Comment les Chinois ont failli me faire détester la Chine

Le titre qui appelle à peine à la polémique, un véritable appeau à trolls ! Alors je vais annoncer immédiatement la couleur : il ne s’agit encore une fois que d’expériences personnelles et de partager un sentiment qui m’est propre. Loin de moi l’idée de mettre tous les chinois que je vais citer dans un seul et même sac (même si c’est tentant, au regard de l’immensité démographique). Non, tout cela relève justement un peu de la légèreté rédactionnelle et permettra de rendre cette lecture plus agréable, plus ludique, PLUS LOL QUOI!!

Comme à mon accoutumée, mon retour sur Xi’an (西安) s’est accompagné d’une belle escadrille d’emmerdes. De toute façon, je ne m’attendais pas à autre chose. La première année ça a été la difficulté de trouver un logement avec mon coloc, pour ensuite se rendre compte que la connexion internet mettrait du temps à venir. La deuxième année, l’arnaque au visa de travail d’une école privée qui soudainement a décidé (sans consultation bien sur) que j’enseignerai l’anglais principalement et le français à titre liminaire (au lieu de l’inverse) ; obligé de quitter le territoire, refaire un visa étudiant à Hong Kong, engager beaucoup de frais imprévus etc.

Et cette année, rebelote! L’avantage en Chine c’est que ce n’est jamais les mêmes emmerdes, toujours un truc de nouveau. Y’a pas moyen de se dire : « Nan, mais ça je l’ai déjà réglé par le passé, c’est bon je gère! » NON, NON, NON! JAMAIS DE REPETITION! A chaque fois, t’as un nouveau truc qui te pète à la gueule ce qui me confirme dans mon sentiment qu’en Chine, rien n’est stable si ce n’est l’instabilité (Sarah ne dirait pas autrement).

Cette fois-ci, apprenant mes velléités de déménagement à 15 jours de la fin du bail, la propriétaire décide qu’elle me pompera (NON NON NON ON SE CALME!!!) l’entièreté de ma caution de 2000Y (275€ au cours actuel). Je peux vous dire qu’au lendemain de mon retour de France, ça n’aide pas à rester serein surtout quand les arguments soulevés par la propriétaire sont tous de mauvaise foi et non prévus au bail.

Alors je ne vais pas entrer dans les détails de ça, la page est déjà tournée depuis quelques jours et rien que d’en reparler, ça me fout les boules. Non, par contre je vais vous présenter un peu le portrait type de 3 chinois qui à eux seuls ont failli m’écœurer de la Chine. Oui, il y’a matière à caricature et je ne vais pas m’en priver mais très franchement, les entre-lignes témoignent assez bien de la réalité de cet état de faits…De toute façon, c’est mon blog, je dis ce que je veux , et toc!

La pétasse nouvelle riche

Sois belle et ouvre la!

Sois belle et ouvre la!

Oui, oui, les nouveaux riches sont partout et leur portrait est finalement assez similaire d’un pays à l’autre : sous l’afflux soudain d’argent et des capacités d’achat démultipliées, on se croit soudainement fondé à réclamer tout et son contraire et en plus, avec le sentiment d’être en droit à le faire puisque l’argent prouve notre existence soudaine. Cette cruelle réalité est d’autant plus vraie en Chine où l’appât du gain n’est pas un tabou et où la problématique de l’argent semble irriguer ou sous-tendre la moindre discussion. Le problème étant que l’argent n’a jamais acheté les bonnes manières, le savoir vivre (et le savoir être donc), l’éducation (et non l’instruction), la courtoisie, l’élégance etc.

On me répondra que je suis trop « romantique » etc. Mais merde quoi! La vieille bourgeoisie a au moins ce côté « classe » tout en étant plein aux as que toute cette tripotée de nouveaux riches n’a pas. Et en Chine, ce phénomène est endémique. Mais je dois reconnaître, après discussion avec ma chère Sarah, que les nouvelles riches remportent la palme de l’exécrabilité (néologisme je sais).

Ma propriétaire par exemple. L’air hautain, l’insatisfaction permanente, certainement en possession de plus de deux appartements dans Xi’an (西安), qui se croit sapée chique alors que bon….ça se voit sur sa gueule que c’est une pouilleuse (et bim, t’avais qu’à pas porter des lunettes de soleil type « mouche » alors qu’il n’y a pas de soleil et qu’on est de surcroit en intérieur). Eh ben vas y que j’essaie d’estourbiller 275€ à l’étranger qui ne comprend rien  » Ici, on est en Chine, pas en France! » me rappela -t-elle. Peu importe s’il faut invoquer toutes les clauses les plus improbables du contrat, voire même celles qui n’existent pas, on gratte tant qu’on peut. « Je sais bien que vous en profitez parce que je suis étranger et que vous pensez que je ne comprends rien parce que mon chinois n’est pas excellent, mais faudrait pas me prendre pour un con parce qu’en France j’étais juriste » lui avais-je rétorqué…sans succès, me jurant la bouche en cœur avec son eunuque de mari que cela n’a rien à voir avec mon statut d’étranger….ben voyons!

La soif insatiable du pognon et l’ambition d’écraser son prochain pour faire miroiter son pseudo statut de réussite sociale, les femmes chinoises sont encore celles qui le font le mieux et tout ça dit sans sexisme aucun. Quelle pitié!

Bref, après de longues discussions, j’arrive à m’en sortir avec une simple pénalité de 1000Y : elle garde les 2000Y mais n’exige pas de moi le paiement des charges qui s’élèvent à peu près à 1000Y (frais annexes engagés inclus). TROP AIMABLE! Et c’est là que j’ai encore reçu une belle leçon de vie : 花钱买教训 (Hua Qian Mai Jiao Xun) selon un apophtegme chinois que me surina un de mes amis chinois « Payer pour acheter une leçon, pour recevoir une leçon (de vie s’entend)« . Dans un pays étranger, où les us et coutumes différent, quand bien même la barrière de la langue est partiellement franchie, il n’y a pas toujours de solution parfaite et il faut alors savoir se contenter de la solution la moins pire, celle qui ne nous empêchera pas d’avancer par la suite, quitte à mettre un mouchoir sur son orgueil ou sa dignité. Dure à avaler aux premiers abords, je pense que cette solution sera salvatrice pour la suite.

L’agent immobilier complaisant et veule

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Alors lui, il aurait des actions chez Pampers et Kleenex que cela ne m’étonnerait pas! Premier rendez vous avec lui, accompagné de Sarah, on sent déjà le malaise quand je lui évoque le fait que la propriétaire est en train de me la faire à l’envers avec captation de caution à la clé. Ca sue, ça goutte, ça baisse les yeux…sa couche a du se remplir en un rien de temps. On le sentait tout de suite bien emmerdé par cette affaire, au point de nous baratiner avec une clause inventée sous notre nez, pensant que nous comprendrions pas. Sauf qu’après le rendez-vous et un bon café, on s’était bien aperçu que ce n’était que mensonge.

