Les cérémonies du 3 septembre vues de l’intérieur

Rien que le titre pourrait être sujet à diverses appréciations. En occident, on dirait « 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale », considérant (à torts) les célébrations chinoises du 3 septembre comme le pendant pan-asiatique de notre 8 mai 1945. D’un autre côté, la Chine célèbre en ce 3 septembre 2015 le  « 70e anniversaire de la victoire de la guerre de résistance du peuple chinois contre l’agression japonaise et de la Guerre mondiale contre le fascisme », rien que ça… . Cette date correspondant en 1945, à la capitulation officielle du Japon signée la veille sur un bateau de guerre Américain stationné dans la baie de Tokyo, le USS Missouri.

Le but de mon propos n’est point de remettre en question la véracité de ces faits, dont la portée historique a été surement très largement sous-estimée dans les contrées occidentales. Je dirais plutôt que j’ai été énormément étonné par la tournure prise par cette célébration en grandes pompes (et pompeuse tant qu’à faire), d’autant plus que cette commémoration se veut ponctuelle (70e année) et non récurrente.

L’ennemi sera japonais ou ne sera pas

Mon premier étonnement est venu de la présentation même de ce défilé militaire comme un symbole de paix dans le monde. Je schématise certes, mais ce sont clairement les mots employés : la Chine se laissera plus faire ni humiliée comme elle l’a pu être par les Japonais. Et malgré un défilé de plusieurs dizaines d’armes lourdes, voire de destruction massive durant la célébration, c’est bien la paix qui est à l’œuvre.

« Civis pacem, para bellum » comme dirait l’autre! Mais contre qui alors ? Les Japonais, pardi! Et je peux vous dire que là non plus, les médias n’ont pas fait dans la dentelle. Chants patriotiques sur une chaine de télévision sur deux, la partie récente étant consacrée aux classiques téléfilms et séries clairement anti-japonais. Là où en temps normal tu peux encore zapper, ben là t’es baisé puisque toutes les chaines diffusaient, soit le défilé, soit les chants patriotiques, soit les séries anti-Japon…soit les 3 à la suite! Même dans le métro, les écrans géants radiodiffusaient pareils programmes. Et la diplomatie chinoise faignant l’incompréhension face à l’annulation de la venue de Shinzo Abe (1er ministre japonais) aux célébrations… .

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Loin de moi l’idée d’amoindrir les meurtrissures chinoises, mais il est clair que cette commémoration avait de très forts relents vengeurs et que lorsqu’un de mes amis chinois me dit (très sérieusement, si si) : « Mais ça n’a rien à voir avec la vengeance, c’est une cérémonie pour ne pas oublier ce qui s’est passé et pour promouvoir la paix« …je me dis que le PCC a réussi dans l’Éducation là où d’autres régimes de ce genre ont raté à maintes reprises. A vrai dire, mis en perspective, cela ressemble un peu à cette atmosphère post armistice 1945, où l’ennemi à abattre était le méchant Allemand, le « bosch », comme « bouc à misères » à tous nos malheurs et catalyseur de l’union nationale…un nationalisme de fait mais qui tait son nom.

L’union nationale comme catharsis

Qualifier la politique menée par Xi Jin Ping comme du « néo-nationalisme » serait un crime de lèse majesté, même si dans les faits cela pourrait se traduire ainsi : un PCC fragilisé et en manque de légitimité rebondissant ainsi sur la fibre nationale, quitte à parfois déraper allègrement dans ce « fascisme » tant décrié. Il est fort à parier que le Kuomingtang n’aurait pas fait mieux.

Gage de cette unité nationale, tous mes contacts sur Wechat (croisement entre Facebook et Whatsapp) avaient troqué leur avatar contre un drapeau de la République Populaire de Chine, multipliant l’envoie de photos, de poèmes faisant l’éloge de la victoire chinoise contre les Japonais. (Désolé, j’ai oublié d’en faire des copies d’écran)

Aucun écart de conduite ni moindre critique ne sera tolérée, et je me suis d’ailleurs fait tancer pour avoir comparé le défilé à ceux de la Corée du Nord :  » Tu ne comprends pas la Chine »  » Tu n’as pas le droit de dire du mal de la Chine, ni aucun autre étranger, sinon tu t’en vas : seuls les Chinois ont ce droit » etc. J’ai préféré effacer mes commentaires, on se serait cru dans un passage mélodramatique de la série  » Le miel et les abeilles ».

Après tout je ne suis pas chez moi, mais c’est typiquement ce genre d’évènements qui vous font vous sentir bien seul dans l’immensité de la Chine. Comme si quelqu’un avait appuyé sur un bouton et que seuls les étrangers ne reçoivent pas l’information transmise par cet interrupteur. Soudainement, tout le monde est mu par une fibre patriotique improbable, là où j’ai déjà entendu plusieurs chinois de toutes classes sociales critiquer vertement le pouvoir en place…et pourtant, dans ce genre de moments, tout le monde est comme « projeté à l’avant de la Nation », certains de mes contacts n’hésitant pas à me dire qu’ils ont pleuré devant leur poste de télé.

