La Chine qui dort

Comme dans tout pays que l’on considère comme « étranger » (vu que ce n’est pas chez nous, tiens!), il convient de découvrir et de s’adapter rapidement à un environnement, aux us et coutumes souvent forts différents de ceux de notre mère patrie. La Chine ne fait pas exception, et je dirais qu’elle renforce cette impression. Tant de gens semblent blasés, déçus voir haineux de ne pas avoir trouvé leur place en Chine. Ces gens sont ainsi prompt à cracher leurs ressentiments directement à la face des chinois et de la Chine : « Pourquoi ne me comprennent-ils pas ? » « Pourquoi ne font-ils pas l’effort d’essayer de faire comme NOUS, les Européens, LE standard de tout mode de vie ?« . C’est vrai après tout, pourquoi se remettre en question quand on débarque dans un pays étranger, qui plus est est doté d’une population de près d’un milliard et demi de gens ? Ce n’est pas comme si on avait la même exigence à l’égard des milliers d’immigrés qui aspirent à vivre en France… Bref, je ne m’égare pas plus longtemps, puisque initialement je souhaitais vous parler du rapport des chinois au rythme de vie, au sommeil, au « farniente », à la sieste, bref, à toutes activités particulièrement productives!

Les chinois à l’heure anglaise

A bien y réfléchir, la Chine et l’Angleterre partagent plus d’un point commun. Pour ce qui intéresse mon post, j’en retiendrais deux : le thé et un caractère de « lève-tôt ».

Revenons sur ce dernier critère. Ne trouvant pas mes mots, voilà ce que j’entends par « lève-tôt » : une propension à commencer très tôt une journée, provoquant ainsi une prise des repas également très tôt. Vous ne comprenez pas ? Plus simplement : en Chine, on mange tôt! Voire très tôt…même trop tôt!

J’ai effectivement pu constater que la société chinoise était plutôt habituée un démarrage très matinal contrairement à certains pays européens comme l’Espagne par exemple, où l’on n’hésite pas à prendre le petit déjeuner entre 10h30 et 11h. La nouvelle génération chinoise fait un peu tomber mon constat à l’eau, puisque la jeunesse chinoise est aussi friand du « couche tard, lève tard » (ça a un côté rebelle aussi), mais en gros, une journée en Chine commence très tôt le matin. J’en veux pour preuve, la majorité des bui-bui et autres échoppes mobiles qui s’installent sur le macadam et ouvrent leurs portes dès 5h du matin afin de rassasier les premiers travailleurs se rendant au boulot. Donc oui, en Chine, tout se passe plutôt que chez nous.

On me reprochera un raisonnement empirique, et je l’assume tout à fait : les « vérités » populaires et la réalité du quotidien ne se trouvent pas dans de savants calculs ou autres traités philosophiques (sagement planqués dans une bibliothèque poussiéreuse), non!

Quand je me rends tous les jours en cours et que je m’aperçois que certains prennent leur déjeuner dès 10h45, c’est bien parce que la journée a commencé très très tôt. Globalement et du point de vue de la restauration, un service « déjeuner » débute vers 11h pour atteindre le pic de fréquentation à 12h-12h15, jusqu’à la fin du service vers 13h. C’est très court mais comme je le disais déjà, les chinois mangent à la vitesse de la lumière et le turn-over est donc énorme en terme de clients/gourmands. Combien de fois je ne me suis pas retrouvé dans le noir à la cantine, à 12h45, parce que les serveuses éteignaient la lumière  pour faire partir les derniers étudiants ? C’est dire…

Pour ce qui est du diner, c’est pareil! Tout commence à partir de 17h! Quel ami chinois ne m’a pas appelé vers les 17h – 17h30 pour me demander si je n’avais pas mangé ? A ma réponse négative, ils me répondaient qu’ils avaient déjà diné…à 17h30! Voilà bien un rythme auquel je ne me suis toujours pas habitué, mais qui ravirait certainement les habitudes cloisonnées de mon cher papa ^^ . Et dans la majeur partie des petits restaurants, si vous débarquez après 19h30, vous pouvez être sur que la moitié de la carte des plats ne sera plus disponible car votre arrivée est un peu tardive pour le cuistot.

En France, tu vas en boite de nuit à 00h ? En Chine, la soirée au bar-karaoké (KTV) commence à 20h!! C’est encore quelque chose qui m’hallucine (mais que je respecte): un rythme de vie donc un peu décalé par rapports aux us méditerranéens  (dont je me revendique un peu).

Mais pourquoi est-ce que je vous parle de tout ça après tout ? D’une part, pour vous éclairer (bande d’ignares!) sur un certain point de la vie quotidienne de très nombreux chinois. D’autre part, comment vous croyez que les chinois tiennent de 6h du matin jusqu’à 22h-23h ?

La sieste : une institution culturelle

En Europe, notre perception biaisée des Chinois se traduit jusque que dans certaines expressions comme « Travailler comme un Chinois » pour exprimer un travail long, fastidieux et souvent peut rétribuant . Nous avons un peu l’image de Chinois comparables à des machines, déshumanisés et travaillant tous à la chaine. Dans certains cas, et c’est particulièrement regrettable, c’est une réalité (Usine Foxxconn dans le Sud Est etc.) mais qui en masque une autre. Les chinois ne sont pas fainéants mais ils assument un moment de leur journée qui pour nous, occidentaux, est le parfait symbole du lambin, du fainéant, à savoir : la sieste.

