La visite du village de 袁家村 (Yuan Jia Cun)

Une fois n’est pas coutume, l’Université a organisé il y’ a 15 jours, une sortie qui sort un peu des sentiers battus. J’entends par là : nous ne sommes pas allés visiter l’armée de soldats en terre cuite (兵马俑 – Bing Ma Yong) pour la énième fois ou encore les remparts de la ville. Non, cette fois-ci, nous sommes allez visiter un village qui se situe non loin de Xi’an (西安), à une soixantaine de kilomètres à l’Ouest et communément appelé, la « Lijiang (丽江) » du Shaanxi (陕西) (en référence à la vieille ville de Lijiang dans le Yunnan, classée à elle seule Patrimoine de l’Unesco).

Bon, autant vous dire tout de suite que c’est tout de même un cran au dessus, ne serait-ce que par ce village est classé par le ministère du tourisme chinois « AAA » et que le classement Unesco équivaut à « AAAAA ». Néanmoins, le village est loin d’être dénué de charmes et recoins pittoresques, c’est peu de le dire.

Le village de 袁家村 : paradis des gourmets

Après une bonne heure de car, nous arrivons aux portes du village de 袁家村 (Yuan Jia Cun) et ses 400 âmes.

Entrée du village

Entrée du village

Évidemment, comme tout site touristique chinois, celui-ci porte les stigmates de la « reconstruction » et autre modernisations en tout genre. Conscient de l’attrait touristique de ce petit bourg, on se croirait presque dans un mini Disney Land et les habitants ne font rien pour dissiper l’illusion. Mais bon, on s’y fait et le charme rustique est toujours vivace. Preuve en est, je tombe avec surprise nez à nez avec la boutique d’un apothicaire chinois ; les traditions demeurent.

Herboristerie traditionnelle chinoise

Herboristerie traditionnelle chinoise.

Le tour du village se fait en moins d’une bonne demi-heure et se résume en une successions d’échoppes, toutes dédiées aux spécialités locales. Là, des pieds de cochons en saumure, ici, des pâtes de sarrasin en bouillon vinaigré, là-bas des yaourts faits maison, par ici, des scorpions séchés. Bref, un paradis pour le gastronome que je suis, n’hésitant pas à prendre un deuxième petit déjeuner à 10h du matin avec une de mes professeur de chinois.

DSC07569Même si l’illusion fausse de modernité joue le rôle de verni, ce dernier craque vite au contact de la population et des savoirs faire ancestraux avec lesquels les différents mets son confectionnés. J’en veux pour preuve le séchage de pâtes de blé ainsi que la confection de pâte de riz.

"Chérie, je pose les pâtes là"

« Chérie, je pose les pâtes là »

Le tour du village bouclé, direction un site qui nous permettra d’observer le paysage depuis les hauteurs du bourg ou 县(Xian).

Le tombeau de 昭陵 (Zhao Ling)

Comme de nombreux tombeaux d’Empereurs chinois, celui-ci est dit « ouvert » et est à flanc de colline. Zhao ling était le 2nd Empereur durant la Dynastie Tang, une des plus rayonnantes et des plus puissantes en terme culturel notamment (618-907 après JC). Cet Empereur est aussi communément appelé Tai Zong. L’entrée du site est payante et il me semble que le ticket était de 20Y (2€60 au 18/11/2014)…gracieusement à notre charge (manquerait plus que l’Université paye pour nous en plus….).

Entrée du tombeau

Entrée du tombeau

Rien à dire de plus, si ce n’est que ce site vaut avant tout le détour si l’on souhaite crapahuter sur la petite colline derrière et qui donne accès à une vue panoramique de la vallée. Spectacle assez plaisant au demeurant, bien que l’on aperçoive  très facilement l’anneau de pollution qui enserre complètement la région, et son contraste avec le ciel bleu de la journée est particulièrement édifiant. Néanmoins, cela n’enlève rien au charme du site, et en fin octobre on se serait presque cru en début de période estivale en catalogne française. Rien que pour ça, je ne regrettais pas mon déplacement.