Prendre du recul et analyser tout cela n’est vraiment pas simple car le risque de tomber dans l’anti-communisme chinois est fort et c’est loin d’être mon propos, sans pour autant être complaisant avec le pouvoir en place. Mais assister à cela en gardant les yeux bien ouverts, c’est aussi être témoin d’une espèce de schizophrénie généralisée : le revival des traditions ancestrales comme nouveau ciment de la cohésion sociale, mais aussi un esprit qui se veut « communiste » en verni tenace, cette laque rouge qui habille les plus belles boiseries chinoises depuis des centaines années, et qui a pris elle même une consonance politique depuis près de 70 ans. Je n’ai pas fini d’explorer ni d’aimer ce pays, ça au moins, j’en suis sur!

L’empire du Milieu ou la Société harmonieuse ?

«  La société harmonieuse est un objectif, mais à l’heure actuelle, elle ne l’est pas ». S’il est vrai que la lecture d’ouvrage de savants du monde entier n’est pas pour me déplaire, la sagesse populaire (ou du moins, sa parole) a au moins le mérite de la franchise et de la clarté. Car s’il n’est pas dans mes habitudes de philosopher en Chine, la parole de mon vendeur de tofu quotidien a su aiguiser ma curiosité sur le terme de « société harmonieuse ».

Depuis le passage en douceur du flambeau entre Hu Jin Tao (胡锦涛) et Xi Jin Ping (习近平) en 2013, ce dernier a su relancer une campagne de communication à travers le paradigme du « Rêve Chinois  – 中国梦». A l’appuie de ce rêve, on a vu fleurir un peu partout des affiches de « propagandes » (qui en chinois n’a pas le sens péjoratif comme nous le concevons en Europe) aux contenus étonnamment très…traditionnels.

« Une table de repas civilisée : pas de nourriture ni de plats qui restent »

« Une table de repas civilisée : pas de nourriture ni de plats qui restent »

Les mots s’ajoutant aux dessins, un slogan en particulier a attiré mon attention : « harmonie » (和谐), ou plutôt «  Une société socialiste harmonieuse ». Étonnant agencement des mots entre le concept de société socialiste et d’harmonie car cette idée d’harmonie était déjà abondamment développée par le philosophe Confucius (孔子) notamment dans ses Analectes (VI.28) : « La vertu d’humanité, c’est élever autrui comme on souhaiterait l’être soi-même ; c’est le faire parvenir là où on le voudrait soi-même. ». L’harmonie entre les hommes sera la clé de l’harmonie dans la société. Si les messages « socialistes » et « confucianistes » se rejoignent sur le fond, c’est surtout le recours même à la dialectique confucianiste qui détonne.

Le révolution culturelle ayant eu pour objet de mettre fins aux « Quatre vieilleries » (vieilles idées, vieille culture, vieilles coutumes et vieilles habitudes), l’immixtion de l’harmonie confucéenne au soutien du pouvoir en place m’interroge. Eu égard à l’éducation reçue, comment les chinois de la génération 80 intègrent-ils ce message ?

Un de mes éphémères élèves de français, devenu ami entre temps, me disait : « En fait c’est un sujet très important mais on le pratique mal. Selon Confucius, il faut avoir l’harmonie à l’intérieur et à l’extérieur, mais le gouvernement chinois ne fait que l’extérieur […] l’apparence. En d’autres mots, on ne fait que crier des slogans mais on ne [fait pas]de choses réalistes, importantes pour le peuple. Mais pour le peuple chinois, ce que l’on doit faire c’est des choses petites, réalistes, du quotidien. Par exemple, si on veut l’harmonie, il faut réduire l’écart entre les riches et les pauvres, c’est très important.» Le fait politique est donc inextricablement associé à cette notion, qui initialement relevait plus de la philosophie, de l’apprentissage. «  L’harmonie «和谐»  c’est chaque personne qui joue bien son rôle […] sinon cela mène à une société disharmonieuse » me soulignait un de ses camarades de classe, sous une métaphore cinématographique.

« La Chine harmonieuse »

« La Chine harmonieuse »

« Un mot crée pour rendre les documents officiels caractéristiques de l’époque » (sic) osera même un autre étudiant en langue française…et en français dans le texte, s’il vous plait.

Une autre m’expliquait enfin que l’harmonie est un idéal et que si le gouvernement chinois semble s’y atteler sur certains aspects (lutte contre la corruption)cela reste « un tonnerre qui gronde fort pour de petites gouttes de pluie ». Et pour illustrer son propos, et le « lointain chemin restant à parcourir vers une société harmonieuse », me rappeler ce reportage sur la pollution en Chine réalisé fin 2014 par une présentatrice en vue et qui malgré son succès sur les plateformes vidéo, a été brusquement retiré des réseaux.