Car pour tenir une journée qui commence très tôt et se terminant bien après le couché du soleil, les chinois ont bien compris qu’un temps de repos était nécessaire pour assurer une productivité, une efficacité (au travail mais pas seulement) dans le déroulement de la journée. Je soupçonne que cette habitude doit être rattachée à un précepte de médecine chinoise, mais je n’en suis pas certain. Après le repas, la digestion accaparant une grande partie de notre énergie, il n’est pas anormal de se sentir « fatigué » et d’avoir envie de piquer un somme. Hé bien les chinois ne se gênent pas pour le faire!

Mes amis chinois à l’université m’ont toujours dis qu’ils devaient faire une sieste après manger, avant de commencer les cours de l’après midi, sinon « ils sont trop fatigués »! CQFD! Personnellement, je pense la même chose mais durant mes années de travail en tant que juriste, cette idée ne semblait pas faire l’unanimité au sein de la direction des RH….allez savoir pourquoi ; cela ne m’empêchait pas pour autant de piquer un roupillon après un déjeuner fort en émotions ^^.

Mais les chinois ne semblent pas se contenter de la sieste car en cas de « blanc » dans leur journée, nombreux sont ceux qui n’hésitent pas à piquer un roupillon, à toute heure!

Scène de romance en plein centre commercial

Scène de romance en plein centre commercial

En Chine, on mange à toute heure mais on dort également à toute heure. Si bien que je n’ai pas été surpris de voir certaines personnes dormir (ou continuer leur nuit) dès potron-minet. Et je m’étonnerai toujours aussi de cette faculté que certains ont pour dormir, entourés d’une foule oppressante et turbulente.

Au départ pour 十堰 (Shiyan) en gare de 西安 à 8h30 du matin!

Au départ pour 十堰 (Shiyan) en gare de 西安 à 8h30 du matin!

Et en plus de dormir à tout moment de la journée, certains chinois (j’évite les amalgames, hein ?!) ont également une faculté à dormir dans des positions les plus improbables qu’il soit. Ce qui les rend ainsi adaptés au transport en train durant de très longues heures. Ces scènes de vie me paraissent tellement touchantes même si je ne peux réfréner un petit sentiment de pitié quand je vois certaines positions inconfortables : leur repos en est-il vraiment un, entre les chaos du transport et le foule environnante ?

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Dans certains cas, cela peut parfois s’avérer assez drôle voire mignon. Quoiqu’il en soit, les chinois et leur façon de vivre me feront toujours autant sourire tant d’amusement que de plaisir, à voir un peuple vivre différemment de nous, et de le vivre loin des poncifs misérabilistes de certains européens peu enclin à comprendre les charmes et mystères cachés de la Chine. Tant pis pour eux car personnellement, mon amour pour ce pays est renouvelé chaque jour…et à la moindre occasion, fusse-t-elle aux yeux de certains, complètement anecdotique. Preuve en est, je vous ai tenu en haleine sur le seul thème de la sieste en Chine ^^.

Pour le mot de la fin, je laisserai la parole à mon compagnon de voyage, lors de mon retour de 十堰 après le nouvel an. Train de nuit de 00h30, 7h de trajet assis.

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« Foutez moi la paix, je dors! » (traduction approximative)

Le nouvel an chinois vu de l’intérieur I : embarquement pour 十堰 (Shiyan – 湖北)

Occasion m’a été donnée, cette année, de participer aux célébrations du nouvel an chinois EN Chine même! Le calendrier lunaire étant légèrement différent du calendrier grégorien (sur lequel le gouvernement chinois se base néanmoins), la date du nouvel an « chinois » ou plutôt la « Fête du Printemps » (春节 – Chun Jie), varie chaque année. Cette célébration est également placée sous le signe d’un « animal » du folklore chinois, susceptible de symboliser un certain nombre d’augures plus ou moins favorables selon le point de vue. Cette nouvelle année a démarré le 31 janvier 2014, et c’est donc l’année du Cheval. Enfin, il convient de rappeler que  cette période de l’année est considérée comme le plus grand déplacement de population au monde

Je résume beaucoup car finalement cette petite introduction peut être complétée par une recherche simple sur internet : ici, ou encore et … Bref, mon récit ne tire pas son intérêt du nouvel an même, mais plutôt de son vécu. Car contrairement à l’année dernière, j’ai eu cette précieuse occasion de participer au nouvel an chinois et ce, avec un ami chinois au sein de famille. Pour vous faire une idée, c’est comme si un étudiant asiatique venait en France passer Noël et le Nouvel an au sein d’une famille française. Une expérience riche en couleurs, saveurs, anecdotes, que sais-je encore ; une magnifique expérience humaine…mais n’en disons pas plus!

 

Opération kamikaze : prenons le train pour aller rejoindre mon ami

Ce qu’il faut savoir sur le train en Chine, j’en ai déjà parlé à plusieurs reprises ici et, mais les contraintes du train sont « théoriquement » multipliées par 10 pendant les périodes du nouvel an chinois. L’accès à des billets en avance étant limité à 15 jours en Chine, dès l’ouverture à la vente des billets à J-15 du Nouvel an, tout part en une fraction de seconde et certaines personnes viennent jusqu’à se positionner la veille devant les guichets pour être sur d’être servi.

