Qu’est ce qu’on mange : la soupe pimentée…de bon matin! (胡辣汤)

Reprenons les choses en mains car outre le fait que mon blog était réclamé à corps et à cris (si si), je pense que c’est encore cette petite pastille culinaire qui intéresse le plus. Encore que, « j’alimente » (pas mal, hein ?!) cette chronique que lorsque que j’estime que cela en vaut la peine.

Et aujourd’hui donc, ça en vaut la peine puisque je peux vous présenter une grande spécialité du petit déjeuner des Xi’anais (à tout le moins, de la région du 陕西-Shaanxi mais aussi sa voisine orientale, le 河南 – Henan): le (où « la », j’en sais rien!) 胡辣汤 (Hu La Tang) ou sa version plus complète, 肉丸胡辣汤 (Rou Wan Hu La Tang) => soupe/gruau pimenté aux boulettes de viandes.

Petit aparté sémantique avant tout : beaucoup semblent écrire cette soupe avec le caractère « 胡 » dont le sens ancien désigne les peuplades non Han (汉) du Nord-Ouest de la Chine, et qui pourraient donc correspondre à celles ayant longtemps vécu dans le Nord du 陕西 (Shaanxi), le 宁夏(Ningxia) et le 甘肃 (Gansu). Cela semble avoir du sens, puisque c’est une spécialité avant tout proposée par la minorité musulmane, non Han donc. Mais l’orthographe correcte semble être celle avec l’emploi du « 糊 ». Prononciation identique en son et en ton, mais sens différent puisque le caractère désigne un gruau ou congee (en anglais), texture effective de cette fameuse soupe. Fermons la parenthèse.

Cette soupe a effectivement une consistance entre la soupe et le gruau. Composée notamment de morceaux de chou, de carotte, de persil, de pomme de terre, de poivre noir et de boulettes de viandes, on y adjoint souvent des champignons noirs, communément appelés les  » oreilles d’arbres » (木耳). Ce plat est un petit déjeuner copieux et roboratif, souvent préparé dans une marmite géante et à même la rue, il est aussi accompagné de petits beignets comparables à des churros natures que l’on peut allègrement tremper (c’est important de tremper….). On trouve également des échoppes qui vendent une petit galette aux oignons et aux poireaux revenue à l’huile en accompagnement.

Des versions végétariennes sont assez courantes aussi, et cette spécialité culinaire est avant tout proposée par la minorité musulmane 回民 (Hui).

"Hu la la la" de bon matin!

« Hu la la la » de bon matin!

Forcément délicieuse, je me réserve cette soupe surtout pour les journées d’hiver rigoureuses quand bien même cela est servi de tout temps. On n’est jamais déçu à ce niveau là en Chine, et c’est heureux!

Bon appétit

La visite du village de 袁家村 (Yuan Jia Cun)

Une fois n’est pas coutume, l’Université a organisé il y’ a 15 jours, une sortie qui sort un peu des sentiers battus. J’entends par là : nous ne sommes pas allés visiter l’armée de soldats en terre cuite (兵马俑 – Bing Ma Yong) pour la énième fois ou encore les remparts de la ville. Non, cette fois-ci, nous sommes allez visiter un village qui se situe non loin de Xi’an (西安), à une soixantaine de kilomètres à l’Ouest et communément appelé, la « Lijiang (丽江) » du Shaanxi (陕西) (en référence à la vieille ville de Lijiang dans le Yunnan, classée à elle seule Patrimoine de l’Unesco).

Bon, autant vous dire tout de suite que c’est tout de même un cran au dessus, ne serait-ce que par ce village est classé par le ministère du tourisme chinois « AAA » et que le classement Unesco équivaut à « AAAAA ». Néanmoins, le village est loin d’être dénué de charmes et recoins pittoresques, c’est peu de le dire.

Le village de 袁家村 : paradis des gourmets

Après une bonne heure de car, nous arrivons aux portes du village de 袁家村 (Yuan Jia Cun) et ses 400 âmes.

