Le nouvel an chinois vu de l’intérieur II : la ville de十堰 (Shiyan – 湖北)

Après un départ depuis Xi’an, moins mouvementé que je ne le pensais, je suis donc arrivé le 24 janvier 2014 dans la ville de 十堰 (dans la région du 湖北 – Hubei). Accueilli le soir même par la famille de mon ami 盼盼 (Panpan), beuverie et grande ripaille étaient au rendez-vous.

Le lendemain, histoire de connaitre un peu les recoins de la ville de 十堰 (Shiyan), direction le musée qui lui est dédié. Entrée gratuite sur présentation d’une pièce d’identité.

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Peu de visiteurs et contenu assez basique puisque l’on remonte l’histoire jusqu’à la préhistoire avec reconstitution de dinosaures et autres homo-erectus. Plus intéressant, la présence d’objets de la vie quotidienne notamment de la dynastie 清 (Qing). On apprend également l’importance des lacs d’eau douce dans la région du 湖北 dont les ressources sont directement transportées jusqu’à Pékin à l’aide de pipeline. L’entreprise 东风 ( Dong Feng – entreprise notamment associée à PSA et Citroën) est particulièrement importante car étant une entreprise originaire de la région et grande pourvoyeuse d’emplois.

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Après cette courte visite matinale, c’est déjà l’heure de manger (11h30…..no comment…), et nous nous rendons au pas de course chez les parents de mon ami pour manger. Un peu comme le diner de la veille, on n’est pas déçu par la pitance, dont l’abondance tranche résolument avec la modestie de l’habitat. Mais qu’importe, je n’en n’ai cure et remercie chaque jour ces gens pour leur gentillesse et leur générosité à mon égard, mille fois au dessus de quelconques préoccupations matérielles.

Service de l'alcool de canne à sucre, directement au jerrican!

Service de l’alcool de canne à sucre, directement au jerrican!

Une collation en toute simplicité, composée d’une soupe de lard et des petits poissons frits en plus de l’ordinaire 土豆丝 (Tu Dou Si – filaments de pomme de terre sautés) et des brocolis sauce soja. La fin du repas (généralement) se termine soit par un bol de riz ou un bol de nouille afin d’y ajouter les restants des assiettes, accommodant ainsi la fin du repas…pfiouu!

Repos de court instant, direction une petite gare routière afin de nous rendre dans une  banlieue de la ville. Là se trouve un petit « temple » ou plutôt un jardinet en hauteur mais bien à l’abri du tourment urbain. Entrée également libre, nous grimpons les quelques escaliers pour admirer les jardins avoisinants et hauteurs de cette banlieue.

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Visite également très rapide car hormis les quelques arbres en fleurs (magnifiques de surcroit), il n’y pas grand chose à contempler. Nous nous dirigeons à nouveau vers la gare routière pour rentrer en centre ville (6Y le ticket) et j’aperçois ce qui fait de la Chine une terrible terre de contraste, à mi chemin entre cet urbanisme déshumanisé et son passé agraire, paysan entre très présent. Cette dernière image sera bien celle qui résumera le mieux ma journée du 25 janvier 2014 dans les faubourgs de 十堰 (Shiyan). Étonnant mais pas misérable pour autant, car les chinois ont toujours cette dignité à fleur de peau qui font qu’ils ne se sentent jamais misérables face à une précarité parfois extrême. Pour exemple, les parents de mon ami 盼盼 (Panpan) possèdent et vivent dans un immeuble de 3 étages qui serait considéré comme particulièrement insalubre en Europe (fils électriques en bataille, isolation inexistante, WC « roots » en extérieur, béton craquelé et cuisine peu aérée etc). Et pourtant, ces personnes ne se sentent en rien « défavorisée » ni comme habitant un habitat particulièrement précaire ; un manque de confort évident tout au plus.Du moins, c’est l’impression que j’en ai eu, toujours confronté à cet esprit qui semble animer tous les chinois : VIVRE . (活着 – Huo Zhe).

Époustouflant à mes yeux.

Époustouflant à mes yeux.

Les aventures sont loin d’être terminées ; prochain rendez vous, dans le village natal des parents de mon ami :).

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Comment…survivre en Chine en vous procurant des produits importés ?

