Qu’est ce qu’on mange (Bienvenu dans le Jiangxi 江西)

Nous allons aborder la séquence culinaire de mon voyage dans le 江西. Pour ceux qui auraient loupé des épisodes, j’ai commencé ici puis enchainé sur ça ! Mais pour ceux qui me connaissent, les découvertes culinaires ou juste, manger, se hissent toujours dans le top 2 de mes priorités du jour, peu importe l’endroit ou le moment : quand et qu’est ce qu’on mange ? Et  forcément le voyage a été émaillé haltes gustatives. Mais je vais traiter de cette question en 2 parties.

La 1er partie, pour vous parler tout d’abord des petites douceurs que l’on trouve un peu partout en Chine durant la période des festivités des « Bateaux dragons » (端午节). Il s’agit des 粽子 (Zong Zi). Voici un véritable « gâteau » entièrement fait de riz glutineux, le tout enveloppé dans une grande feuille de bambou.

粽子  - Mais il y'a une surprise à l'intérieure

粽子 – Mais il y’a une surprise à l’intérieure

Effectivement, il ne s’agit pas que de simple riz glutineux. Les 粽子 renferment une farce, souvent sucrée mais qui peut être également salée. Dans le cas de cette dernière, il s’agira souvent de morceaux de lard. Dans le cas des 粽子 sucrés, vous trouverez des farces aux dattes rouges, aux haricots rouges etc… .

Mais si "Miam!Miam"

Mais si « Miam!Miam »

D’ailleurs la grande distribution, à l’approche des festivités, a su aménagé des rayons entiers pour promouvoir la vente de 粽子 。

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Les festivités étant désormais finies depuis presque 1 semaine, il est beaucoup plus difficile d’en trouver auprès de vendeurs de rue dont au moins on est à peu près sur de la fraicheur, contrairement à ceux préemballés sous plastique en grande surface. A 九江, j’en ai acheté dans une boulangerie pour 1,5Y l’unité.

La 2e partie de ce billet concerne les plats dégustés durant le séjour dans le 江西. Proximité du grand fleuve 长江 (Yangzé) oblige, le poisson et les crustacés ont été à l’honneur, et pas qu’un peu! Un véritable calvaire pour moi qui ne supportent pas le poisson, et qui me méfie encore plus des crustacés, surtout en Chine. Mes 2 comparses étaient aux anges et c’est peu de le dire! On a commandé des quantités astronomiques à chaque repas. Il faut dire que pour ce que cela représente, c’était vraiment pas cher et semblait très bon (bah oui, vu que j’en n’ai pas mangé, cela « semblait » donc). Pour un diner avec 4-5 plats dont 2 avec de la viande (c’était mon « menu enfant ») et 2 bouteilles de bières, on dépassait rarement les 110Y en tout, soit moins de 15€!

L’intérêt du nom des plats étant particulièrement relatif et fluctuant, je n’en n’ai retenu aucun mais voici ce qui est passé sous leurs crocs acérés :

  • Des poissons de fleuve (évidemment, pas de montagne!)

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  • Des escargots

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  • Des palourdes, des coques en « flan », des moules, des couteaux de mer….

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  • Des langoustines

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  • Des grenouilles (ça c’était bon par contre)

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En gros, y’en avait pour tous les goûts sauf les miens ^^ ! Heureusement, en rentrant à 西安 je me suis précipité auprès de mon restaurant de nouilles préféré, histoire de manger un bon bol de 油泼面 ! Un pur délice.

Mais c’est aussi pour cette raison que je me suis installé dans une ville chinoise loin de points d’eau ou de fleuves, ainsi je m’assure que les spécialités locales de ne sont pas à base de produits de la mer…et pour ce qui est du 陕西, aucun risque!

