Comment les Chinois ont failli me faire détester la Chine

Le titre qui appelle à peine à la polémique, un véritable appeau à trolls ! Alors je vais annoncer immédiatement la couleur : il ne s’agit encore une fois que d’expériences personnelles et de partager un sentiment qui m’est propre. Loin de moi l’idée de mettre tous les chinois que je vais citer dans un seul et même sac (même si c’est tentant, au regard de l’immensité démographique). Non, tout cela relève justement un peu de la légèreté rédactionnelle et permettra de rendre cette lecture plus agréable, plus ludique, PLUS LOL QUOI!!

Comme à mon accoutumée, mon retour sur Xi’an (西安) s’est accompagné d’une belle escadrille d’emmerdes. De toute façon, je ne m’attendais pas à autre chose. La première année ça a été la difficulté de trouver un logement avec mon coloc, pour ensuite se rendre compte que la connexion internet mettrait du temps à venir. La deuxième année, l’arnaque au visa de travail d’une école privée qui soudainement a décidé (sans consultation bien sur) que j’enseignerai l’anglais principalement et le français à titre liminaire (au lieu de l’inverse) ; obligé de quitter le territoire, refaire un visa étudiant à Hong Kong, engager beaucoup de frais imprévus etc.

Et cette année, rebelote! L’avantage en Chine c’est que ce n’est jamais les mêmes emmerdes, toujours un truc de nouveau. Y’a pas moyen de se dire : « Nan, mais ça je l’ai déjà réglé par le passé, c’est bon je gère! » NON, NON, NON! JAMAIS DE REPETITION! A chaque fois, t’as un nouveau truc qui te pète à la gueule ce qui me confirme dans mon sentiment qu’en Chine, rien n’est stable si ce n’est l’instabilité (Sarah ne dirait pas autrement).

Cette fois-ci, apprenant mes velléités de déménagement à 15 jours de la fin du bail, la propriétaire décide qu’elle me pompera (NON NON NON ON SE CALME!!!) l’entièreté de ma caution de 2000Y (275€ au cours actuel). Je peux vous dire qu’au lendemain de mon retour de France, ça n’aide pas à rester serein surtout quand les arguments soulevés par la propriétaire sont tous de mauvaise foi et non prévus au bail.

Alors je ne vais pas entrer dans les détails de ça, la page est déjà tournée depuis quelques jours et rien que d’en reparler, ça me fout les boules. Non, par contre je vais vous présenter un peu le portrait type de 3 chinois qui à eux seuls ont failli m’écœurer de la Chine. Oui, il y’a matière à caricature et je ne vais pas m’en priver mais très franchement, les entre-lignes témoignent assez bien de la réalité de cet état de faits…De toute façon, c’est mon blog, je dis ce que je veux , et toc!

La pétasse nouvelle riche

Sois belle et ouvre la!

Sois belle et ouvre la!

Oui, oui, les nouveaux riches sont partout et leur portrait est finalement assez similaire d’un pays à l’autre : sous l’afflux soudain d’argent et des capacités d’achat démultipliées, on se croit soudainement fondé à réclamer tout et son contraire et en plus, avec le sentiment d’être en droit à le faire puisque l’argent prouve notre existence soudaine. Cette cruelle réalité est d’autant plus vraie en Chine où l’appât du gain n’est pas un tabou et où la problématique de l’argent semble irriguer ou sous-tendre la moindre discussion. Le problème étant que l’argent n’a jamais acheté les bonnes manières, le savoir vivre (et le savoir être donc), l’éducation (et non l’instruction), la courtoisie, l’élégance etc.

On me répondra que je suis trop « romantique » etc. Mais merde quoi! La vieille bourgeoisie a au moins ce côté « classe » tout en étant plein aux as que toute cette tripotée de nouveaux riches n’a pas. Et en Chine, ce phénomène est endémique. Mais je dois reconnaître, après discussion avec ma chère Sarah, que les nouvelles riches remportent la palme de l’exécrabilité (néologisme je sais).

Ma propriétaire par exemple. L’air hautain, l’insatisfaction permanente, certainement en possession de plus de deux appartements dans Xi’an (西安), qui se croit sapée chique alors que bon….ça se voit sur sa gueule que c’est une pouilleuse (et bim, t’avais qu’à pas porter des lunettes de soleil type « mouche » alors qu’il n’y a pas de soleil et qu’on est de surcroit en intérieur). Eh ben vas y que j’essaie d’estourbiller 275€ à l’étranger qui ne comprend rien  » Ici, on est en Chine, pas en France! » me rappela -t-elle. Peu importe s’il faut invoquer toutes les clauses les plus improbables du contrat, voire même celles qui n’existent pas, on gratte tant qu’on peut. « Je sais bien que vous en profitez parce que je suis étranger et que vous pensez que je ne comprends rien parce que mon chinois n’est pas excellent, mais faudrait pas me prendre pour un con parce qu’en France j’étais juriste » lui avais-je rétorqué…sans succès, me jurant la bouche en cœur avec son eunuque de mari que cela n’a rien à voir avec mon statut d’étranger….ben voyons!

La soif insatiable du pognon et l’ambition d’écraser son prochain pour faire miroiter son pseudo statut de réussite sociale, les femmes chinoises sont encore celles qui le font le mieux et tout ça dit sans sexisme aucun. Quelle pitié!

