télécharger sur le site les paquets de cartes constitués par d’autres utilisateurs, c’est totalement gratuit! Mais au moins avec mon paquet je sais qu’après presque 2 mois et demi d’apprentissage j’en suis à 600 mots nouveaux, ouch! C’est un outil est hautement recommandé ^^

Exemple de carte

Mon avis

J’utilise quasi-quotidiennement Anki et honnêtement j’en suis très satisfait. Il m’a permis de mémoriser bien des caractères que j’aurais rapidement oublié si Anki n’avait pas détecté ceux qui me donnaient le plus de mal. Il me permet également de savoir à combien de caractères nouveaux je suis depuis le commencement des cours : à savoir, 600 à aujourd’hui!! Après je ne suis pas un fanatique de cet outil qui sert à la mémorisation avant tout et non à la pratique réelle du chinois. Un bon adjuvant donc mais insuffisant en lui-même.

Le partenaire de langue (développement de l’écoute & de la conversation)

Voici une (ou des) personne(s) qui peut jouer un rôle déterminant dans l’apprentissage de la langue chinoise, celle de tous les jours et non celle des livres. Voici une personne qui va « vivifier » votre vocabulaire, votre manière de parler. Voici une personne qui va vous donner quelques expressions typiques, potentiellement utilisables tous les jours ou pour frimer auprès de vieux chinois convaincus que vous ne savez pas dire autre chose que « 你好 ». Voici une personne qui va vous faire aimer différemment la langue chinoise (mais cela vaut pour toutes les autres langues en réalité). Enfin, voici une personne avec qui vous allez confronter la diction du professeur avec la sienne (souvent plus « authentique »), confronter la pertinence de certains mots appris par rapport à d’autres non encore appris.

Cette personne peut être aussi bien votre petit(e) ami/ami(e) ou un étudiant ou autre mais la règle première est que cette personne soit chinoise. Même si vous trouvez un occidental quasiment bilingue, c’est pas bon! Peu importe la relation que vous entretenez avec : camarade de café, de bibliothèque, de cantine, de sortie, de lit etc…, gratuit ou payant (non, j’ai dit « pas les putes »!),

J’ai dit « Pas les…. »

L’importance étant que vous passez un bon moment en sa compagnie et surtout…QUE VOUS PARLIEZ CHINOIS SANS ETRE (TROP) TERRORISE PAR LA PEUR DE VOUS TROMPER!

Cette peur est logique et compréhensible. Mais si vous avez trouvé le bon partenaire celui-ci vous aidera à surmonter vos erreurs en vous corrigeant et en vous expliquant le pourquoi du comment. C’est ainsi que vous comprendrez que vous avez trouvé un bon partenaire de langue. En Chine, je dois reconnaitre que ce n’est pas bien compliqué : les étudiants, notamment, sont très accueillants et particulièrement curieux auprès des occidentaux, surtout dans une ville plus rurale comme Xi’an par rapport à la cosmopolite Shanghai ou l’historique Beijing. Nombreux sont vraiment prêts à vous aider sur ce point et c’est rassurant. D’ailleurs en début de mois de novembre 2012, un « chinese language corner » avait été organisé par les étudiants chinois. Le principe est simple : vous vous pointez pour venir parler chinois avec des étudiants chinois, et c’est tout.

Voici, à mes yeux, quelques impératifs à respecter pour avoir un bon partenaire de langue :

  • S’assurer que c’est une vraie bille en anglais/français : vous serez sûr que vous n’aurez pas de solution de replie « facile » à la moindre difficulté de conversation ;
  • Prenez un partenaire ayant à peu près le même âge : le décalage générationnel en Chine peut être assez hallucinant par rapport aux pays occidentaux. A l’incompréhension linguistique, il n’est peut être pas utile d’y ajouter un choc culturel en sus (oui, en sus) ;
  • Parlez de sujets basiques : ne jouez pas la provocation en abordant les sujets « sensibles » => généralement on n’a pas le bagou linguistique pour défendre convenablement nos assertions et ça évite de trop gros mal-entendus. Merde, on est aussi là pour se faire des potes quoi!
  • Jouez « simple » : n’essayez pas d’en foutre plein la vue en essayant de placer la dernière structure grammaticale fraichement apprise en cours => ça sert à rien, vous avez 80% de chances de vous viandez et d’avoir comme réponse un « blanc ». Le but est de discuter de manière plus ou moins fluide, par de faire une démonstration de vos acquis. La conversation n’en sera que plus agréable pour tout le monde. Et je sais de quoi je parle…