No comment….

L’année dernière, le site internet officiel de vente en ligne avait fait plus de mécontents que d’heureux. Acheter un billet de train me donnait donc des sueurs froides par avance. J’ai pensé aux bus long distance, mais je suis moins à l’aise pour ce type de transport, les villes chinoises regorgeant de gares routières toutes spécialisées dans une direction géographique bien précise. De plus, les billets n’étaient ouvrables que J-5, pire que le train. Pour ce qui est de l’avion, la ville de destination étant dépourvu d’aéroport, le prix des billets en général…et la distance de 400 km avec 西安 (Xi’an) ne me permettait pas non plus de prendre cette alternative au sérieux. Donc le train…

Je tente d’acheter un billet sur le site dédié : http://www.12306.cn/mormhweb/ . Pas de version en anglais, mais mon niveau de chinois me permet aisément de naviguer dessus (ouais, je me la pète grave, mais « je te merde » en même temps, comme dirait l’autre^^). Pour les amateurs, il convient d’ouvrir ce site en précisant bien sur votre navigateur (Internet Explorer, Chrome etc…) qu’il s’agit d’un site de confiance, sinon vous ne pourrez pas procéder à quelconque achat. C’est dire l’amateurisme du département ferroviaire quand à la conception du site…bref!

A mon grand étonnement, j’arrive parfaitement à acheter un billet assis, pour le 24 janvier 2014, direction la ville de 十堰 (Shiyan) dans le 湖北 (Hubei). Mais quelque chose me dit que je ne serais pas seul dans cette aventure.

La salle d'attente avant embarquement

La salle d’attente avant embarquement

C’était jaune noir de monde comme vous pouvez le constater. La bonne nouvelle, c’est que le train démarre depuis 西安 (Xi’an), ce qui veut dire que toutes les places sont libres avant embarquement, et qu’il n’y aura pas à jouer des coudes avec d’éventuels passagers déjà installés, un moindre mal.

On s’était dit rendez vous à 十堰

La ville de 十堰 (Shiyan) se trouve dans la région juste au sud du 陕西 (Shaanxi), c’est à dire le 湖北 (Hubei « Au nord du Lac »).

Ville de l’extrême Nord-Ouest du Hubei (http://www.chine-informations.com/guide/hubei_1860.html)

C’est parti donc pour 7h de train pour effectuer un peu plus 400km… . Voyage sans encombre mais une nouvelle fois, en tant que curiosité du wagon, un des passagers ne m’a pas lâché la jambe. Impossible de se reposer, obliger de faire semblant d’écouter ce qu’il avait à dire, d’autant plus que qu’il parlait suffisamment fort pour attirer l’attention des autres passagers (qui par la teneur de la conversation et le volume, ne pouvaient être qu’intéressés). J’ai du batailler avec les classiques interrogations du : « Est-ce que tu es marié ?« ,  » Tu es habitué à la nourriture chinoise ? » etc. mais j’ai aussi du batailler avec un interlocuteur donc l’accent du 湖北 (Hubei) était particulièrement prononcé, et me donnait l’impression de rarement comprendre ce qu’il disait. Quoiqu’il en soit, je ne me faisais pas d’illusion sur le fait de passer un trajet plus tranquille, c’est la « chinese touch«  : curiosité + générosité X culot + indélicatesse ^^ (J’adore perso).

La gare de 十堰 (Shiyan)

La gare de 十堰 (Shiyan)

Une fois arrivé, mon ami danseur 盼盼 (Panpan) originaire donc de la ville, vient me chercher avec sa soeur (fausse jumelle), pour me déposer à l’hôtel et me reposer… Durant le trajet en voiture, j’ai le plaisir de découvrir une ville vallonnée, ce qui tranche radicalement avec ma ville de 西安 (Xi’an) désespérément plate.

Le repos sera de courte durée puisque je suis ensuite présentée à la famille qui habite un immeuble proche de l’hôtel, et qui se tient à l’extérieur tout en grignotant d’inombrables graines de tournesols en se chauffant autour d’un petit foyer au charbon. Le temps est étrangement doux et sec, et l’on peut presque sentir les prémisses printanières annonciatrice du nouvel an chinois.

Peu de mots sont finalement échangés, la curiosité doublée d’une dose de timidité réciproque (rapidement brisées) en étant la cause principale.

Le soir je suis invité à festoyer (diner et boire) chez la grand-mère de Panpan qui habite également non loin. Nous sommes désormais considérés comme une région du « Sud », si bien que le chauffage central ou au gaz n’est plus déployé aussi systématiquement que dans le « Nord » dont 西安 (Xi’an) fait parti. Quoiqu’il en soit, la famille de Panpan semble vivre dans un cadre de vie assez modeste et humble, soulignant ainsi sa générosité et son sens de l’accueil, le chauffage étant un confort plutôt secondaire (mais existant toutefois).

