Culture, « Face », Politesse et savoir vivre en Chine

Un des éléments qui touche immédiatement une personne arrivant dans un pays étranger est bien la culture du pays d’accueil, ses us & coutumes. Incontournables, au minimum pour ne pas donner une mauvaise image du pays d’où l’on vient, mais vitales si notre intention est d’y demeurer plus longuement. La Chine ne déroge pas à la règle. Comment tant d’autres pays d’ Asie, les coutumes, la culture, sont extrêmement différentes de celles issues du continent européen. Je n’entends pas ici faire un listing, d’autres l’on fait avant moi et de bien belle façon :

L’une des grande différence culturelle avec l’ Europe est bien l’existence d’un concept de « Face », le 面子 (Mian Zi). Cette idée transcende la notion même d’honneur, de dignité, de honte, d’orgueil pour en réalité les mélanger. Cette notion se comprend en la vivant au jour le jour avec pour unique trajectoire : ne pas faire perdre la face à un chinois….et ne pas la perdre non plus. Il s’agit ni plus ni moins subtil jeu de stratégie qui peut vite devenir un vrai casse tête….chinois. Mais je vous rassure, si vous êtes patient et relativement ouvert d’esprit, cela deviendra un automatisme d’appeler quelqu’un par son « grade professionnel » ou sa « fonction » plutôt que par « Monsieur/Madame/Mademoiselle », que de couvrir à 2 mains la flammes d’une personne qui vous propose du feu pour une cigarette (gage de la préservation de l’amitié) ou encore de ne pas dire 你好 (Ni Hao – Bonjour) et 谢谢 (Xie Xie – Merci) à tout bout de champ.

Après la #culture, la face, venons en justement à la politesse. Au risque de faire rire beaucoup de gens peu aux faits des traditions chinoises, les #Chinois brillent par un réel sens de l’accueil et d’un politesse fine. Au delà du fait que cela s’adresse aux étrangers, cette politesse me semble commun à l’ensemble des chinois. Le cadre de la Société chinoise reste particulièrement ritualisée malgré l’influence réelle de la Révolution Culturelle. Les relations entre personnes sont très hiérarchisées et à chaque strate s’applique une politesse particulière, s’ajoutant à une « base commune ». On ne saurait donc reprocher à la Chine un manque de politesse. D’ailleurs, pendant longtemps je me suis même demandé ce qui pouvait « clocher » en Chine ; ce sur quoi nous interrogent souvent nos professeurs.

En réfléchissant bien et en discutant longuement avec une amie belge, je pense avoir trouvé (à mon sens) ce qui manque cruellement aux Chinois : le manque de savoir vivre. Le savoir vivre ensemble me paraît faire cruellement défauts au fonctionnement de la Société chinoise. Grande civilisation, collective en famille, mais tellement individualiste en société (en apparence ?). Attention, je distingue bien la politesse, figure de style plus « policée » moins intuitive, plus conformiste (http://www.cnrtl.fr/lexicographie/politesse ) du savoir vivre ou civilité (http://fr.wikipedia.org/wiki/Civilit%C3%A9) plus « spontanée », plus « universelle ».

J’ai donc essayé d’expliquer cela à une professeur d’histoire me demandant d’expliquer ce à quoi je ne m’habituais pas en Chine. Mon niveau de chinois étant insuffisant et mon anglais en perdition, je n’ai pas réussir à la convaincre de ce qui relevait selon moi de la politesse strict-sensus, de la #civilité et du bien vivre en société.

Je prends 4 exemples :

En France , nous sommes censé dire « merci »à chaque action dont nous sommes le destinataire, aussi anodine soit-elle. En Chine, c’est inconcevable car on ne remercie que si un réel et grand service a été rendu. Ce n’est donc pas un manque de savoir vivre, mais un code de politesse différent.

Normal quoi!

Normal quoi!

En France , on offre des fleurs, une bouteille de vin à son hôte (je schématise un peu). En Chine, les fleurs ne sont destinées qu’aux cérémonies funéraires et seraient bien mal perçues si elles étaient offertes un hôte. Le cadeau roi quand vous êtes invité en Chine, la corbeille de fruit. Encore une fois, il s’agit d’un « code culturel » de politesse.

Pour la maitresse de maison

Pour la maitresse de maison

En Chine , les enfants en très bas âge, portent tous des pantalons et sous vêtements fendus tout le long du postérieur afin qu’ils puissent se soulager à tout moment, mais surtout à tout endroit ! Un enfant qui urine sur un bord de route en plein centre ville, sur le perron d’une boutique, rien de plus normal ! En France, inconcevable !

Syncro les gosses!

Syncro les gosses!

En Chine , on ne faits pas la queue devant un guichet (排队 – Pai Dui), on se regroupe en amas compacte, quitte (et surtout) à tricher en passant par les côtés ; rien de plus normal et sans considérations de quelconque manières. En France, pareil, inconcevable (encore que)

En bleu : les Européens En rouge : les Chinois

En bleu : les Européens
En rouge : les Chinois

Dans les 2 derniers exemples, nous sommes donc dans le domaine du « vivre ensemble » et non plus de la politesse. Aucun code de politesse n’interdit d’uriner dans la rue, c’est du « bon sens civique ». On me répondra que ce n’est que de l’urine de bébé et à priori je suis tout à fait d’accord, ces mixions ne m’ont jamais réelle choquée à vrai dire. Ces expérience m’ont juste permis de développer un peu plus ma réflexion sur certaines stigmates de la Société chinoises. Quand je vois que cette miction s’est transformée en défécation, devant moins, dans un magasin de prêt à porter plutôt « classieux » et pas plus tard que le week-end dernier, je me dis qu’il y’a quelque chose qui cloche (un peu quoi). Très étonnement , un autre étudiant français m’a répondu du tac au tac « Mais c’est la culture, c’est culturel voyons ». J’en doute encore un peu…qu’en pensez vous ?