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Bienvenu dans le Jiangxi (江西) : la ville de Jiujiang (九江)

Voici la raison pour laquelle j’ai aussi expérimenté une petite traversée du territoire chinois en train : découvrir la ville de 九江 (à l’occasion) des célébrations de 端午节 (Duan Wu Jie – « Fêtes des bateaux dragons »). Bénéficiant de 3 jours de congés (dont 2 jours avaient été rattrapés le week end précédent), moi, 刘帅 et mon camarade Tchèque 施文, nous nous sommes embarqués dans un voyage de 18h30 de train pour rejoindre une région assez méconnue et plutôt pauvre qu’est le 江西. Pourquoi cette région ? Honnêtement, je l’ai choisi un peu au pif, du moment que nous étions proche d’un point d’eau. Le fait aussi que ce soit une région relativement peu touristique m’a également séduit. Je dois vous avouer que je n’ai pas été déçu le moins du monde, j’ai même été particulièrement conquis par la quiétude et la beauté de la ville de 九江 (Jiu Jiang).

Bon, 1er étape : sortir de la gare et rejoindre à pied notre hôtel, au bord du lac 🙂

La gare de 九江...admirez l'architecture

La gare de 九江…admirez l’architecture

Nous bordons un lac assez étendu mais qui crée immédiatement une atmosphère très paisible et très verte par la multitude de platanes (appelés en chinois les « arbres français ») source d’ombre, plus que bienvenue. Tout au long des rives du lac, on croise de nombreux pêcheurs à la ligne ainsi que des « pêcheurs » de coquillages et autres crustacée. 刘帅 n’a alors pu s’empecher de faire comme eux et de s’approcher du bord pour saisir, sans rien d’autre que ses mains, une écrevisse! Bluffant!

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"T'as le bonjour du Capt'ain Crabs!" (presque)

« T’as le bonjour du Capt’ain Crabs! » (presque)

Une fois reposé, mon camarade Tchèque et moi-même entreprenons un petit tour de la ville de 九江 qui ne se distingue pas énormément des autres villes chinoises à vrai dire. Mais elle jouit tout de même d’une situation géographique assez prompte à la rendre singulière : au Nord, le fleuve Yangtze (长江 – Chang Jiang), au Sud le lac Gantang. La population est aussi moins nombreuse et moins « dynamique » que celle des grandes villes chinoises. Si bien que dans certains quartiers, on peur réellement se « balader » s’en être bousculé en permanence. On peut flâner quoi! J’ai même aperçu des configurations de ruelles faisant typiquement penser à nos passages commerçants.

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A la balade s’ajoute l’observation des scènes de vie quotidienne chinoises par excellence :

Calligraphie à même le sol et à l'eau

Calligraphie à même le sol et à l’eau

Le coiffeur de rue - Coupe à moins de 10Y

Coiffeur de rue – Coupe à moins de 10Y

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voilà bien ce que j’aime en Chine : les gens se laissent vivre de façon fort simple.

Le lendemain, sous un ciel bleu et un soleil écrasant, nous nous sommes tous dirigés sur les bords du Yangtzé, histoire de voir un peu la Bête! Il faut convenir que c’est assez impressionnant, ne serait-ce qu’en apercevant la taille des bateaux qui naviguent dessus ; on se demande comment la coque ne touche pas le fond. Le spectacle reste époustouflant!

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On profite également du beau temps pour visiter une petite pagode adossée au fleuve (à ne pas confondre avec le Temple de 能仁, sur le bord du lac du centre ville). Là aussi, ne serait ce que pour la vue sur le fleuve (surtout par beau temps), cela vaut le coups d’y laisser 20Y de ticket d’entrée (demi-tarif…pour les natifs!).

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Belle surprise que cette visite de la ville, même si j’ai tout de même peine à croire qu’il y’a 4,5 millions d’habitants selon le dernier recensement. Je suppute des quartiers neufs placés un peu partout autour de la ville. Le plus étonnant c’est que j’ai réussi à trouver un café qui venait juste d’ouvrir ses portes, tenu par un Chinois qui avait étudié 5 ans le français en France. Le plaisir de déguster un bon verre de rouge en terrasse, en plein 九江, ça n’a pas de prix (si en fait : 50Y la demi-bouteille)!