Bref, après de longues discussions, j’arrive à m’en sortir avec une simple pénalité de 1000Y : elle garde les 2000Y mais n’exige pas de moi le paiement des charges qui s’élèvent à peu près à 1000Y (frais annexes engagés inclus). TROP AIMABLE! Et c’est là que j’ai encore reçu une belle leçon de vie : 花钱买教训 (Hua Qian Mai Jiao Xun) selon un apophtegme chinois que me surina un de mes amis chinois « Payer pour acheter une leçon, pour recevoir une leçon (de vie s’entend)« . Dans un pays étranger, où les us et coutumes différent, quand bien même la barrière de la langue est partiellement franchie, il n’y a pas toujours de solution parfaite et il faut alors savoir se contenter de la solution la moins pire, celle qui ne nous empêchera pas d’avancer par la suite, quitte à mettre un mouchoir sur son orgueil ou sa dignité. Dure à avaler aux premiers abords, je pense que cette solution sera salvatrice pour la suite.

L’agent immobilier complaisant et veule

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Alors lui, il aurait des actions chez Pampers et Kleenex que cela ne m’étonnerait pas! Premier rendez vous avec lui, accompagné de Sarah, on sent déjà le malaise quand je lui évoque le fait que la propriétaire est en train de me la faire à l’envers avec captation de caution à la clé. Ca sue, ça goutte, ça baisse les yeux…sa couche a du se remplir en un rien de temps. On le sentait tout de suite bien emmerdé par cette affaire, au point de nous baratiner avec une clause inventée sous notre nez, pensant que nous comprendrions pas. Sauf qu’après le rendez-vous et un bon café, on s’était bien aperçu que ce n’était que mensonge.

Allez zou, nouveau rendez-vous avec un ami chinois histoire de lui mettre la pression. Tout d’un coups, changement de stratégie, il n’argue plus cette clause mais une autre, qui elle a la particularité par son manque de clarté de lui donner une bouée de secours. Mais nous ne sommes pas les seuls à lui mettre la pression, puisqu’il téléphone aussi à la propriétaire pour lui faire art de la problématique et cette dernière, en bonne 暴发户 (Bao Fa Hu – Nouveau riche) lui hurle une quantité de conneries pour faire valoir son arnaque. Lui faisant remarquer de toute façon qu’il n’était pas objectif puisque son client principal était la propriétaire et pas moi, il me répondra dans une hypocrisie pleine d’aplomb et dont les chinois ont le secret « Bien sur que non, autant que elle , vous êtes mes clients, je ne prends pas parti.« 

Ultime coups de poignard, au moment de la visite de rendu de l’appartement, vla ti pas qu’il débarque en tenue décontractée, avec son chtite n’enfant de 5 ans dans les pattes! La stratégie du gamin en bas-âge, un classique aussi! La fourberie vient du fait que personne n’aurait idée de s’engueuler devant un gamin, le pauvre, sous peine : d’une, de faire pleurer cette petite tête noire (bah oui, sont pas blonds les chinois), de deux, de perdre doublement la face. Déjà que la perdre en Chine est un affront, mais alors la perdre deux fois en même temps, j’imagine. Et donc oui, on est resté courtois eu égard à cette margoulaterie de premier ordre même si au finish, on a réussi à arracher un accord avec l’autre mégère (泼妇 – Po Fu). Note que ce constat de mégère ne vient pas que de moi, chacun de mes accompagnant ayant eu affaire à elle en est ressorti avec le même sentiment. Et l’agent immobilier lui, a réussi à se sortir de se guêpier car oui, oui, les chinois détestent (mais qui aime ça fondamentalement) les situations 麻烦 (Ma Fan – embêtante, pour rester poli) et font en général tout pour se défausser sur quelqu’un ou pour te rouler dans la farine histoire de t’éloigner, et donc , éloigner cette situation inconfortable. Courage fuyons!

L’ami passif, contemplatif et donneur de leçons

50261202178345750Sans fondamentalement viser quelqu’un (mon ancien coloc quand même), cette catégorie vise un peu tous les accompagnants chinois que j’ai eu durant cette histoire et qui à chaque moment clé n’ont pas fondamentalement essayé de comprendre mon désarroi face à cette situation qui puait l’arnaque à plein nez.. Moins pire que les deux précédents, mais pas moins gonflant sur le long terme car prompt à t’indiquer que s’énerver ne sert à rien, que si on réagit comme cela c’est que l’on n’a toujours rien compris au fonctionnement de la Chine et ponctuant son propos d’une sentencieuse expression chinoise (成语 – Cheng Yu).

Alors ça, ça me fatigue au plus au point! Car derrière un espèce de verni de compréhension se cache en vérité une attitude molle, moutonnière et incapable de faire preuve d’empathie….d’autant plus quand ces personnes passent leur temps à te dire qu’il y’a quelque chose qui les fait chier tous les deux jours. Et moi alors ? Tu comprends pas que malgré mes efforts à m’adapter et à comprendre, la Chine n’est pas mon pays ? Que je suis en difficulté face à certaines attitudes clairement malhonnêtes et que plutôt que de me lancer vos litanies vous pourriez essayer de sortir de votre certain confort « intellectuel » pour essayer d’aider au mieux un ami. Bah non, comprennent pas! Au pire quelques jurons dans le dos des deux précédents connards qui ont essayé de me rouler (et qui s’en sont pas trop mal sortis au finish), mais en face en face, de véritables eunuques.

Bref, c’est des moments où je me dis : « Mais qu’est-ce-que je fous là putain ? Un vrai pays de schizo-dinguos!« . Et puis la tempête passe, on retrouve vite pieds  avec la réalité et finalement, rapidement, d’autres chinois vous réconcilient immédiatement avec cet Empire du Milieu…et c’est heureux, mais c’est une autre histoire.

To be continued!

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Un nouveau média dédié à l’Asie : Asialyst (@Asialyst)

Pour une fois, je vais parler d’autre chose que de moi (enfin, au début) et de la Chine (en apparence). Je voudrais vous parler un peu d’un nouveau média, 100% numérique (pas de papier), entièrement consacré à l’Asie : Asialyst.