Allez zou, nouveau rendez-vous avec un ami chinois histoire de lui mettre la pression. Tout d’un coups, changement de stratégie, il n’argue plus cette clause mais une autre, qui elle a la particularité par son manque de clarté de lui donner une bouée de secours. Mais nous ne sommes pas les seuls à lui mettre la pression, puisqu’il téléphone aussi à la propriétaire pour lui faire art de la problématique et cette dernière, en bonne 暴发户 (Bao Fa Hu – Nouveau riche) lui hurle une quantité de conneries pour faire valoir son arnaque. Lui faisant remarquer de toute façon qu’il n’était pas objectif puisque son client principal était la propriétaire et pas moi, il me répondra dans une hypocrisie pleine d’aplomb et dont les chinois ont le secret « Bien sur que non, autant que elle , vous êtes mes clients, je ne prends pas parti.« 

Ultime coups de poignard, au moment de la visite de rendu de l’appartement, vla ti pas qu’il débarque en tenue décontractée, avec son chtite n’enfant de 5 ans dans les pattes! La stratégie du gamin en bas-âge, un classique aussi! La fourberie vient du fait que personne n’aurait idée de s’engueuler devant un gamin, le pauvre, sous peine : d’une, de faire pleurer cette petite tête noire (bah oui, sont pas blonds les chinois), de deux, de perdre doublement la face. Déjà que la perdre en Chine est un affront, mais alors la perdre deux fois en même temps, j’imagine. Et donc oui, on est resté courtois eu égard à cette margoulaterie de premier ordre même si au finish, on a réussi à arracher un accord avec l’autre mégère (泼妇 – Po Fu). Note que ce constat de mégère ne vient pas que de moi, chacun de mes accompagnant ayant eu affaire à elle en est ressorti avec le même sentiment. Et l’agent immobilier lui, a réussi à se sortir de se guêpier car oui, oui, les chinois détestent (mais qui aime ça fondamentalement) les situations 麻烦 (Ma Fan – embêtante, pour rester poli) et font en général tout pour se défausser sur quelqu’un ou pour te rouler dans la farine histoire de t’éloigner, et donc , éloigner cette situation inconfortable. Courage fuyons!

L’ami passif, contemplatif et donneur de leçons

50261202178345750Sans fondamentalement viser quelqu’un (mon ancien coloc quand même), cette catégorie vise un peu tous les accompagnants chinois que j’ai eu durant cette histoire et qui à chaque moment clé n’ont pas fondamentalement essayé de comprendre mon désarroi face à cette situation qui puait l’arnaque à plein nez.. Moins pire que les deux précédents, mais pas moins gonflant sur le long terme car prompt à t’indiquer que s’énerver ne sert à rien, que si on réagit comme cela c’est que l’on n’a toujours rien compris au fonctionnement de la Chine et ponctuant son propos d’une sentencieuse expression chinoise (成语 – Cheng Yu).

Alors ça, ça me fatigue au plus au point! Car derrière un espèce de verni de compréhension se cache en vérité une attitude molle, moutonnière et incapable de faire preuve d’empathie….d’autant plus quand ces personnes passent leur temps à te dire qu’il y’a quelque chose qui les fait chier tous les deux jours. Et moi alors ? Tu comprends pas que malgré mes efforts à m’adapter et à comprendre, la Chine n’est pas mon pays ? Que je suis en difficulté face à certaines attitudes clairement malhonnêtes et que plutôt que de me lancer vos litanies vous pourriez essayer de sortir de votre certain confort « intellectuel » pour essayer d’aider au mieux un ami. Bah non, comprennent pas! Au pire quelques jurons dans le dos des deux précédents connards qui ont essayé de me rouler (et qui s’en sont pas trop mal sortis au finish), mais en face en face, de véritables eunuques.

Bref, c’est des moments où je me dis : « Mais qu’est-ce-que je fous là putain ? Un vrai pays de schizo-dinguos!« . Et puis la tempête passe, on retrouve vite pieds  avec la réalité et finalement, rapidement, d’autres chinois vous réconcilient immédiatement avec cet Empire du Milieu…et c’est heureux, mais c’est une autre histoire.

To be continued!

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L’empire du Milieu ou la Société harmonieuse ?

«  La société harmonieuse est un objectif, mais à l’heure actuelle, elle ne l’est pas ». S’il est vrai que la lecture d’ouvrage de savants du monde entier n’est pas pour me déplaire, la sagesse populaire (ou du moins, sa parole) a au moins le mérite de la franchise et de la clarté. Car s’il n’est pas dans mes habitudes de philosopher en Chine, la parole de mon vendeur de tofu quotidien a su aiguiser ma curiosité sur le terme de « société harmonieuse ».

Depuis le passage en douceur du flambeau entre Hu Jin Tao (胡锦涛) et Xi Jin Ping (习近平) en 2013, ce dernier a su relancer une campagne de communication à travers le paradigme du « Rêve Chinois  – 中国梦». A l’appuie de ce rêve, on a vu fleurir un peu partout des affiches de « propagandes » (qui en chinois n’a pas le sens péjoratif comme nous le concevons en Europe) aux contenus étonnamment très…traditionnels.

« Une table de repas civilisée : pas de nourriture ni de plats qui restent »

« Une table de repas civilisée : pas de nourriture ni de plats qui restent »

Les mots s’ajoutant aux dessins, un slogan en particulier a attiré mon attention : « harmonie » (和谐), ou plutôt «  Une société socialiste harmonieuse ». Étonnant agencement des mots entre le concept de société socialiste et d’harmonie car cette idée d’harmonie était déjà abondamment développée par le philosophe Confucius (孔子) notamment dans ses Analectes (VI.28) : « La vertu d’humanité, c’est élever autrui comme on souhaiterait l’être soi-même ; c’est le faire parvenir là où on le voudrait soi-même. ». L’harmonie entre les hommes sera la clé de l’harmonie dans la société. Si les messages « socialistes » et « confucianistes » se rejoignent sur le fond, c’est surtout le recours même à la dialectique confucianiste qui détonne.

Le révolution culturelle ayant eu pour objet de mettre fins aux « Quatre vieilleries » (vieilles idées, vieille culture, vieilles coutumes et vieilles habitudes), l’immixtion de l’harmonie confucéenne au soutien du pouvoir en place m’interroge. Eu égard à l’éducation reçue, comment les chinois de la génération 80 intègrent-ils ce message ?

Un de mes éphémères élèves de français, devenu ami entre temps, me disait : « En fait c’est un sujet très important mais on le pratique mal. Selon Confucius, il faut avoir l’harmonie à l’intérieur et à l’extérieur, mais le gouvernement chinois ne fait que l’extérieur […] l’apparence. En d’autres mots, on ne fait que crier des slogans mais on ne [fait pas]de choses réalistes, importantes pour le peuple. Mais pour le peuple chinois, ce que l’on doit faire c’est des choses petites, réalistes, du quotidien. Par exemple, si on veut l’harmonie, il faut réduire l’écart entre les riches et les pauvres, c’est très important.» Le fait politique est donc inextricablement associé à cette notion, qui initialement relevait plus de la philosophie, de l’apprentissage. «  L’harmonie «和谐»  c’est chaque personne qui joue bien son rôle […] sinon cela mène à une société disharmonieuse » me soulignait un de ses camarades de classe, sous une métaphore cinématographique.