Loin de moi l’idée de tirer un bilan général de la situation actuelle chinoise sur la base de ces quelques témoignages, je suis tenté de penser que cela reflète une impregnation toujours vivace des traditions chinoises et ce malgré une révolution culturelle très incisive. Ces traditions ne semblent pas prêtes de disparaître, quitte à leur donner un verni « de rêve ». Grattez le verni et vous y verrez une religion populaire toujours vivace quelqu’en soient ses applications modernes.

Alors, l’harmonie confucéenne et « la société socialiste harmonieuse », même combat ? Pas si sur, même s’il faut reconnaître que la communication gouvernementale a su savamment se réapproprier un concept pourtant ancré dans les « 4 vieilleries » et le réactualiser pour en faire un des slogans phare du PCC. Et même, n’est-ce pas une façon de rendre aussi un hommage (inconscient, sans doute) à la phrase de Deng Xiao Ping expliquant que «Peu importe qu’un chat soit blanc ou noir, s’il attrape la souris, c’est un bon chat » … N’est ce pas dans les meilleurs pots que l’on fait les meilleurs confitures après tout ?

« Dépolitisons la Chine ! »

Préambule ad lucem

Loin de moi l’idée de venir étaler le peu de confiture (ma science quoi!) sur une large tartine de pain rassi (le débat sur la Chine), j’ose publier une tribune. Une tribune volontairement dénuée de sources et de quelconques articles ou citations pour étayer mes dires. Car cette tribune, libre de quasiment toute référence, me permettra de donner corps à un coups de gueule concernant la Chine, ou plus exactement, sur l’image que les Européens (veulent?) se font de la Chine. Je ne supporte plus cette avalanche d’anathèmes dont la Chine est en permanence victime, que ce soit auprès des médias, des politiques (non engagés « aux responsabilités », c’est tellement plus courageux), ou les blogueurs en tout genre (dont je fais également parti à vrai dire). Je ne supporte plus cette nuée de crachats que l’on se complait à balancer sur la Chine sous prétexte de biaiser volontairement notre prisme d’analyse, j’ai nommé : le prisme des droits de l’Homme, et la question tibétaine.

Alors je vous rassure, je suis totalement ouvert au débat et la critiques de ceux et celles qui s’estiment fondés à nourrir (ou affamer) mon argumentaire. Je ne suis pas un sinologue comme on l’entend académiquement par chez nous (non, désolé je n’ai pas appris le chinois à l’INALCO, mais directement en Chine…ça m’a paru plus cohérent..). Je ne suis qu’un pauvre juriste de formation qui est tombé amoureux de la Chine il y’a 3 ans et qui a décidé d’y vivre aussi longtemps qu’il me sera donné, car oui, j’aime la Chine et je vais vous dire pourquoi (une nouvelle fois, mais avec des exemples plus mieux!)

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La Chine : un territoire uni ?

L’une des première pierre d’achoppement est surement la même pour les occidentaux comme pour la Chine : la maitrise de ses frontières. Où commence et se termine la Chine ? Ce qui est sur, c’est que derrière les positions très tranchées du pouvoir politique chinois se cachent éminemment une certaine fébrilité quand la notion de territoire uni, l’Empire du Milieu. De tout temps (une bien belle introduction pour évoquer un poncif…), le territoire de la Chine a bougé et s’est dilaté / rétracté au fil des guerres et alliances multiples. Je ne suis pas historien, je ne rentrerais donc pas dans le détail. Mais la réflexion sur le territoire appelle à un peu plus d’honnêteté intellectuelle mais surtout de rigueur. Des exemples ? C’est parti!

Taïwan ? Ben c’est Taïwan!

Ben oui, je suis con moi! Pourquoi s’interroger plus longuement : c’est une île, avec sa propre monnaie, son propre système démocratique [sic] …ha ben tiens, ça me rappelle le système d’ Hong Kong prôné par 邓小平 (Deng Xiao Ping) « Un pays, 2 systèmes ». Hong Kong qui appartient pleinement à la Chine depuis la rétrocession par le Royaume Uni en 1997.

Que n’ai-je pas dit! J’en vois déjà certains me tomber dessus à bras raccourcis (certains l’ont déjà fait sur Twitter d’ailleurs). « après 1949, la Chine s’est séparée en deux : PRC et ROC à TW. Les deux sont bien distincts et séparés ! » ou encore «  la RPC n’a jamais exercé sa souveraineté sur Taïwan depuis sa création en 1949. », fermez le ban! Voilà, l’argument tombe comme une massue et bien évidemment, malheur à qui serait tenté d’avancer le contraire…comme j’essaie candidement de le faire, juste histoire de nourrir un peu le débat en somme (nan parce que 2 pauvres phrases balancées en moins de 140 caractères pour justifier cet état de fait, je peux vous dire qu’il y’ a des historiens qui doivent se demander encore pourquoi ils font leur job…mais je m’égare).