Rudimentaire mais convivial, et c'est bien l'essentiel

Rudimentaire mais convivial, et c’est bien l’essentiel

Le diner se prendra à l’heure chinoise (c’est à dire entre 18h et 18h30) et sera copieusement arrosé de 白酒 ( Bai Jiu- alcool blanc). Il ne s’agit pas d’un alcool en particulier mais plutôt d’une catégorie d’alcool dit « blanc » est qui peut être à base de riz, de blé, de sorgho etc. En l’occurrence, c’était de l’alcool de canne à sucre (甘蔗 – Gan Zhe) distillé maison (et stocké dans un jerrican de 5L…des malades!). Sans surprise, ça déchausse les dents et détache l’œsophage au passage, mais c’est à ce moment là que j’ai marqué les points les plus importants auprès de sa famille, quand ils se sont aperçus que je savais boire, et que j’enquillais les verres sans broncher. La curiosité a été remplacée par une sorte d’admiration (j’ose le mot)! Et à partir de là, tout était lancé, je faisais parti de la famille (ça se paie cher quand même ^^). Ils ne se doutaient pas non plus que j’avais un excellent coup de « baguettes  » (bah oui, on peut pas dire « coups de fourchette », suit un peu!)

A l'attaque!!

A l’attaque!!

En vrac (et en résumé), vous trouverez des oreilles de cochons en fines lamelles vinaigrées, des œufs de 100 ans, des tranches de concombres, des tranches de lard très gras et sautées aux oignons, des tranches de rhizome de lotus, des pousses de soja, des ligaments de cochons en sauces …. . Un pur délice et ça a tout autant étonné la famille de Panpan que je sois aussi familier avec ce type de gastronomie (introuvable dans les restaurants dit « chinois » en France).  Double ration de « bons points » et une panse explosée seront le résultat de cette première soirée à 十堰 (Shiyan)…et ça ne sera pas la dernière à finir ainsi, loin s’en faut 🙂 .

A suivre… (mieux que « Game of Thrones »…avoue!)

« Vis ma vie » pendant la Golden Week en Chine (Part I) : 南京路 &七宝 (Shanghai 上海)

Les vacances de la seconde période de « Golden Week » ont commencé officiellement le 1er octobre 2013 et se termineront donc le 7 octobre inclus. Ces vacances sont offertes par le gouvernement chinois sur la base de la journée du 1er octobre, en l’honneur de la fondation de la République Populaire de Chine suite à un grand discours de Mao sur la place 天安门 (Tian An Men – La paix céleste). Pour mieux comprendre ce qu’il retourne durant cette période, je vous fais suivre un article court mais explicite sur le sujet. Pour les aficionados d’explications plus historiques, je transmets également un petit rappel historique « Made in China » (comprendre: écrit par le Gouvernement Chinois himself).

Durant cette période de « vacances nationales« , les chinois sont donc très nombreux à voyager : les billets de tous types de transports sont écoulés en très peu de temps, les réservations d’hôtels sont complètes, les sites touristiques sont sur-blindés…bref, c’est exactement le type de période pendant laquelle il est fortement déconseillé de venir en Chine pour visiter, et toutes agences de voyage confirment ce point. Pour les résidents étrangers, il est souvent conseillé de rester dans la ville où l’on demeure histoire de ne pas trop vivre ce calvaire du voyage « à la chinoise« . J’ai donc décidé de faire tout le contraire et de me rendre dans un des lieux les plus visité de Chine : la ville de 上海 (Shanghai) et ses alentours, histoire de vivre un peu plus la Chine de « l’intérieur« .

Aidé par mes amis habitants en Chine, j’ai donc pu avoir un billet d’avion depuis 西安 (Xi’an) pour 上海 (Shanghai) le 1er octobre 2013. La journée du 2 octobre a donc été consacrée a l’achat de billets de trains pour rejoindre 南京 (Nan Jing) à compter du 3 octobre. En effet, ce n’est plus la première fois que je viens à Shanghai que je considère plus comme une étape de repos plus qu’une étape touristique. Mais cette fois-ci, c’était la bonne occasion pour se rapprocher de 南京 (Nan Jing), à seulement 1h30 de train. Pour acheter ce fameux billet de train, un ami et moi même devons traverser la célèbre grande avenue commerçante, 南京路 (Nan Jing Lu – Rue Nanjing). Et je n’ai pas été déçu par ce que j’avais lu sur le fait que les chinois se déplaçaient en masse pendant cette période de l’année :

Où est Charlie ?

Où est Charlie ?

On peut vraiment dire « Ils sont partout »! A croire que la Chine s’est donnée rendez-vous sur cette gigantesque artère. Mais ce n’est même pas le pire. Les artères adjacentes sont étonnamment « peu » occupées et nous nous échappons rapidement vers l’une d’elle pour acheter les billets de train. Nous croisons évidemment de nombreux vendeurs ambulants dont l’un d’eux propose des jus de grenades ou de canne à sucre.

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L'équivalente de nos "Agence SNCF"...

L’équivalente de nos « Agence SNCF »…

Les billets pour 南京 (Nan Jing) n’étant pas achetés en gare, il convient de majorer le billet de 5Y. C’est le même système quand vous achetez vos billets sur internet et que vous venez les retirer dans une de ces guérites.