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Découvrir la Chine par le voyage en train

Vivre en Chine c’est un peu la re-découvrir chaque jour! Vivre « la » Chine, c’est se remettre en cause en permanence : accepter l’inconnu, appréhender le différent et surtout comprendre. Au quotidien, c’est un exercice permanent mais certains évènements permettent aussi d’avoir un éclairage un peu différents que les expériences du quotidien (voire les tracas).

Voyager en train, c’est être au plus près des chinois. Derrière ce poncif (fort lourd je vous l’accorde mais bien réel), se cache une forme de réalité quotidienne des Chinois. Le transport ferroviaire est LE transport chinois par excellence tant son réseau est particulièrement développé et son accès abordable, d’un point de vu tarifaire. Même si l’avion prend un place de plus en plus conséquente, le train garde la préférence de la population et ce pour plusieurs raisons :

  • Le prix : très variable en fonctions des classes (cela va du ticket « debout » au confort de la cabine VIP 2 places avec WC privatifs), il en reste pas moins particulièrement compétitif. Par exemple : 西安 ->上海 (Xi’an jusqu’à Shanghai) 180Y en place assise soit 20€ pour 14h de train et 1 600 km.
  • Les bagages : les Chinois ont pour habitude de transporter beaucoup de choses quand ils voyagent : souvent des denrées alimentaires, des boites de gâteaux en tout genre, de la farine, des jerrican d’huile de cuisine etc…! J’ai toujours été extrêmement impressionné par cette capacité (et cette volonté) de transporter « un peu » tout et n’importe quoi. De vraies mules à 2 pattes! Le contrôle du poids n’étant pas (encore) de mise dans les trains, ils ne se privent donc pas contrairement au transport aérien.
  • La convivialité : et c’est sur ce point que j’appuierai tout particulièrement. Même si les chinois ont tendance à accepter d’endurer les pires conditions de transport, ils n’en restent pas moins très attachés à une forme de « mode de vie » très interactive: on regarde ce que lit le voisin, on regarde la rangée d’à côté qui joue au carte, on se lève pour fumer ou remplir son bol de nouilles instantanées, fraichement acheté au vendeur ambulant etc… Choses quasi impossible dans un avion où tout semble plus oui moins aseptisé.

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Ayant prévu de prendre 4 jours de vacances pour visiter la région du 江西 (Jiang Xi), et notamment la ville de 九江 (Jiu Jiang), j’ai donc naturellement choisi le train pour m’y rendre (en fait c’était pas non plus possible en avion). Les finances jouant un rôle, le choix économique s’est vite opéré : 124Y pour 18h30 de train (1 100km) en place assise « dure ». Le choix « roots » par excellence, mais surtout, le choix de la majeure partie des chinois qui prennent le train. Je ne pouvais rêver meilleure immersion! Mais avant d’embarquer et n’étant pas la première fois que je prends le train en Chine dans ces conditions, voici mes conseils :

  • Faîtes vos courses avant d’arriver à la gare : nouilles instantanées, saucisses « knacki », oeufs dures sous vides, tofu en brochettes conservées sous vides, petits gâteaux, bonbons, quelques fruits et des rafraichissements. Cela vous reviendra nettement moins cher que d’acheter cela à un vendeur ambulant (salarié de la compagnie ferroviaire chinoise) à même le train. Vous semblerez ainsi parer à toutes éventualité car le meilleur moyen de passer le temps dans le train, c’est encore de grignoter et de manger en permanence. Et pour ça, les Chinois sont champion du monde. => Le conseil en plus : si vous voulez vraiment la jouer à la chinoise, munissez vous de graines de tournesols et autre pépins de pastèques grillés et partagez votre grignotage avec vos voisins, effet garanti!
  • Munissez vous d’un jeu de cartes : bon moyen pour briser un peu la glace, à condition de savoir jouer à quelques jeux chinois type « le pouilleux » qui se joue à 4. Plutôt à destination des « jeunes » que des vieux briscards, mais qui sait…chaque fois que j’ai pris le train, la moitié de mes voisins étaient des étudiants. Dès que vous commencerez à jouer, je peux vous dire que tout le monde se retournera pour assister à la partie. En effet, doublés d’une grande curiosité, les chinois y verront un bon moyen de briser la monotonie du voyage.
  • Faites ce que vous avez à faire niveau gestion du transit, car les toilettes d’heures en heures, deviennent de moins en moins praticables. Le conseil en plus => si vous fumez, allez-y avec la clope au bec, c’est permis (sauf dans les TGV) et chaudement recommandé ne serait-ce que pour l’odeur.