S’il y’a bien un point qui devrait emporter l’adhésion de tous, c’est bien la nourriture. Non, je ne fais pas une fixette, mais malgré le grand amour que je porte  pour la gastronomie chinois, le corps (et l’esprit) apprécient de revenir un peu aux fondamentaux. Alors oui, un repas chinois réussi s’agrémente tantôt de 米饭 (Mi Fan – du riz à la vapeur), de 馒头  (Man Tou – Pain cuit à la vapeur), de 粥 (Zhou – Gruau de riz) ou bien de 饼子 (Bing Zi – crêpe épaisse et frite), le tout accompagnant une ribambelle de plats de légumes et de viandes sautées et/ou en sauces. Arrosez le tout de sauce soja = UN DINER PRESQUE PARFAIT!

馒头, le Man To (prononcez : Mane To)

馒头, le Man To (prononcez : Mane To)

粥, le Zhou (prononcez : Djo)

粥, le Zhou (prononcez : Djo)

饼子, le Bing Zi (prononcez : Bïng)

饼子, le Bing Zi (prononcez : Bïng)

Et quand le corps et l’esprit réclament les quelques rares habitudes alimentaires qui font défaut au pays de l’Empire du Milieu (hormis le fromage), comment se procurer ces fameuses denrées « européennes » ? Suivi le guide =>

  • Le supermarché du coin

Etant donné qu’il s’agit d’un des endroits que l’on est amené à fréquenter le plus (encore que, je lui préfère 100 fois le marché du coin), on se dit que l’on peut trouver quelques denrées « so european » (je n’ai même pas l’ambition de trouver du Made in France). Et je n’ai pas tort en fait. Il existe souvent des coins « Imports » dans ces supermarchés. Toutefois, quand bien même ces supermarchés seraient d’origine étrangère, comme Vanguard (Hong Kong, encore que c’est la Chine) ou bien Wall-Mart (Etats Unis), les produits importés sont avant tout adaptés à la population chinoise. Traduction : des boissons bizarres de Corée du Sud ; des biscuits ultra-sec du Royaume Uni ; du chocolat douteux d’Amerique du Sud ou encore des bonbons japonais…bref…j’en passe. Ajoutez à cela des prix assez exorbitants, et vous vous retrouvez assez rapidement à nouveau à la case départ.

KitKat

  • Les supermarchés « branchés » à vocation internationale  (Epin Life)

Ce genre de supermarchés sur plusieurs étages se distinguent un peu des autres par leur apparence moins « foires aux empoignes » , plus « city » dans la veine d’un Monoprix plutôt que d’un hyper Auchan ou Carrefour. Le cadre est donc évidemment plus élégant et incite plus à flaner à la recherche des quelques denrées européennes. On peut effectivement un coin réfrigéré avec (ô miracle) du fromage mais la désillusion est rapide : du camembert allemand dans une boite de conserve sous aluminium, du Philadephia (un ersatz de fromage « made in USA »), et du fromage type Kiri de la marque Président (Cocori…couac!). Pas de quoi sauter au plafond là encore. Pour ce qui est de l’épicerie, pas de bouleversement par rapport aux autres supermarchés! Là encore les prix sont élevés pour un rapport qualité/goût bien peux satisfaisant à mes yeux. Question d’image du magasin « branché » : si c’est cher, c’est bon. Oui mais non.

Pour Xi’an, voici la description faîte du magasin : « Epin life is an integrated supermarket under the supervision of Century Ginwa. You can find many imported commodities in it, including household items, nourishing health care products, tobacco, specialty foods, fresh cooked food, import food, care products, floral, hairdressing, small home appliances, 3C digital products, etc. » (http://www.travelchinaguide.com/cityguides/shaanxi/xian/supermarkets.htm)

Y’a pas mieux ? Mais si

  • Metro (麦德龙)

Distributeur d’origine allemande, spécialisé notamment dans la vente en gros auprès des professionnels (notamment en Europe, dont l’accès est strictement limité aux personnes disposant d’une carte d’entrepreneur, de profession libérale etc…). Toutefois cette chaine s’est diversifiée en proposant aussi de la vente au détail, toujours réservée aux professionnels.

La caverne d'Ali Baba ?

La caverne d’Ali Baba ?

