« Vis ma vie » pendant la Golden Week en Chine (Part II) : 南京

Après ce court épisode sur 上海 (Shanghai), direction la ville de 南京 (Nanjing, également appelé en français « Nankin »). Ville préfecture de la province limitrophe du 江苏 (Jiangsu), 南京 (Nanjing) n’est qu’à 1h30-2h en train rapide. Comparable à 西安 (Xi’an), administrativement parlant, cette ville jouit toutefois d’une plus grande croissance en raison de sa proximité avec la côte et 上海 (Shanghai). Le climat y est aussi plus « agréable » pourvu que l’on apprécie l’atmosphère plus humide car en été, c’est une fournaise comparable à 西安 (Xi’an). Elle borde le fleuve du Yangtzé (长江), et est pourvue d’un lac intérieur. Son apparence se veut résolument plus moderne que Xi’an, même si quand on s’enfonce un peu dans les ruelles ou dans les nouveaux quartiers dit « modernes » (entendre par là : zones tertiaires, zone des industries de pointe…), on pourrait presque se croire dans le 陕西 (Shaanxi). Une des grandes différences avec la ville où j’habite est la propreté : non pas en raison du fait que les chinois de 南京 (Nanjing) sont plus « propres » que ceux de 西安 (Xi’an), mais plutôt par l’absence d’une poussière permanente qui semble s’abattre continuellement sur la ville. Et je dois dire, ça rend l’air beaucoup plus respirable (du moins en apparence).

Allez, en voiture pour 南京 :

Bienvenue à 南京

Bienvenue à 南京

Une fois arrivés et placés, l’hôtel nous informe que la réservation (négociée à l’arrachée la veille)…est annulée! Je vous laisse imaginer la situation en pleine période de vacances nationales : un peu la même situation en plein pont du 15 août sur la Côte d’Azur!

On se démerde finalement pour trouver un hôtel par la simple utilisation de nos Iphone et de la connexion 3G (plutôt bonne dans la ville), et nous voici arrivés à 30min de la gare, en périphérie Nord, plein quartier des affaires ; autant dire « morbide« , sans commerces aux alentours. Ça commence bien! A tout hasard on garde le numéro de téléphone du taxi afin de pouvoir lui demander de venir nous chercher chaque matin pour rejoindre le centre ville.

  • Le Temple de Confucius (南京夫子庙)

Le temps de se reposer et zou, direction…le centre ville dans la demi-heure qui suit! La 1er étape sera la visite du temple de Confucius (南京夫子庙 – Nanjing Fuzi Miao) Tarif : 30Y plein tarif et 15Y sur présentation de la carte étudiante (en Chine). Le ministère du tourisme chinois classe ce lieu avec la note AAAAA (au dessus, c’est classement UNESCO)

Entrée en matière...classique

Entrée en matière…classique

Entrée du temple

Entrée du temple

Hormis le fait qu’il s’agisse d’un énième temple dédié à Confucius (qui a dit « blasé! » ?? Groumph!!), je vous passerai les commentaires de la visite du dit temple avec ses petites cours, des immenses statues et autres autels. Finalement le plus agréable était la succession de petits cours d’eau tout autour, surmontés de ponts typiques de l’architecture chinoise.

J'adore ces petits moments de "quiétude" (alors qu'il y'a 10000 chinois en train de me pousser

J’adore ces petits moments de « quiétude » (alors qu’il y’a 10000 chinois en train de me pousser

Le temple est hélas gâché par les alentours qui sont de véritables allées marchandes. Certaines vendent des produits soit-disant du terroir (alors que j’ai trouvé plein de produits typiques du 山东 – Shandong), d’autres des goodies relatifs aux Jeux Olympiques de la Jeunesse en 2014 à 南京. D’autres encore ne se font pas suer : des souvenirs de toute la Chine et spécialement issus des minorités ethniques. Saupoudrez le tout des classiques échoppes de nourriture, snack et autres Mac Donald, KFC et Starbuck Coffee et vous aurez la définition exacte de tout bon site touristique chinois qui se respecte.