"La ceinture empoisonnée"

« La ceinture empoisonnée »

Le musée de 昭陵

Dernière étape de notre escapade scolaire, le musée entièrement dédié au dit Empereur. Qui dit culture et musée dit forcément moins de visiteurs, et nous étions donc les seuls à visiter ce musée en apparence à l’abandon. Là aussi, un ticket d’entrée vous sera réclamé pour la modique somme de 25Y (2€8).

Le musée en soi ne paye pas de mine mais il présente certaines sculptures, d’animaux notamment, dont la qualité de conservation laisse pantois…à moins que cela soit des reproductions (on m’aurait menti ?). Là aussi, je ne saurais quoi dire, car c’est typiquement le genre de musée dont vous ne profiterez pas des richesses si vous n’êtes pas accompagné d’un guide compétent.

DSC07604Je précise compétent, car nous avons effectivement bénéficié des services d’un guide mais qui nous a fait la visite « à la chinoise« ; c’est à dire : au pas de course, en criant dans un haut parleur miniature et sans nous laisser le temps d’admirer les différentes collections. Mes camarades Kazakhs et autres Tadjiks ne s’étaient même pas donnés la peine de venir écouter, et le peu qui comme moi essayaient de comprendre, étaient littéralement noyés dans le flots des références culturelles et historiques complètement absconses pour les non initiés. Rajoutez à cela que malgré mes 2 années d’étude de chinois intensif, j’ai du comprendre pour à peine 10% de son blabla, j’étais un peu énervé sur la fin. Mais bon, le plaisir des yeux était dominant.

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Qu’est ce qu’on mange (de bon matin en Chine)

Aujourd’hui, peu de blabla, tout se résume à une vidéo et une image. Toutefois, il convient de s’imaginer la place du petit déjeuner en Chine, et surtout son lieu de consommation principal : la rue.

Les personnes fraichement arrivées en Chine ont du être étonnées du nombre de vendeurs de rue, de petits boui-boui à roulettes, prompts à vous proposer de multiples « snacks » : de la crêpe fourrée à la saucisse grillée, des petits pains fourrés (包子 – Bao Zi) aux brochettes de touffu pimenté. Il y en a pour tous les goûts. Là où en France on a plutôt tendance à prendre notre petit déjeuner chez soi ou bien à l’abri d’un troquet, les Chinois semblent suivre une autre voie, galopant toujours derrière un Temps qui leur échappe.

La rue est donc le principal lieu de ce théâtre gastronomique, et je ne compte plus le nombre de voiturettes qui encerclent l’entrée et la sortie du métro de bon matin, et ce entre 6h et 9h00 du matin. Le tout servi à une vitesse qui ferait pâlir n’importe quelle enseigne de fast-food.

Pour l’hygiène, vous repasserez! Même si on aperçoit quelques timides gants en plastiques enserrant leurs mains laborieuses, tout se fait naturellement « à l’ancienne« ! Et puis merde, on n’a qu’une vie bon sang! Je ne le répèterais jamais assez (et même si cela peut être une exception), en 2 ans de vie en Chine, je n’ai jamais eu la moindre intoxication alimentaire, alors que je mange minimum 1 fois par jour dans un boui-boui miteux.

Un de ces matins qui me mènent, le pas lent et embrumé, vers l’université j’ai décidé de déguster en 2 minutes une spécialité du Nord-Est de la Chine, le 山东 (Shan Dong – la patrie de Confucius 孔子) : la crêpe fourrée dites 煎饼果子 (Jian Bing Guo Zi). La garniture ? Un peu de fanes d’oignons et de ciboulettes, de la laitue, une cuillère d’une sorte de pâte de soja, de la pâte pimentée, de la pomme de terre rappée cru, un œuf et une gaufrette craquante (un véritable Gloubi-boulga en fait). Mais le plus impressionnant, c’est encore la vitesse d’exécution et la dextérité du cuistot. Voyez par vous même, il vous en coutera 4Y (0,50€)

Et le résultat, le voici

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Qu’est ce qu’on mange

Pour le retour de notre rubrique culinaire, je vous propose de nous attaquer à deux spécialités du 陕西 (Shaanxi) bien moins connues que les fameux « hamburger chinois » (肉夹馍 – Rou Jia Mo) et autre 羊肉泡馍 (Yang Rou Pao Mo – Soupe de mouton avec morceaux de mains émiettés). Ces plats que je vais vous présenter n’en restent pas moins emblématiques de la région et il est relativement facile de les trouver sur les cartes des restaurants de 西安 (Xian), autres que les « bouiboui »!