Sauf qu’en Chine, si tu es étranger, tu n’as qu’à simplement montrer ton passeport, on te donne un joli (ou pas) papier, et zou, tu rentres! Pas besoin de prouver quelconques activités professionnelles ou de devenir membre de Metro! Très pratique donc! On sent quand même que l’on se rapproche d’un endroit qui va devenir incontournable pour les soirées « nostalgies » (pas la radio!). Ce magasin a l’avantage de proposer tout et n’importe quoi : on va du quart de boeuf réfrigéré, en passant par l’équipement de bureaux, en passant par l’électroménager, la nourriture ainsi que les voitures

- "Bonjour, je viens pour acheter une voiture BMW et 3 boites de petits pois Géant Vert"

– « Bonjour, je viens pour acheter une voiture BMW et 3 boites de petits pois Géant Vert »

 

Mais passons aux choses sérieuses, voulez vous ? Direction les spiritueux et autres bibines! Là aussi, on ne plaisante pas : beaucoup de vins de France mais pas que ; des vins d’Italie, d’Espagne, du Champagne (sous cave réfrigérée) etc… . Et pas de la Villageoise en bouteille plastique SVP :

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Ce qui nous fait la bouteille de Mouton Cadet à 18€ et celle de Pernod était à 15€. Effectivement c’est assez cher, surtout eu égard au niveau de vie du pékin de base (j’ai pas pu m’en empêcher). Mais dites vous que ceux qui y viennent faire leurs courses (même quotidiennes), ont plus que les moyens. C’est aussi une façon pour les Chinois qui ont réussi de « se montrer », de prouver qu’ils ont accédé à la strate sociale supérieure, celle qui taquine allègrement les « Expatriés ».

On trouve également du camembert et du brie type Président à 55€ la boite (soit presque 7€ la boite), un coin boulangerie…. Mais la encore, Xi’an n’étant considérée que comme une ville secondaire, les rayons de Métro n’ont pas le faste de ceux que l’on peu trouver à Shanghai où certains expatriés ne jurent que par cette enseigne. En se débrouillant bien, on peut toutefois se faire un petit repas 100% occidental mais là encore la note est salée. Pour exemple, je me suis contenté d’acheté une bouteille d’huile d’olive espagnole, des gros cornichons allemands et 3 petites boites de thon, également espagnole, le tout pour 97Y soit 12€.

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Ca fait un peu maigrelet mais associés à des tomates coupées en morceaux, du concombre frais et des oignons rouges…on sent l’été qui arrive, sous le signe de la Méditerranée :).

A mes yeux, c’est donc l’enseigne Metro qui permet le mieux de s’en sortir niveau denrées « européennes ». Ensuite, pour ce qui est des fruits et légumes vous trouverez peu ou prou ce que vous voudrez au marché du coin.

Et comme diraient les autres :

PI-RATE!

PI-RATE!

Comment…je suis rentré de Shanghai en train

Suite et fin de mon périple à Shanghai…bon ça fait déjà 2 semaines à vrai dire. La période de révision pour les examens, qui se déroulent actuellement, ne m’a pas trop permis de mettre à jour rapidement le blog.

Les prix exorbitants de l’avion (minimum 500Y) m’ont convaincu de prendre le train pour le retour. Cela ne me déplait pas finalement, et ce n’est pas la première fois que je le prends, donc l’effet « aventure » est faible. Il faut savoir que le train en Chine ne brille pas par sa rapidité, hormis pour les lignes TGV spécifiques. D’ailleurs, il existe 4 types de train circulant sur le réseau ferroviaire chinois. Les trains sont identifiés par une lettre précédent son numéro :

  • Les trains « K » , abréviation de  快速  (Kuai Su => rapide) : le train le plus lent (sic) mais aussi le moins cher. C’est donc le train ROOTS!

En fait la Chine, c’est comme le train indien…mais à l’intérieur des wagons, pas à l’extérieur ^^

  • Le train T, abréviation de 特快 (Te Kuai => particulièrement rapide) : s’entend le train  » le plus rapide », hors ligne TGV….ne vous attendez pas à dépasser les 150km de pointe… »particulièrement rapide » qui disait

Tient, Depardieu pense comme moi ^^

  • Le train Z, abréviation de 直达 (Zhi Da => direct) : le train avec le moins d’arrêt. On reste toutefois loin de la vitesse de pointe tant espérée

Hoo le Raincy, l’ilôt des riches en terre (pelée) de Seine Saint Denis

  • Le train D, abréviation de 动车 (Dong Che =>voiture qui se meut) : que de poésie pour désigne un train qui peut atteindre à l’aise les 300km/h. C’est l’équivalent du TGV mais avec le plus grand réseau ferroviaire au monde : Beijing <-> Canton en 8 heures (2 300km).