Billet Shanghai Nanjing

Formalités terminées, nous nous engageons dans les tunnels du métro, archi-bondés au niveau du centre de 上海 (Shanghai), direction l’Ouest de la ville, près de l’aéroport de 虹桥 (Hong Qiao). Apparemment peu glamour, il existe pourtant un quartier donc l’architecture ancienne a été préservée (accès : métro ligne 9, direction « 松江南站 » Songjiang South Railway Station). Ce quartier, appelé 七宝 (Qi Bao – Les Septs Trésors) borde un des canaux qui rejoint le fleuve 黄埔 (Huang Pu) et a conservé ses petites ruelles bordées d’échoppes, hélas toutes rompues à un tourisme de masse et donc « sans âmes ». Mais là encore, le premier des constat est bien le nombre impressionnant de visiteurs au point que nous restons bloqués au beau milieu du petite ruelle. En effet, les gens s’arrêtant de toute part pour grignoter ou pour observer quelques curiosités culinaires (les œufs de cailles cuits sous un dôme de croute de sel par exemple), les déplacement sont rapidement impossibles.

No comment!

No comment!

Encore une fois, on vit avec les Chinois le quotidien des Chinois et on est obligé de garder son calme. Néanmoins prenant le précepte suivant à la lettre (入乡随俗 – Ru Xiang Sui Su – « A Rome fait comme les Romains »), je suis sans pitié quand il s’agit de doubler, de bousculer dans ménagement ou encore de ne pas faire la queue. Et c’est un grand conseil que je donne à ce qui passent ne serait-ce que quelques jours en Chine : il ne faut pas se laisser marcher sur les pieds, tout en restant respectueux. Véritable numéro d’équilibrisme transculturel, c’est la clef pour survivre au quotidien! Le poids du nombre est tel en Chine que si vous ne vous imposez pas sous prétexte de quelconque galanterie ou savoir vivre, vous n’obtiendrez tout simplement rien.

Le quartier de 七宝 (Qi Bao) se révèle toutefois très plaisant à la vue, et on l’on retrouve quelques paysages particulièrement insoupçonnés pour Shanghai.

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Deux heures auront toutefois suffit pour venir à bout de ma patience et nous décidons donc de rentrer sous un ciel menaçant afin de nous reposer et de nous restaurer en préparatif de la journée du lendemain, direction 南京 (Nan Jing).

Bienvenu dans le Jiangxi (江西) : la montagne Lu Shan (庐山)

S’il est vrai que je prends beaucoup de plaisir à visiter des coins de la Chine où la présence de touristes (aussi bien étrangers que chinois) est faible, je garde toujours dans un coin de ma tête la possibilité de visiter un site classé patrimoine de l’UNESCO (tant qu’à faire)! La Chine en dispose pas moins de 43 selon le dernier classement de l’UNESCO. Suivant mon raisonnement, je savais donc qu’en arrivant dans la ville de 九江, nous ne serions pas loin du site de 庐山 (Lu Shan, prononcez « Lou Shanne »).

Traduit en français, il s’agit de la « montagne Lu ». Mais comme très souvent en Chine, les Chinois ont tendance à appeler « montagne » ce qui s’avère être en réalité un parc forestier national et c’est bien le cas de 庐山. La visite de ce parc est donc au programme pour notre 3e jour dans le 江西 (Jiangxi).

Levée aux aurores pour prendre le bus à la gare routière, qui se trouve juste derrière la gare ferroviaire. Ticket : 15Y pour 40 minutes de trajets. ATTENTION : il existe une station de train qui s’appelle 庐山站 (Lu Shan Zhan), juste à côté de la ville de 九江. Le billet coute 5,5Y et le trajet 11 minutes mais il s’agit de la ville du même nom et qui est toute aussi éloignée du parc forestier que la ville de 九江. Si vous suivez cet itinéraire, vous devrez de toute façon reprendre un bus pour vous mener sur le parc de 庐山.

Les tarifs à l’entrée du site sont les suivants :

Une fois acquitté du prix, on remonte en bus pour nous amener véritablement à l’entrée du parc qui va s’avérer GI-GAN-TESQUE! Après 5 minutes, le chauffeur arrête le véhicule, et propose à ceux qui le souhaitent de descendre pour louer les services d’un taxi dont le tarif est fixé forfaitairement. On décide de tenter le coups, vu l’étendu du domaine. Mais ça sent la « traditionnelle » magouille à la chinoise: le conducteur est certainement de mèche avec la rabateuse qui nous attend à la sortie du car, qui elle même négociera pour le taxi qui attend à 10 mètres de nous (vous suivez ?). Sans être fondamentalement de l’arnaque, c’est un peu moyen mais bon, dès fois faut jouer le jeu. Et contre mauvaise fortune, bon coeur : on a un véritable chauffeur privé qui nous indique les points les plus importants à visiter en 1 journée. Chaque fois que nous terminons une visite, on lui passe un coups de fil (en fait, c’est mon compagnon de route 刘帅 qui s’en chargeait, faut pas déconner), et hop il venait nous chercher. Le tout pour 130Y la journée. Chère mais pratique!

Le lac principal

Le lac principal

Pour la petite histoire, il paraît que Mao s’y baignait très fréquemment, ce qui donne à cette étendue un caractère quasi « mythique » (ou pas!). En contre-bas de ce lac, on accède une petite forêt qui donne sur de petites cascades splendides!