Le poulet « en forme de gourde » (葫芦鸡 – Hu Lu Ji)

Ne cherchez pas, un poulet n’épouse pas naturellement la forme d’une gourde chinoise. Gourde chinoise dont la forme est très particulière et que vous avez surement du apercevoir, ne serait-ce que dans certains films de kung-fu « à l’ancienne« . Nan ? Bon, je vous montre :

Voici une gourde chinoise

Le 葫芦鸡 (Hu Lu Ji) est en réalité une préparation à base de poulet et ce dernier a été disposé de sorte que sa forme s’apparente (plus ou moins) à une gourde, que l’on nomme « 葫芦 » (Hu Lu). Le poulet est ensuite pané puis rapidement frit. Il est servi ainsi avec un accompagnement de piment en poudre dans lequel vous tremperez (SI! VOUS TREMPEREZ!) chaque morceau! A s’en rouler par terre, croyez moi.

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Le 锅盔 (Guo Kui)

Il s’agit en réalité d’un simple pain. Oui, oui, du pain « à la con » quoi! En fait, pas tout à fait  » à la con » puisqu’il fait partie de ce que l’on appelle dans la région du 陕西 (Shaanxi – région dont Xi’an est le chef lieu provincial, suivez, prenez des notes, je ne vais pas répéter à chaque fois….) des « 8 curiosités du Shaanxi » ou « 陕西八大怪 » (Shaanxi Ba Da Guai). Je traiterai plus longuement de cet élément culturel fort passionnant, ultérieurement. On dit que ce pain, par sa forme et son épaisseur, est comparable à un grand couvercle de marmite. D’ailleurs, le terme de 锅盔 (Guo Kui) veut dire littéralement « casque de marmite ». Au restaurant, il est servi en tranches triangulaires que l’on peut tremper à loisir (une fois n’est pas coutume) dans du piment haché. Les tranches étant souvent suffisamment épaisses pour faire quasiment un club sandwich au piment. A déconseiller aux boyaux sensibles et autres victimes de Crohn. Pour les autres, foncez bien évidemment!

A licence to kill!

A licence to kill!

Comment…j’ai décidé d’abandonner un visa de travail pour un visa étudiant chinois (2e partie)

Comme je l’expliquais dans mon post précédent, il était essentiel pour moi de changer de visa afin de reprendre mes études. En effet, sans visa correspondant (à savoir étudiant), impossible de s’inscrire dans une université chinoise pour y suivre un cursus. Et là où très souvent l’argent arrange bien des choses dans l’Empire du Milieu, sur ce point, la scolarité est inflexible. Donc comment refaire son visa ?

 

De l’Empire du Milieu, il te faudra sortir

Ayant eu échos de quelques mésaventure quasi-similaires autour de moi, c’est un postulat que je connaissais à l’avance : obligation de quitter le territoire pour refaire son visa. Cette obligation s’impose en réalité quand vous changez de visa par exemple : de visa de travail à visa d’étudiant (et vice & versa), visa d’étudiant à visa business (et vice & versa). Cela ne s’applique donc pas en cas de prolongation d’un même visa, comme mes 2 précédents visa étudiants.

Se pose l’essentielle de la question : où aller ? Il convient de savoir que la sortie du territoire n’oblige pas à un retour au bercail (la France en l’occurrence) : vous allez où vous voulez, du moment que VOUS VOUS BARREZ! La solution la plus simple m’apparaît soudainement : Hong Kong (香港 – Xiang Gang). Alors oui, vous me répondrez que cela appartient à la Chine, et je suis entièrement d’accord avec vous (oui je suis nationaliste, je vous merde!). C’est en effet bizarre de se dire qu’administrativement parlant, en allant à Hong Kong, nous sortons du territoire. Pour être plus précis, il s’agit de l’entrée dans une zone appelée « Région Administrative Spéciale d’ Hong Kong » qui dispose d’un centre d’immigration et non d’un consulat ou quelconque ambassade chinoise (ce qui reviendrait à reconnaitre une forme d’indépendance, il n’en n’est rien). C’est toute l’illustration de la célèbre phrase de 邓小平 (Deng Xiao Ping) qui affirmait « 一国两制 – Yi Guo Liang Zhi),  » Un pays, deux systèmes« . Un monument de pragmatisme pour un tout petit monsieur (en taille)! Je m’égare!