Taïwan a une histoire complexe et je vous incite à vous cultiver sur cette question, c’est honnêtement très intéressant même si cela soulève des points de vue divergents selon le parti pris. Mais pour faire très simple (et en caricaturant à outrance, désolé) : Taïwan est devenu la terre de refuge du Général Chiang Kai Chek , suite à sa défaite contre le pouvoir communiste. Ne pouvant reconquérir son pouvoir qu’il estimait légitime, il a donc décidé de faire sa « propre Chine » sur l’île de Formose, avec son propre système dictatorial (si si) sous l’égide du Kuo Min Tan (longtemps allié au PCC). Le résumé est outrancier mais ne nous voilons pas la face, c’est le fil rouge de l’histoire de l’île! De là à dire que cela fait un pays indépendant ? Il n’y a qu’à voir la quasi absence de reconnaissance internationale pour s’en convaincre. On me répondra que la présence du mastodonte chinois empêche une telle reconnaissance. Et je réponds une nouvelle fois que si l’existence d’un État Taïwanais était si évident, si incontestable, cela ferait belle lurette que ce territoire serait unanimement reconnu. En attendant, on navigue toujours dans le statu quo même si récemment, le mouvement estudiantin dit « des tournesols » semble redonner vigueur à la frange nationaliste taïwanaise, sur fond d’accord de libre échange Sino-taïwanais concernant le secteur de la télécommunication. Soit dit en passant, leurs beaux slogans du style « Taïwan ne se vendra pas à la Chine » devrait faire plus échos au fait que l’entreprise taïwanaise Foxconn fait construire et assembler des téléphones mobiles sur la Chine continentale, en bafouant les règles les plus élémentaires des droits humains (de l’esclavage moderne en somme)…mais ça, ça semble moins choquer les étudiants « taïwanais »…allez comprendre pourquoi… . Quoiqu’il en soit, ce dilemme est loin d’être fini.

Les chinois ne réfléchissent même pas autrement que par le fait que Taïwan appartienne à la Chine, il n’y a pas de débat sur ce point. Et quand je parle des chinois, je parle de ceux que je rencontre tous les jours, jeunes et moins jeunes, et dont je ne remets absolument pas en doute l’honnêteté des propos. Loin d’avoir l’impression de parler sous la contraintes, c’est un sentiment réel d’appartenance qu’ils expriment. Imaginez qu’un chinois arrive en France et vous dise: «  Nan mais la Corse, c’est pas la France. », vous réagiriez comment ? (oui je caricature mais réfléchissez à l’idée de la question)

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Pour un Tibet libre ?

Haaaaaa LE SUJET FAVORI des occidentaux! C’est même le plus facile! Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas à réfléchir : tous les éléments du problème t’obligent à être pro-tibétain, le cas contraire ? Tu passes pour un ignorant, un complice voire (si certains sont en formes), un assassin indirect de la cause tibétaine. Et quand 95% de la population européenne (je suis tenté de dire occidentale, mais j’ai peur que cela fasse amalgame, non ?) t’avance pareils arguments, comment être contre ? Tu as un ultime doute ? L’ultime carte qui compose la quinte flush de l’argumentaire pro-tibétain : le Dalaï-lama! Merde, un prix Nobel de la Paix bordel! Comment ne peux tu pas être d’accord avec lui ??

Et c’est là que le bas blesse. Car ces 95% de « béni oui oui » sont quasiment incapables d’avancer d’autres arguments, ne serait-ce qu’évoquer la guerre sino-tibétaine dans les années 50s au soutien de leurs thèses. Rien, nada !

Allez, je me fais l’avocat du diable, parce que cela me fait plaisir (et qu’en plus, je vais donner quelques arguments supplémentaires aux pro-tibétains…je me sens l’âme chevaleresque!).

L’aspect culturel mais aussi ethnologique, religieux et historique poussent à la reconnaissance d’un État Tibétain indépendant. D’ailleurs Mao Zi Dong ne s’y est pas trompé puisqu’il a voulu rapidement faire revenir la Terre des Lamas dans le giron de la République Populaire de Chine, en cours d’élaboration. Bilan aujourd’hui ? 1/5 de la population tibétaine tuée et l’on pourrait même évoquer l’existence d’un génocide. Après tout, pourquoi les tibétains n’auraient-ils pas le droit à cette indépendance tant voulue ?

Enjeu stratégique, le Tibet est la cruelle victime de la loi du plus fort, qui a finalement toujours guidée les pas de tout dirigeant politique ( si si , regardez le cas de la Crimée qui revient dans le giron de la Russie). La Chine a voulu s’approprier cet empire, originellement sous la coupe d’un pouvoir mi séculier, mi régulier. Le Tibet, c’est aussi une position très sensible d’un point de vue géo-stratégique, frontière avec le Népal et l’Inde mais aussi d’accès à l’eau avec la chaine montagneuse que domine l’Himalaya.

La Chine a également permis à une « région » de bénéficier de progrès non négligeables notamment en terme d’hygiène, d’espérance de vie, d’éducation ou de développement économique. Mais ça, on n’en entend jamais parler…. . Ceux qui sont allés dans les bleds paumés du Tibet (zone historique ou non), vous dirons à quel point ce peuple de nomade est loin d’avoir une hygiène de vie qui pousse à la prospérité d’un peuple qui cherche pourtant à s’autodéterminer.