« La Chine harmonieuse »

« La Chine harmonieuse »

« Un mot crée pour rendre les documents officiels caractéristiques de l’époque » (sic) osera même un autre étudiant en langue française…et en français dans le texte, s’il vous plait.

Une autre m’expliquait enfin que l’harmonie est un idéal et que si le gouvernement chinois semble s’y atteler sur certains aspects (lutte contre la corruption)cela reste « un tonnerre qui gronde fort pour de petites gouttes de pluie ». Et pour illustrer son propos, et le « lointain chemin restant à parcourir vers une société harmonieuse », me rappeler ce reportage sur la pollution en Chine réalisé fin 2014 par une présentatrice en vue et qui malgré son succès sur les plateformes vidéo, a été brusquement retiré des réseaux.

Loin de moi l’idée de tirer un bilan général de la situation actuelle chinoise sur la base de ces quelques témoignages, je suis tenté de penser que cela reflète une impregnation toujours vivace des traditions chinoises et ce malgré une révolution culturelle très incisive. Ces traditions ne semblent pas prêtes de disparaître, quitte à leur donner un verni « de rêve ». Grattez le verni et vous y verrez une religion populaire toujours vivace quelqu’en soient ses applications modernes.

Alors, l’harmonie confucéenne et « la société socialiste harmonieuse », même combat ? Pas si sur, même s’il faut reconnaître que la communication gouvernementale a su savamment se réapproprier un concept pourtant ancré dans les « 4 vieilleries » et le réactualiser pour en faire un des slogans phare du PCC. Et même, n’est-ce pas une façon de rendre aussi un hommage (inconscient, sans doute) à la phrase de Deng Xiao Ping expliquant que «Peu importe qu’un chat soit blanc ou noir, s’il attrape la souris, c’est un bon chat » … N’est ce pas dans les meilleurs pots que l’on fait les meilleurs confitures après tout ?

Xi’an, le RETOUR!…et autres digressions

Pas simple de tirer son épingle du jeu au regard de la myriade de blog plus ou moins dédiés à la Chine, et je ne parle pas de ceux de très grande qualité, malheureux en anglais. Je vais donc rester moi-même dans le fond et la forme en général, tout en essayant de donner à mes publications un verni parfois plus « net », plus « pro ». Parce qu’après tout y’en a peut être qui en ont un peu marre des articles du style: « Aujourd’hui j’ai fait caca dans des toilettes du restaurant d’un village chinois: sans papier, sans eau, sans portes, sans cuvettes…sans trou au sol !« …quoique….!

Évolution de ma vie en Chine

Moi, moi, moi toujours moi! Faut dire que c’est au travers de mon prisme que vous pouvez apercevoir quelques pans de la Chine. Et qui dit évolution de ma situation, dit forcément évolution de ce prisme (pffiu, c’est chiadé comme raisonnement…). Arrivé en Chine en août 2012 (congé sabbatique), je suis venu pour apprendre le Chinois et tâter le terrain.

Moi, à l'université...

Moi, à l’université…

Et le virus de la Chine m’a immédiatement emporté, ce que ma mère et trois autres amis peuvent désormais comprendre, m’ayant rendu visite cette année. Pour moi, il fallait persévérer dans l’apprentissage de la langue, de la culture mais surtout le folklore populaire afin de toujours mieux comprendre la Chine. En ce sens, j’ai persévéré une année de plus en mâtinant l’année 2013/2014 d’une composante initialement inconnue pour moi : l’enseignement du français langue étrangère (FLE). Improvisé professeur particulier de Chinois à mi-temps, j’ai eu jusqu’à 3 élèves par semaine. Cette expérience m’a aussi permis de mieux comprendre la façon dont les chinois apprennent quelque chose, comment ils perçoivent la France et sa culture (de manière extrêmement caricaturale à vrai dire…-_-). Une année de pur échange culturel s’ajoutant à l’apprentissage quotidien du chinois.

Et aujourd’hui ? Ayant également été pris par le virus de l’enseignement et après quelques recherches (et surtout contacts), j’ai fait une demande de poste d’enseignant en FLE auprès d’une petite structure privée spécialisée dans l’enseignement (http://ihxian.com/) : International House. Poste que j’ai obtenu ce mois-ci, me permettant de bénéficier du très précieux visa de travail. Me voilà donc en voie de reconversion professionnelle (partielle), prêt à attaquer un nouvel angle de vue sur la Chine au quotidien.

Moi, enseignant le français ^^

Moi, enseignant le français ^^

 

Évolution des éléments de mon blog

  • Les Chroniques du quotidien

Peu de changements à prévoir si ce n’est le merveilleux et l’inédit qui semblent s’estomper avec le temps. Il faut bien reconnaitre qu’après 2 ans de vie en Chine, et plus particulièrement à 西安 (Xi’an), l’effet de surprise diminue. Néanmoins j’ai confiance en la Chine et ses « petits cadeaux » du quotidien, promptes à nourrir cette rubrique. Comme je le dis souvent à ma chère Sarah « Avec les Chinois, on n’est jamais déçu! »

 

  • « Qu’est ce qu’on mange »

Je ne suis pas peu fier de cette rubrique qui semble avoir fédérée de nombreux ventres à pattes qui s’ignoraient. Je prends clairement le parti du prisme culinaire pour faire découvrir la Chine aux sceptiques. J’adore tout simplement manger tout ce qui est issu de la gastronomie chinoise tant elle est variée et riche en saveurs, couleurs… . Ma mère ne me contredira pas sur ce point, je crois qu’elle a été convaincu des 17 jours passés en Chine cette année (et sans tourista s’il vous plait!). Ma préférence ira toujours vers les immenses bols typiques du 陕西 (Shaanxi), regorgeant de nouilles de toutes formes et assaisonnées de tant de façons. Oui, la nourriture permet de comprendre pourquoi l’on mange si piquant dans le 四川 (Sichuan), pourquoi les champignons du 云南 (Yunnan) sont tellement prisés du reste de la Chine, pourquoi les meilleures nouilles viennent de régions telles que le 陕西(Shaanxi) ou encore le 山西 (Shanxi). Manger en Chine, c’est comme partout : découvrir une histoire, un folklore, une tradition. C’est bluffer son auditoire en commandant des plats typiques et savoureux mais rarement connus des étrangers réellement intéressés à la gastronomie locale (les pauvres hères…).