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Le bassin du Dragon Jaune

Le bassin du Dragon Jaune

Là aussi, pour la petite histoire, il ne faut pas s’y laver les mains car cela porte malheur. Ne me demandez pas pourquoi, j’ai pas vraiment compris la raison. Le peuple chinois, derrière son tempérament très pragmatique et « terre à terre » nourrit un lot de superstitions assez impressionnant! Mais dirigeons nous vers les hauteurs maintenant.

Après une petite session de conduite, nous entamons la montée (bitumée) de 含鄱口 (Han Po Kou), là aussi bordé de forêts. Et les premiers paysages des montagnes environnantes nous apparaissent enfin.

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含鄱口

含鄱口

Le temps d’une petite pause déjeuner avant de commencer à redescendre tranquillement, toujours en traversant une forêt très peu fréquentée. Arrivé en bas, avant d’amorcer une grosse montée (bien que toujours bitumée), on décide d’aller se tremper les pieux (comme des gueux) dans le cours d’eau bordant la route! Particulièrement rafraichissant vu que l’on a évolué toute la journée sous le cagnare (33°C à l’ombre…y’avait pas d’ombre!).

Là, on ne cherche plus de poissons!

Là, on ne cherche plus de poissons!

Entamons maintenant l’ascension pour accéder à l’entrée de 五老峰 (Wu Lao Feng – « les 5 vieux sommets »). Nous croisons par la même occasion l’accès à de grandes chûtes d’eau, hélas payant (25Y par personne). Peu cher à première vue, mais le site de 庐山 a la désagréable particularité de faire payer, en sus du billet d’entrée global, un certain nombre d’accès à des sommets ou points de vue remarquables. Selon certains dires, si l’on s’acquitte de tout, on frôle une addition de 600Y, soit plus de 70€. Donc, non merci.

Nous arrivons enfin à l’entrée des 5 sommets en question.

La montée avec escaliers va s'annoncer terrible!

La montée avec escaliers va s’annoncer terrible!

Entre l’entrée et le dernier sommet, il y’a presque 6km de distance sachant qu’entre le 4e et le 5e c’est presque 1,5km d’écart. Le plus dure sera d’atteindre le 1er sommet, ensuite les suivants sont assez proches. Mais à chaque fois la vue s’embellit, donnant directement sur le plus grand lac d’eau douce de Chine, le 鄱阳湖 (Po Yang Hu).

Vue depuis le 1er sommet

Vue depuis le 1er sommet

Vue du 3e sommet

Vue depuis le 3e sommet

 

 

 

 

 

 

 

 

Vue depuis le 4e sommet

Vue depuis le 4e sommet

C’est tout de même époustouflant! N’ayant pas le temps d’atteindre le 5e sommet, nous descendons en toute hâte pour rejoindre notre chauffeur quelques kilomètres plus bas. Ayant fait exprès de rater notre bus touristique, dont le départ était pour 16h30, le taxi nous a donc déposé devant de petites camionnettes, stationnées à l’entrée du site de 庐山, qui faisaient la liaisons jusqu’à 九江, pour 20Y par personnes.

Cela confirme ce que me disait le tenancier du café « stylisé » à la française que j’ai rencontré en centre ville de 九江 : il faut au moins 3 jours pour visiter tous les sites de 庐山. Il n’avait pas tort le bougre, mes jambes en sont témoin. Mais c’est sur, j’y reviendrais.

Bienvenu dans le Jiangxi (江西) : la ville de Jiujiang (九江)

Voici la raison pour laquelle j’ai aussi expérimenté une petite traversée du territoire chinois en train : découvrir la ville de 九江 (à l’occasion) des célébrations de 端午节 (Duan Wu Jie – « Fêtes des bateaux dragons »). Bénéficiant de 3 jours de congés (dont 2 jours avaient été rattrapés le week end précédent), moi, 刘帅 et mon camarade Tchèque 施文, nous nous sommes embarqués dans un voyage de 18h30 de train pour rejoindre une région assez méconnue et plutôt pauvre qu’est le 江西. Pourquoi cette région ? Honnêtement, je l’ai choisi un peu au pif, du moment que nous étions proche d’un point d’eau. Le fait aussi que ce soit une région relativement peu touristique m’a également séduit. Je dois vous avouer que je n’ai pas été déçu le moins du monde, j’ai même été particulièrement conquis par la quiétude et la beauté de la ville de 九江 (Jiu Jiang).

Bon, 1er étape : sortir de la gare et rejoindre à pied notre hôtel, au bord du lac 🙂

La gare de 九江...admirez l'architecture

La gare de 九江…admirez l’architecture

Nous bordons un lac assez étendu mais qui crée immédiatement une atmosphère très paisible et très verte par la multitude de platanes (appelés en chinois les « arbres français ») source d’ombre, plus que bienvenue. Tout au long des rives du lac, on croise de nombreux pêcheurs à la ligne ainsi que des « pêcheurs » de coquillages et autres crustacée. 刘帅 n’a alors pu s’empecher de faire comme eux et de s’approcher du bord pour saisir, sans rien d’autre que ses mains, une écrevisse! Bluffant!