La Chine a surtout mis fin à un système proche de nos anciens systèmes féodaux : avec un clergé tout puissant, fondant son pouvoir sur la toute puissance de la foi bouddhiste insufflée auprès d’une population pieuse. Bouddhisme, que son fondateur Siddhārtha Gautama dit « Shākyamuni » a toujours voulu loin de l’exercice du pouvoir ou de toute utilisation politique… . Et à ce titre, un Dalaï-lama prompt à utiliser ce ressort politique pour faire avancer sa cause (noble de part le fait) quitte à ne pas condamner (voire inciter ? « Voyons, vous voyez le mal partout! ») les immolations à répétition de tibétains, désespérés par le comportement désinvolte et irrespectueux du pouvoir chinois en place (ça peut se comprendre aussi). Sauf que si je me souviens bien, le suicide (qu’importe la raison) est particulièrement mal vu par la doctrine bouddhiste car réintégrant inéluctablement la personne dans le cycle infernal des réincarnations (la loi du Karma), souvent inférieures à celle de la condition d’être humain. En tant qu’autorité religieuse avant tout, le Dalaï-lama n’aurait-il donc pas le devoir de se prononcer sur ce point plutôt que celui de la politique interne à la région ?

Maintenant, à chacun à se forger son opinion sur une problématique aussi complexe qu’épineuse que le Tibet. Mon souhait ? Avoir le droit d’exprimer ce point de vue sans avoir à subir opprobres des défenseurs de la cause, qui me demanderont de justifier mon point de vue scientifiquement, historiquement voire géologiquement (tant qu’à faire) ligne pas ligne, alors que eux ne s’en donnent même pas la peine, surfant sur la vague favorable du sentiment « pro-tibétain ».

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Le Xinjiang et autres régions autonomes.

La problématique est assez similaire à celle du Tibet, et je ne vais pas en rajouter une couche. Il est clair que la question et plus stratégique que nationaliste. Quand vous conversez avec les chinois, les gens du Xinjiang sont … « les habitants du Xinjiang » (新疆人), ce ne sont pas des chinois au sens, de la minorité Han. Et histoire de s’assurer une certaine homogénéité ethnique, le gouvernement chinois a tôt fait d’inciter aux migrations internes pour assurer un mélange entre Han et populations Ouïghours, Tadjik et autres turcophones.

Et c’est vrai que quand vous croisez des personnes issues de cette région, on a du mal à croire qu’elles sont chinoises (au même titre ?) que les autres. Mais c’est le cas. Pourquoi ? Comme pour le Tibet, région stratégique et hautement pétrolifère, la Chine fait preuve de ce qui semble avoir toujours animé sa façon d’être, et ce, jusqu’au plus profond de sa population : le pragmatisme. Certains me répondront « cynisme »…il y en a un peu, mais c’est ainsi ; et je pense qu’il faut se sortir de cette idée complètement bisounours du monde dans lequel on vit. Les Chinois agissent ainsi mais c’est surtout les dirigeants de tout pays qui agissent de cette manière : appelez cela pragmatisme , cynisme, on en revient au même « Qu’est ce qui est bon pour moi et dont je peux prendre possession ? ».

La région du Xinjiang, tout comme d’autres régions, est dite « autonome ». Et face à une telle autonomie (de façade ?), on pourrait s’interroger aussi sur la raison pour laquelle la Chine ne laisse pas le Xinjiang voler de ses propres ailes, tout en nouant un partenariat privilégié. L’intégrité du territoire est surement la cause principale : si le pouvoir lâche le Xinjiang, c’est la Mongolie Intérieure, le Ningxia, le Tibet, Hong Kong, Taïwan qui feront immédiatement sécession …vous voyez la situation ? La Chine n’est pas folle car elle sait aussi que si elle lâche cette région, les Russes y jetteront immédiatement leur dévolu par l’entremise du Kazakhstan (inféodé au pouvoir de Moscou). La situation serait-elle vraiment meilleure . Finalement la question serait « A qui re-appartiendrait le Xinjiang ou « Turkestan Oriental  [sic] ?». Dans cette optique, il est certain que la Chine ne s’en séparera pas de sitôt…et c’est peut être mieux ainsi (même si je suis le premier à dire que la politique menée sur place est loin d’être « optimale », pas mal l’euphémisme, hein ?!)

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Lavage de cerveau ou pas ?

Lavage de cerveau ?

Voilà ce que l’on serait tenté de me répondre eu égard à mes positions que l’on pourrait placer sur l’échiquier politique chinois comme « nationalistes ».