Entrée du village

Entrée du village

Évidemment, comme tout site touristique chinois, celui-ci porte les stigmates de la « reconstruction » et autre modernisations en tout genre. Conscient de l’attrait touristique de ce petit bourg, on se croirait presque dans un mini Disney Land et les habitants ne font rien pour dissiper l’illusion. Mais bon, on s’y fait et le charme rustique est toujours vivace. Preuve en est, je tombe avec surprise nez à nez avec la boutique d’un apothicaire chinois ; les traditions demeurent.

Herboristerie traditionnelle chinoise

Herboristerie traditionnelle chinoise.

Le tour du village se fait en moins d’une bonne demi-heure et se résume en une successions d’échoppes, toutes dédiées aux spécialités locales. Là, des pieds de cochons en saumure, ici, des pâtes de sarrasin en bouillon vinaigré, là-bas des yaourts faits maison, par ici, des scorpions séchés. Bref, un paradis pour le gastronome que je suis, n’hésitant pas à prendre un deuxième petit déjeuner à 10h du matin avec une de mes professeur de chinois.

DSC07569Même si l’illusion fausse de modernité joue le rôle de verni, ce dernier craque vite au contact de la population et des savoirs faire ancestraux avec lesquels les différents mets son confectionnés. J’en veux pour preuve le séchage de pâtes de blé ainsi que la confection de pâte de riz.

"Chérie, je pose les pâtes là"

« Chérie, je pose les pâtes là »

Le tour du village bouclé, direction un site qui nous permettra d’observer le paysage depuis les hauteurs du bourg ou 县(Xian).

Le tombeau de 昭陵 (Zhao Ling)

Comme de nombreux tombeaux d’Empereurs chinois, celui-ci est dit « ouvert » et est à flanc de colline. Zhao ling était le 2nd Empereur durant la Dynastie Tang, une des plus rayonnantes et des plus puissantes en terme culturel notamment (618-907 après JC). Cet Empereur est aussi communément appelé Tai Zong. L’entrée du site est payante et il me semble que le ticket était de 20Y (2€60 au 18/11/2014)…gracieusement à notre charge (manquerait plus que l’Université paye pour nous en plus….).

Entrée du tombeau

Entrée du tombeau

Rien à dire de plus, si ce n’est que ce site vaut avant tout le détour si l’on souhaite crapahuter sur la petite colline derrière et qui donne accès à une vue panoramique de la vallée. Spectacle assez plaisant au demeurant, bien que l’on aperçoive  très facilement l’anneau de pollution qui enserre complètement la région, et son contraste avec le ciel bleu de la journée est particulièrement édifiant. Néanmoins, cela n’enlève rien au charme du site, et en fin octobre on se serait presque cru en début de période estivale en catalogne française. Rien que pour ça, je ne regrettais pas mon déplacement.

"La ceinture empoisonnée"

« La ceinture empoisonnée »

Le musée de 昭陵

Dernière étape de notre escapade scolaire, le musée entièrement dédié au dit Empereur. Qui dit culture et musée dit forcément moins de visiteurs, et nous étions donc les seuls à visiter ce musée en apparence à l’abandon. Là aussi, un ticket d’entrée vous sera réclamé pour la modique somme de 25Y (2€8).

Le musée en soi ne paye pas de mine mais il présente certaines sculptures, d’animaux notamment, dont la qualité de conservation laisse pantois…à moins que cela soit des reproductions (on m’aurait menti ?). Là aussi, je ne saurais quoi dire, car c’est typiquement le genre de musée dont vous ne profiterez pas des richesses si vous n’êtes pas accompagné d’un guide compétent.