Alors oui, là aussi et comme la précédente rubrique, j’écris moins car j’ai fait le tour de nombreux plats locaux/nationaux. Car je cherche avant tout à présenter des plats avec une particularité, une histoire, un lien avec la région, le pourquoi du comment de ce plat, et non pas un pauvre plat de brocolis sautés à la sauce soja (un régal en bouche soit dit en passant, la marmaille occidentale en mangerait plus s’ils étaient préparés ainsi).

Je continuerais donc plus que jamais cette chronique culinaire en essayant d’aiguiser vos estomacs à distance mais aussi vos esprits (JE CONTRÔLE VOS AAAAAAMMMMMEEEES….*pardon* (SIC) »

Nouilles froides (凉皮) et petit pain à la viande hachée (肉夹馍)

Nouilles froides (凉皮) et petit pain à la viande hachée (肉夹馍)

  • La revue de presse

Ça, c’est un peu le truc dont tout le monde se fout, j’en ai bien l’impression…. Erreur de votre part (soyez damnés!), j’en ai bien peur. Je me sers de cette revue de presse pour agréger, via mon micro blog http://seenthis.net/people/guillem , des infos qui me tiennent à cœur, tant pour comprendre l’actualité globale de la Chine que vous entrevoir comment les chinois perçoivent l’actualité. Et c’est sur ce point que j’ai vais essayer d’accentuer mon actualité, quitte à relayer les médias strictement policés. Je tenterais également de faire une « traduction » sommaire de certaines actualités relatifs à Xi’an (et souvent propres aux locaux) afin de comprendre les enjeux du quotidien. Un nouveau défi en somme!

 

Conclusion & Remerciements

Peu de choses mais surtout un grand merci à ceux qui me lisent régulièrement ou non, qui apprécient ou non (et m’en font la remarque). Les commentaires sont toujours grandement appréciés et permettent d’établir un échange plus que bienvenu. Merci aussi à ceux qui m’ont encouragé à persévérer avec mon blog, et plus particulièrement mon ancien chef et toujours ami, Arnaud, mais aussi Stéphane Lagarde : ancien correspondant permanent en Chine pour Radio France Internationale (RFI) et dont le blog est à dévorer. Ses encouragements et sa rencontre à Paris m’ont été d’un grand secours afin de continuer dans mon cheminement tant personnel que professionnel en Chine. Un grand merci et je te souhaite le meilleur également pour ta famille et ton affectation future Stéphane 🙂

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Mon humble avis sur l’article « Chine, merci et au revoir » : lettre d’un expat’ qui revient en France sur Rue89 le 12/11/13

En me levant ce matin du 13 novembre 2013, j’ai rapidement pris connaissance des nouvelles, tel un rituel quotidien immuable. La fin du 3e Plenum où s’est décidé la plupart des réformes à venir durant le 1er mandat de 习近平 (XiJin Ping) augurait donc une déferlante de dépêches et analyses en tout genre. Mais parmi ces articles, l’un a particulièrement attiré mon attention. Publié sur le « pur player » Rue89 , son intitulé particulièrement sec m’a donné l’envie d’en savoir plus sur les raisons évoquées d’un tel départ fracassant ; ce genre d’articles étant souvent l’apanage des blogs anglo-saxons dont la lecture me rebute par leurs aspects biaisés du genre  » J’ai vécu en Chine (traduction : à Shanghai ou Hong Kong) et je ne supporte pas la vie sur place après 3 semaines« ….sans commentaire.

Voici l’article en question dont la lecture me parait utile à tout point de vue. Je vais donc me permettre d’y apporter mes « humbles » commentaires et d’y préciser à mon tour mon point de vue en reprenant les intitulés principaux émaillants l’article. J’expliquerai quels sont les points sur lesquels je m’accorde (ils sont nombreux) et ceux sur lesquels je trouve que le rédacteur du dit article, manque cruellement d’analyse et de sens critiques (très nombreux sont ces points). Je vous conseille au passage de prendre connaissance de quelques commentaires (fort nombreux), histoire de vous forger votre propre opinion mais je ne pouvais pas laisser passer pareil billet dans donner mon point de vue (pas arrogant pour deux sous que je suis!)

« Chine, merci et au revoir »

Bien que le rédacteur ait le mérite de préciser que cette analyse ne saurait se généraliser, il rédige son billet comme si cela s’appliquait à n’importe quel Européen en quête « d’Eldorado » je cite « On s’imagine, malgré toute la culture que l’on peut posséder, que nous, étrangers du pays et de sa culture, pouvons arriver comme des colons, une pincée d’insolence, une de chance, une autre d’intelligence (peut-être) et y faire notre vie comme nous ne l’aurions pas pu en France ou ailleurs« .

Un peu arrogant non ? Personnellement je ne suis absolument pas venu avec ces ambitions. Je suis d’abord venu en tant que visiteur, puis étudiant et découvreur du pays sous toutes ses facettes et non pas en tant que « colon ». Insolent ? En toute honnêteté, je ne pense pas l’avoir été une seule fois et toute personne visitant ou prévoyant de s’établir dans n’importe quel pays étranger serait bien mal venu d’en posséder ne serait-ce qu’une « once », sous peine de rapidement chuter de son piédestal…et c’est effectivement ce qui est arrivé à cette personne. La chance ? C’est évident il en faut, comme partout mais certainement un peu plus dans le cas d’une expatriation, j’en suis convaincu.

Pour sa prochaine expérience d’expatriation, je lui conseillerai donc (du haut de mes petits 14 mois d’expérience) une plus grande ouverture d’esprit en arrivant dans un pays, surtout un pays comme la Chine qui nourrit autant de fantasmes.

« La Chine choisit ses immigrés »

Et c’est heureux! Mais à quoi s’attendait-il en arrivant ? Que la Chine allait lui ouvrir grand les bras et le féliciter de sa démarche d’abnégation en quittant sa terre natale, son 老乡(Lao Xiang)? Bienvenu dans la réalité de tout pays dont la culture et l’histoire sont diamétralement opposés à la culture d’immigration contrairement à la France, aux Etats-Unis ou encore le Royaume Uni! Fort d’une population de plus 1,3 milliards d’individus, la Chine a déjà fort à faire avec ses propres ressortissants pour ne pas avoir à perdre de temps en « empathie » à l’égard de ceux qui viennent chercher l « Eldorado » (ce mot sera mon fil rouge, je le sens…). Quand on entend les analystes dirent que pour créer de l’emploi la Chine actuelle doit bénéficier d’un taux de croissance de 7% minimum et que le taux de cet année sera « à peine » de 7,5%, on peut comprendre que les politiques gouvernementales ne soient pas des plus accommodantes avec les immigrés.