Tout d’abord je tiens à repréciser l’amour que je porte pour ce pays, porte avant tout sur le Pays, et non son pouvoir ou son régime politique. J’y vis depuis 1 an et demi et ce n’est que le début. Je serais bien mal venu de ramener ma fraise sur la politique en Chine (bon allez, un peu quoi!) car ce n’est pas le but de mon voyage. Je serais étonné que les gens qui s’installent en France par exemple, se gargarisent à outrance de notre jeu politique. N’est ce pas le cadre de vie (certes réglé par la politique, mais pas seulement), les infrastructures, le patrimoine qui attirent les étrangers à s’installer en France, plus que savoir si c’est l’UMP ou le PS qui a envoyé son candidat à la présidentielle ?

Je vais tous les jours à l’université pour étudier le chinois, et je n’ai jamais eu à subir (sauf en histoire ce semestre) un quelconque discours de propagande pro gouvernemental. J’étudie tout simplement la langue. Et pour apprendre le chinois, on ne nous fait pas réciter le petit livre rouge ; bien au contraire, l’apprentissage passe souvent par de nombreuses expressions bien antérieures au parti communiste. Mencius et Confucius sont plus abondamment cités que Mao Zi Dong.

Mes cours de culture chinoise ne traitent que de la partie antérieure à la République Communiste, donc bien malin celui qui arriverait à démontrer un quelconque lavage de cerveau. Et je crois honnêtement que l’on cherche à tout prix à nous éloigner de l’information relative à cette période de la Chine : cela permet d’éviter le débat je suppose.

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Lavage de cerveau!

Finalement, peut être que le lavage de cerveau est plus insidieux que cela. Voyons ça : je ne regarde pas les news officielles, je n’écoute pas la musique chinoise, je ne discute jamais politique avec mon entourage chinois, je flâne en permanence sur twitter pour dégoter l’information censurée en Chine… . Mais alors d’où viendrait ce supposé lavage de cerveau ?

Après tout, le fait d’habiter dans un nouveau pays, s’adapter aux mœurs et coutumes, s’adapter au niveau de vie quotidien, découvrir le pays comme nouvelle terre d’accueil, n’est ce pas ça, le meilleur lavage de cerveau ? Pourrais-je blâmer les occidentaux qui s’installent et apprennent le chinois à Taïwan et qui me disent ensuite que Taïwan n’est pas la Chine ? Bien sur que non! Peut-être que si j’avais adopté une démarche identique, j’adopterais un point de vue similaire. Mais mon projet de vie m’ayant transporté en Chine continentale, je ressens évidemment les choses différemment et tiens à faire part de mon opinion, forcément divergente.

Donc oui, tous les matins et tous les soirs, je lave mon cerveau avec l’expérience du quotidien de la Chine, en y ajoutant l’adoucissant que sont mes voyages en Chine, à discuter avec les jeunes et les moins jeunes, dans les villes comme dans les villages, dans les restaurants miteux comme dans les restaurants de luxe (c’est plus rare déjà…-_-). Et c’est avec ce cerveau fraichement « nettoyé » que j’ai envie de dire à quel point je suis très remonté par le prisme au travers duquel on se contente de parler de la Chine.

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Quel prisme pour parler de la Chine ?

 

L’inévitable prisme des Droits de l’Homme.
Si tu n’as jamais parlé de la Chine en évoquant le problème des droits de l’Homme…t’as râté ta vie! Voilà comment je pourrais résumer le spectre analytique des conversations qui traitent de près comme de loin, de la Chine. C’est un peu le « point Droit de l’Homme ». Lors d’une discussion sur la Chine, ça revient toujours sur le tapis. Même si tu parles simplement de la beauté des paysages, des racines culturelles de tel ou tel dicton, ..PAF! Y’ a un moment, ton interlocuteur occidental te sortira un truc du genre « Mais sinon tu peux t’exprimer librement ? », « Quand même les droits de l’Homme en Chine » etc. C’est AU-TO-MA-TIQUE!

Alors oui, il faut en parler c’est certain, c’est même évident. Car oui, c’est un problème important en Chine. Certaines libertés fondamentales sont réprimées, certaines minorités sont brimées etc. Qu’il faut que la Chine procède à de considérables progrès sur le sujet ? Entièrement d’accord, c’est même vital dirais-je. Mais de là à en parler à toutes les sauces ?

Que les journalistes en traitent en large et en travers, je le conçois, c’est leur boulot mine de rien, et ça ne doit pas être des plus évident en Chine. Mais de là à ramener la Chine sur cette seule problématique, est-ce bien sérieux ? La Chine n’est-elle que le pays des problèmes ? Problèmes auxquels de nombreuses associations (occidentales pour la plupart) se sentent investis de placarder sur tous les fronts, quitte à blâmer un chef d’État pour ne pas avoir PUBLIQUEMENT sermonner le Président chinois sur la question des Droits de l’Homme (alors que ce problème pourrait peut être plus efficacement discuté en privé.). Mais non, la quête de l’image forte prédomine ; il faut du symbolique en montrant ses muscles devant la délégation chinoise, quitte à lui faire perdre la face (honte suprême en Chine). Conséquences ? On fait ensuite la politique de la serpillère pendant 3 ans, en faisant l’aumône de 2-3 contrats avec la Chine et en attendant, la question des Droits de l’Homme n’a pas plus avancée.