Pour info, on retrouve ces applications des règles de politesse en Chine au monde professionnel et des affaires :

http://www.usinenouvelle.com/article/en-chine-je-m-adapte-aux-regles-du-savoir-vivre.N39963

http://www.spheremetisse.com/ici-ailleurs/us-coutumes/chine-les-regles-de-savoir-vivre-en-affaires.html

Ma conception "naïve" de la relation France _ Chine, j'assume ^^ CoCoNiHao

Ma conception « naïve » de la relation France _ Chine, j’assume ^^ CoCoNiHao

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Un week end d’échange gastronomique (1er partie : le marché en Chine)

Quand la simplicité se conjugue avec la découverte (ou la redécouverte) culinaire, moi je dis : OUI! Encore une fois, je vais donc parler de « bouffe ». Quand la gastronomie franco-belge et la gastronomie chinoise se rencontrent, cela peut donner le résultat que j’entends vous narrer.

Ce week end commence en réalité jeudi 8 novembre 2012 au soir. Mon « partenaire » de langue chinoise, 刘帅 (Liu Shuai), me rejoint à la sortie de l’Université pour passer un moment. Il me propose d’aller au marché pour aller acheter de quoi préparer à manger. Forcément surpris (je mange quasiment tous les jours dehors), je l’accompagne au marché le plus proche. Je m’y étais déjà rendu que très brièvement, mais cette fois-ci, au crépuscule naissant, l’ambiance était simplement extraordinaire. Bon, faut se détendre, ça reste qu’un petit marché de halle mais tellement pittoresque, tellement « chinois ». Après cela, j’ai bien décidé d’arrêter de me fournir au supermarché.

Commençons donc par les légumes :

N’oublions pas les œufs, IN-CON-TOUR-NABLES dans la cuisine chinoise (un peu trop même j’aurais envie de dire).

Des œufs donc…

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’en Chine la quantité de base est le demi-kilo (500g). Si bien que l’on comptera toujours dans cette unité, même pour acheter des œufs. La phrase classique étant  « 怎么卖  » ? (Zen Me Maï) ou « Comment tu le vends ? » pour demander le prix, à vous de préciser si vous parlez de l’œuf à l’unité ou bien de 500 grammes d’œufs.

Et si nous agrémentions tout cela d’un petit morceau de viande ?

L’étale à l’ancienne, et sans réfrigération SVP!

Et là, la viande tu peux la toucher, la tripoter, la sentir : SANS PROBLÈME! C’est pas propre ? Et alors ?! De toute façon la viande sera lavée et sautée ou bouillie. Dans tous les cas, les hautes températures se chargeront de désinfecter tout ça. Car ne prenons pas les Chinois pour ce qu’ils ne sont pas : l’apparence (réelle et relativement fondée à nos yeux d’occidentaux) du manque d’hygiène est nettement comblée par le fait que JAMAIS vous ne mangerez quelconque viande saignante ou même « à point ». Tout est cuit et recuit, bouilli, sauté , frit ou grillé de telle sorte que le risque de Ténia ou autre saloperie liée à une rupture de chaine du froid de la viande est « globalement » exclu. En Chine, c’est pas le ténia que l’on choppe… . Donc perso, pas choqué et « même pas peur »! Mais quel plaisir de pouvoir choisir « le » morceau de viande que l’on veut!

A ce titre j’en profite donc pour faire le parallèle avec ce « sens » du commerce chinois qui fait tant défaut aux « français » (non, non, pas les occidentaux, je parle bien des français). En Chine, une des règles du commerce la plus importante est la suivante : le client doit être satisfait à 100% et doit pouvoir acheter ce qu’il veut et en quantité voulu. Il semblerait donc que rarement un commerçant vous refuse d’acheter en telle ou telle quantité. Pour preuve (non universelle, je vois déjà les grincheux dégainer!) : j’ai pu acheter UNE gousse d’ail, sans avoir à me taper la tresse entière, j’ai pu acheter UNE aubergine sans avoir à me palucher 500g de la belle violette. Le commerçant est là pour vendre ; en gros, tant qu’il peut vendre, c’est banco! Et je reconnais là bien cet esprit de « commerçant » que les épiciers ou primeurs français n’ont que très rarement : c’est à peine si tu les fais pas chier en leur demandant la provenance de leurs produits. En Chine, « Business is Business » et le communisme agraire de Mao n’y a rien changé.  Bien sur, les conséquences peuvent s’avérer désastreuses (du libéralisme quoi, ne nous voilons pas la face : les scandales agro-alimentaires en sont le triste symptôme) mais je préfère y apporter ma petite contribution strictement « Micro ». Je laisse la Macro aux donneurs de leçons ^^

Une fois qui nous avions tout acheté avec 刘帅, direction la maisonnée pour déguster. Un petit crocher auprès du vendeurs de 馒头 (Man Tou), gros pains de farine de blé cuits à la vapeur sans croute (et particulièrement bourratifs) ainsi qu’auprès du vendeurs de « trucs » épicés….une bien belle surprise à l’ouverture du paquet! Et c’est partie pour la préparation du diner…mais chut, je ne suis pas à l’œuvre 🙂 !

Maître 刘帅 à l’œuvre

Fin du 1er épisode ^^