Qu’est ce qu’on mange : la soupe pimentée…de bon matin! (胡辣汤)

Reprenons les choses en mains car outre le fait que mon blog était réclamé à corps et à cris (si si), je pense que c’est encore cette petite pastille culinaire qui intéresse le plus. Encore que, « j’alimente » (pas mal, hein ?!) cette chronique que lorsque que j’estime que cela en vaut la peine.

Et aujourd’hui donc, ça en vaut la peine puisque je peux vous présenter une grande spécialité du petit déjeuner des Xi’anais (à tout le moins, de la région du 陕西-Shaanxi mais aussi sa voisine orientale, le 河南 – Henan): le (où « la », j’en sais rien!) 胡辣汤 (Hu La Tang) ou sa version plus complète, 肉丸胡辣汤 (Rou Wan Hu La Tang) => soupe/gruau pimenté aux boulettes de viandes.

Petit aparté sémantique avant tout : beaucoup semblent écrire cette soupe avec le caractère « 胡 » dont le sens ancien désigne les peuplades non Han (汉) du Nord-Ouest de la Chine, et qui pourraient donc correspondre à celles ayant longtemps vécu dans le Nord du 陕西 (Shaanxi), le 宁夏(Ningxia) et le 甘肃 (Gansu). Cela semble avoir du sens, puisque c’est une spécialité avant tout proposée par la minorité musulmane, non Han donc. Mais l’orthographe correcte semble être celle avec l’emploi du « 糊 ». Prononciation identique en son et en ton, mais sens différent puisque le caractère désigne un gruau ou congee (en anglais), texture effective de cette fameuse soupe. Fermons la parenthèse.

Cette soupe a effectivement une consistance entre la soupe et le gruau. Composée notamment de morceaux de chou, de carotte, de persil, de pomme de terre, de poivre noir et de boulettes de viandes, on y adjoint souvent des champignons noirs, communément appelés les  » oreilles d’arbres » (木耳). Ce plat est un petit déjeuner copieux et roboratif, souvent préparé dans une marmite géante et à même la rue, il est aussi accompagné de petits beignets comparables à des churros natures que l’on peut allègrement tremper (c’est important de tremper….). On trouve également des échoppes qui vendent une petit galette aux oignons et aux poireaux revenue à l’huile en accompagnement.

Des versions végétariennes sont assez courantes aussi, et cette spécialité culinaire est avant tout proposée par la minorité musulmane 回民 (Hui).

"Hu la la la" de bon matin!

« Hu la la la » de bon matin!

Forcément délicieuse, je me réserve cette soupe surtout pour les journées d’hiver rigoureuses quand bien même cela est servi de tout temps. On n’est jamais déçu à ce niveau là en Chine, et c’est heureux!

Bon appétit

Qu’est ce qu’on mange (de bon matin en Chine)

Aujourd’hui, peu de blabla, tout se résume à une vidéo et une image. Toutefois, il convient de s’imaginer la place du petit déjeuner en Chine, et surtout son lieu de consommation principal : la rue.

Les personnes fraichement arrivées en Chine ont du être étonnées du nombre de vendeurs de rue, de petits boui-boui à roulettes, prompts à vous proposer de multiples « snacks » : de la crêpe fourrée à la saucisse grillée, des petits pains fourrés (包子 – Bao Zi) aux brochettes de touffu pimenté. Il y en a pour tous les goûts. Là où en France on a plutôt tendance à prendre notre petit déjeuner chez soi ou bien à l’abri d’un troquet, les Chinois semblent suivre une autre voie, galopant toujours derrière un Temps qui leur échappe.

La rue est donc le principal lieu de ce théâtre gastronomique, et je ne compte plus le nombre de voiturettes qui encerclent l’entrée et la sortie du métro de bon matin, et ce entre 6h et 9h00 du matin. Le tout servi à une vitesse qui ferait pâlir n’importe quelle enseigne de fast-food.

Pour l’hygiène, vous repasserez! Même si on aperçoit quelques timides gants en plastiques enserrant leurs mains laborieuses, tout se fait naturellement « à l’ancienne« ! Et puis merde, on n’a qu’une vie bon sang! Je ne le répèterais jamais assez (et même si cela peut être une exception), en 2 ans de vie en Chine, je n’ai jamais eu la moindre intoxication alimentaire, alors que je mange minimum 1 fois par jour dans un boui-boui miteux.

Un de ces matins qui me mènent, le pas lent et embrumé, vers l’université j’ai décidé de déguster en 2 minutes une spécialité du Nord-Est de la Chine, le 山东 (Shan Dong – la patrie de Confucius 孔子) : la crêpe fourrée dites 煎饼果子 (Jian Bing Guo Zi). La garniture ? Un peu de fanes d’oignons et de ciboulettes, de la laitue, une cuillère d’une sorte de pâte de soja, de la pâte pimentée, de la pomme de terre rappée cru, un œuf et une gaufrette craquante (un véritable Gloubi-boulga en fait). Mais le plus impressionnant, c’est encore la vitesse d’exécution et la dextérité du cuistot. Voyez par vous même, il vous en coutera 4Y (0,50€)

Et le résultat, le voici

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« C’est sympa chez toi »

Petite « private joke » pour commencer cet article concernant mon nouvel environnement de vie quotidienne. J’annonce tout de même l’absence de changement majeur par rapport à l’année dernière vu que j’habite dans la rue parallèle suivante (cherchez le petit brousouf vert « 起 », c’est là que j’habite).