  • Le lac Xuanwu (玄武湖)

Une fois le tour terminé, nous nous dirigeons tranquillement vers le lac intérieur (玄武湖 – XuanWu) de 南京 (Nanjing). Pour nous y rendre, nous empruntons le métro pourvu de 2 lignes, desservant assez bien la ville. Descente à la station 菇楼 (Gu Lou) sur la ligne1.

Entrée du Lac Xuanwu (玄武湖)

Entrée du Lac Xuanwu (玄武湖)

Là aussi un lac assez classique dans une configuration que l’on retrouve dans de nombreuses villes : bassin quasiment séparé en 2 par un très grand ponts stylisé, prompt à la ballade champêtre. Celui de 杭州 (Hang Zhou) reste toutefois le plus joli et le plus agréable. Le site est classé AAAA et l’entrée est gratuite. Reste la possibilité de prendre une petite embarcation en binôme ou en groupe, à voiles pédales ou à vapeur moteur.

Nous avons opté pour le binôme à moteur pour la modique somme de 40Y/1 heure et 100Y de caution.

Nous ne serons pas les seuls à voguer

Nous ne serons pas les seuls à voguer

La journée n’aura pas été de tout repos mais nous l’aurons bien exploité. Le diner s’est fait dans un restaurant occidental, au 30e étage d’une grande tour du centre ville. Au menu : salade niçoise (noyée dans la mayonnaise + sauce américaine), entrecôte purée (délicieuse mais purée froide) et enfin, tiramisu glacé (bourk!). Eh oui, entouré de tant de chinois à la fois, j’ai craqué en me réfugiant dans la nourriture occidentale…et j’en n’ai pas honte! A bientôt pour la suite : la visite de la Montagne pourpre et le mausolée de Sun Ya Tsen.

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Bienvenu dans le Jiangxi (江西) : la montagne Lu Shan (庐山)

S’il est vrai que je prends beaucoup de plaisir à visiter des coins de la Chine où la présence de touristes (aussi bien étrangers que chinois) est faible, je garde toujours dans un coin de ma tête la possibilité de visiter un site classé patrimoine de l’UNESCO (tant qu’à faire)! La Chine en dispose pas moins de 43 selon le dernier classement de l’UNESCO. Suivant mon raisonnement, je savais donc qu’en arrivant dans la ville de 九江, nous ne serions pas loin du site de 庐山 (Lu Shan, prononcez « Lou Shanne »).

Traduit en français, il s’agit de la « montagne Lu ». Mais comme très souvent en Chine, les Chinois ont tendance à appeler « montagne » ce qui s’avère être en réalité un parc forestier national et c’est bien le cas de 庐山. La visite de ce parc est donc au programme pour notre 3e jour dans le 江西 (Jiangxi).

Levée aux aurores pour prendre le bus à la gare routière, qui se trouve juste derrière la gare ferroviaire. Ticket : 15Y pour 40 minutes de trajets. ATTENTION : il existe une station de train qui s’appelle 庐山站 (Lu Shan Zhan), juste à côté de la ville de 九江. Le billet coute 5,5Y et le trajet 11 minutes mais il s’agit de la ville du même nom et qui est toute aussi éloignée du parc forestier que la ville de 九江. Si vous suivez cet itinéraire, vous devrez de toute façon reprendre un bus pour vous mener sur le parc de 庐山.

Les tarifs à l’entrée du site sont les suivants :

Une fois acquitté du prix, on remonte en bus pour nous amener véritablement à l’entrée du parc qui va s’avérer GI-GAN-TESQUE! Après 5 minutes, le chauffeur arrête le véhicule, et propose à ceux qui le souhaitent de descendre pour louer les services d’un taxi dont le tarif est fixé forfaitairement. On décide de tenter le coups, vu l’étendu du domaine. Mais ça sent la « traditionnelle » magouille à la chinoise: le conducteur est certainement de mèche avec la rabateuse qui nous attend à la sortie du car, qui elle même négociera pour le taxi qui attend à 10 mètres de nous (vous suivez ?). Sans être fondamentalement de l’arnaque, c’est un peu moyen mais bon, dès fois faut jouer le jeu. Et contre mauvaise fortune, bon coeur : on a un véritable chauffeur privé qui nous indique les points les plus importants à visiter en 1 journée. Chaque fois que nous terminons une visite, on lui passe un coups de fil (en fait, c’est mon compagnon de route 刘帅 qui s’en chargeait, faut pas déconner), et hop il venait nous chercher. Le tout pour 130Y la journée. Chère mais pratique!