S’est il déjà demandé comment les immigrés faisaient en France dans leurs quêtes d’une simple carte d’un an « Vie privée & familiale » ? C’est pas tendre, je peux lui garantir, c’est même bien pire qu’en Chine alors que la France se veut être terre d’immigration. Ayant côtoyé ce genre de situation quand j’ai travaillé en cabinet d’avocats, je sais le chemin de croix que les nouveaux migrants doivent suivre pour voir, ne serait-ce que leur dossier enregistré en Préfecture. Oui, j’ai du faire la queue des 6h du matin à la Préfecture de Bobigny en Seine Saint Denis, avec déjà 150 personnes devant moi, juste pour poser le dossier d’un client qui parlait à peine le français. Même en Chine ce n’est pas comme ça. C’est bordélique ? Eh ben oui ça l’est mais en mettant en perspective avec ce que vivent les immigrés en France, c’est rien!

C’est du tracas que de procéder à l’établissement de ses papiers d’immigration en Chine ? Comme toute situation où l’on est confronté à une « Administration« , c’est « papiers », « paperasses » et compagnies avec guichet 2 par là, guichet 35 par ici etc. Car oui, la France aussi souhaite une immigration « de qualité » (je déteste ce terme) en établissant des listes de métiers dits « en tension » et parmi lesquels on retrouve les mêmes que ceux que recherche la Chine. Le « Guanxi » (关系) ? Pareil en France, même si c’est moins arbitraire et moins évident, d’expérience personnelle en France, parfois il en faut aussi pour activer un dossier et on ne se prive pas d’en user sans pour autant tomber dans la corruption. La chance, encore la chance… .

« En Chine personne ne sait jamais »

Effectivement, difficile d’avoir une information claire, précise et définitive. Je m’en rends aussi compte avec mon administration scolaire. A croire que l’info doit être prémâchée et transmise sous forme de « brouillon » avant de prendre un aspect définitif quelques jours, semaines ou mois après. De la à dire que c’est propre à la Chine, je pense qu’il ne faut pas généraliser et prendre son mal en patience, grande enseignement si l’on veut survivre en Chine.

« 3000 ans de culture administrative »

Quand je pense que l’on peste sur l’administration française, je rejoins complètement l’auteur de l’article. Je serais presque tenté de dire que c’est la Chine qui a inventé l’Administration ^^. Rien n’est clair, il faut une myriade de papiers avec le bon tampon afin d’avoir le droit d’obtenir un visa ou certains papiers. Mais avec de la méthode, on s’en sort un peu, même si je reconnais que c’est particulièrement rageant. Pour une même procédure et avec les mêmes interlocuteurs « administratifs », on peut se retrouver avec une procédure différente de la fois précédente. Maintenant, on est en Chine et la solution s’appelle : la débrouille! On n’a pas le choix, il faut se débrouiller, essayer de contourner, de s’arranger…parce que de toute façon les chinois font pareil! Et j’en reviendrais donc à cette fameuse expression bien chinoise mais tellement universelle : 入乡随俗 (Ru Xiang Sui Su) => A Rome fait comme les Romains.

Peut être a-t-il manqué de cette philosophie ? Certes, mais là aussi, cela s’apprend en côtoyant plus profondément les Chinois mais aussi en apprenant la langue, les aspects de la culture populaire et ses automatismes. Et c’est bien pour cela que je mets autant d’ardeur à apprendre quotidiennement cette langue car c’est la clé pour déverrouiller les milliers de cadenas qui barrent la route de la compréhension de ce pays de tous les superlatifs : il faut parler chinois. Le parlait-il ? A-t-il essayé de le parler, ne serait-ce que de l’apprendre ?

« En Chine, on ne vous pardonne rien »

La Chine nous prend comme nous sommes (ouep, comme Mc Donald, ils n’ont rien inventés^^), c’est à dire : des étrangers! des immigrés! NOUS NE SOMMES PAS CHEZ NOUS! Et finalement, ce n’est même pas l’administration qui vous le fait plus comprendre, non. Ce sont bien les gens que vous côtoyez au quotidien. Parce qu’une fois l’effet de surprise sur les raisons de votre présence en Chine, votre aptitude à vous exprimer dans la langue de Confucius, et les premières questions de présentations …eh bien, vous risquez de vous retrouver devant un « mur », symbolisant ce fameux fossé culturel. Ce fossé, je l’affronte tous les jours et tous les jours je m’écorche mains et genoux à remonter la pente si pentue car j’ai chuté d’avoir tenté de sauter ce fossé dans lequel je tombe inévitablement.

Par contre, étudier la langue, comprendre (essayer dirons-nous) l’histoire et la culture chinoise (par delà la visite des sites touristiques), vous permets d’appréhender ce fossé, de dénicher les aspérités, les branches auxquelles vous pourrez vous raccrocher pour mieux surmonter les obstacles. C’est inévitable car sans ça, c’est un aller-retour avec escale de courte durée. Et c’est bien ce qui est arrivé au rédacteur de cet article.

On aura bon parler un chinois dénué de toutes fautes, comprendre les rouages de la culture populaire, gloser sur l’histoire chinoise, les Chinois vous feront comprendre, à moment ou à un autre, que vous n’êtes pas des leurs, vous n’êtes et ne serez jamais chinois…et croyez moi, c’est mieux ainsi! L’ayant compris avant même d’arriver en Chine pour étudier, je pense que cela m’a sauvé de quelques désillusions. Mais je suppute l’existence d’autres « pièges » culturels dans les coins sombres ^^.

Et je le dis également souvent, tout comme les Chinois « That’s China » que je traduis particulièrement mal en « 中国特色 » (Zhong Guo Te Se) ou « particularité chinoise ».

« Les Chinois nous voient de passage »

Là aussi, l’effet « population de 1,3 milliards individus » ne joue pas en notre faveur. Les chinois sont actuellement confrontés à des changements majeurs de Société et à une rapidité telle qu’ils ont eux-même du mal à prendre le train en route. Beaucoup sont issus de la campagne, des 农村 (Nong Cun), ou on subi de plein fouet (par le biais de leurs grands parents ou parents) les affres des différentes réformes économiques (Le Grand Bon en Avant) , culturelles (La Révolution Culturelle) ou encore sociétales (politique de Deng Xiao Ping). Difficile de s’attarder sur les atermoiements d’une poignée d’expatriés dont l’image de « portefeuille à pattes » colle encore aux baskets et qui en plus seraient susceptibles de prendre leurs places dans les postes convoités. Ils se foutent complètement que vous ne compreniez pas pourquoi c’est pas comme dans « Tigre & Dragon », qui pour eux appartient à un imaginaire lointain ; inconcevable pour eux de venir en Chine avec cette idée en tête…et pourtant.

Les Chinois sont culturellement très « famille » : la famille d’abord donc. « Nous »? On est du « divertissement » au pire des « Monkey Business » : on est traqué par les entreprises qui viennent d’ouvrir leurs portes et qui souhaitent s’afficher avec un « étranger », un 老外 (Lao Wai) gage de réussite et de prospérité. Pour ce qui est du suivi, repassez une autre fois, il n’y a rien à voir! Nous sommes indubitablement une population de passage et personnellement, même si je souhaite rester le plus longtemps possible en Chine, je sais que je n’y resterais pas toute ma vie tant le choc culturel est éprouvant au quotidien ; passionnant mais éprouvant voire blasant.