DSC07604Je précise compétent, car nous avons effectivement bénéficié des services d’un guide mais qui nous a fait la visite « à la chinoise« ; c’est à dire : au pas de course, en criant dans un haut parleur miniature et sans nous laisser le temps d’admirer les différentes collections. Mes camarades Kazakhs et autres Tadjiks ne s’étaient même pas donnés la peine de venir écouter, et le peu qui comme moi essayaient de comprendre, étaient littéralement noyés dans le flots des références culturelles et historiques complètement absconses pour les non initiés. Rajoutez à cela que malgré mes 2 années d’étude de chinois intensif, j’ai du comprendre pour à peine 10% de son blabla, j’étais un peu énervé sur la fin. Mais bon, le plaisir des yeux était dominant.

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Qu’est ce qu’on mange

Pour le retour de notre rubrique culinaire, je vous propose de nous attaquer à deux spécialités du 陕西 (Shaanxi) bien moins connues que les fameux « hamburger chinois » (肉夹馍 – Rou Jia Mo) et autre 羊肉泡馍 (Yang Rou Pao Mo – Soupe de mouton avec morceaux de mains émiettés). Ces plats que je vais vous présenter n’en restent pas moins emblématiques de la région et il est relativement facile de les trouver sur les cartes des restaurants de 西安 (Xian), autres que les « bouiboui »!

Le poulet « en forme de gourde » (葫芦鸡 – Hu Lu Ji)

Ne cherchez pas, un poulet n’épouse pas naturellement la forme d’une gourde chinoise. Gourde chinoise dont la forme est très particulière et que vous avez surement du apercevoir, ne serait-ce que dans certains films de kung-fu « à l’ancienne« . Nan ? Bon, je vous montre :

Voici une gourde chinoise

Le 葫芦鸡 (Hu Lu Ji) est en réalité une préparation à base de poulet et ce dernier a été disposé de sorte que sa forme s’apparente (plus ou moins) à une gourde, que l’on nomme « 葫芦 » (Hu Lu). Le poulet est ensuite pané puis rapidement frit. Il est servi ainsi avec un accompagnement de piment en poudre dans lequel vous tremperez (SI! VOUS TREMPEREZ!) chaque morceau! A s’en rouler par terre, croyez moi.

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Le 锅盔 (Guo Kui)

Il s’agit en réalité d’un simple pain. Oui, oui, du pain « à la con » quoi! En fait, pas tout à fait  » à la con » puisqu’il fait partie de ce que l’on appelle dans la région du 陕西 (Shaanxi – région dont Xi’an est le chef lieu provincial, suivez, prenez des notes, je ne vais pas répéter à chaque fois….) des « 8 curiosités du Shaanxi » ou « 陕西八大怪 » (Shaanxi Ba Da Guai). Je traiterai plus longuement de cet élément culturel fort passionnant, ultérieurement. On dit que ce pain, par sa forme et son épaisseur, est comparable à un grand couvercle de marmite. D’ailleurs, le terme de 锅盔 (Guo Kui) veut dire littéralement « casque de marmite ». Au restaurant, il est servi en tranches triangulaires que l’on peut tremper à loisir (une fois n’est pas coutume) dans du piment haché. Les tranches étant souvent suffisamment épaisses pour faire quasiment un club sandwich au piment. A déconseiller aux boyaux sensibles et autres victimes de Crohn. Pour les autres, foncez bien évidemment!

A licence to kill!

A licence to kill!

Qu’est ce qu’on mange

Après presque 14 mois en Chine, et plus spécifiquement dans le 陕西 (Shaanxi) en la préfecture de 西安 (Xi’an), il serait temps que je vous parle (« Oui, toi, public… »…ok c’est naze!) d’un plat quasiment introuvable ailleurs en Chine. D’ailleurs, ce plat est tel, qu’il est considéré comme faisant parti des fameux « 8 grandes curiosités/bizarreries du 陕西 » (陕西八大怪 – Shaanxi Ba Da Guai). Le nom même de ce plat est constitué du caractère chinois le plus « complexe » :

« Biang Biang Mian »