Dans ce média, l’Asie est traitée dans son sens le plus large, du Pakistan au Japon, en passant par le Kazakhstan, la Chine, les Philippines ou encore la Malaisie etc. Un média entièrement consacré à une vision approfondie et novatrice de l’Asie c’est à dire, pas à coups de projecteurs guidés par le fait-divers (souvent sordide).

Asialyst actuellement fonctionne autour de 3 pivots « rédactionnels » : la revue de presse quotidienne et la revue de presse économique tous les vendredis, les reportages de fond et enfin, les témoignages et regards de différents experts, observateurs de l’Asie.

http://atelier.rfi.fr/profiles/blogs/asialyst-un-nouveau-media-specialise-sur-l-asie

J’ai eu le plaisir de rencontrer les fondateurs de ce média et c’est là que j’ai été particulièrement convaincu par leur démarche. Je vous encourage en ce sens à bien écouter le reportage audio ci-dessus pour en découvrir tous les enjeux.

Pour l’instant l’accès à ce média est gratuit, mais une offre promotionnelle d’abonnement est en cours, 60€ l’année au lieu de 110€. Pourquoi payer, me direz vous, quand toute l’info sur l’Asie est disponible gratuitement sur internet?

Quelques objections à ce cliché :

  • Asialyst a au moins pour lui la qualité de regrouper un grand nombre d’informations qui obligerait à farfouiller des heures le cas échéant.
  • Le contenu proposé est justement ce que l’on ne trouve que trop rarement sur internet ou même dans la presse écrite. Un regard expert, non complaisant et avec recul et analyse sur de nombreux sujets qui ne se limitent pas à la Chine.
  • Asialyst se lance aussi dans un prisme d’analyse complètement trans-asiatique (non, pas les shemale, CA N’A RIEN A VOIR!) et les frontières s’estompent pour laisser place à des reportages, des regards, des chroniques qui ne se cantonnent pas à de simples considérations géographiques. Il est fort à parier que les relations Asie-Afrique seront même bientôt au programmes des sujets régulièrement traités
  • Asialyst, c’est des fondateurs qui ont une réelle légitimité aussi bien journalistique (mais pas que) qu’ « asiatique ». Ils ont également réussi à s’entourer de nombreux correspondants de qualité et reconnus comme tels dans le monde de la presse, notamment pour leur couverture de l’Asie.
  • Une rubrique « Regard » qui permet à des personnes (expertes ou non) vivant souvent l’Asie au quotidien, de partager leurs vues singulières sur un continent plein d’effervescence.

D’une certaine façon, c’est dans cette rubrique que j’interviens. Après discussion avec l’équipe d’Asialyst, il m’a été proposé d’animer humblement un blog régulier concernant notamment la vigueur des traditions ancestrales chinoises en perspective avec cette modernité à marche forcée dans laquelle avance la Chine. Très honoré de participer, à mon petit niveau à cette incroyable aventure, cette contribution m’oblige aussi à sortir un peu des sentiers battus et à affiner mes analyses avec pour objectifs, les attentes de l’équipe et des lecteurs d’Asialyst.

Pour info, j’écris sous pseudo (merci d’avance pour votre discrétion) et vous retrouverez mes dernières contributions ici => https://asialyst.com/fr/auteur/philipped/

Ce n’est donc pas de l’auto-promo, ni une vraie promo mais surtout un billet pour remercier les fondateurs d’Asialyst de l’honneur qu’ils me font de me laisser participer à cette belle épopée qui, je l’espère sincèrement, aura un succès radieux.

Merci donc Joris, Chloé, Stéphane, Antoine, Vincent et Louis.

https://asialyst.com/fr/

Ce cliché de la tradition contenue dans la modernité...

Ce cliché de la tradition contenue dans la modernité…

Les cérémonies du 3 septembre vues de l’intérieur

Rien que le titre pourrait être sujet à diverses appréciations. En occident, on dirait « 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale », considérant (à torts) les célébrations chinoises du 3 septembre comme le pendant pan-asiatique de notre 8 mai 1945. D’un autre côté, la Chine célèbre en ce 3 septembre 2015 le  « 70e anniversaire de la victoire de la guerre de résistance du peuple chinois contre l’agression japonaise et de la Guerre mondiale contre le fascisme », rien que ça… . Cette date correspondant en 1945, à la capitulation officielle du Japon signée la veille sur un bateau de guerre Américain stationné dans la baie de Tokyo, le USS Missouri.

Le but de mon propos n’est point de remettre en question la véracité de ces faits, dont la portée historique a été surement très largement sous-estimée dans les contrées occidentales. Je dirais plutôt que j’ai été énormément étonné par la tournure prise par cette célébration en grandes pompes (et pompeuse tant qu’à faire), d’autant plus que cette commémoration se veut ponctuelle (70e année) et non récurrente.

L’ennemi sera japonais ou ne sera pas

Mon premier étonnement est venu de la présentation même de ce défilé militaire comme un symbole de paix dans le monde. Je schématise certes, mais ce sont clairement les mots employés : la Chine se laissera plus faire ni humiliée comme elle l’a pu être par les Japonais. Et malgré un défilé de plusieurs dizaines d’armes lourdes, voire de destruction massive durant la célébration, c’est bien la paix qui est à l’œuvre.