Par contre pour ce qui est de l’assertion suivante : « En tout cas, c’est l’image que l’on finit par se renvoyer tant, finalement, le pays n’a rien d’autre à vous vendre et que vous aurez du mal à justifier votre présence par « l’amour de la culture chinoise ». Car oui, si vous y allez pour la culture, vous tomberez de haut et finirez par avoir le complexe de supériorité imprimé sur le crâne comme les trois quarts des étrangers vivant ici« , je me félicite de ne pas avoir cette personne en face à face, je risquerais de m’énerver.

Moi cet amour, je le revendique chaque jour et étrangement, cet amour grandit de jour en jour, c’est mon carburant du quotidien. Je ne résume certainement pas la culture à ce tombereau d’horreurs qu’il se permet d’écrire par la suite, à savoir : « Les Chinois sont idiots, les Chinois ne savent pas marcher, ne savent pas conduire, ne savent pas manger, ne savent pas se tenir, ne savent pas être courtois… « . A sa décharge, il n’exprime son idée de la sorte mais caricature à dessein son propos. Toutefois, cela est significatif d’un certain manque d’ouverture d’esprit. Qu’a-t-il appris de la culture chinoise ?

D’une part, vivre à Canton, ce n’est déjà pas faire le choix de la culture mais plutôt un choix très business, loin donc des élucubrations culturelles qui semblent pourtant faire défaut à notre cher rédacteur. D’autre part, la culture c’est le quotidien, certes, mais encore une fois c’est aussi la langue qui permet de comprendre la conception, la culture, l’histoire de la Chine et la construction « mentale » des chinois. C’est visiter des sites qui ne sont pas forcément indiqués dans le Guide du Routard, c’est parler avec les gens, questionner, s’intéresser aux questions d’actualités à mettre en perspective avec l’histoire ancienne chinoise, essayer de comprendre les évolutions de la société (et pas seulement au 20e siècle!). Mais surtout, surtout, ARRÊTEZ DE RÉSUMER L’HISTOIRE ET LA CULTURE CHINOISES A 50 ANS DE COMMUNISME…car ça fait cher payer pour une histoire vieille de plusieurs millénaire. Une fois encore, tout cela manque de recul et d’esprit « vraiment » critique. Que résumer de la Chine après seulement 12 mois ? Voyons, ce n’est pas sérieux.

« Oh! Mais j’ai de très bons amis chinois »

Le rédacteur de ce billet a une faculté particulièrement développée à tenter de vouloir gommer les différences culturelles. A ce titre, je lui enverrai bien un billet que j’avais justement rédigé sur cette problématique. Je ne m’en vente pas plus que ça, mais il me semble important de remettre les choses dans leur contexte.

Encore une fois , la barrière de la langue est particulièrement haute pour toute personne qui ne fait pas l’effort de l’apprendre, particulièrement en Chine (ou encore au Japon) où la langue de Shakespeare ne sert quasiment à rien au quotidien. Le développement est trop rapide pour les chinois ? Oui, c’est certain et les laissés pour compte son légions dans un pays que l’on dit le plus inégalitaire au monde. De là à se contenter d’un cliché dans l’instantané et dans la précipitation, il ne fait honneur ni à lui même ni à la Chine. La Chine a le défaut de ses qualités et il me paraît pertinent d’attendre avant de tirer des conclusions trop hâtives. Peut être ne serons nous pas là pour faire ce constat, mais qu’importe.

Une fois encore, 入乡随俗: combien de fois j’ai du jouer des coudes, et sans vergognes, pour entrer dans un bus ou dans le métro de Xi’an ? C’est tous les jours comme ça. Et si l’on refuse de jouer avec les mêmes armes que les chinois sous pretexte de commisération arrogantes à leurs égards, alors c’est vous que vous discrédités en vous rendant plus hautain que vous ne l’êtes. Et je me permets de dire aussi que c’est strictement la même chose à Paris aux heures de pointes, alors mettre ça sur le dos des chinois en manque e repères sociaux, c’est un peu gros à mon sens.

« Vous ne voulez pas devenir un expat’ raciste »

Dans ce paragraphe, l’auteur de l’article dresse parfaitement les lignes qui expliquent son échec cuisant : vivre dans une ville sans pour autant avoir la curiosité d’en sortir, vivre dans un quartier résidentiel d’expatriés sans volonté de s’en extirper etc… J’ai surtout l’impression qu’il souffre de la désillusion de ne pas vivre comme les expats vieilles écoles, les « vrais » expatriés au sens juridique du terme : contrat français avec détachement à l’étranger tout en conservant tous les avantages sociaux français, couplés à un package de rémunération plus que substantiel (appart et femme de ménage gratos, congés payés comme en France, super mutuelle, école privée pour les gosses etc…). Mais ça c’est fini ou quasiment! Venir en Chine avec un contrat « local », c’est accepter de bosser et de vivre comme les chinois et en connaissance de cause. Vous croyez tout de même pas que votre patron va vous surcoter outrageusement pour le simple fait que vous êtes étranger ; là encore, ça serait bien mal connaitre les chinois.

Cet article suinte de ce que je reproche le plus à ceux qui se croient légitimes à dresser un portait de la Chine: « quand il lui prend l’audace de manger un repas chinois sur une étale de rue, il a au mieux une diarrhée, au pire une indigestion (mais vous contera l’histoire de son aventure avec un œil brillant et une admiration pour l’art culinaire local). » Le fameux « j’ai mangé dans un bui-bui et j’ai frollé la mort« ! Mais merde, j’ai bouffé dans des gargotes où même mes professeurs de chinois refusent de foutre les pieds, et il ne m’est jamais strictement rien arrivé! Il faut arrêter le fantasme là aussi! Que vous ayez l’estomac fragile ou peu habitué, c’est compréhensible et normal, mais il faut arrêter cet amalgame de cuisine de rue = mort au coins de la rue! Mais bon, il pourra dire qu’il est indestructibles maintenant, si c’est bien cela dont il veut se souvenir.

Donc oui, il a bien fait de partir, pour éviter de devenir un « expat’ raciste » mais avant tout pour éviter de continuer à baigner dans un état d’esprit qui ne lui fait pas honneur, loin de la.

« La Chine vous apprend le calme« 

C’est incontestable et c’est une vertu cardinale pour survivre…mais il semble là aussi en avoir cruellement manqué, dommage! S’énerver, c’est « perdre la face » mais aussi faire perdre la face à son interlocuteur, véritable infamie en Chine (bon, j’exagère un brin, mes racines méditerranéennes surement, huhu). Plus vous vous énerverez, moins vous obtiendrez ce que vous désirez. Il faut apprendre rapidement à jouer la carte de la diplomatie, à faire bonne figure même dans la tourmente. N’oubliez pas que vous n’êtes pas chez vous, et que toute forme de passe droit est exclu (c’est le cas de la majorité des chinois d’ailleurs).