Ce caractère a également deux particularités : la première, est qu’il est simplement impossible à reproduire par ordinateur ; j’entends par là, vous ne pourrez pas utiliser le 拼音 (Pin Yin) sur un clavier ou un smartphone, ni même le « dessiner ». Les logiciels classiques ne le reconnaissent pas. La deuxième particularité est que ce sinogramme, qui est en fait un agrégat de plusieurs symboles, ne veut tout simplement rien dire! Il se prononce « Biang » deux fois, suivi du sinogramme relatif (pour partie) aux nouilles, 面 (Mian). On dit donc : « Biang Biang Mian« .

Sa classification dans les 八大怪 (Ba Da Guai – 8 bizarreries du Shaanxi) est relative à la longueur des dites nouilles ainsi qu’à leur largeur. Si bien que pour les définir en chinois, on dit « 面条像裤带 » (Mian Tiao Xiang Ku Dai – « Les nouilles semblables à des ceintures »). Pour vous faire une idée, voici une illustration typiquement tirée du folklore chinois (j’adore!).

Bref, le temps était venu de me confronter à ces fameuses pâtes « semblables à des ceintures », direction donc un bui-bui dont c’est la spécialité, accompagné de mes amies Sarah, Christina et une très sympathique chinoise ayant appris le français pendant 4 ans, Christine (pas Braunshausen).

A la bouuufffe!

A la bouuufffe!

Pour ce qui est du restaurant, rien de nouveau à l’horizon, on tombe irrémédiablement sur le « bui-bui » classique et typique chinois : le cauchemar de tout bon inspecteur en hygiène qui se respecte. Mais on s’en fout, voyons ce que la gargote nous propose en terme de saveurs :

Ça me parait évident

Ça me parait évident

Il s’avère qu’il n’y a donc pas une seule recette mais plusieurs recettes à base de « Biang Biang Mian« . En réalité, comme tout restaurant à nouilles, la base, c’est les pâtes auxquelles on ajoute un ou plusieurs « assaisonnements ». Je vous avais déjà parlé des 由泼面 (You Po Mian), c’en est un mais il y’en a bien d’autres (que je vous présenterai au fur et à mesure dans mes prochains postes) : 炸酱 (Zha Jiang – sauce soja sautée), 西红柿鸡蛋 (Xi Hong Shi Ji Dan – tomates et oeufs), 臊子 (Sao Zi – avec morceaux de viandes et petits légumes) etc… . Les prix tournent autour de 7 à 10 Y (0,85€ à 1€), selon que vous preniez un petit ou grand bol et selon vos « assaisonnements ». J’ai donc prix un grand bol de « Biang Biang Mian » avec l’assaisonnement 四合一 (Si He Yi – 4 en 1)…je vous laisse imaginer la tambouille!

A l'attaque!!!

A l’attaque!!!

Mais qu’elle fut pas ma déception (si, c’est possible!) en voyant mon plat…ils avaient dé-cou-pé mes « Biang Biang Mian », surement pour les rendres plus faciles à manger. J’étais déçu, ne pouvant ainsi pas exhiber la longueur de mes nouilles (on va au delà de la perche là…) à mes camarades qui n’en n’avaient cure, il faut bien l’avouer…tant pis! La prochaine fois, j’en trouverais un autre qui ne coupe pas les nouilles (et qui ne casse pas les…. => je suis sorti!). Bon, je lui ai quand même fait sa fête au plat (faut pas déconner !) car c’était fort bon. Autre petite déception, les « Biang Biang Mian » en soi, ne semblent pas être plus gustatives que ça, il n’y a pas de particularité au goût (enfin, dans ce restaurant là). C’est comme si on vous demandez de faire la différence entre des macaronies et des farfalles…la forme change, le goût non (quoi que!).

"Take no prisoners" style!

« Take no prisoners » style!