Tout ça pour dire que j’ai eu le droit à un train « T » c’est à dire, le « plus » rapide. S’entend en chinois : 16 heures pour faire 1 600km….100km/h de moyenne, on a déjà vu plus rapide. L’avantage du train en Chine est qu’il part rarement en retard et est même susceptible d’arriver un peu en avance. Vu la durée du voyage, j’ai opté pour le train couchette.

Voici mon ticket

Voici mon ticket

Le ticket se décryptant comme suit :

上海 à 西安 ; Train numéro T 138

Départ : 27 décembre 2012 – Départ (开始) 15:56

Voiture (车) 6, compartiment n°18 (号), couchette inférieur (下铺)

– Nouvel air conditionné (新空调) et couchette « dure » (硬卧)

Tarif : 333Y (les couchettes inférieures étant les plus prisées, donc plus chères, car plus pratiques)

Let’s go pour la gare, sous une pluie battante! Les gares chinoises étant particulièrement grandes, des salles d’attente entièrement aménagées permettent d’attendre dans une ambiance « électrique  » . Avant cela, obligation de passer l’ensemble des bagages au rayon X et portique de sécurité…mais les contrôles sont plus formels qu’autre chose.

Dans les startings blocks

Dans les startings blocks

Hop! Hop! En Chine, fais comme les chinois donc j’applique : je pousse, je bouscule et je piétine les impudents qui m’empêcheraient d’atteindre au plus vite mon compartiment pour poser mes affaires dans le porte bagage le plus « safe ». A l’entrée de chaque wagon, on montre son ticket à une froide et moche charmante et souriante agent ferroviaire. En échange  de quoi, elle échange votre ticket comme une carte en plastique….pourquoi ? j’ai jamais compris pourquoi.

A vrai dire, un train en Chine c’est comme un train en France, notamment les trains couchettes. La différence majeure étant que les compartiments ne sont pas fermés.

Dans le ventre de la Bête!

Dans le ventre de la Bête!

Comment ça, "pas exotique" ?

Comment ça, « pas exotique » ?

Normalement, dans un train pareil, je suis censé être l’attraction pendant tout le voyage. Les questions les plus classiques y passent : d’où tu viens, est-ce que tu es marié (L.O.L…), depuis combien de temps tu apprends le chinois etc. Normalement, on m’invite à grignoter des graines de tournesols dont les « coquilles » jonchent le sol en guise de moquette. J’ai même un fois (Belgique Power) été invité à boire le débouche chiotte qu’ils osent appeller 白酒 (Alcool blanc). Ca c’est d’habitude….

Mais cette fois_ci, makache bolo ! Il ne s’est rien passé pendant 16 heures : même pas un bonjour dans les entres wagons (« salles fumeur »), lieu où j’échange cigarette sur cigarette en général. Personne ne se parlait. Bref, un voyage plutôt chiant. Au moins, ça aura été reposant à défaut d’être passionnant.

L’autre particularité du train en Chine, ce sont les vendeurs ambulants (acrédités par la société ferroviaire nationale) qui passent toutes les 20 minutes : l’un vend des magazines, des livres et des cartes, l’autre des fruits frais, encore un passe avec ces plats tout préparés. Le plus courant étant le vendeur « épicier ambulant » : boissons, cigarettes, nouilles instantanées, saucisses, gateaux. Le tout dans une chariote étroite pouvant passer entre la paroi et les couchettes.

A manggggeeeeeerrr!!

A manggggeeeeeerrr!!

Le mieux étant de faire comme les chinois avant de monter à bord : acheter tout plein à boire et à manger, et tout consommer pendant le voyage. Perso j’adore, et cela revient moins cher que d’acheter chez le vendeur ambulant. En plus, manger pour passer le temps, y’a pas mieux!

Bref, arrivé le lendemain matin à 8:30 à Xi’an, mon partenaire de langue 刘帅 était gentiment venu me chercher. A Xi’an, voici à quoi ressemble la gare l’été :

Directement sur les remparts :), magnifique!

Directement sur les remparts :), magnifique!

En tout cas, pas mécontent d’être rentré à la « maison »

Bye Bye Shanghai

Bye Bye Shanghai