« Dépolitisons la Chine ! »

Préambule ad lucem

Loin de moi l’idée de venir étaler le peu de confiture (ma science quoi!) sur une large tartine de pain rassi (le débat sur la Chine), j’ose publier une tribune. Une tribune volontairement dénuée de sources et de quelconques articles ou citations pour étayer mes dires. Car cette tribune, libre de quasiment toute référence, me permettra de donner corps à un coups de gueule concernant la Chine, ou plus exactement, sur l’image que les Européens (veulent?) se font de la Chine. Je ne supporte plus cette avalanche d’anathèmes dont la Chine est en permanence victime, que ce soit auprès des médias, des politiques (non engagés « aux responsabilités », c’est tellement plus courageux), ou les blogueurs en tout genre (dont je fais également parti à vrai dire). Je ne supporte plus cette nuée de crachats que l’on se complait à balancer sur la Chine sous prétexte de biaiser volontairement notre prisme d’analyse, j’ai nommé : le prisme des droits de l’Homme, et la question tibétaine.

Alors je vous rassure, je suis totalement ouvert au débat et la critiques de ceux et celles qui s’estiment fondés à nourrir (ou affamer) mon argumentaire. Je ne suis pas un sinologue comme on l’entend académiquement par chez nous (non, désolé je n’ai pas appris le chinois à l’INALCO, mais directement en Chine…ça m’a paru plus cohérent..). Je ne suis qu’un pauvre juriste de formation qui est tombé amoureux de la Chine il y’a 3 ans et qui a décidé d’y vivre aussi longtemps qu’il me sera donné, car oui, j’aime la Chine et je vais vous dire pourquoi (une nouvelle fois, mais avec des exemples plus mieux!)

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La Chine : un territoire uni ?

L’une des première pierre d’achoppement est surement la même pour les occidentaux comme pour la Chine : la maitrise de ses frontières. Où commence et se termine la Chine ? Ce qui est sur, c’est que derrière les positions très tranchées du pouvoir politique chinois se cachent éminemment une certaine fébrilité quand la notion de territoire uni, l’Empire du Milieu. De tout temps (une bien belle introduction pour évoquer un poncif…), le territoire de la Chine a bougé et s’est dilaté / rétracté au fil des guerres et alliances multiples. Je ne suis pas historien, je ne rentrerais donc pas dans le détail. Mais la réflexion sur le territoire appelle à un peu plus d’honnêteté intellectuelle mais surtout de rigueur. Des exemples ? C’est parti!

Taïwan ? Ben c’est Taïwan!

Ben oui, je suis con moi! Pourquoi s’interroger plus longuement : c’est une île, avec sa propre monnaie, son propre système démocratique [sic] …ha ben tiens, ça me rappelle le système d’ Hong Kong prôné par 邓小平 (Deng Xiao Ping) « Un pays, 2 systèmes ». Hong Kong qui appartient pleinement à la Chine depuis la rétrocession par le Royaume Uni en 1997.

Que n’ai-je pas dit! J’en vois déjà certains me tomber dessus à bras raccourcis (certains l’ont déjà fait sur Twitter d’ailleurs). « après 1949, la Chine s’est séparée en deux : PRC et ROC à TW. Les deux sont bien distincts et séparés ! » ou encore «  la RPC n’a jamais exercé sa souveraineté sur Taïwan depuis sa création en 1949. », fermez le ban! Voilà, l’argument tombe comme une massue et bien évidemment, malheur à qui serait tenté d’avancer le contraire…comme j’essaie candidement de le faire, juste histoire de nourrir un peu le débat en somme (nan parce que 2 pauvres phrases balancées en moins de 140 caractères pour justifier cet état de fait, je peux vous dire qu’il y’ a des historiens qui doivent se demander encore pourquoi ils font leur job…mais je m’égare).