« Civis pacem, para bellum » comme dirait l’autre! Mais contre qui alors ? Les Japonais, pardi! Et je peux vous dire que là non plus, les médias n’ont pas fait dans la dentelle. Chants patriotiques sur une chaine de télévision sur deux, la partie récente étant consacrée aux classiques téléfilms et séries clairement anti-japonais. Là où en temps normal tu peux encore zapper, ben là t’es baisé puisque toutes les chaines diffusaient, soit le défilé, soit les chants patriotiques, soit les séries anti-Japon…soit les 3 à la suite! Même dans le métro, les écrans géants radiodiffusaient pareils programmes. Et la diplomatie chinoise faignant l’incompréhension face à l’annulation de la venue de Shinzo Abe (1er ministre japonais) aux célébrations… .

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Loin de moi l’idée d’amoindrir les meurtrissures chinoises, mais il est clair que cette commémoration avait de très forts relents vengeurs et que lorsqu’un de mes amis chinois me dit (très sérieusement, si si) : « Mais ça n’a rien à voir avec la vengeance, c’est une cérémonie pour ne pas oublier ce qui s’est passé et pour promouvoir la paix« …je me dis que le PCC a réussi dans l’Éducation là où d’autres régimes de ce genre ont raté à maintes reprises. A vrai dire, mis en perspective, cela ressemble un peu à cette atmosphère post armistice 1945, où l’ennemi à abattre était le méchant Allemand, le « bosch », comme « bouc à misères » à tous nos malheurs et catalyseur de l’union nationale…un nationalisme de fait mais qui tait son nom.

L’union nationale comme catharsis

Qualifier la politique menée par Xi Jin Ping comme du « néo-nationalisme » serait un crime de lèse majesté, même si dans les faits cela pourrait se traduire ainsi : un PCC fragilisé et en manque de légitimité rebondissant ainsi sur la fibre nationale, quitte à parfois déraper allègrement dans ce « fascisme » tant décrié. Il est fort à parier que le Kuomingtang n’aurait pas fait mieux.

Gage de cette unité nationale, tous mes contacts sur Wechat (croisement entre Facebook et Whatsapp) avaient troqué leur avatar contre un drapeau de la République Populaire de Chine, multipliant l’envoie de photos, de poèmes faisant l’éloge de la victoire chinoise contre les Japonais. (Désolé, j’ai oublié d’en faire des copies d’écran)

Aucun écart de conduite ni moindre critique ne sera tolérée, et je me suis d’ailleurs fait tancer pour avoir comparé le défilé à ceux de la Corée du Nord :  » Tu ne comprends pas la Chine »  » Tu n’as pas le droit de dire du mal de la Chine, ni aucun autre étranger, sinon tu t’en vas : seuls les Chinois ont ce droit » etc. J’ai préféré effacer mes commentaires, on se serait cru dans un passage mélodramatique de la série  » Le miel et les abeilles ».

Après tout je ne suis pas chez moi, mais c’est typiquement ce genre d’évènements qui vous font vous sentir bien seul dans l’immensité de la Chine. Comme si quelqu’un avait appuyé sur un bouton et que seuls les étrangers ne reçoivent pas l’information transmise par cet interrupteur. Soudainement, tout le monde est mu par une fibre patriotique improbable, là où j’ai déjà entendu plusieurs chinois de toutes classes sociales critiquer vertement le pouvoir en place…et pourtant, dans ce genre de moments, tout le monde est comme « projeté à l’avant de la Nation », certains de mes contacts n’hésitant pas à me dire qu’ils ont pleuré devant leur poste de télé.

Prendre du recul et analyser tout cela n’est vraiment pas simple car le risque de tomber dans l’anti-communisme chinois est fort et c’est loin d’être mon propos, sans pour autant être complaisant avec le pouvoir en place. Mais assister à cela en gardant les yeux bien ouverts, c’est aussi être témoin d’une espèce de schizophrénie généralisée : le revival des traditions ancestrales comme nouveau ciment de la cohésion sociale, mais aussi un esprit qui se veut « communiste » en verni tenace, cette laque rouge qui habille les plus belles boiseries chinoises depuis des centaines années, et qui a pris elle même une consonance politique depuis près de 70 ans. Je n’ai pas fini d’explorer ni d’aimer ce pays, ça au moins, j’en suis sur!

L’empire du Milieu ou la Société harmonieuse ?

«  La société harmonieuse est un objectif, mais à l’heure actuelle, elle ne l’est pas ». S’il est vrai que la lecture d’ouvrage de savants du monde entier n’est pas pour me déplaire, la sagesse populaire (ou du moins, sa parole) a au moins le mérite de la franchise et de la clarté. Car s’il n’est pas dans mes habitudes de philosopher en Chine, la parole de mon vendeur de tofu quotidien a su aiguiser ma curiosité sur le terme de « société harmonieuse ».

Depuis le passage en douceur du flambeau entre Hu Jin Tao (胡锦涛) et Xi Jin Ping (习近平) en 2013, ce dernier a su relancer une campagne de communication à travers le paradigme du « Rêve Chinois  – 中国梦». A l’appuie de ce rêve, on a vu fleurir un peu partout des affiches de « propagandes » (qui en chinois n’a pas le sens péjoratif comme nous le concevons en Europe) aux contenus étonnamment très…traditionnels.

« Une table de repas civilisée : pas de nourriture ni de plats qui restent »

« Une table de repas civilisée : pas de nourriture ni de plats qui restent »

Les mots s’ajoutant aux dessins, un slogan en particulier a attiré mon attention : « harmonie » (和谐), ou plutôt «  Une société socialiste harmonieuse ». Étonnant agencement des mots entre le concept de société socialiste et d’harmonie car cette idée d’harmonie était déjà abondamment développée par le philosophe Confucius (孔子) notamment dans ses Analectes (VI.28) : « La vertu d’humanité, c’est élever autrui comme on souhaiterait l’être soi-même ; c’est le faire parvenir là où on le voudrait soi-même. ». L’harmonie entre les hommes sera la clé de l’harmonie dans la société. Si les messages « socialistes » et « confucianistes » se rejoignent sur le fond, c’est surtout le recours même à la dialectique confucianiste qui détonne.