Enfin, je retiendrais le passage le plus « idiot » (d’autres mots me viennent à l’esprit mais je vais rester poli) : « J’aurais eu la chance d’apprendre ce que sont le racisme et la discrimination (positive ou non) quand on en est la victime : en tant que caucasien, blond, francophone et de province, je n’aurais pas pu l’expérimenter à ce point dans un autre pays et, il faut l’avouer, cela me rend reconnaissant de maintenant comprendre comment un simple regard peut être une insulte, comment une bête question peut être une attaque et vous donner l’envie d’exploser de colère.« 

Je crois que ce monsieur ne comprend pas bien la notion de « racisme » et le renvoie au plus vite à la nouvelle édition Larousse ou Robert (selon les affinités). Que les regards des chinois, particulièrement curieux, soient très pesants, il prêche un converti. Dans ce cas, je fuis vers Shanghai où ce phénomène est nettement moins rependu, le temps de recharger mes batteries 3-4 jours et je reviens d’aplomb sur Xi’an. Parce que s’il se plein de ça à Canton, qu’est ce que cela doit être à X’ian, là où je vis? Manque de résistance donc au regard d’autrui, à ce qui est différent. Manque aussi de capacité ou de volonté de comprendre l’autre, je me demanderais presque qui est le plus ‘raciste » dans cette situation : lui où les chinois ?

Je ne répèterais jamais assez : nous ne sommes pas chez nous, nous sommes chez eux. Ce n’est pas à eux à changer à notre égard, ils ont déjà fort à faire avec leur quotidien. Nous devons nous adapter, accepter à tout le moins comprendre et le cas échéant, quitter le pays. Car pour paraphraser et modifier une phrase de notre précédent Président de la République

« La Chine, tu l’aimes ou tu la quittes »

A bon entendeur

Devinez qui est de retour ?

Je reconnais que cela fait un peu pétard mouillé mais oui, je suis de retour en Chine (plus précisément 西安…comme l’année dernière quoi) pour une nouvelle année d’apprentissage de la langue chinoise. Pas mal de temps a passé depuis mon dernier poste mais je tiens à rassurer mon immense base de fans (au bas mot, 30 pékins) : je vais bien. Comme dirait notre Belge préféré (non, pas Johnny!) : « I’m back physically and mentaly« 

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Je suis arrivé en Chine le 23 août à Shanghai et y suis resté 4 jours en guise de sas de décompression avant d’affronter de nouveau la rugosité culturelle et quotidienne de 西安. Je suis arrivé le 27 au matin, en train, et mon actuel colloc (et toujours partenaire de langue) est venu me chercher. Serviable et gentil comme tout, il s’était chargé de la location de l’appartement, des achats sur internets pour meubler etc etc… bref, encore une fois j’ai laissé l’autochtone se charger de tout. Nous voici donc bien installé depuis presque 15 jours, les cours à l’université (陕西师范大学 – Shaanxi Shifan Daxue – Université Normale du Shaanxi) ont repris depuis bientôt 20 jours… tout semble fonctionner comme sur des roulettes …mais non en fait : JE N’AI PAS INTERNET CHEZ MOI! Pour ceux qui ont suivi mes aventures concernant l’eau chaude et le chauffage l’année dernière, c’est la même chose cette année mais version réseau internet. Et je peux vous dire que c’est quasiment tout aussi handicapant quand on connait ma propension à surfer sur internet, ne serait-ce que pour raconter mon humble quotidien ou quelques aventures « rocambolesques » genre « Il n’y a plus de papier dans les toilettes du restaurant, que faire ? Main droite ou main gauche ?« ). Bref, l’impression d’être coupé du monde. Vous me répondrez  » Tu n’as qu’a aller dans un café avec le Wifi gratuit ou autre subterfuge« …oui mais c’est pas pareil : plus de spontanéité dans ce que j’écris car obligé de tout préparer avant de se diriger au café et se délester de 20Y pour boire du jus de chaussette un café, juste pour boire un café…Honnêtement, ça fait chier! Mais comme l’année dernière, je vais devoir prendre mon mal en patience après que mon coloc se soit fait balader par la société prestatrice : un coups ils disent qu’ils peuvent, l’autre non, 3 jours après finalement c’est possible mais le surlendemain finalement non…That’s China, et ceux qui ont vécu en Chine ne pourront que très difficilement me contredire.

Mis à part ça, tout va bien et je recommence donc sur les chapeaux de roues. En attendant d’avoir ma propre connexion internet je vais essayer de profiter au maximum de celle de l’Université, aussi instable soit-elle. Je vais profiter de post pour vous résumer un petit peu ces 3 dernières semaines.

  • L’université et les cours de chinois

Sur ce point, également peu de changements.  Je suis au niveau 4 (四班) sur 8 et une nouvelle matière s’ajoute au détriment de 2 heures de cours de conversation. Il s’agit du cours de 视听说 (Shi Ting Shuo – « Regarder Ecouter Parler ») : en gros, on regarde un dessin animé traditionnel chinois, souvent muet, puis le professeur nous demande de raconter ce que l’on voit. D’apparence intéressant, ce cours est proprement nul à chier et d’une très grande inutilité vu comme il est enseigné. Aucune vitalité, aucun souci d’expliquer comment utiliser tel ou tel mot, c’est simple, je n’y apprends strictement rien du tout. Au moins, je sais à quoi ressemble un dessin animé traditionnel chinois : c’est un peu comme les Barbapapa chez nous! J’aurais une meilleure connexion, j’aurais fait l’effort de trouver une vidéo sur internet… Nous sommes actuellement 18 en classe, avec une très grande majorité de Coréens du Sud. Mais on retrouve les classiques Kazakhs, Kirghiz etc… à cela s’ajoute une japonaise, une indonésienne, un indien, une écossaise ainsi que mes camarades de l’année dernière. Et une fois de plus, j’ai été désigné « délégué de classe » 班长 (Ban Zhang), on ne se refait pas.

Le 10e jours du 9e mois du calendrier lunaire (soit le 10 septembre 2013), c’était également traditionnelle fête des professeurs « 教师节 » (Jiao Shi Jie), preuve que ce métier revêt encore une dimension sociale particulièrement importante (même s’ils sont payés au lance pierre, comme en France en fait ^^). Le statut du professeur est réel et il est toujours apprécié donc de souhaiter à ses professeurs une « bonne fête »…je me suis abstenu quand même. L’université était bien évidement décorée pour l’occasion.