Taïwan a une histoire complexe et je vous incite à vous cultiver sur cette question, c’est honnêtement très intéressant même si cela soulève des points de vue divergents selon le parti pris. Mais pour faire très simple (et en caricaturant à outrance, désolé) : Taïwan est devenu la terre de refuge du Général Chiang Kai Chek , suite à sa défaite contre le pouvoir communiste. Ne pouvant reconquérir son pouvoir qu’il estimait légitime, il a donc décidé de faire sa « propre Chine » sur l’île de Formose, avec son propre système dictatorial (si si) sous l’égide du Kuo Min Tan (longtemps allié au PCC). Le résumé est outrancier mais ne nous voilons pas la face, c’est le fil rouge de l’histoire de l’île! De là à dire que cela fait un pays indépendant ? Il n’y a qu’à voir la quasi absence de reconnaissance internationale pour s’en convaincre. On me répondra que la présence du mastodonte chinois empêche une telle reconnaissance. Et je réponds une nouvelle fois que si l’existence d’un État Taïwanais était si évident, si incontestable, cela ferait belle lurette que ce territoire serait unanimement reconnu. En attendant, on navigue toujours dans le statu quo même si récemment, le mouvement estudiantin dit « des tournesols » semble redonner vigueur à la frange nationaliste taïwanaise, sur fond d’accord de libre échange Sino-taïwanais concernant le secteur de la télécommunication. Soit dit en passant, leurs beaux slogans du style « Taïwan ne se vendra pas à la Chine » devrait faire plus échos au fait que l’entreprise taïwanaise Foxconn fait construire et assembler des téléphones mobiles sur la Chine continentale, en bafouant les règles les plus élémentaires des droits humains (de l’esclavage moderne en somme)…mais ça, ça semble moins choquer les étudiants « taïwanais »…allez comprendre pourquoi… . Quoiqu’il en soit, ce dilemme est loin d’être fini.

Les chinois ne réfléchissent même pas autrement que par le fait que Taïwan appartienne à la Chine, il n’y a pas de débat sur ce point. Et quand je parle des chinois, je parle de ceux que je rencontre tous les jours, jeunes et moins jeunes, et dont je ne remets absolument pas en doute l’honnêteté des propos. Loin d’avoir l’impression de parler sous la contraintes, c’est un sentiment réel d’appartenance qu’ils expriment. Imaginez qu’un chinois arrive en France et vous dise: «  Nan mais la Corse, c’est pas la France. », vous réagiriez comment ? (oui je caricature mais réfléchissez à l’idée de la question)

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Pour un Tibet libre ?

Haaaaaa LE SUJET FAVORI des occidentaux! C’est même le plus facile! Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas à réfléchir : tous les éléments du problème t’obligent à être pro-tibétain, le cas contraire ? Tu passes pour un ignorant, un complice voire (si certains sont en formes), un assassin indirect de la cause tibétaine. Et quand 95% de la population européenne (je suis tenté de dire occidentale, mais j’ai peur que cela fasse amalgame, non ?) t’avance pareils arguments, comment être contre ? Tu as un ultime doute ? L’ultime carte qui compose la quinte flush de l’argumentaire pro-tibétain : le Dalaï-lama! Merde, un prix Nobel de la Paix bordel! Comment ne peux tu pas être d’accord avec lui ??

Et c’est là que le bas blesse. Car ces 95% de « béni oui oui » sont quasiment incapables d’avancer d’autres arguments, ne serait-ce qu’évoquer la guerre sino-tibétaine dans les années 50s au soutien de leurs thèses. Rien, nada !

Allez, je me fais l’avocat du diable, parce que cela me fait plaisir (et qu’en plus, je vais donner quelques arguments supplémentaires aux pro-tibétains…je me sens l’âme chevaleresque!).

L’aspect culturel mais aussi ethnologique, religieux et historique poussent à la reconnaissance d’un État Tibétain indépendant. D’ailleurs Mao Zi Dong ne s’y est pas trompé puisqu’il a voulu rapidement faire revenir la Terre des Lamas dans le giron de la République Populaire de Chine, en cours d’élaboration. Bilan aujourd’hui ? 1/5 de la population tibétaine tuée et l’on pourrait même évoquer l’existence d’un génocide. Après tout, pourquoi les tibétains n’auraient-ils pas le droit à cette indépendance tant voulue ?