Le révolution culturelle ayant eu pour objet de mettre fins aux « Quatre vieilleries » (vieilles idées, vieille culture, vieilles coutumes et vieilles habitudes), l’immixtion de l’harmonie confucéenne au soutien du pouvoir en place m’interroge. Eu égard à l’éducation reçue, comment les chinois de la génération 80 intègrent-ils ce message ?

Un de mes éphémères élèves de français, devenu ami entre temps, me disait : « En fait c’est un sujet très important mais on le pratique mal. Selon Confucius, il faut avoir l’harmonie à l’intérieur et à l’extérieur, mais le gouvernement chinois ne fait que l’extérieur […] l’apparence. En d’autres mots, on ne fait que crier des slogans mais on ne [fait pas]de choses réalistes, importantes pour le peuple. Mais pour le peuple chinois, ce que l’on doit faire c’est des choses petites, réalistes, du quotidien. Par exemple, si on veut l’harmonie, il faut réduire l’écart entre les riches et les pauvres, c’est très important.» Le fait politique est donc inextricablement associé à cette notion, qui initialement relevait plus de la philosophie, de l’apprentissage. «  L’harmonie «和谐»  c’est chaque personne qui joue bien son rôle […] sinon cela mène à une société disharmonieuse » me soulignait un de ses camarades de classe, sous une métaphore cinématographique.

« La Chine harmonieuse »

« La Chine harmonieuse »

« Un mot crée pour rendre les documents officiels caractéristiques de l’époque » (sic) osera même un autre étudiant en langue française…et en français dans le texte, s’il vous plait.

Une autre m’expliquait enfin que l’harmonie est un idéal et que si le gouvernement chinois semble s’y atteler sur certains aspects (lutte contre la corruption)cela reste « un tonnerre qui gronde fort pour de petites gouttes de pluie ». Et pour illustrer son propos, et le « lointain chemin restant à parcourir vers une société harmonieuse », me rappeler ce reportage sur la pollution en Chine réalisé fin 2014 par une présentatrice en vue et qui malgré son succès sur les plateformes vidéo, a été brusquement retiré des réseaux.

Loin de moi l’idée de tirer un bilan général de la situation actuelle chinoise sur la base de ces quelques témoignages, je suis tenté de penser que cela reflète une impregnation toujours vivace des traditions chinoises et ce malgré une révolution culturelle très incisive. Ces traditions ne semblent pas prêtes de disparaître, quitte à leur donner un verni « de rêve ». Grattez le verni et vous y verrez une religion populaire toujours vivace quelqu’en soient ses applications modernes.

Alors, l’harmonie confucéenne et « la société socialiste harmonieuse », même combat ? Pas si sur, même s’il faut reconnaître que la communication gouvernementale a su savamment se réapproprier un concept pourtant ancré dans les « 4 vieilleries » et le réactualiser pour en faire un des slogans phare du PCC. Et même, n’est-ce pas une façon de rendre aussi un hommage (inconscient, sans doute) à la phrase de Deng Xiao Ping expliquant que «Peu importe qu’un chat soit blanc ou noir, s’il attrape la souris, c’est un bon chat » … N’est ce pas dans les meilleurs pots que l’on fait les meilleurs confitures après tout ?

Comment…j’ai décidé d’abandonner un visa de travail pour un visa étudiant chinois (2e partie)

Comme je l’expliquais dans mon post précédent, il était essentiel pour moi de changer de visa afin de reprendre mes études. En effet, sans visa correspondant (à savoir étudiant), impossible de s’inscrire dans une université chinoise pour y suivre un cursus. Et là où très souvent l’argent arrange bien des choses dans l’Empire du Milieu, sur ce point, la scolarité est inflexible. Donc comment refaire son visa ?

 

De l’Empire du Milieu, il te faudra sortir

Ayant eu échos de quelques mésaventure quasi-similaires autour de moi, c’est un postulat que je connaissais à l’avance : obligation de quitter le territoire pour refaire son visa. Cette obligation s’impose en réalité quand vous changez de visa par exemple : de visa de travail à visa d’étudiant (et vice & versa), visa d’étudiant à visa business (et vice & versa). Cela ne s’applique donc pas en cas de prolongation d’un même visa, comme mes 2 précédents visa étudiants.

Se pose l’essentielle de la question : où aller ? Il convient de savoir que la sortie du territoire n’oblige pas à un retour au bercail (la France en l’occurrence) : vous allez où vous voulez, du moment que VOUS VOUS BARREZ! La solution la plus simple m’apparaît soudainement : Hong Kong (香港 – Xiang Gang). Alors oui, vous me répondrez que cela appartient à la Chine, et je suis entièrement d’accord avec vous (oui je suis nationaliste, je vous merde!). C’est en effet bizarre de se dire qu’administrativement parlant, en allant à Hong Kong, nous sortons du territoire. Pour être plus précis, il s’agit de l’entrée dans une zone appelée « Région Administrative Spéciale d’ Hong Kong » qui dispose d’un centre d’immigration et non d’un consulat ou quelconque ambassade chinoise (ce qui reviendrait à reconnaitre une forme d’indépendance, il n’en n’est rien). C’est toute l’illustration de la célèbre phrase de 邓小平 (Deng Xiao Ping) qui affirmait « 一国两制 – Yi Guo Liang Zhi),  » Un pays, deux systèmes« . Un monument de pragmatisme pour un tout petit monsieur (en taille)! Je m’égare!