Dès les premières heures, en compagnie de 刘帅 et de mon collègue Tchèque 施文, on a fait la connaissance de 2 étudiantes chinoises originaires de la ville où l’on se rendait. On partage donc un peu nos victuailles, on discute un peu (surtout 刘帅) puis on commence une partie de carte. Succès garanti, tout le monde vient nous regarder jouer.

Y'avait un peu de rotation au niveau des joueurs ^^

Y’avait un peu de rotation au niveau des joueurs ^^

Le grignotage est permanent et continuera jusqu’au bout de la nuit (comme la chanson), faute de trouver une position confortable pour s’assoupir. C’est encore ce qui reste de mieux à faire pour tuer le temps.

刘帅 en pleine distribution de gateaux. Vous noterez en arrière plan les différentes façons de dormir dans un train chinois

刘帅 en pleine distribution de gâteaux.
Vous noterez en arrière plan les différentes façons de dormir dans un train chinois

Pour ce qui est de dormir, en additionnant mes temps de somnolence, j’ai du arriver à cumuler 3h de sommeil (très partiellement réparateur). Certains ayant de simple billet « debout », se réfugient dans l’inter-wagon fumeur pour se reposer comme ils peuvent.

Scène classique de la vie nocturne d'un train en Chine

Scène classique de la vie nocturne d’un train en Chine

L’aube finit par pointer ses rayons et l’animation reprend progressivement l’ensemble des wagons. Le défilée des vendeurs ambulants fait de même : ici des produits « secs », là des plats préparés à base de riz avec légumes, tofu ou autres, le menu coutant de 10Y à 20Y, ici aussi le vendeur de fruits et légumes, celui de magazines,cartes routières et cartes à jouer. Ceci sont incontournables. Mais on trouve également des vendeurs un peu plus originaux : le vendeur de batteries préchargées pour téléphone mobile et autres MP3 (les chinois sont littéralement scotchés à leurs téléphones en permanence), le vendeur de ceinture (si si) et ….le vendeur de chaussettes!! (là je comprends pas, mais il a du succès). La Chine comme je l’aime, mine de rien, ben ça brise la aussi un peu la monotonie.

刘帅 préférant utiliser son ordinateur portable pour recharger ses 2 téléphones, il va avoir droit à une admiratrice un poil agaçante (quoique tout mignonne). Mais tout comme moi, il supporte moyennement la compagnie des 儿童 ( Er Tong – enfants de 4 à 14 ans).

"Moi aussi j'veux jouer"!

« Moi aussi j’veux jouer »!

"Et toc!"

« Et toc! »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous voyons enfin le bout du voyage avec plus de 40 minutes de retard puisque on avait choisi le train le plus lent ( le 1218) parmi les 3 seules lignes qui reliaient 九江…le plus rapide mettant 16h30…. . Heureusement, y’avait la clim, car il fait sacrément chaud et l’humidité est de moins en moins supportable à mesure que l’on s’enfonce dans le Sud de la Chine.

Ainsi arrivés à 九江, nous allons pouvoir nous reposer : partis la veille à 17h20, nous sommes donc arrivés le lendemain matin à 11h40. Le temps de dire au revoir à nos compagnons de route (à qui j’ai offert mon bracelet bouddhiste, suite à une demande particulièrement appuyée de l’une d’elle), il reste encore 1,5km de marche pour rejoindre l’hôtel en traversant le lac, mais ça, c’est une autre histoire.

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