Histoire de ne pas me louper, je prends quand même quelques informations auprès de certains interlocuteurs afin de m’assurer que ma démarche est bien faisable depuis Hong Kong. En effet, en scrutant le site officiel de l’immigration chinoise à Hong Kong, je comprends vite que les demandes de visa faîtes par des étrangers non considérés comme résidents permanent de Hong Kong, ne peuvent pas bénéficier des services de visa et qu’il est fortement recommandé (mais non obligé, semblerait-il) de retourner dans son pays pour procéder à cela (regardez le point 7).

PANIQUE A BORD!! Je me dis qu’il va donc falloir retourner en France pour procéder à ma demande de visa, devoir expliquer à mes parents pourquoi je reviens pour 4 jours en France, pour un nouveau visa alors que j’avais un visa de travail clé en main en quittant la France en août, devoir subir les remarques de mon père (surtout justifiées par son éternelle inquiétude, va je ne te hais point Père!) etc…. Bref, la galère! Je décide tout de même d’obtenir confirmation auprès de l’immigration de Xi’an, auprès de mon université, et soudainement la schizophrénie s’installe : tous me répondent que c’est possible depuis Hong Kong, malgré les dénégations du site officiel. Pour rajouter à la folie, je vais sur quelques sites et forums traitant un peu de mon problème : de véritables équivalents de Doctissimo pour globe-trotters du genre « J’ai entendu dire qu’ils ne donnaient plus aucun visa pour les français depuis Hong Kong, t’es dans la merde » etc etc. A dessein, je n’indique pas les adresses de ces forums d’agoraphobes pathologiques.

Après quelques jours de réflexions, et malgré mes tentatives vaines de joindre par téléphone le service d’immigration d’ Hong Kong par mail et téléphone (uniquement 2 tranches horaires d’appel : entre 10h-11h et 15h-16h, pire que la secu en France, qui l’eut cru!), je me décide à aller à Hong Kong pour essayer, car cela coutera toujours moins cher que de retourner en France. Dans le doute, je prépare un plan B au cas où ma demande échoue, vu que je craignais que le passage aussi rapide d’un visa de travail à un visa étudiant éveille des doutes : le visa touristique. Ce visa peut effectivement être transformé par mon université en visa étudiant lors de mon inscription. Avec la Chine, étant donné que l’on n’est jamais sur de rien, autant être préparé, d’où ce plan B.

 

Hong Kong, ville de contraste

Direction Hong Kong donc, vol direct depuis Xi’an en 2h30 . Je précise que nul besoin de visa pour entrer dans la zone de Hong Kong quand vous êtes français.

La petitesse ainsi que l’attrait touristique démesuré (voire incompréhensible à mes yeux, hormis les achats hors taxe) de Hong Kong rendent le prix des chambres d’hôtels particulièrement élevés. Cette étroitesse permanente a provoqué l’émergence de « Mansions » ou petits hôtels qui se nichent directement dans les étages de grands immeubles pouvant aller jusqu’au 30e étage. Dans certains immeubles, vous avez même 3 hôtels qui se répartissent les chambres. En réalité, ce sont souvent des appartements dont l’espace a été tronçonné au maximum pour créer des chambres (avec salle de bain, WIFI et air conditionné, sisi) de 5m² maximum. Et le tout pour 20€ la nuit, si si, vous ne rêvez pas.

Un vrai chiotte pour pygmée!

Un vrai chiotte pour pygmée!

Alors oui, il existe des chambres d’hôtel plus conformes à nos standard, mais je présuppose que le pris double à chaque m² ajouté…. .