Histoire de ne pas me louper, je prends quand même quelques informations auprès de certains interlocuteurs afin de m’assurer que ma démarche est bien faisable depuis Hong Kong. En effet, en scrutant le site officiel de l’immigration chinoise à Hong Kong, je comprends vite que les demandes de visa faîtes par des étrangers non considérés comme résidents permanent de Hong Kong, ne peuvent pas bénéficier des services de visa et qu’il est fortement recommandé (mais non obligé, semblerait-il) de retourner dans son pays pour procéder à cela (regardez le point 7).

PANIQUE A BORD!! Je me dis qu’il va donc falloir retourner en France pour procéder à ma demande de visa, devoir expliquer à mes parents pourquoi je reviens pour 4 jours en France, pour un nouveau visa alors que j’avais un visa de travail clé en main en quittant la France en août, devoir subir les remarques de mon père (surtout justifiées par son éternelle inquiétude, va je ne te hais point Père!) etc…. Bref, la galère! Je décide tout de même d’obtenir confirmation auprès de l’immigration de Xi’an, auprès de mon université, et soudainement la schizophrénie s’installe : tous me répondent que c’est possible depuis Hong Kong, malgré les dénégations du site officiel. Pour rajouter à la folie, je vais sur quelques sites et forums traitant un peu de mon problème : de véritables équivalents de Doctissimo pour globe-trotters du genre « J’ai entendu dire qu’ils ne donnaient plus aucun visa pour les français depuis Hong Kong, t’es dans la merde » etc etc. A dessein, je n’indique pas les adresses de ces forums d’agoraphobes pathologiques.

Après quelques jours de réflexions, et malgré mes tentatives vaines de joindre par téléphone le service d’immigration d’ Hong Kong par mail et téléphone (uniquement 2 tranches horaires d’appel : entre 10h-11h et 15h-16h, pire que la secu en France, qui l’eut cru!), je me décide à aller à Hong Kong pour essayer, car cela coutera toujours moins cher que de retourner en France. Dans le doute, je prépare un plan B au cas où ma demande échoue, vu que je craignais que le passage aussi rapide d’un visa de travail à un visa étudiant éveille des doutes : le visa touristique. Ce visa peut effectivement être transformé par mon université en visa étudiant lors de mon inscription. Avec la Chine, étant donné que l’on n’est jamais sur de rien, autant être préparé, d’où ce plan B.

 

Hong Kong, ville de contraste

Direction Hong Kong donc, vol direct depuis Xi’an en 2h30 . Je précise que nul besoin de visa pour entrer dans la zone de Hong Kong quand vous êtes français.

La petitesse ainsi que l’attrait touristique démesuré (voire incompréhensible à mes yeux, hormis les achats hors taxe) de Hong Kong rendent le prix des chambres d’hôtels particulièrement élevés. Cette étroitesse permanente a provoqué l’émergence de « Mansions » ou petits hôtels qui se nichent directement dans les étages de grands immeubles pouvant aller jusqu’au 30e étage. Dans certains immeubles, vous avez même 3 hôtels qui se répartissent les chambres. En réalité, ce sont souvent des appartements dont l’espace a été tronçonné au maximum pour créer des chambres (avec salle de bain, WIFI et air conditionné, sisi) de 5m² maximum. Et le tout pour 20€ la nuit, si si, vous ne rêvez pas.

Un vrai chiotte pour pygmée!

Un vrai chiotte pour pygmée!

Alors oui, il existe des chambres d’hôtel plus conformes à nos standard, mais je présuppose que le pris double à chaque m² ajouté…. .

La « bonne nouvelle » est que les français venant à Hong Kong pour obtenir un visa pour le continent, font l’objet d’une surveillance accrue de la douane chinoise. En effet, nombreux sont nos compatriotes (ou « gros cons », au choix) a avoir fraudé à plusieurs reprises la législation sur l’immigration en Chine continentale,  faisant de nombreux allers/retours entre Hong Kong et le continent, dévoyant l’intitulé de leurs visa pour travailler au noir etc. Payant aussi une politique européenne peu accommodante envers la Chine, surtout lancée sous Monsieur Sarkozy  (123A67E8YITOFTJTH D>FSQRN.PQ£<bfù*m!!!!%%), 15 pays européens ne peuvent bénéficier de la procédure express d’obtention de visa (en 48h).

Me voilà donc bloqué pour 4 jours ouvrés. Étant arrivé le mercredi soir, et n’ayant pu déposer mon dossier que le lendemain matin, pas question de quitter le territoire avant le mardi d’après. ARGHHHHH!!

Précision, histoire de maximiser vos chances d’obtention de visa : passez par une agence spécialisée. Croyez moi, elles ont l’habitude de traiter ce genre de dossier, et je pense même qu’elles bénéficient d’un apriori favorable de la part de l’immigration chinoise. Je suis passée par l’agence Everbright Visa. Alors oui, vous devez vous délester de 400HK$ (presque 40€) mais au moins, vous êtes quasiment sur de l’obtenir si votre dossier est complet. Frais de visa inclus avec un petit supplément pour une « assurance », j’en ai eu pour 832HK$ soit presque 85€.

Étant donc « prisonnier » de cette foutue ile d’Hong Kong (vous ai-je dit à quel point ce lieu me débecte ? Non ? Faudra un jour), je décide de quasiment passer mes jours dans ma chambres avec le WIFI et la climatisation à fond car dehors, c’est la mousson : 35°C et 80% d’humidité minimum, une touffeur de dingue!