Est ce que l’on parle du massacre des Indiens d’Amérique chaque fois qu’un Président américain vient faire une visite en France? Est ce que l’on sermonne systématiquement et publiquement le Premier Ministre indien pour l’existence « de fait » des castes en Inde ? Pourquoi se focalise-t-on autant sur la Chine (et aussi la Russie un peu) ? Est ce que l’on critique le gouvernement japonais pour les crimes atroces commis lors de l’invasion de la partie orientale de la Chine et que ce gouvernement peine encore à reconnaître ?

Parler de la Chine, pas de la politique chinoise.
Peut-on parler de la Chine sans nécessairement évoquer son régime politique actuel et ce, sans tomber dans la complaisance et le gnangnan ? Je pense que oui et c’est ce que j’essaie de démontrer dans chacun des posts de mon blog. La Chine est riche d’une histoire plusieurs fois millénaire, d’une gastronomie aussi variée voire plus que la gastronomie française, de paysages oscillant entre le désert de Gobi prompt à la contemplation et le printemps éternel dans le Yunnan.

Les voyages m’ont permis de découvrir la culture populaire via ses dictons, ses coutumes lors des différentes étapes de la vie (mariage, naissance…). Ouvrir les yeux sur la Chine, c’est aussi accepter d’y ouvrir son cœur tout autant que sa raison, et pas seulement celle-ci. Pourquoi parler de tout cela serait-il secondaire par rapport aux seules enjeux politiques ? J’oserai même dire que ces enjeux devraient passer au second plan car contemporains à cette diversité patrimoniale chinoise. On peut parler de la Chine sans tomber dans la guimauve mais en soulignant d’autres aspects de la beauté de ce pays, et pas seulement les méfaits d’une politique même pas vieille de 100 ans.

La France et l’Europe se sont-elles faites en 50 ans ? La France n’est-elle pas retombée dans un système d’Empire après une Révolution Française qui n’a même pas duré 20 ans ? La Révolution Française était-elle si vertueuse que l’on veut bien nous le faire croire, là où le pouvoir a été arraché à la noblesse pour mieux le donner à la bourgeoisie, le Tiers-Etat restant ce qu’il est : au bas de l’échelle ? Pourquoi estimer notre système institutionnel le mieux à même de réguler notre mode de vie, là où l’Orient et l’Occident divergent grandement sur la conception du monde, et ce, depuis des centaines années ?

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Conclusion

Voilà, j’ai vidé mon sac! C’est grotesque, caricatural et certainement mal informé mais j’ai dit ce que j’avais sur le cœur. Certains spécialistes n’y trouveront qu’un tissu de bêtises, d’inepties, d’énormités ou de fautes historiques etc…. Et bien à ce titre, je leur demande de nourrir ce débat, car je suis ouvert à tout avis. Il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis et je ne demande que ça, à me sentir moins con 😉 Merci d’avoir pris le temps de lire cette petite tribune et en espérant avoir réussi, à défaut de vous convaincre, à vous faire comprendre mon point de vue

Un grand remerciement à ma très chère Sarah JACOB pour l’idée du titre de la tribune…le reste, c’est moi!! (hé toc!)

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« Vis ma vie » pendant la Golden Week en Chine (Part III) : La Montagne Pourpre (南京)

Et nous voici le 2e jour à 南京 (Nanjing), après la visite la veille du temple de Confucius et du lac Xuanwei. Debout très tôt dans la matinée, nous appelons donc le taxi qui nous a conduit la veille à l’hôtel pour venir nous chercher. En effet, je vous rappelle que la veille nous avons du trouver un hôtel en catastrophe en raison d’une annulation de dernière minute. Nous nous sommes retrouvés dans le quartier de 高新路 (Gao Xin Lu), quartier accueillant l’ensemble des entreprises dites « haute technologie » : à part des sièges sociaux aux alentours…rien d’autre.

En taxi Simone, direction donc la gare centrale histoire de récupérer une station de métro.

Sacrée gare, on dirait presque un aéroport

Sacrée gare, on dirait presque un aéroport

Nous avons décidé de visiter le grand parc national de la Montagne Pourpre (南京钟山风景名胜区 – Nanjing Zhong Shan Feng Jing Ming Sheng Qu). Véritable parc proche du concept de « parc forestier« , sa structure est très proche de celle que j’ai rencontré en allant à 庐山 (Lu Shan) dans le 江西 (Jiang Xi), en juin dernier. Là où je pensais seulement visiter le Mausolée de Sun Ya Tsen, je me suis en fait retrouvé dans un véritable site à « spot » touristiques. Comprendre : plusieurs « petits » sites touristiques concentrés sur un seul site global qu’est la Montagne Pourpre (钟山 – Zhong Shan). Le truc, c’est qu’une fois compris, il est trop tard pour faire demi tour (pour acheter des victuailles entre autres choses).