La « bonne nouvelle » est que les français venant à Hong Kong pour obtenir un visa pour le continent, font l’objet d’une surveillance accrue de la douane chinoise. En effet, nombreux sont nos compatriotes (ou « gros cons », au choix) a avoir fraudé à plusieurs reprises la législation sur l’immigration en Chine continentale,  faisant de nombreux allers/retours entre Hong Kong et le continent, dévoyant l’intitulé de leurs visa pour travailler au noir etc. Payant aussi une politique européenne peu accommodante envers la Chine, surtout lancée sous Monsieur Sarkozy  (123A67E8YITOFTJTH D>FSQRN.PQ£<bfù*m!!!!%%), 15 pays européens ne peuvent bénéficier de la procédure express d’obtention de visa (en 48h).

Me voilà donc bloqué pour 4 jours ouvrés. Étant arrivé le mercredi soir, et n’ayant pu déposer mon dossier que le lendemain matin, pas question de quitter le territoire avant le mardi d’après. ARGHHHHH!!

Précision, histoire de maximiser vos chances d’obtention de visa : passez par une agence spécialisée. Croyez moi, elles ont l’habitude de traiter ce genre de dossier, et je pense même qu’elles bénéficient d’un apriori favorable de la part de l’immigration chinoise. Je suis passée par l’agence Everbright Visa. Alors oui, vous devez vous délester de 400HK$ (presque 40€) mais au moins, vous êtes quasiment sur de l’obtenir si votre dossier est complet. Frais de visa inclus avec un petit supplément pour une « assurance », j’en ai eu pour 832HK$ soit presque 85€.

Étant donc « prisonnier » de cette foutue ile d’Hong Kong (vous ai-je dit à quel point ce lieu me débecte ? Non ? Faudra un jour), je décide de quasiment passer mes jours dans ma chambres avec le WIFI et la climatisation à fond car dehors, c’est la mousson : 35°C et 80% d’humidité minimum, une touffeur de dingue!

La ville n’est pas déplaisante en soi finalement mais voilà : tout est étroit et les bâtiments si hauts que pour voir le ciel, on frise le torticolis ; les hong kongais préfèrent entendre les étrangers parler anglais plutôt que mandarin (si bien que je ne leur parlais qu’en mandarin, pour leur faire les pieds, prétextant que je ne parlais pas anglais) ; hormis le shopping et 3-4 sites remarquables (sans parler des îles qui elles, sont magnifiques), il n’y a rien à faire, ni à voir. C’est un temple de la consommation réduit à une tête d’épingle territoriale. De plus, mon niveau de vie ayant drastiquement baissé depuis le temps où j’étais venu visité Hong Kong, même se payer un café était un investissement. Ce qui explique mon hermétisme complet à cette culture insulaire.

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Je recommande toutefois d’aller sur les hauteurs pour un magnifique aperçu de la baie de Hong Kong. Bon, moi j’étais dans les bureaux de Lacoste Asie, mais c’est pareil ^^

La classe, non ?

La classe, non ?

Reste la gastronomie, qui loin d’être sans saveur, n’a jamais accroché énormément mon palais, surtout depuis que j’ai découvert les mets de 西安 (Xi’an) et plus particulièrement de la Chine du Nord. Alors, oui c’est bon les Dim Sum, mais ça va 5 minutes! Les plats sont très fins, très parfumés et franchement bons, mais voilà, ça manque de corps, de robustesse…trop fin pour moi. Impossible de relever son plat avec du piment lui même plus odorant que piquant (classique des piments du Sud-Est). Nan, décidément il me manquait ces goûts « racés » et sans fioritures du Nord de la Chine. Mais chacun ses goûts finalement. Au lieu de vous laisser apprivoiser bêtement par les sempiternels Dim Sum, goutez plutôt les fameux congee (gruaux de riz) d’ Hong Kong, j’en raffole : gruau de riz avec tranches de viandes, coriandre, ciboulette, champignons voire œufs de 100 ans. UNE TUERIE JE VOUS DIS!

Qui a dit "bol de vomi" ??? Grumpfff!!!

Qui a dit « bol de vomi » ??? Grumpfff!!!

Passant au travers d’un typhon classé « T8 » par la météorologie locale (ça va jusqu’à 10, en gros, tout était fermé, j’ai cru ne pas obtenir mon visa à la dernière minute….maudit que je suis….), je peux enfin m’échapper d’Hong Kong le lendemain, visa étudiant in the pocket, j’ai vraiment le sentiment de retourner « à la maison » en revenant sur 西安 (Xi’an), désolé maman!