La ville n’est pas déplaisante en soi finalement mais voilà : tout est étroit et les bâtiments si hauts que pour voir le ciel, on frise le torticolis ; les hong kongais préfèrent entendre les étrangers parler anglais plutôt que mandarin (si bien que je ne leur parlais qu’en mandarin, pour leur faire les pieds, prétextant que je ne parlais pas anglais) ; hormis le shopping et 3-4 sites remarquables (sans parler des îles qui elles, sont magnifiques), il n’y a rien à faire, ni à voir. C’est un temple de la consommation réduit à une tête d’épingle territoriale. De plus, mon niveau de vie ayant drastiquement baissé depuis le temps où j’étais venu visité Hong Kong, même se payer un café était un investissement. Ce qui explique mon hermétisme complet à cette culture insulaire.

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Je recommande toutefois d’aller sur les hauteurs pour un magnifique aperçu de la baie de Hong Kong. Bon, moi j’étais dans les bureaux de Lacoste Asie, mais c’est pareil ^^

La classe, non ?

La classe, non ?

Reste la gastronomie, qui loin d’être sans saveur, n’a jamais accroché énormément mon palais, surtout depuis que j’ai découvert les mets de 西安 (Xi’an) et plus particulièrement de la Chine du Nord. Alors, oui c’est bon les Dim Sum, mais ça va 5 minutes! Les plats sont très fins, très parfumés et franchement bons, mais voilà, ça manque de corps, de robustesse…trop fin pour moi. Impossible de relever son plat avec du piment lui même plus odorant que piquant (classique des piments du Sud-Est). Nan, décidément il me manquait ces goûts « racés » et sans fioritures du Nord de la Chine. Mais chacun ses goûts finalement. Au lieu de vous laisser apprivoiser bêtement par les sempiternels Dim Sum, goutez plutôt les fameux congee (gruaux de riz) d’ Hong Kong, j’en raffole : gruau de riz avec tranches de viandes, coriandre, ciboulette, champignons voire œufs de 100 ans. UNE TUERIE JE VOUS DIS!

Qui a dit "bol de vomi" ??? Grumpfff!!!

Qui a dit « bol de vomi » ??? Grumpfff!!!

Passant au travers d’un typhon classé « T8 » par la météorologie locale (ça va jusqu’à 10, en gros, tout était fermé, j’ai cru ne pas obtenir mon visa à la dernière minute….maudit que je suis….), je peux enfin m’échapper d’Hong Kong le lendemain, visa étudiant in the pocket, j’ai vraiment le sentiment de retourner « à la maison » en revenant sur 西安 (Xi’an), désolé maman!

Hong kong ? Très peu pour moi, même pour un séjour très temporaire, mais à chacun sa came finalement. Trop lisse, trop proprette, trop artificielle, trop fausse à vouloir être un exemple de développement en comparaison de la Chine continentale alors qu’elle n’hésite pas à fermer les yeux sur le quasi-esclavage moderne des femmes de chambres et bonnes à tout faire venues de Philippine ou d’Indonésie. Non, décidément Hong Kong ne ravira jamais mon cœur, car il manque un « je-ne-sais-quoi » que je pourrais finalement résumer avec l’image ci-dessous. Allez, rassurez-vous, j’ai mon visa étudiant pour encore 1 an, et tout va bien.

Coucou les amis, on rentre à la maison ? C'est moi qui tiens le cerceau ^^

Coucou les amis, on rentre à la maison ? C’est moi qui tiens le cerceau ^^

Comment…j’ai décidé d’abandonner un visa de travail pour un visa étudiant chinois (1er partie)

Fort de mon retour à Xi’an (西安), je pensais reprendre le cours de mon existence sur place, sans aléas ni la moindre anicroche. Fou que j’ai été de le croire, j’avais oublié le sacro saint principe : je suis en Chine, rien ne se passe comme prévu! Accrochez vos ceintures.

« On cherche un professeur de français »

 

En mai 2014, un ami me parle d’une école qui semble avoir pignon sur rue (International House) et qui recherche un professeur de français pour l’année scolaire suivante, avec à la clé : un visa de travail chinois, sésame des plus inaccessible pour celui qui ne dispose pas de solides compétences ou diplômes dans un domaine où la main d’œuvre chinoise fait défaut. L’enseignement des langues étrangères est l »un de ces domaines. Je saute donc sur l’occasion (trop belle…) pour me porter candidat. Étant le seul professeur de français, ayant le français comme langue native, nul sélection nécessaire, candidature acceptée.

Un mois avant mon départ pour la France (où je devrais faire ma demande de visa de travail temporaire), je transmets les premiers éléments à l’école pour établir le visa en amont. Le deal ? 4000 元 (soit 514 € au taux du 2 octobre 2014) par mois, plus logement (j’en veux pas), une indemnité d’installation, un billet d’avion pour la France en fin de contrat et prime de fin de contrat pour ….

5 jours avant mon retour en Chine, je reçois ENFIN [sic] les documents nécessaires à ma demande de visa à l’ambassade de Chine en France, que je devrais faire en procédure express (+ 80€ donc!!) pour ne pas rater mon vol quelques jours après. Me voilà Xi’an, j’arrive avec mon visa de travail temporaire…que je croyais

L’une des composantes du deal était d’être professeur de français, à titre principal, et de donner quelques cours d’anglais à des enfants, pour « dépanner« …tu parles…! Je vais vite comprendre que les chinois ont un sens subtil de l’équilibre en affaire. Arrivé à Xi’an (西安), je déménage pour un appartement plus spacieux et plus central, toujours avec mon coloc, et prend rapidement contact avec l’école pour préparer la « rentrée ».