Enjeu stratégique, le Tibet est la cruelle victime de la loi du plus fort, qui a finalement toujours guidée les pas de tout dirigeant politique ( si si , regardez le cas de la Crimée qui revient dans le giron de la Russie). La Chine a voulu s’approprier cet empire, originellement sous la coupe d’un pouvoir mi séculier, mi régulier. Le Tibet, c’est aussi une position très sensible d’un point de vue géo-stratégique, frontière avec le Népal et l’Inde mais aussi d’accès à l’eau avec la chaine montagneuse que domine l’Himalaya.

La Chine a également permis à une « région » de bénéficier de progrès non négligeables notamment en terme d’hygiène, d’espérance de vie, d’éducation ou de développement économique. Mais ça, on n’en entend jamais parler…. . Ceux qui sont allés dans les bleds paumés du Tibet (zone historique ou non), vous dirons à quel point ce peuple de nomade est loin d’avoir une hygiène de vie qui pousse à la prospérité d’un peuple qui cherche pourtant à s’autodéterminer.

La Chine a surtout mis fin à un système proche de nos anciens systèmes féodaux : avec un clergé tout puissant, fondant son pouvoir sur la toute puissance de la foi bouddhiste insufflée auprès d’une population pieuse. Bouddhisme, que son fondateur Siddhārtha Gautama dit « Shākyamuni » a toujours voulu loin de l’exercice du pouvoir ou de toute utilisation politique… . Et à ce titre, un Dalaï-lama prompt à utiliser ce ressort politique pour faire avancer sa cause (noble de part le fait) quitte à ne pas condamner (voire inciter ? « Voyons, vous voyez le mal partout! ») les immolations à répétition de tibétains, désespérés par le comportement désinvolte et irrespectueux du pouvoir chinois en place (ça peut se comprendre aussi). Sauf que si je me souviens bien, le suicide (qu’importe la raison) est particulièrement mal vu par la doctrine bouddhiste car réintégrant inéluctablement la personne dans le cycle infernal des réincarnations (la loi du Karma), souvent inférieures à celle de la condition d’être humain. En tant qu’autorité religieuse avant tout, le Dalaï-lama n’aurait-il donc pas le devoir de se prononcer sur ce point plutôt que celui de la politique interne à la région ?

Maintenant, à chacun à se forger son opinion sur une problématique aussi complexe qu’épineuse que le Tibet. Mon souhait ? Avoir le droit d’exprimer ce point de vue sans avoir à subir opprobres des défenseurs de la cause, qui me demanderont de justifier mon point de vue scientifiquement, historiquement voire géologiquement (tant qu’à faire) ligne pas ligne, alors que eux ne s’en donnent même pas la peine, surfant sur la vague favorable du sentiment « pro-tibétain ».

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Le Xinjiang et autres régions autonomes.

La problématique est assez similaire à celle du Tibet, et je ne vais pas en rajouter une couche. Il est clair que la question et plus stratégique que nationaliste. Quand vous conversez avec les chinois, les gens du Xinjiang sont … « les habitants du Xinjiang » (新疆人), ce ne sont pas des chinois au sens, de la minorité Han. Et histoire de s’assurer une certaine homogénéité ethnique, le gouvernement chinois a tôt fait d’inciter aux migrations internes pour assurer un mélange entre Han et populations Ouïghours, Tadjik et autres turcophones.

Et c’est vrai que quand vous croisez des personnes issues de cette région, on a du mal à croire qu’elles sont chinoises (au même titre ?) que les autres. Mais c’est le cas. Pourquoi ? Comme pour le Tibet, région stratégique et hautement pétrolifère, la Chine fait preuve de ce qui semble avoir toujours animé sa façon d’être, et ce, jusqu’au plus profond de sa population : le pragmatisme. Certains me répondront « cynisme »…il y en a un peu, mais c’est ainsi ; et je pense qu’il faut se sortir de cette idée complètement bisounours du monde dans lequel on vit. Les Chinois agissent ainsi mais c’est surtout les dirigeants de tout pays qui agissent de cette manière : appelez cela pragmatisme , cynisme, on en revient au même « Qu’est ce qui est bon pour moi et dont je peux prendre possession ? ».