Hong kong ? Très peu pour moi, même pour un séjour très temporaire, mais à chacun sa came finalement. Trop lisse, trop proprette, trop artificielle, trop fausse à vouloir être un exemple de développement en comparaison de la Chine continentale alors qu’elle n’hésite pas à fermer les yeux sur le quasi-esclavage moderne des femmes de chambres et bonnes à tout faire venues de Philippine ou d’Indonésie. Non, décidément Hong Kong ne ravira jamais mon cœur, car il manque un « je-ne-sais-quoi » que je pourrais finalement résumer avec l’image ci-dessous. Allez, rassurez-vous, j’ai mon visa étudiant pour encore 1 an, et tout va bien.

Coucou les amis, on rentre à la maison ? C'est moi qui tiens le cerceau ^^

Coucou les amis, on rentre à la maison ? C’est moi qui tiens le cerceau ^^

Qu’est ce qu’on mange : immangeable ?

Au fil de mes chroniques culinaires, certains d’entre vous on pu constater une partie de la richesse de la gastronomie chinoise. Loin des poncifs erronés type « rouleaux de printemps » et autres « nems » (des mets vietnamiens), je dirais que la cuisine chinoise est l’une des plus variée au monde.

Si dans mes dégustations j’ai bien l’impression de reconnaitre certains fils conducteurs (du fait notamment des aromates systématiquement utilisés), la diversité des plats ne permet pas vraiment de constater un aspect homogène à la cuisine chinoise. Il existe bien des « familles » de cuisine chinoise, souvent catégorisées par leur région d’origine, mais même là, on passe aisément du 饺子 (Jiao Zi – Ravioli) au flanc de coques (bucardes).

Le Nord de la Chine se distingue par une cuisine plus riche (s’entend par la, plus grasse), à base de nombreux bouillons, ragouts en tout genre. Le tout accompagné de nouilles ou de 馒头 (Man Tou – boule de pain cuite à la vapeur). La dureté du climat et ainsi qu’une aridité plus marquée qu’au Sud explique la faible implantation du riz dans le repas quotidien. Une cuisine bien plus roborative (globalement), moins distinguée et, à mes yeux, avec plus de caractère, plus tranchante…plus mieux!^^

La cuisine du Sud est déjà plus adaptée au palais des occidentaux, avec des plats plus variés, à l’élaboration plus fine (même si l’on retrouve des composantes qui peuvent être rébarbatives pour les européens ; par exemple : le piment). Le bol de riz est incontournable pour accompagner la fin du repas (et pas le début comme on a tendance à le croire). Et en se rapprochant du Vietnam et de la Thaïlande, on croise effectivement des plats semblables aux rouleaux de printemps, porc au caramel ou encore bœuf sauce loklak (saveur Khmer) . En avançant sur Hong Kong (香港 – Xiang Gang), on retrouve les Dims Sums, et autre petites bouchées à la vapeur ou raviolis aux crevettes. Bref, tout une cuisine plus familière aux européens, de part une immigration chinoise essentiellement en provenance du Sud Est de la Chine.

Tout ça pour vous dire que les Chinois ont également la particularité de cuisiner plus de choses, de manger plus d’éléments relatifs à la viande ou au poisson. J’entends par là : si en France, « tout est bon dans le cochon »,  en Chine cette apophtegme est applicable à tous les animaux. D’ailleurs, n’y a-t-il pas une expression en Chine qui dit que « Hormis les chaises et les tables, les chinois mangent tout ce qui a 4 pattes« . Cette citation souffre de nombreuses variantes et adaptations locales, sans entrer dans les détails, c’est la version la plus populaire.

Mais au fait, qu’est ce que les chinois mangent et que nous ne sommes pas instinctivement prêts à manger ?

La tête de la bête, tu mangeras

Je vois déjà ceux de mauvaise foi me répondre : « Oui, mais en France, il y’a bien la tête de veau ravigote « . Tout à fait ! A ce détail près, qu’il s’agit en réalité d’une préparation à base de morceaux de la tête de veau, roulés sous forme de rôti. On est loin de certaines représentations populaires.