Sculpture de fleurs

Sculpture de fleurs

  • La Chine et les Chinois

Pour le coups, ça aussi ça n’a pas changé. Le chinois reste égal à lui même : attachant mais désespérant tout autant, curieux mais pragmatique, gentil mais pas fou etc… . Les chinois restent les chinois que ce soit à Shanghai (上海) ou à Xi’an (西安) : ça grouille, ca vie sans se laisser perturber par les problèmes, les choses du quotidien. « Il faut avancer », « il faut vivre! », pragmatiques jusqu’au bout des ongles même si pour le coeur de occidental cela peut parfois manquer de chaleur ou de spontanéité à la « méditerranéenne ». J’ai repris le chemin de la piscine, faute d’ouverture de portes de la salle de gym. J’habite à  10 minutes à pied de l’université et me suis rapproché de l’arrêt de bus qui m’emmène à la piscine régionale. Là aussi, c’est un mini-bus avec un vendeur de billets à l’intérieur à qui l’on indique jusqu’où l’on va afin qu’il vousfixe le tarif correspondant. Il annonce de lui même les stations à venir, engueule les gens qui ne veulent pas se serrer comme des sardines pour laisser rentrer les nouveaux passager (à croire qu’ils doivent avoir une commission au nombre de passagers transportés entre 2 stations)! Je me demande encore comment les essieux arrivent à tenir tant je suis sur que l’on dépasse le nombre maximal de passagers autorisés à être transporté. That’s China once again… et j’adore ça!

"Un bus nommé désir"

« Un bus nommé désir »

Au fait, aujourd’hui nous sommes le 19 septembre 2013, la fête de la mi-automne (中秋节 – Zhong Qiu Jie), autrement appelée la »Fête de la Lune » par les occidentaux. Suivi le guide pour la petite histoire, je n’ai pas trop le temps pour le faire. Mais on retiendra que les Chinois savourent les fameux « Gateaux de la Lune » pendant cette période. Pâtisseries typiques aussi bien farcies avec une contenu salé que sucré, elles ont la particularité d’emporter une faible adhésion gustative auprès d’une grande partie des chinois. En effet, je n’ai jamais entendu un Chinois me dire qu’il raffolait de ces petits gâteaux…mais ça ne les empêchent pas d’en offrir dans de magnifiques coffrets. D’ailleurs le bureau de la scolarité cette année nous a offert à chacun 2 gâteaux de la Lune. Il y’a 2 ans, j’en avais ramenés au bureau dont certains étaient fourrés aux ailerons de requin…ça n’a pas fait l’unanimité je dois l’avouer et je n’y ai pas touché moi même. Mais bon, cette petite fête permet de profiter de 2 jours de vacances et les cours du vendredi seront rattrapés le dimanche matin. Pas folles les autorités chinoises,  « un pont mais pas trop quand même », voilà comment on pourrait résumer la conception du « pont » jour férié en Chine : le jour offert est rattrapé le week end précédent ou suivant directement.

Ça parait bon...mais c'est infâme! (Moi les goûts et les couleurs, je les discute!)

Ça parait bon…mais c’est infâme! (Moi les goûts et les couleurs, je les discute!)

  • Moi et le quotidien « chinois »

Mon colloc m’a trouvé un élève de français pour l’équivalent de 8h par semaine (400€ par mois), ce qui améliore quand même un peu le quotidien ou permet à minima de payer le loyer. Mais je ferait un post sur mon élève qui est particulièrement motivé et cela fait plaisir d’enseigner dans ces conditions, surtout quand on n’a pas la formation de base. Mais je me sers des livres de FLE (Français Langue Etrangère) prêtés par une amie (merci Fatiah) et ils sont parfaits même si je prépare moi-même chaque leçon.

Je me suis aussi fait alpagué par un des gérants d’un café dans la rue de mon université qui m’ont demandé de les aider pour traduire leurs offres de café en anglais contre dégustation gratuite. Comment leur expliquer que ma présence récurrente chez eux n’avait pour motivation que l’utilisation de leur WIFI ? Bref, why not c’est une belle expérience et pas trop chronophage.

Les types de graines de café

Les types de graines de café

Service à table, s'il vous plait!

Service à table, s’il vous plait!

Sarah revenue de Belgique, nous avons donc organisé notre classique (du moins, ça va le devenir) soirée « Franco-Belge » : fromage à gogo, bouteille de Bordeaux (achetée chez METRO) et petite salade composée. Le tout accompagné de 3 baguettes rances datant de la veille (on n’a pas eu mieux!). Quel plaisir! L’apéritif a naturellement été fait au pastis (et merci PERNAUD RICARD, ma STARE!)

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Allez, c’est reparti pour 1 an d’étude du chinois, des chinois, de la Chine etc… En attendant d’avoir internet je ne vous cacherai pas que mes post seront plus espacés mais j’essaierais de faire mon mieux pour poster 2 fois par semaine même si cela nécessitera plus d’organisation que l’année dernière. Encore une fois c’est la Chine et comme disait le philosophe anglais  » You can’t always get what you want » (Sacré Jagger). Mais de la à ce que tout cela me fasse douter de mon amour pour le pays ?

Naaaaaaaan!

Naaaaaaaan!

Que retenir de la Chine ?

Voici un petit post de rattrapage pour ceux qui n’auraient pas suivi mes frasques depuis l’origine (des temps). Une manière pour moi de vous faire petit « cadeau » avant les belles fêtes merdiques de Noël. La Chine a récemment renforcé sont grand « Firewall » rendant mes connexions, même aidées d’un VPN, assez incertaines. Tant que je peux, je poste! Je pars dans 2 jours pour Shanghai et espère pouvoir vous faire partager ma vision du chemin que semble prendre la Chine actuellement…Un chemin uniforme ?

Mais au fait, que pouvons nous retenir de la Chine ?

  • En ce qui me concerne, je m’acclimate très bien : la lutte des classes contre le froid n’a plus de secret pour moi, ni même les innombrables procédures qui jonchent la vie de tout résidant en Chine : ca va de l’école, en passant par la banque etc… Sont tamponés ces gens là! Je dirais bien un « Ils sont fous ces Chinois« , mais Obélix est parti en Belgique, c’est moins drôle! Je passe toujours des moments de plaisir à suivre les cours de chinois, parfois classiques, parfois plus « exotiques » mais toujours….tellement chinois

Au cas où donc vous ne recroiseriez pas ma plume 2.0 avant Noël, je vous souhaite de bonnes fêtes de fin du monde pour le 21 décembre 2012. Pour les survivants ou les mécréants, on se retrouvera avant la vraie fin du monde, le 31 décembre 2012. Et sinon, au prochain post depuis Shanghai surement.

Encore un grand grand merci à vous tous qui prenaient (ou pas, mais on s’en fout) le temps de lire. Encore un plus gros merci pour ceux qui daignent lâcher leurs COMZ’S! Et merci enfin à ceux dont j’ignore l’identité, mais qui semblent suivre mes pérégrinations (souvent par accident, ne nous voilons pas la face…merci Google Search -_-) depuis le bout du monde. Faîtes moi part de votre humeur, fusse-t-elle exécrables, c’est souvent la plus pure!

Zoubi bande de vinch! (je vais vomir, tant de guimauve m’étouffe)!

Tribute "Team Tonton 2012"...tout ce blabla ne vaut pas un bon Triathlon

Tribute « Team Tonton 2012″…tout ce blabla ne vaut pas un bon Triathlon