La région du Xinjiang, tout comme d’autres régions, est dite « autonome ». Et face à une telle autonomie (de façade ?), on pourrait s’interroger aussi sur la raison pour laquelle la Chine ne laisse pas le Xinjiang voler de ses propres ailes, tout en nouant un partenariat privilégié. L’intégrité du territoire est surement la cause principale : si le pouvoir lâche le Xinjiang, c’est la Mongolie Intérieure, le Ningxia, le Tibet, Hong Kong, Taïwan qui feront immédiatement sécession …vous voyez la situation ? La Chine n’est pas folle car elle sait aussi que si elle lâche cette région, les Russes y jetteront immédiatement leur dévolu par l’entremise du Kazakhstan (inféodé au pouvoir de Moscou). La situation serait-elle vraiment meilleure . Finalement la question serait « A qui re-appartiendrait le Xinjiang ou « Turkestan Oriental  [sic] ?». Dans cette optique, il est certain que la Chine ne s’en séparera pas de sitôt…et c’est peut être mieux ainsi (même si je suis le premier à dire que la politique menée sur place est loin d’être « optimale », pas mal l’euphémisme, hein ?!)

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Lavage de cerveau ou pas ?

Lavage de cerveau ?

Voilà ce que l’on serait tenté de me répondre eu égard à mes positions que l’on pourrait placer sur l’échiquier politique chinois comme « nationalistes ».

Tout d’abord je tiens à repréciser l’amour que je porte pour ce pays, porte avant tout sur le Pays, et non son pouvoir ou son régime politique. J’y vis depuis 1 an et demi et ce n’est que le début. Je serais bien mal venu de ramener ma fraise sur la politique en Chine (bon allez, un peu quoi!) car ce n’est pas le but de mon voyage. Je serais étonné que les gens qui s’installent en France par exemple, se gargarisent à outrance de notre jeu politique. N’est ce pas le cadre de vie (certes réglé par la politique, mais pas seulement), les infrastructures, le patrimoine qui attirent les étrangers à s’installer en France, plus que savoir si c’est l’UMP ou le PS qui a envoyé son candidat à la présidentielle ?

Je vais tous les jours à l’université pour étudier le chinois, et je n’ai jamais eu à subir (sauf en histoire ce semestre) un quelconque discours de propagande pro gouvernemental. J’étudie tout simplement la langue. Et pour apprendre le chinois, on ne nous fait pas réciter le petit livre rouge ; bien au contraire, l’apprentissage passe souvent par de nombreuses expressions bien antérieures au parti communiste. Mencius et Confucius sont plus abondamment cités que Mao Zi Dong.

Mes cours de culture chinoise ne traitent que de la partie antérieure à la République Communiste, donc bien malin celui qui arriverait à démontrer un quelconque lavage de cerveau. Et je crois honnêtement que l’on cherche à tout prix à nous éloigner de l’information relative à cette période de la Chine : cela permet d’éviter le débat je suppose.

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Lavage de cerveau!

Finalement, peut être que le lavage de cerveau est plus insidieux que cela. Voyons ça : je ne regarde pas les news officielles, je n’écoute pas la musique chinoise, je ne discute jamais politique avec mon entourage chinois, je flâne en permanence sur twitter pour dégoter l’information censurée en Chine… . Mais alors d’où viendrait ce supposé lavage de cerveau ?