Comment visiter la Montagne Pourpre ?

Même en y passant la journée, il faut faire des choix car tout n’est pas visitable en 1 journée au regard de l’étendue du site, à moins de le faire en courant et de prendre l’ensemble des petites voiturettes / trains permettant de faire le transfert entre chaque site. Et encore, en période de vacances nationales, ça serait occulter les longues files d’attente pour accéder à ce confort, fort inutile à mes yeux.

Après une petite montée de quelques centaines de mètres depuis l’entrée principale, nous arrivons au guichet avec les tarifs suivants :

  • Billet plein tarif : 115Y pour un ticket global, permettant d’accéder à tous les sites ;
  • Tarif réduit : 57,50Y sur présentation d’une carte étudiant chinoise ;
  • Billet unitaire : occille entre 15Y et 30Y par entrée
  • Billet de « petit train » : 10Y et il permet d’accéder à l’entrée du Mausolée de Sun Ya Tsen

Nous arrivons très vite au pied du Mausolée, inondé de touristes, une marée humaine affublée de drapeaux (3Y) et d’autocollants (1Y) aux couleurs du Parti Communiste Chinois dont c’est l’anniversaire (à quelques jours pres). Une fois ça fait, je pourrais vraiment dire « j’ai voyagé avec les Chinois pendant les Vacances Nationales« …

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Pour le coups, aussi bien vu d’en haut que d’en bas, la foule est impressionnante! Zou, on court faire la queue afin d’apercevoir le fameux Mausolée. Il nous est bien évidemment prié de « garder nos vêtements »…

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Voici la statue du fondateur de la République chinoise

Voici la statue du fondateur de la République chinoise

Une fois visité, nous ne perdons pas de temps et descendons rapidement la volée d’escaliers afin d’accéder au site suivant ; et ce ne sera pas le dernier. Direction le site du Tombeau des Ming (classé patrimoine de l’Unesco).

Et là, nous découvrons enfin la carte complète du site de la Montagne Pourpre

Mais on est où la...?

Mais on est où la…?

La visite de cette partie du site a été expéditive pour 2 raisons principales inhérentes au site ( gigantesque) et à la période choisie (toute la Chine en vacance, merci la promiscuité!). Toutefois le site est réellement magnifique et mérite à n’en pas douter, le coups d’œil. De véritables bâtisses gigantesque sortent des arbres.

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Cela ressemble presque à un chateau fort, avec fortifications tout autour du tombeau. A l’Est , il est possible d’accéder à plusieurs chemins donc certains mènent jusqu’à l’Observatoire astronomique de la Montagne Pourpre (service de téléphérique entre aperçu) ou au Lac Zixia (紫霞湖). Nous choisissons ce chemin-ci, faute de temps pour atteindre l’Observatoire.

L’accès au Lac est gratuit et se fait en traversant une petite forêt ombragée, bien éloignée du tumulte des autres sites touristiques. Je dois reconnaitre que c’est particulièrement agréable, surtout que l’ombre apporte une petite fraicheur fort bienvenue en plein cagnard!

Le lac apparaît très vite sous nos yeux, dans les creux de la Montagne Pourpre, presque un havre de paix.

J'ai regretté de ne pas avoir pris mon maillot de bain, car certains ne se sont pas gênés.

J’ai regretté de ne pas avoir pris mon maillot de bain, car certains ne se sont pas gênés.

Là aussi, la visite s’avère expresse : le temps de faire le tour du lac et nous rejoignons vite l’entrée du Tombeau Ming pour accéder aux jardins, aperçu dans le bas de la carte prise en photo plus haut.

Pendant que mon acolyte se repose, j’emprunte donc l’un des chemins qui bifurque à l’accès du Tombeau pour rejoindre un sentier dallé lui même cernés de statues tantôt représentant des guerriers, tantôt d’animaux (surement sacrés). Ça et là, je prends le temps de m’égarer un peu pour sortir des sentiers battus (peu existants, mais à tout le moins peu fréquentés). J’ai le plaisir de traverser ce qui semble être (mais qui n’est pas!) une garrigue ; on se croirait presque en plein Sud Ouest, bluffant. Garrigue qui fini par donner sur un superbe édifice surplombant une petite colline. Peu de touristes, le calme, un soleil déclinants, c’est beau!

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La ballade touche à sa fin. Nous rejoignons un voiturette (10Y)qui nous amène devant la station de métro la plus proche, à l’opposée de l’entrée principale, sans toutefois manquer de  visiter un petit jardin de style « nippon », sobrement nommé « Le Jardin de Sakura » (樱花苑 – Ying Hua Yuan)…très agréable là aussi mais assez bizarre en Chine, eu égard au site fortement imprégné d’histoire chinoise. Jardin construit en 1995, un peu à l’écart du site principal du Tombeau Ming, il a au moins le mérite d’offrir un peu de quiétude dans une atmosphère résolument…zen.

Pour ce qui est du mot de la fin (de cette journée), je la laisse à …

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