Repu, je quitte quand même avec une réelle satisfaction pour cette découverte mais me promets de trouver un restaurant qui conservera la forme originelle des « Biang Biang Mian », parce que honnêtement, coupées elles sont plus difficiles à attraper…mais je crois que le mode de vie chinois déteint de plus en plus sur moi ^^. Bon appétit!

 

 

Qu’est ce qu’on mange

Cela un petit bout de temps que je ne vous avais pas fait part de mes expériences culinaires. Non pas qu’elles étaient sans intérêt mais plutôt qu’elle se distinguaient pas vraiment les unes des autres. Et je n’ai pas trop envie de vous ressortir du réchauffé. Je vais donc en profiter pour vous présenter 1 plat assez présent dans le 陕西. Par le même occasion, je vous montrerai ce que l’on entend par boui-boui ou gargote en Chine.

 

Mais au fait, c’est quoi un « boui-boui » en Chine ?

Pour caricaturer, c’est le genre d’endroit dans lequel aucun occidental n’aurait envie de mettre les pieds…dans son propre pays ; je m’explique. En France, l’un des qualificatifs récurrents à propos des restaurants Kebab/donner/grec c’est bien le manque d’hygiène apparent ET sous-jacent. Mais, on y va quand même (parfois). Et bien en Chine, c’est pareil sauf qu’en comparaison, les restaurants de kebbab sont des modèles d’hygiène et de propreté. Quand on voit les cuisines ou les alentours, c’est une incitation à la diète. Les inspecteurs de l’hygiène français en feraient une attaque cérébrale. Pas de tout à l’égout, les fonds de bols (souvent avec beaucoup de jus) sont versés dans un grand fut en plastique. Ce dernier est récupéré par un espèce d’éboueur spécialisé que l’on croise très régulièrement en ville. L’eau de vaisselle…j’en suis à me demander si elle est changée plus de 2 fois par jour etc. C’est bien simple, je n’ai jamais vu l’un de nos professeurs se rendre dans pareils endroits pourtant prisés par les étrangers et les « paysans » : trop sale, qualité douteuse des produits, fraicheur et chaîne du froid non respectées.

Mais pourquoi y aller ? Je vous donne les 3 raisons qui m’y incitent (mais peut être que d’autres en ont d’autres) :

  • Le prix : imbattable ! On ne dépasse jamais les 15Y par personne (normalement constituée) et c’est plus souvent 10Y le bol ou le plat. Ca ne lésine pas sur les doses!
  • Le goût : c’est simple, les plats chinois les plus goutus, c’est dans une gargote que je les ai mangés. Goût prononcé, avec une vraie « patte » du cuistot, loin des plats globalement insipides des grands restaurants.
  • L’authenticité : y’ a pas mieux! On mange en chinois, avec les chinois du « terroir » qui s’étonnent de votre présence à chaque instant. On vit à la chinoise en mangeant dans ces endroits, c’est indéniable! C’est souvent une cantine pour le midi ou pour sorties de bureau tardives.

 

Pour reconnaitre un bon boui-boui, voici les éléments indispensables :

Tout d’abord, un intérieur peu avenant, relativement crado et donc le souci de décoration …est bien le dernier souci du patron! Des tables avec des tabourets (de pic-nique, souvent) bien luisantes d’avoir été nettoyées avec la même serpillière poisseuse et sans savon. Il est fortement recommandé de ne pas poser plus que ses coudes ou ses poignets sur la table. On évite absolument également de récupérer la nourriture que l’on fait tomber de son bol sur la table : ça fait « mendiant » et c’est vraiment pas recommandé (rapport à la serpillière). On reconnait aussi le bouibui à ses bouteilles d’eau minérale réutilisées en flacon à vinaigre ainsi que le rouleau de papier toilette qui fait office de mouchoir. Enfin, une petite corbeille à papier git sur le côté de chaque table afin de recueillir papiers et autres mollards…

Les murs décrépis et relativement poisseux s’ajoutent au décor, et ça donne :

Alors?