Après tout, le fait d’habiter dans un nouveau pays, s’adapter aux mœurs et coutumes, s’adapter au niveau de vie quotidien, découvrir le pays comme nouvelle terre d’accueil, n’est ce pas ça, le meilleur lavage de cerveau ? Pourrais-je blâmer les occidentaux qui s’installent et apprennent le chinois à Taïwan et qui me disent ensuite que Taïwan n’est pas la Chine ? Bien sur que non! Peut-être que si j’avais adopté une démarche identique, j’adopterais un point de vue similaire. Mais mon projet de vie m’ayant transporté en Chine continentale, je ressens évidemment les choses différemment et tiens à faire part de mon opinion, forcément divergente.

Donc oui, tous les matins et tous les soirs, je lave mon cerveau avec l’expérience du quotidien de la Chine, en y ajoutant l’adoucissant que sont mes voyages en Chine, à discuter avec les jeunes et les moins jeunes, dans les villes comme dans les villages, dans les restaurants miteux comme dans les restaurants de luxe (c’est plus rare déjà…-_-). Et c’est avec ce cerveau fraichement « nettoyé » que j’ai envie de dire à quel point je suis très remonté par le prisme au travers duquel on se contente de parler de la Chine.

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Quel prisme pour parler de la Chine ?

 

L’inévitable prisme des Droits de l’Homme.
Si tu n’as jamais parlé de la Chine en évoquant le problème des droits de l’Homme…t’as râté ta vie! Voilà comment je pourrais résumer le spectre analytique des conversations qui traitent de près comme de loin, de la Chine. C’est un peu le « point Droit de l’Homme ». Lors d’une discussion sur la Chine, ça revient toujours sur le tapis. Même si tu parles simplement de la beauté des paysages, des racines culturelles de tel ou tel dicton, ..PAF! Y’ a un moment, ton interlocuteur occidental te sortira un truc du genre « Mais sinon tu peux t’exprimer librement ? », « Quand même les droits de l’Homme en Chine » etc. C’est AU-TO-MA-TIQUE!

Alors oui, il faut en parler c’est certain, c’est même évident. Car oui, c’est un problème important en Chine. Certaines libertés fondamentales sont réprimées, certaines minorités sont brimées etc. Qu’il faut que la Chine procède à de considérables progrès sur le sujet ? Entièrement d’accord, c’est même vital dirais-je. Mais de là à en parler à toutes les sauces ?

Que les journalistes en traitent en large et en travers, je le conçois, c’est leur boulot mine de rien, et ça ne doit pas être des plus évident en Chine. Mais de là à ramener la Chine sur cette seule problématique, est-ce bien sérieux ? La Chine n’est-elle que le pays des problèmes ? Problèmes auxquels de nombreuses associations (occidentales pour la plupart) se sentent investis de placarder sur tous les fronts, quitte à blâmer un chef d’État pour ne pas avoir PUBLIQUEMENT sermonner le Président chinois sur la question des Droits de l’Homme (alors que ce problème pourrait peut être plus efficacement discuté en privé.). Mais non, la quête de l’image forte prédomine ; il faut du symbolique en montrant ses muscles devant la délégation chinoise, quitte à lui faire perdre la face (honte suprême en Chine). Conséquences ? On fait ensuite la politique de la serpillère pendant 3 ans, en faisant l’aumône de 2-3 contrats avec la Chine et en attendant, la question des Droits de l’Homme n’a pas plus avancée.

Est ce que l’on parle du massacre des Indiens d’Amérique chaque fois qu’un Président américain vient faire une visite en France? Est ce que l’on sermonne systématiquement et publiquement le Premier Ministre indien pour l’existence « de fait » des castes en Inde ? Pourquoi se focalise-t-on autant sur la Chine (et aussi la Russie un peu) ? Est ce que l’on critique le gouvernement japonais pour les crimes atroces commis lors de l’invasion de la partie orientale de la Chine et que ce gouvernement peine encore à reconnaître ?