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"T'as le bonjour du Capt'ain Crabs!" (presque)

« T’as le bonjour du Capt’ain Crabs! » (presque)

Une fois reposé, mon camarade Tchèque et moi-même entreprenons un petit tour de la ville de 九江 qui ne se distingue pas énormément des autres villes chinoises à vrai dire. Mais elle jouit tout de même d’une situation géographique assez prompte à la rendre singulière : au Nord, le fleuve Yangtze (长江 – Chang Jiang), au Sud le lac Gantang. La population est aussi moins nombreuse et moins « dynamique » que celle des grandes villes chinoises. Si bien que dans certains quartiers, on peur réellement se « balader » s’en être bousculé en permanence. On peut flâner quoi! J’ai même aperçu des configurations de ruelles faisant typiquement penser à nos passages commerçants.

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A la balade s’ajoute l’observation des scènes de vie quotidienne chinoises par excellence :

Calligraphie à même le sol et à l'eau

Calligraphie à même le sol et à l’eau

Le coiffeur de rue - Coupe à moins de 10Y

Coiffeur de rue – Coupe à moins de 10Y

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voilà bien ce que j’aime en Chine : les gens se laissent vivre de façon fort simple.

Le lendemain, sous un ciel bleu et un soleil écrasant, nous nous sommes tous dirigés sur les bords du Yangtzé, histoire de voir un peu la Bête! Il faut convenir que c’est assez impressionnant, ne serait-ce qu’en apercevant la taille des bateaux qui naviguent dessus ; on se demande comment la coque ne touche pas le fond. Le spectacle reste époustouflant!

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On profite également du beau temps pour visiter une petite pagode adossée au fleuve (à ne pas confondre avec le Temple de 能仁, sur le bord du lac du centre ville). Là aussi, ne serait ce que pour la vue sur le fleuve (surtout par beau temps), cela vaut le coups d’y laisser 20Y de ticket d’entrée (demi-tarif…pour les natifs!).

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Belle surprise que cette visite de la ville, même si j’ai tout de même peine à croire qu’il y’a 4,5 millions d’habitants selon le dernier recensement. Je suppute des quartiers neufs placés un peu partout autour de la ville. Le plus étonnant c’est que j’ai réussi à trouver un café qui venait juste d’ouvrir ses portes, tenu par un Chinois qui avait étudié 5 ans le français en France. Le plaisir de déguster un bon verre de rouge en terrasse, en plein 九江, ça n’a pas de prix (si en fait : 50Y la demi-bouteille)!

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Découvrir la Chine par le voyage en train

Vivre en Chine c’est un peu la re-découvrir chaque jour! Vivre « la » Chine, c’est se remettre en cause en permanence : accepter l’inconnu, appréhender le différent et surtout comprendre. Au quotidien, c’est un exercice permanent mais certains évènements permettent aussi d’avoir un éclairage un peu différents que les expériences du quotidien (voire les tracas).

Voyager en train, c’est être au plus près des chinois. Derrière ce poncif (fort lourd je vous l’accorde mais bien réel), se cache une forme de réalité quotidienne des Chinois. Le transport ferroviaire est LE transport chinois par excellence tant son réseau est particulièrement développé et son accès abordable, d’un point de vu tarifaire. Même si l’avion prend un place de plus en plus conséquente, le train garde la préférence de la population et ce pour plusieurs raisons :

  • Le prix : très variable en fonctions des classes (cela va du ticket « debout » au confort de la cabine VIP 2 places avec WC privatifs), il en reste pas moins particulièrement compétitif. Par exemple : 西安 ->上海 (Xi’an jusqu’à Shanghai) 180Y en place assise soit 20€ pour 14h de train et 1 600 km.
  • Les bagages : les Chinois ont pour habitude de transporter beaucoup de choses quand ils voyagent : souvent des denrées alimentaires, des boites de gâteaux en tout genre, de la farine, des jerrican d’huile de cuisine etc…! J’ai toujours été extrêmement impressionné par cette capacité (et cette volonté) de transporter « un peu » tout et n’importe quoi. De vraies mules à 2 pattes! Le contrôle du poids n’étant pas (encore) de mise dans les trains, ils ne se privent donc pas contrairement au transport aérien.
  • La convivialité : et c’est sur ce point que j’appuierai tout particulièrement. Même si les chinois ont tendance à accepter d’endurer les pires conditions de transport, ils n’en restent pas moins très attachés à une forme de « mode de vie » très interactive: on regarde ce que lit le voisin, on regarde la rangée d’à côté qui joue au carte, on se lève pour fumer ou remplir son bol de nouilles instantanées, fraichement acheté au vendeur ambulant etc… Choses quasi impossible dans un avion où tout semble plus oui moins aseptisé.