En Chine, quand on dit « la tête de l’animal », c’est la tête en entier! Il me semble que je vous avais déjà parlé de la tête de canard dont mon copain se repait sans modération…à mon grand désarroi! A l’occasion d’un diner avec des camarades de classe, nous nous sommes rendus dans un restaurant spécialisé dans la cuisine du 四川 (Si Chuan – réputée particulièrement épicée), et plus particulièrement….dans la tête de lapin!! Oui! Oui!

Eurgh!!

Eurgh!!

Les chinois ont vraiment cette particularité de « grignoter« , ils aiment ça et cela entre en adéquation avec un principe de médecine chinoise (ch’ais plus lequel!)! Ils raffolent donc particulièrement de tout morceau de viande (aussi petit soit-il), entourant un morceau d’os ou de cartilage (encore que le cartilage est aussi particulièrement apprécié, médecine chinoise etc. moi je laisse tomber au bout d’un moment hahah…hum…). Dépiauter, grignoter des têtes de canard, des pattes de poulet, des têtes de lapin, tout y passe. Dubitatif au début, je me suis dit « On y est, tant qu’à faire, autant gouter ça! Ça sera toujours un truc de warrior à raconter lors de mes passages en France« . Allez, je goûte! Et quelle fut pas ma surprise de trouver les têtes de lapin tout à fait à mon gout. La langue est tout particulièrement savoureuse

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Bwaaaaaa!

J’en aurais bien mangé une deuxième mais « Bwaaa », c’était Âchement piquant! J’ai cru que j’avais les dents qui se déchaussaient, un peu comme lorsque tu bois de l’alcool blanc en Chine…

Des viscères et abats, tu te régaleras

La cuisine française actuelle semble faire de moins en moins cas des morceaux les moins nobles de la bête. Hormis quelques plats à base de foie ou de rognons, rare sont les gens qui semblent encore apprécier un plat à base d’abats. Prononcez le mot « tripes » ou encore « ris de veau », et vous êtes à peu près sur de provoquer la révulsion de votre interlocuteur. Et c’est bien dommage! D’un tempérament curieux, et n’ayant jamais vraiment eu l’occasion d’en déguster plus petit (merci papa et maman-_-), les abats sont apparus comme une évidence en Chine. Car oui, les chinois en raffolent comme jamais. Est ce parce que c’est moins cher que les parties « nobles » de la bête ? Je ne sais pas trop mais il est  difficile de passer au travers de plats sans abats.

En Chine, en plus du tripier habituel, on trouve également des chaines de magasins spécialisés dans la triperie de volaille : on trouve donc des cœurs de poulet, des tripes de canards, des pattes de poule etc… Y’en a à tous les coins de rue! Les abats se mangent à tous les sauces : en ragout, en brochettes, sautés etc…

J’admets tout à fait que ce sont des parties du corps de l’animal qui, à première vue, ne suscite pas l’engouement. Je ressens cela à chaque fois, quand bien même j’en raffole (mais qu’est ce que je suis bavard….pffff…). Quand on mange un plat avec des tripes, rien qu’à l’odeur, y’a pas de doute sur l’origine de la marchandise et encore moins sur la partie de l’animal en jeu, c’est certain.

Ragout d'intestins aux germes de soja, piment et sang de porc! Le Quarté + dans l'ordre!

Ragout d’intestins aux germes de soja, piment et sang de porc! Le Quarté + dans l’ordre!

Alors là, j’ai cru m’effondrer en lisant la carte de ce que l’on allait nous servir. Le ragout de tripes au piment, germes de soja et….morceaux de sang de porc…BOURK!! Mais en fait non, c’est délicieux et je ne plaisante pas. Alors oui, l’odeur y est, la couleur aussi, mais la saveur également et c’est vraiment très bon pour peu que l’on se sorte un peu les œillères que l’on se fixe (consciemment ou non). Bon, le sang de porc ou de tout autre animal, je n’en raffole pas particulièrement : ça a un goût un peu métallique et j’ai l’impression que mes dents crissent par la suite. Mais abstraction de cela, ce type de plats a un valeur gustative non négligeable, que je recommande donc 🙂

Vous en reprendrez bien une louche ?