Où est...?

Où est…?

Encore une fois, je suis à moins de 10 minutes à pied de l’Université, ce qui est diantrement (ça y’est je l’ai placé!) efficace quand on voit la fournée de bus prêts à dégueuler leurs passagers à chaque arrêt. Encore une fois je peux remercier mon colocataire qui s’est donné beaucoup de mal pour trouver cet appartement. Nous avons du changer de « complex » immobilier vu que celui de l’année dernière avait drastiquement augmenté ses tarifs. Mon loyer précédent étant passé de 1400Y à 1700Y hors charges ( 205€ par mois) pour 40m² habitables.

Cette fois ci l’appartement est un petit 2 pièces de presque 50m² avec air conditionnée. L’immeuble est flambant neuf et habitable mais il y’a encore peu d’habitants et l’on croise plus souvent dans l’ascenseur les ouvriers qui finissent les appartements que leurs occupants. L’immeuble, qui se nomme « 蓝山公馆 » (Lan Shan Gong Guan – « La Mansion de la Montagne Bleue »), se trouve au bout d’une petite allée en cul de sac et agréablement ombragée par platanes. Ces derniers sont d’ailleurs communément appelés « 法国梧桐 » (Fa Guo Wu Tong – Les platanes français).

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Soit dit en passant je me suis mis au mode de vie chinois en ne prenant mes petits déjeuners qu’à l’extérieur : 包子 (Bao Zi – Petit pain cuit à la vapeur et fourrés…à pleins de trucs au choix)  au tofu et au chou blanc sauce soja [1Y à 2Y chacun], des 夹馍(Jia Mo – « Chausson » de pain avec farce au choix, je recommande les champignons hachés au piment) [2.5Y chaque] ou encre des 饼子 (Bing Zi – Petit pains fris nature, sucrés, aux poivrons etc..) [1,5Y chaque]; le tout arrosé d’un yoghourt à la paille et roulez jeunesse. J’ai mes petites habitudes dans une petite guérite à l’entrée de la dite ruelle.

Le Miaou-Miam Casba (n'importe quoi!)

Le Miaou-Miam Casba (n’importe quoi!)

Comme quoi, même dans une ville bien développée, on trouve facilement ces petits coins qui font irrémédiablement penser à la campagne chinoise. Campagne certes modernisée mais le côté « roots » est particulièrement attachant. J’en veux pour preuve les restaurants et multiples gargotes qui se situent de part et d’autre de la ruelle (qui se nomme « 农林巷 » – Nong Lin Xiang – Ruelle de l’agriculture). Je pourrais ne pas sortir de cette ruelle, tout est à portée de main : marché aux légumes improvisé, épicerie, restaurant de nouilles, restaurant de « ragou » chinois,  etc…, centre médicale ( 100% chinois, rien à voir avec nos hôpitaux), dentiste etc… . Je vous laisse en juger.

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Scènes typiques de la Chine actuelle, je ne me lasse pas d’observer ces petits moments simples de la Chine « en mouvement » mais terriblement terre à terre.

Voici enfin mon appartement, au 11ème étage. 2 pièces à vivre (Salon sans fenêtres -_- ; chambre), une cuisine enfin dotée de bruleurs à gaz et une salle de bain petite mais suffisante. Tout le confort, un brin spartiate mais beaucoup moins que l’année dernière. L’appartement a du être meublé par nos soins et tous les achats ont été faits sur internet vie les sites populaires tels que http://www.jd.com/ ou encore http://www.taobao.com/index_global.php (les équivalents de Amazon ou encore ebay). On a pu se meubler pour à peu près 2200Y soit 265€ comprenant table, chaises, sèche linge, lave linge, ustensiles de cuisine, vaisselle et réfrigérateur. Je vous laisse imaginer en France à combien tout cela nous serait revenu. Le tout pour 1200Y par mois et moins de 100Y de charges mensuelles ; honnêtement c’est pas cher bien que les loyers aient globalement beaucoup augmenté. Nous avons profité du fait que cet appartement provienne d’un immeuble tout neuf, à peine fini.

L’immobilier en Chine reste assez spéculatif et peu s’avérer assez précaire. D’ailleurs il s’agit d’une des plus grande revendication de la population (les 老百姓 « Lao Bai Xing » – Littéralement « les 100 vieux noms », la population « de base ») : l’accès à l’habitat. Sachant qu’en Chine, on n’achète jamais son terrain qui appartient toujours à l’Etat. On n’est propriétaire de son bien immobilier que pendant 70 ans (un peu comme les 99 ans au Royaumes Unis il me semble, les leaseholds). Passé ce délai, le bien revient de l’escarcelle de l’Etat à moins que vous soyez en mesure de racheter votre bien au tarif du marché. Bref, ce n’est pas trop trop gagné pour être proprio dans l’Empire du Milieu.

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A l’heure où je vous écris, je profite toujours de la connexion capricieuse de la bibliothèque de l’université mais je n’ai pas le choix. C’est aussi pour cela que je n’incruste pas trop de photos car le chargement est long. Je ne resisterais pas toutefois à vous montrer celle prise ce matin : il s’agit de femme d’un certain âges qui font de l’exercice à l’aide de raquettes à fond souple sur lesquelles est posée une balle. Cette dernière ne doit pas tomber durant les mouvements que vous effectuez…un espèce de 太极拳 (Tai Ji Quan) amélioré. Elles s’entrainaient au pied de la BU de l’université.

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