Parler de la Chine, pas de la politique chinoise.
Peut-on parler de la Chine sans nécessairement évoquer son régime politique actuel et ce, sans tomber dans la complaisance et le gnangnan ? Je pense que oui et c’est ce que j’essaie de démontrer dans chacun des posts de mon blog. La Chine est riche d’une histoire plusieurs fois millénaire, d’une gastronomie aussi variée voire plus que la gastronomie française, de paysages oscillant entre le désert de Gobi prompt à la contemplation et le printemps éternel dans le Yunnan.

Les voyages m’ont permis de découvrir la culture populaire via ses dictons, ses coutumes lors des différentes étapes de la vie (mariage, naissance…). Ouvrir les yeux sur la Chine, c’est aussi accepter d’y ouvrir son cœur tout autant que sa raison, et pas seulement celle-ci. Pourquoi parler de tout cela serait-il secondaire par rapport aux seules enjeux politiques ? J’oserai même dire que ces enjeux devraient passer au second plan car contemporains à cette diversité patrimoniale chinoise. On peut parler de la Chine sans tomber dans la guimauve mais en soulignant d’autres aspects de la beauté de ce pays, et pas seulement les méfaits d’une politique même pas vieille de 100 ans.

La France et l’Europe se sont-elles faites en 50 ans ? La France n’est-elle pas retombée dans un système d’Empire après une Révolution Française qui n’a même pas duré 20 ans ? La Révolution Française était-elle si vertueuse que l’on veut bien nous le faire croire, là où le pouvoir a été arraché à la noblesse pour mieux le donner à la bourgeoisie, le Tiers-Etat restant ce qu’il est : au bas de l’échelle ? Pourquoi estimer notre système institutionnel le mieux à même de réguler notre mode de vie, là où l’Orient et l’Occident divergent grandement sur la conception du monde, et ce, depuis des centaines années ?

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Conclusion

Voilà, j’ai vidé mon sac! C’est grotesque, caricatural et certainement mal informé mais j’ai dit ce que j’avais sur le cœur. Certains spécialistes n’y trouveront qu’un tissu de bêtises, d’inepties, d’énormités ou de fautes historiques etc…. Et bien à ce titre, je leur demande de nourrir ce débat, car je suis ouvert à tout avis. Il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis et je ne demande que ça, à me sentir moins con 😉 Merci d’avoir pris le temps de lire cette petite tribune et en espérant avoir réussi, à défaut de vous convaincre, à vous faire comprendre mon point de vue

Un grand remerciement à ma très chère Sarah JACOB pour l’idée du titre de la tribune…le reste, c’est moi!! (hé toc!)

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1 an et demi à étudier le chinois, et ce n’est pas fini…

Depuis septembre 2012, l’étude du chinois accapare pour ainsi dire 100% de mon temps. Vivre en Chine, c’est vivre la langue  chinoise, la seule capable de véhiculer la richesse de la culture et des traditions chinoises. C’est aussi la seule dans laquelle les chinois daignent s’exprimer quand ce n’est pas pour se réfugier derrière leur patois local : exit l’anglais et autres langues « internationales », ça ne vous sera qu’une d’un très faible utilité, mais ça, je l’ai déjà expliqué plus d’une fois ici et ici.

Je reste toujours aussi interdit quand je rencontre des expatriés, notamment à 西安 (Xi’an), qui après certaines années sur place ne pètent toujours pas un mot de chinois. Quel gâchis! Je m’interroge vraiment sur la motivation de ces personnes qui débarquent en Chine soit en ayant l’intention d’apprendre le chinois (mais abandonnent au bout d’un mois, face à l’ampleur de la tâche), soit qui ne s’y consacrent même pas, si ce n’est pour apprendre à dire « Bonjour » et « Au revoir ».