Le lac principal

Le lac principal

Pour la petite histoire, il paraît que Mao s’y baignait très fréquemment, ce qui donne à cette étendue un caractère quasi « mythique » (ou pas!). En contre-bas de ce lac, on accède une petite forêt qui donne sur de petites cascades splendides!

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Le bassin du Dragon Jaune

Le bassin du Dragon Jaune

Là aussi, pour la petite histoire, il ne faut pas s’y laver les mains car cela porte malheur. Ne me demandez pas pourquoi, j’ai pas vraiment compris la raison. Le peuple chinois, derrière son tempérament très pragmatique et « terre à terre » nourrit un lot de superstitions assez impressionnant! Mais dirigeons nous vers les hauteurs maintenant.

Après une petite session de conduite, nous entamons la montée (bitumée) de 含鄱口 (Han Po Kou), là aussi bordé de forêts. Et les premiers paysages des montagnes environnantes nous apparaissent enfin.

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含鄱口

含鄱口

Le temps d’une petite pause déjeuner avant de commencer à redescendre tranquillement, toujours en traversant une forêt très peu fréquentée. Arrivé en bas, avant d’amorcer une grosse montée (bien que toujours bitumée), on décide d’aller se tremper les pieux (comme des gueux) dans le cours d’eau bordant la route! Particulièrement rafraichissant vu que l’on a évolué toute la journée sous le cagnare (33°C à l’ombre…y’avait pas d’ombre!).

Là, on ne cherche plus de poissons!

Là, on ne cherche plus de poissons!

Entamons maintenant l’ascension pour accéder à l’entrée de 五老峰 (Wu Lao Feng – « les 5 vieux sommets »). Nous croisons par la même occasion l’accès à de grandes chûtes d’eau, hélas payant (25Y par personne). Peu cher à première vue, mais le site de 庐山 a la désagréable particularité de faire payer, en sus du billet d’entrée global, un certain nombre d’accès à des sommets ou points de vue remarquables. Selon certains dires, si l’on s’acquitte de tout, on frôle une addition de 600Y, soit plus de 70€. Donc, non merci.

Nous arrivons enfin à l’entrée des 5 sommets en question.

La montée avec escaliers va s'annoncer terrible!

La montée avec escaliers va s’annoncer terrible!

Entre l’entrée et le dernier sommet, il y’a presque 6km de distance sachant qu’entre le 4e et le 5e c’est presque 1,5km d’écart. Le plus dure sera d’atteindre le 1er sommet, ensuite les suivants sont assez proches. Mais à chaque fois la vue s’embellit, donnant directement sur le plus grand lac d’eau douce de Chine, le 鄱阳湖 (Po Yang Hu).

Vue depuis le 1er sommet

Vue depuis le 1er sommet

Vue du 3e sommet

Vue depuis le 3e sommet

 

 

 

 

 

 

 

 

Vue depuis le 4e sommet

Vue depuis le 4e sommet

C’est tout de même époustouflant! N’ayant pas le temps d’atteindre le 5e sommet, nous descendons en toute hâte pour rejoindre notre chauffeur quelques kilomètres plus bas. Ayant fait exprès de rater notre bus touristique, dont le départ était pour 16h30, le taxi nous a donc déposé devant de petites camionnettes, stationnées à l’entrée du site de 庐山, qui faisaient la liaisons jusqu’à 九江, pour 20Y par personnes.

Cela confirme ce que me disait le tenancier du café « stylisé » à la française que j’ai rencontré en centre ville de 九江 : il faut au moins 3 jours pour visiter tous les sites de 庐山. Il n’avait pas tort le bougre, mes jambes en sont témoin. Mais c’est sur, j’y reviendrais.