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Ayant prévu de prendre 4 jours de vacances pour visiter la région du 江西 (Jiang Xi), et notamment la ville de 九江 (Jiu Jiang), j’ai donc naturellement choisi le train pour m’y rendre (en fait c’était pas non plus possible en avion). Les finances jouant un rôle, le choix économique s’est vite opéré : 124Y pour 18h30 de train (1 100km) en place assise « dure ». Le choix « roots » par excellence, mais surtout, le choix de la majeure partie des chinois qui prennent le train. Je ne pouvais rêver meilleure immersion! Mais avant d’embarquer et n’étant pas la première fois que je prends le train en Chine dans ces conditions, voici mes conseils :

  • Faîtes vos courses avant d’arriver à la gare : nouilles instantanées, saucisses « knacki », oeufs dures sous vides, tofu en brochettes conservées sous vides, petits gâteaux, bonbons, quelques fruits et des rafraichissements. Cela vous reviendra nettement moins cher que d’acheter cela à un vendeur ambulant (salarié de la compagnie ferroviaire chinoise) à même le train. Vous semblerez ainsi parer à toutes éventualité car le meilleur moyen de passer le temps dans le train, c’est encore de grignoter et de manger en permanence. Et pour ça, les Chinois sont champion du monde. => Le conseil en plus : si vous voulez vraiment la jouer à la chinoise, munissez vous de graines de tournesols et autre pépins de pastèques grillés et partagez votre grignotage avec vos voisins, effet garanti!
  • Munissez vous d’un jeu de cartes : bon moyen pour briser un peu la glace, à condition de savoir jouer à quelques jeux chinois type « le pouilleux » qui se joue à 4. Plutôt à destination des « jeunes » que des vieux briscards, mais qui sait…chaque fois que j’ai pris le train, la moitié de mes voisins étaient des étudiants. Dès que vous commencerez à jouer, je peux vous dire que tout le monde se retournera pour assister à la partie. En effet, doublés d’une grande curiosité, les chinois y verront un bon moyen de briser la monotonie du voyage.
  • Faites ce que vous avez à faire niveau gestion du transit, car les toilettes d’heures en heures, deviennent de moins en moins praticables. Le conseil en plus => si vous fumez, allez-y avec la clope au bec, c’est permis (sauf dans les TGV) et chaudement recommandé ne serait-ce que pour l’odeur.

Dès les premières heures, en compagnie de 刘帅 et de mon collègue Tchèque 施文, on a fait la connaissance de 2 étudiantes chinoises originaires de la ville où l’on se rendait. On partage donc un peu nos victuailles, on discute un peu (surtout 刘帅) puis on commence une partie de carte. Succès garanti, tout le monde vient nous regarder jouer.

Y'avait un peu de rotation au niveau des joueurs ^^

Y’avait un peu de rotation au niveau des joueurs ^^

Le grignotage est permanent et continuera jusqu’au bout de la nuit (comme la chanson), faute de trouver une position confortable pour s’assoupir. C’est encore ce qui reste de mieux à faire pour tuer le temps.

刘帅 en pleine distribution de gateaux. Vous noterez en arrière plan les différentes façons de dormir dans un train chinois

刘帅 en pleine distribution de gâteaux.
Vous noterez en arrière plan les différentes façons de dormir dans un train chinois

Pour ce qui est de dormir, en additionnant mes temps de somnolence, j’ai du arriver à cumuler 3h de sommeil (très partiellement réparateur). Certains ayant de simple billet « debout », se réfugient dans l’inter-wagon fumeur pour se reposer comme ils peuvent.

Scène classique de la vie nocturne d'un train en Chine

Scène classique de la vie nocturne d’un train en Chine

L’aube finit par pointer ses rayons et l’animation reprend progressivement l’ensemble des wagons. Le défilée des vendeurs ambulants fait de même : ici des produits « secs », là des plats préparés à base de riz avec légumes, tofu ou autres, le menu coutant de 10Y à 20Y, ici aussi le vendeur de fruits et légumes, celui de magazines,cartes routières et cartes à jouer. Ceci sont incontournables. Mais on trouve également des vendeurs un peu plus originaux : le vendeur de batteries préchargées pour téléphone mobile et autres MP3 (les chinois sont littéralement scotchés à leurs téléphones en permanence), le vendeur de ceinture (si si) et ….le vendeur de chaussettes!! (là je comprends pas, mais il a du succès). La Chine comme je l’aime, mine de rien, ben ça brise la aussi un peu la monotonie.

刘帅 préférant utiliser son ordinateur portable pour recharger ses 2 téléphones, il va avoir droit à une admiratrice un poil agaçante (quoique tout mignonne). Mais tout comme moi, il supporte moyennement la compagnie des 儿童 ( Er Tong – enfants de 4 à 14 ans).

"Moi aussi j'veux jouer"!

« Moi aussi j’veux jouer »!

"Et toc!"

« Et toc! »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous voyons enfin le bout du voyage avec plus de 40 minutes de retard puisque on avait choisi le train le plus lent ( le 1218) parmi les 3 seules lignes qui reliaient 九江…le plus rapide mettant 16h30…. . Heureusement, y’avait la clim, car il fait sacrément chaud et l’humidité est de moins en moins supportable à mesure que l’on s’enfonce dans le Sud de la Chine.

Ainsi arrivés à 九江, nous allons pouvoir nous reposer : partis la veille à 17h20, nous sommes donc arrivés le lendemain matin à 11h40. Le temps de dire au revoir à nos compagnons de route (à qui j’ai offert mon bracelet bouddhiste, suite à une demande particulièrement appuyée de l’une d’elle), il reste encore 1,5km de marche pour rejoindre l’hôtel en traversant le lac, mais ça, c’est une autre histoire.

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