Comment…j’ai appris à confectionner des 麻食 (麻什 – Ma Shi)

Je vous avais parlé récemment d’un type de pâtes que l’on retrouve surtout en Chine du Nord, les 麻食 ou 麻什 (Ma Shi), aussi appelées 面鱼儿 (Mian Yu Er) dans les autres contrées de l’Empire du Milieu. Pas plus tard que la semaine dernière, il m’a été donné l’occasion de participer à la confection de ces pâtes, au détour de l’apéritif, comme ça, mine de rien genre « Tiens, on va faire des 麻食 » (en chinois dans le texte ^^).

Plus facile à dire qu’à faire ? Par certain dans la mesure où les ingrédients sont limités à portion congrue : de la farine de blé et de l’eau. Point d’œufs dans la recette, c’est les pâtes du pauvre. Et j’en profite donc pour faire une parenthèse en lien avec le niveau de vie en France : je reste halluciné par le prix des pâtes fraîches en France (surement le même prix en Europe) aussi bien en grande distribution que dans les restaurants spécialisés. Je veux dire, après cette expérience de confection en direct de pâtes (certes sans oeufs), je ne comprends toujours pas pourquoi 250G de pâtes fraiches dégueulasses Lustucru (faîtes en usine) vont couter presque 3€ (25Y), là où un gros bol de 麻食, confectionnés sur place et devant moi, ne dépassera pas les 7-8Y (1€) ? Au delà du prix de la main d’œuvre et des matières premières, je trouve finalement honteux que des produits aussi simples et évidents, t’obligent à te couper la moitié d’un bras pour bouffer un pauvre plat de pâtes bolognaises dans un restaurant pour presque 9€…on se fout de la gueule de qui là ? Fermons la parenthèse…

Revenons en aux 麻食 en question :

De la farine et de l'eau donc

De la farine et de l’eau donc

Ne me demandez pas la quantité de tel ou tel ingrédient, on a fait ça au à la chinoise pif, en versant progressivement de l’eau avec un bol, tout en touillant la préparation à l’aide de baguettes. Le but et de donner progressivement une texture plus ou moins épaisse à la préparation.

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A force d’ajouter de l’eau, on finit par obtenir la consistance d’une véritable pâte à pain (et cela s’avère être le cas finalement puisque l’on se contente que d’eau et de farine). Le pétrissage se termine à la main, afin de rendre le tout bien homogène et tout en continuant de discuter avec mes camarades de classes et nos hôtes chinois, mine de rien (et de crayon), je te fais des pâtes sur un coin de table à la volée, en sirotant un petit pastis par trop noyé…

Ca prend forme

Ça prend forme

Vraiment rien de plus simple à confectionner, je crois que c’est encore le coups de main qui fait la différence dans ce genre de recettes ultra simple mais tellement faciles à rater. On laisse reposer le tout un bon quart d’heure avant de s’attaquer vraiment à la confection des dits 麻食 (Ma Shi).

On coupe la pâte en grosses tranches avec un couteau, puis l’on fait un long serpentin avec.

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Ensuite, on prend une petite portion entre le pouce et l’index. Sur une surface farinée, on écrase (sans trop forcer) le morceau de pâte tout en le faisant rouler sous le pouce. Cette action permettra d’étaler un peu la pâte tout en la faisant se recroqueviller sur elle-même, lui donnant cette forme particulière de « petite oreille » (comme on peut le voir plus haut).

Tout est dans le coups de main!

Tout est dans le coups de main!

Et voilà, c’est fini! Reste plus qu’à passer à l’eau bouillante pendant 5 minutes et d’y agrémenter les légumes et assaisonnements désirés. Il est aussi possible de faire sauter légèrement les 麻食(Ma Shi) après les avoir fait bouillir, c’est au choix. Je trouve que cela change du fameux atelier de confection des raviolis chinois (饺子 – Jiao Zi), tant prisée par les étrangers qui débarquent en Chine.

Bon, pour cette soirée finalement, on ne les a pas mangé car nous avions cuisiné déjà trop de plats, mais cela nous a bien occupé et cela nous donc permis d’apprendre à faire des pâtes typiquement chinoises, et que l’on ne retrouve pas en Europe (et c’est bien dommage). Bon’ap!

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