Alors?

Les chinois sont réputés « pragmatiques ». Ainsi, avant de rentrer dans un boui-boui, il est important de savoir ce qu’il propose et à quel tarif. Là encore, la grille tarifaire consiste généralement en un panneau en tissu ou en plastique lavable, négligemment accroché au mur. Les prix et la disponibilité des plats étant modifiés à la mano :

Au menu ce soaaaareee...

Au menu ce soaaaareee…

Le boui-boui chinois c’est aussi avoir l’impression que la salle de « restauration » est intimement mêlée à la pièce à vivre du patron et de sa famille, comme si c’était l’extension de leur salon ou de leur cuisine. Ce n’est pas le cas dans toutes les gargotes mais ça n’a rien d’étonnant non plus d’entreposer les denrées sur le bureau d’ordinateur.

Salle internet option poireaux!

Salle internet option poireaux!

Enfin le boui-boui chinois c’est son fameux bol de gousses d’ail et son pot à piment à disposition du client qui pourra agrémenter à loisir son bol de nouilles, si de saveur il manque. Car oui, les habitants de 西安 (Xi’an) et ceux du 陕西 (Shaanxi, la région administrative dont Xi’an est la préfecture) aiment manger pimenté, aillé…et vinaigré!

Gloups!

Gloups!

 

Bon, mais alors…qu’est ce qu’on mange au fait ?

On y vient, hein?! Poussez pas! Le temps se rafraichit progressivement et les pluies récentes incitent à commander des plats plus roboratifs et faisant la part belle aux spécialités en bouillon. J’ai donc eu le plaisir de gouter ce que l’on appelle un 砂锅 (Sha Guo – litteralement : une cocotte en « sable », en terre cuite). Il s’agit donc d’une petite cocote de terre cuite, posée à même le feu et dans lequel est incorporé un bouillon (de viande, semblerait-il…on ne le saura jamais dans ce genre d’endroit), auquel on ajoute divers lanières de tofu, des « lianes » d’algue sèche, des biscuits torsadés (typiques de 天津, Tianjin, Sud-Est de Pekin), 1 ou 2 boules de viande, des oeufs de caille et de la saucisse en morceau. Ensuite, selon les variétés de 砂锅 (Sha Guo) vous pouvez avoir en sus : des fines pâtes de riz (米线 – Mi Xian), du 麻食 ou 麻什(Ma Shi – sorte de petites pâtes en forme d’oreille, typique du 陕西 et du 甘肃 – Gansu), des tranches de pomme de terre (土豆片 – Tu Dou Pian) ou encore des pâtes instantanées (方便面 – Fang Bian Mian). Le tout pour 7Y (même pas 1€). Ca tient au corps et le petit plus est encore d’accompagner cela d’un bon 肉夹馍 (Rou Jia Mo – petite sandwich de viande). J’ai opté pour le 砂锅麻食. On en redemanderait presque. Bon ap!

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Qu’est ce qu’on mange

Reprise de la rubrique gastronomie avec un classique de la Chine : le marché de nuit. Je vais donc plus vous parler du marché en lui même plus que de ce que nous avons mangé (peu d’intérêt).

Samedi dernier, mon amie Belge (Sarah) et un de ses amis fraichement naturalisé Anglais (ancien natif de 西安 – Xi’an) Long, sommes sortis de bar (reportage à suivre puisqu’il s’agissait non moins d’un cabaret gay…haut en couleurs et en amusement) vers 2h30 du matin. La faim nous tenaillant, nous avons donc décidé de nous restaurer. 3 possibilités s’offraient à nous :

  • Les fast food (KFC, Mc Donald…) ouverts 24h/24 => HORS DE QUESTION!
  • Les vendeurs ambulants de 包子 (Bao Zi) et de 麻辣串 (Ma La Chuan – Brochettes diverses bouillies au piment) => trop sale pour Long!
  • Le marché de nuit => Banco.