De mon côté je ne sens pas de progrès particulièrement fulgurant mais je sens que j’ai passé une nouvelle étape : je n’ai plus trop peur d’engager une conversation avec l’appréhension de ne pas comprendre ce que l’on va me répondre. La première étape ayant été de ne plus avoir peur de parler en chinois, malgré les fautes, tout en ayant toujours peur de comment mon interlocuteur allez répondre. Maintenant, a pu peur!

« Mais qu’est ce qu’il dit…le tambour?? »

Méthode d’apprentissage façon « Guigui »

Je ne vais pas inventer la poudre ni m’étendre trop longtemps, l’essentiel a déjà été dit. A mes yeux, rien de remplacera la formule suivante : shaker + Pastis + Glaçons…mais je ne suis pas sur que cela plaise à tout le monde. Voici donc mes ultimes conseils en la matières :

  • Munissez vous toujours d’un cahier et d’un stylo chaque fois que vous vous baladez ou que vous vous déplacez. Chaque mot nouveau et qui vous parait utile pourra ainsi être noté à l’intérieur et être appris par la suite. Cela me paraît plus qu’indispensable. Me concernant, j’en suis presque à 150 mots non appris dans les livres, c’est vous dire. Juste par le biais de conversations ou de mots entendus à la radio ;

Bob, le partenaire indispensable

  • Ne vous laissez pas « bercer » par les dictionnaires électroniques : parfois un mot ou une expression en chinois sont difficilement traduisibles ou font souvent l’objet d’une mauvaise traduction. Laissez vous porter par le contexte et essayer de comprendre pourquoi ce mot a été utiliser ainsi sans chercher à tout prix à en connaitre le sens profond. Le Chinois est une langue de « contexte » alors ne l’oubliez pas ;

Je veux ça pour Noël!!

  • Fumez! Sans déconner, c’est un véritable facilitateur de lien social et de conversation. Vous rencontrez quelqu’un (souvent plus âgé), ne sachant pas comment vous aborder, il va souvent vous tendre une cigarette et hop, la conversation (fusse-t-elle brève) s’engage. Pas obligé de fumer à plein poumon mais comparativement aux pays occidentaux, la cigarette n’est pas encore (trop) diabolisée…pourvu que ça dure ^^ (et merde aux oreilles chastes et/ou bien pensantes hygiénico-maniaques) ;

Toi aussi, fait comme Mao!! Si fumer, ç’est pas être patriote faut qu’on m’explique là!

  • Potasser un peu la géographie chinoise : les régions et leur ville principale. Cela vous permettra de vous démarquer un peu du « Pékin » de base et surtout de comprendre certaines différences d’accents, de mentalités etc… En sachant (grosso-modo hein?!!) d’où vient votre interlocuteur, vous verrez sa joie s’étaler sur son visage ; et ça, ça n’a pas de prix.

LA!

  • N’hésite pas à …ne pas étudier constamment de chinois. Plutôt que d’apprendre jusqu’à l’écœurement et de se décourager, autant s’accorder des plages de détente bien à soi et déconnectées de la Chine et du chinois. Rien de mieux pour recharger un peu les batteries et de reprendre l’apprentissage par la suite, avec un enthousiasme conservé, si ce n’est décuplé.

Film conseillé pour oublier même que l’on a un cerveau…Merci Michel Caputo!

Et je terminerais en citant mon amie belge Sarah concernant l’apprentissage du chinois. Il peut se passer 2, 3 voire 4 mois pendant lesquels on a l’impression de stagner, de ne pas progresser malgré les efforts déployés. Mais il ne faut surtout pas se décourager car l’apprentissage du chinois est ainsi : des progrès rapides et fulgurant puis de longues phases de stagnation successivement entrecoupées de progrès…que nous jugerons toujours trop « maigres ». Mais c’est ainsi : il ne faut pas s’attendre un bon jour, au saut du lit, à être bilingue. C’est long, fastidieux et parfois décourageant mais quel bel apprentissage que la langue chinoise. On n’apprend plus qu’une langue : un schéma de pensée, une civilisation.