L’apprentissage du chinois est une histoire de méthode, et chacun a forcément la sienne…à condition encore d’y travailler. S’il est vrai que l’on peut rapidement se retrouver confronté à un mur, tant le chinois est une langue sans le moindre point commun avec nos langues indo-européennes (encore que…), votre volonté à vouloir demeurer dans ce pays et à chercher à comprendre ses habitants, ses us et coutumes, son histoire, déterminera votre aptitude à progresser en chinois. Et je mets de côté les expatriés qui côtoient les chinois plus ou moins anglophones : la langue de Shakespeare ne permet pas de comprendre toute la symbolique et les raffinements du chinois. De plus, ce sont souvent des chinois trop heureux de chercher à se faire des amis européens et qui auront rarement le réflexe de vous parler de la Chine dans ses aspects les plus « basiques« , les plus « pittoresque« , par peur de provoquer le désintérêt de certains expatriés clairement hypnotisés par l’exotisme « clean » chinois.

Mais revenons en à l’étude du chinois.

 

Sonnez le tocsin, c’est la rentrée du 2nd semestre

Comme à chaque début de semestre, nous prenons connaissances de l’emploi du temps. Sachant que j’ai commencé au niveau 2 (sur 8), me voilà propulsé au niveau 5 (五班 – Wu Ban) après 1 an et demi de cours intensifs. Et ce semestre s’annonce plein de changement par rapport aux précédentes rentrées.

On passe désormais de 20h à 24h de cours par semaine dont 4 heures sont dispensées en après midi. La part des cours de pure langue diminue une nouvelle fois pour faire place à des cours culturels ou plus « élaborés ». Par exemple : exit le cours de 听力 (Ting Li – Ecoute intensive). Maintenant, on estime que le niveau atteint en chinois est suffisant pour se passer clairement d’un cours strictement dédié à l’écoute.

Le cours de 精读 (Jing Du – Lecture intensive / Cours de synthèse) reste à 6h par semaine et reste le cours le plus important et qui permet de vraiment bien progresser en chinois. A compter du niveau 5, la grammaire n’est que très peu abordée en raison de son poids bien moindre dans la langue chinoise qu’elle ne l’est en français. Tout est question d’enrichissement de vocabulaire et de son utilisation.

Le cours de 口语 (Kou Yu – Oral) reste à 4h comme le semestre dernier et le cours de 写作 (Xie Zuo – Écriture) reste à 2h semaines (et c’est toujours aussi soporifique d’ailleurs).

Bref, rien de bien passionnant à première vue. Mais il reste donc 12h de cours qui ne sont pas plus en rapport direct avec la langue chinoise (en comparaison aux rentrées dernières)…vraiment aucun rapport ?

 

Le chinois comme les étudiants chinois et en chinois …tu étudieras.

La particularité de notre institut de langue chinoise est qu’il sert également de centre de formation pour les étudiants chinois cherchant à devenir professeurs de chinois à leur tour. Professeur de chinois s’entend aussi bien comme un prof de chinois pour les chinois (comme nos professeurs de français au collège, lycée) que pour les étrangers (l’équivalent de la matière Français Langue Etrangère – FLE). C’est aussi pour cela que j’avais choisi cette université, car elle est réputée pour son centre de formation des professeurs à l’enseignement du chinois sous tous ses aspects… Et les aspects sont forts nombreux comme le dévoile le planning de ce semestre.

 

Cours de lecture intensive de journaux (报刊阅读 – Bao Kan Yue Du) – 2h/semaine

L’intitulé parle de lui-même : cours de lecture de coupures de presse avec analyse du vocabulaire dédié et de certaines tournures grammaticales récurrentes. La semaine dernière, le professeur a préféré perdre mettre à profit les 2 premières heures de cours afin que nous nous présentions tous mutuellement…alors que nous nous connaissons déjà tous pour la plupart…je sens que le professeur me gonfle déjà…. . C’est d’ailleurs assez dommage étant donné que le contenu de l’ouvrage semble vraiment très intéressant et utile. Nous verrons bien demain.

 

Le cours de chinois moderne (现代汉语 – Xian Dai Han Yu) 2h/semaine

Voilà le cours que je ne vais pas aimer! Après déjà 4h à essayer de comprendre le but ultime du cours, je pense avoir déjà laissé tomber. Il s’agit en fait d’un cours à la croisée de la phonétique et de la linguistique pure. Les timbres, les sons, la structure des syllabes. Parfaitement indigeste, même si cela avait été enseigné en français d’ailleurs! Je me rendrais toujours en cours mais honnêtement, en tant qu’auditeur passif. Dommage car les 2 premières heures laissaient entrevoir un contenu plus intéressant et moins aride, vu que le professeur nous avait présenté les différentes sonorités des dialectes chinois.