Direction donc le marché de nuit près de  和平路 (He Ping Lu – La rue de la Paix) . 5 minutes de taxi et nous y sommes. Classiquement, le marché de nuit est avant tout un marché « gastronomique » où l’on se ballade en savourant d’innombrables 小吃 (Xiao Chi – « Petites bouchées »). Généralement, dans les petites villes, ces marchés ferment vers minuit, les chinois étant plutôt du matin. Mais dans de nombreuses villes « modernes » comme 西安, on trouve encore un marché de nuit version « all night long », avec son énergie, sa frénésie.

La poubelle, une incontournable!

La poubelle, une incontournable!

Pour ce qui est du marché de nuit de 西安, celui-ci ne s’avère pas bien étendu et se résume en un alignement de restaurants-gargottes proposant tout type de nourritures, des nouilles au riz sauté en passant par les fruits de mer et les brochettes en tout genre. Pas classe, encore moins classieux mais efficace avec son armée de rabatteurs qui te prennent par le bras pour t’attirer vers leur échoppe. L’alcool aidant je ne peux refréner un fou rire et commence à tailler un bout de bavette avec les serveurs.

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On finit par s’attabler et commandons à la volée des 炒面 (Chao Mian – Nouilles sautées – 12Y), des 炒饼 (Chao Bing – Crêpe sautée – 12Y), 20 brochettes et du poulet en sauce (50Y). Le tout arrosé de 3 bouteilles du soda local, la 冰峰 (Bing Feng – Sommet glacé), comparable à du Fanta. En raison de la situation plus centrale du marché, du caractère tardif de la commande, les prix en prennent un coups vu que généralement, un plat de 炒面 dépasse rarement les 9Y en temps normal. Nous avons eu en tout pour 100Y tout rond.

La commande s'avère musclée

La commande s’avère musclée

Pour l’instant vous allez me dire : « C’est bien banal tout ça! », et je vous l’accorde. Sauf que l’on est en Chine et que l’on n’est jamais à l’abri d’une bonne chinoiserie susceptible de choquer les esprits non avertis (et non « invertis »). Au moment où nous passons commande en effet, 2 cuistos s’assoient à nos côté et renversent, à même le sol, le plein contenu d’une caisse de polystyrène. Et voici ce que celle-ci contient :

Une attaque de 小龙虾

Une attaque de 小龙虾

L’invasion des écrevisses (小龙虾 – Xiao Long Xia) ! Et vivantes s’il vous plait! Mine de rien, il se sont posés juste à côté de nous histoire de faire le tri des écrevisses vivantes des mortes. Y’en avait partout qui tentaient de s’enfuir, vite rattrapées puis dépecées. Et puis vas-y que je te fais ça à même le sol tant qu’à faire, sans protection ni quoi que ce soit! Lestement étalées au sol par les pieds « délicats » de nos charmants cuisiniers, le spectacle s’est répété 3 fois de suite. Déjà que la région du 陕西 (Shaanxi) n’est pas réputée pour ses cours d’eau, mais si en plus les fruits de mer que tu fais venir des autres régions de Chine sont traités de la sorte, on ne s’étonnera pas que je ne souhaite pas y toucher le moins du monde. Bref, c’était assez cocasse dans l’ensemble et j’ai même eu le droit à une « blague » du genre : « Ne les prend pas en photos sinon les écrevisses vont te mordre« …LOL… (ou pas!). Ça me rappellera toujours celle que me faisait mon grand père quand on faisait un barbecue, m’interdisant de regarder les braises au risque de faire pipi au lit…(n’importe quoi!).

Je vous laisse en tout cas juger par vous même de la technique de tri des écrevisses en Chine. Nous avons finis repus tandis que notre repas était accompagné d’un André Rieu local particulièrement collant ( signification : joueur de violon casse couilles et à mélodies convenues!). Il était grand temps d’aller se coucher.

MIAOU!

MIAOU!