Bienvenu dans le Jiangxi (江西) : la ville de Jiujiang (九江)

Voici la raison pour laquelle j’ai aussi expérimenté une petite traversée du territoire chinois en train : découvrir la ville de 九江 (à l’occasion) des célébrations de 端午节 (Duan Wu Jie – « Fêtes des bateaux dragons »). Bénéficiant de 3 jours de congés (dont 2 jours avaient été rattrapés le week end précédent), moi, 刘帅 et mon camarade Tchèque 施文, nous nous sommes embarqués dans un voyage de 18h30 de train pour rejoindre une région assez méconnue et plutôt pauvre qu’est le 江西. Pourquoi cette région ? Honnêtement, je l’ai choisi un peu au pif, du moment que nous étions proche d’un point d’eau. Le fait aussi que ce soit une région relativement peu touristique m’a également séduit. Je dois vous avouer que je n’ai pas été déçu le moins du monde, j’ai même été particulièrement conquis par la quiétude et la beauté de la ville de 九江 (Jiu Jiang).

Bon, 1er étape : sortir de la gare et rejoindre à pied notre hôtel, au bord du lac 🙂

La gare de 九江...admirez l'architecture

La gare de 九江…admirez l’architecture

Nous bordons un lac assez étendu mais qui crée immédiatement une atmosphère très paisible et très verte par la multitude de platanes (appelés en chinois les « arbres français ») source d’ombre, plus que bienvenue. Tout au long des rives du lac, on croise de nombreux pêcheurs à la ligne ainsi que des « pêcheurs » de coquillages et autres crustacée. 刘帅 n’a alors pu s’empecher de faire comme eux et de s’approcher du bord pour saisir, sans rien d’autre que ses mains, une écrevisse! Bluffant!

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"T'as le bonjour du Capt'ain Crabs!" (presque)

« T’as le bonjour du Capt’ain Crabs! » (presque)

Une fois reposé, mon camarade Tchèque et moi-même entreprenons un petit tour de la ville de 九江 qui ne se distingue pas énormément des autres villes chinoises à vrai dire. Mais elle jouit tout de même d’une situation géographique assez prompte à la rendre singulière : au Nord, le fleuve Yangtze (长江 – Chang Jiang), au Sud le lac Gantang. La population est aussi moins nombreuse et moins « dynamique » que celle des grandes villes chinoises. Si bien que dans certains quartiers, on peur réellement se « balader » s’en être bousculé en permanence. On peut flâner quoi! J’ai même aperçu des configurations de ruelles faisant typiquement penser à nos passages commerçants.

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A la balade s’ajoute l’observation des scènes de vie quotidienne chinoises par excellence :

Calligraphie à même le sol et à l'eau

Calligraphie à même le sol et à l’eau

Le coiffeur de rue - Coupe à moins de 10Y

Coiffeur de rue – Coupe à moins de 10Y

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voilà bien ce que j’aime en Chine : les gens se laissent vivre de façon fort simple.

Le lendemain, sous un ciel bleu et un soleil écrasant, nous nous sommes tous dirigés sur les bords du Yangtzé, histoire de voir un peu la Bête! Il faut convenir que c’est assez impressionnant, ne serait-ce qu’en apercevant la taille des bateaux qui naviguent dessus ; on se demande comment la coque ne touche pas le fond. Le spectacle reste époustouflant!

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On profite également du beau temps pour visiter une petite pagode adossée au fleuve (à ne pas confondre avec le Temple de 能仁, sur le bord du lac du centre ville). Là aussi, ne serait ce que pour la vue sur le fleuve (surtout par beau temps), cela vaut le coups d’y laisser 20Y de ticket d’entrée (demi-tarif…pour les natifs!).

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Belle surprise que cette visite de la ville, même si j’ai tout de même peine à croire qu’il y’a 4,5 millions d’habitants selon le dernier recensement. Je suppute des quartiers neufs placés un peu partout autour de la ville. Le plus étonnant c’est que j’ai réussi à trouver un café qui venait juste d’ouvrir ses portes, tenu par un Chinois qui avait étudié 5 ans le français en France. Le plaisir de déguster un bon verre de rouge en terrasse, en plein 九江, ça n’a pas de prix (si en fait : 50Y la demi-bouteille)!

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