Cours d’histoire ancienne de Chine (中国古代历史 – Zhong Guo Gu Dai Li Shi) 2h/semaine

Cours dispensé par notre professeur d’histoire de l’année dernière. Sauf que là, le cours est en chinois et l’on commence au temps de la préhistoire chinoise jusqu’en 1840. Le professeur a au moins le mérite d’avoir une locution claire et compréhensible et d’ étayer son cours avec une rétroprojection, ce qui rend la compréhension bien moins difficile. Un de mes cours préféré.

Le cours de « Écoute, observation et conversation » (高级视听说 – Gao Ji Shi Ting Shuo) 2h/semaine

Petit aperçu de ce cours avait été fait au semestre dernier. La trame de base est la suivante : visionnage d’un dessin animé ou d’un passage de film puis on discute de ce que l’on a vu avec la classe. D’apparence trivial, le semestre dernier, cette matière s’est révélée être un pur calvaire : professeur démotivant et idiot, dessins animés intéressants mais tous muets, vocabulaire étudié extrêmement compliqué et inutilisable au quotidien et enfin, un livre pourri! Donc ma participation à ce cours pour ce semestre était pleine de préjugés. Vite envolés avec un professeur dynamique, un livre bien ficelé avec des rappels grammaticaux et surtout une approche « utilisable au quotidien » des structures et du lexique. C’est également un de mes cours préféré. Les dessins animés en question ont été élaborés expressément pour les apprenants en chinois et permettent donc également de comprendre certains pan de la culture populaire chinoise. Également un de mes cours préférés.

Le cours de culture des caractères chinois (汉字文化 – Han Zi Wen Hua) 2h/semaine

Voici mon cours préféré et certainement le plus compliqué. Intéressant parce que grâce à ce cours, on retrace l’histoire de l’écriture et de l’élaboration de chaque sinogramme (par famille). Formes évoluant au travers des siècles, voire des millénaires, avec des changements de styles aux noms bien particuliers (chez nous on parlerait de l’écriture gothique etc…). Être attentif à ce cours, c’est aussi comprendre tout le cheminement de pensée de la langue chinoise mais aussi la culture chinoise. Ce cours illustre parfaitement bien mon propos qu’en à l’apprentissage de cette langue. Comprendre la Chine c’est d’abord apprendre à la parler et ainsi en découvrir les secrets historiques et culturels ; pourquoi passer à côté d’une telle aventure ?

Ce cours est aussi le plus difficile car il nous confronte à un pan culturel qui n’est pas évident pour les occidentaux. Ajoutez à cela que le cours est enseigné dans un chinois plutôt académique. Au moins le professeur est motivé et tente d’être le plus pédagogique possible même si ce n’est pas évident.

Le cours de géographie (中国地理 – Zhong Guo Di Li) 2h/semaine

Tout est dans l’intitulé du cours, j’aurais du mal à digresser dessus hormis le fait que ce cours recoupe également quelques éléments de culture chinoise. Le professeur est de bonne volonté mais relativement soporifique et se contente de nous faire lire le livre dont la structure éditoriale me paraît très bizarre : on prend les 23 régions chinoises et autres districts autonomes puis pour chacun, on lui dédit un chapitre qui résume son histoire, sa géographie, ses lieux remarquables, ses spécialités culinaires et le tempérament de ses habitants….un catalogue de banalités plus qu’un vrai livre d’étude géographique…Bref, je n’exclus pas pour autant d’y apprendre quelque chose mais j’aurais plus vite fait en lisant l’ouvrage par moi même.

Voilà donc mon programme (fort chargé) pour ce semestre….mais je m’en sortirai ^^