 

« En fait, on voulait dire qu’on cherche surtout un professeur d’anglais. »

Rendez-vous est pris à l’école et je dois participer à une formation d’anglais …pour les enfants, enfin de m’habituer aux différents supports pédagogiques. Ne comprenant pas bien pourquoi on aborde immédiatement l’enseignement de l’anglais sachant que mon activité principale est censée être l’enseignement du français. Mais je ne moufte pas malgré une formation particulièrement…disons…infantilisante (c’est de rigueur vue le public, vous me direz)! Le professeur-formateur est effectivement excellent dans son domaine et semble avoir pas mal d’années de bouteille dans le domaine, et d’y prendre toujours autant de plaisir. Formation donc, mais surtout impossibilité d’apporter à la pédagogie sa petite touche personnelle ou quoi d’autre : interdit de prononcer le moindre mot en chinois (le traducteur est là pour ça), s’amuser avec les enfants (au-dessus de mes forces), parler un anglais parfait (hahahah…les cons…demander ça à un français…j’en pleure encore de rire!). Et cerise sur le gâteaux : je capte une conversation indiscrète ente l’interprète et le formateur: j’ai été désigné comme professeur titulaire et remplaçant du dit formateur à temps plein, qui quitte l’école pour retourner en Pologne. Et me voilà piégé!!!

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Dégouté par cette heure de formation, je prends rapidement contact avec l’ami qui m’a mis en relation avec cette école, et pour laquelle il a travaillé 1 an. Et au fil de la conversation, le masque tombe : 25 heures de travail par semaine (c’est de l’enseignement je précise), parfois aucun cours de français, des annulations/inscriptions de cours à la dernière minute, faiblesse du matériel pédagogique… . Je m’effondre complètement car j’ai au fond de moi compris qu’il me serait impossible de bosser dans ces conditions.

Après de longues discussions avec mon coloc, son oncle et mes amis sur place, je cherche à m’extirper de ce traquenard. La semaine suivante, on me demande à nouveaux de participer à cette formation pour ensuite m’évaluer à l’enseignement en condition réelle. C’est juste au dessus de mes forces, je ne peux pas et je les plante sans vergogne. J’avais d’autant moins de scrupule que premier planning qu’ils m’avaient communiqués prévoyait pour la semaine, 13h de cours, compilées entre le vendredi et le dimanche, sans la moindre mention d’un quelconque cours de français : que des cours d’anglais!

La semaine d’après, rebelote : 15h de cours concentrées sur le week end dont la moitié en anglais. J’ai cru m’étrangler en lisant ce planning. Curieux tout de même, je me rends à mon premier cours de français, histoire de tâter le terrain. En arrivant, l’une des secrétaires me tend 3 feuilles en m’expliquant que c’est la présentation des mes élèves. Le temps d’une minute je ravale mes préjugés, considérant qu’ils avaient fait un petit effort jusqu’à ce qu’à la lecture, je me rends compte qu’il s’agissait de mes jeunes élèves (5-7 ans) …en anglais!!! ARGGHHHHH! Je rends les papiers en disant que je n’en veux pas et demande à la secrétaire où est donc la présentation de mes élèves de français : j’ai compris dans son regard que je m’étais fait « baiser« , mais avec un petit raffinement : verre pilé et gravillons! Je lui indique donc que je ne donnerais aucun cours d’anglais car j’ai été recruté pour enseigner le français et non pas la langue de Shakespeare, quoiqu’ils en pensent. Je lui demande de communiquer instamment ma position à la responsable pédagogique (chose qu’elle ne fera pas…je m’en doutais presque)

3 jours après, à deux heures du « cours d’anglais » prévu au planning, la responsable m’informe par messagerie instantanée que le cours est décalé d’une heure. Comme je m’y attendais, l’information n’ayant pas été communiquée, je lui indique que je ne donnerai pas de cours d’anglais car on s’était suffisamment foutu de ma gueule ainsi. S’instaure un dialogue de sourd (typique des chinois qui font semblant de ne pas vouloir comprendre pour mieux tente de satisfaire leurs exigences) qui finit par m’énerver et donc je mets fin rapidement. Quelques heures passent, et c’est le numéro 2 de l’école qui m’appelle pour s’enquérir de la situation. Je luis indique à nouveaux que contrairement à ce que j’ai pu leur dit auparavant, je refuse donc d’enseigner l’anglais. Pourquoi ? Parce que c’est en train de devenir la langue d’enseignement principale au détriment du français et que faute pour eux de me trouver de nouveaux élèves de français, ils ne me paieront pas à ne rien foutre et donc me forceront à enseigner l’anglais à temps plein en attendant. Chose que je refuse. Après quelques palabres, il finit par comprendre ma situation et moi je me rends compte finalement que le principal sujet dont nous discutons depuis ce jour, c’est les cours d’anglais alors que c’était censé n’être qu’un enseignement très secondaire. Lui faisant part de mon constat, je décide couper court en lui laissant le choix de dire au directeur de l’école ma position, sans fioriture : 100% cours de français ou je me casse.

A vrai dire, ma décision était déjà prise car je ne pouvais me résoudre à travailler dans une ambiance potentiellement explosive. Quelques heures après, je lui indique que je rentre en France pour raison personnelle et que je ne resterai pas en Chine. Pourquoi ? Parce que je ne voulais pas qu’en partant en douceur, ils essaient de me faire payer les démarches engagées pour l’obtention de mon visa de travail temporaire, ils en auraient été capables. Un départ brutal ne laissant place à aucune contestation, c’est finalement ce qu’il y avait de plus propre.

 

Finalement, je vais reprendre mes études

En apparence, rien de plus simple. Une longue discussion avec Sarah m’a permis de me remémorer la motivation première de ma venue en Chine : apprendre le chinois, et je suis loin d’en avoir fini avec Confucius. Par conséquent, j’ai décidé de reprendre mes études à l’Université Normal du Shaanxi (陕西师范大学 – Shaanxi Shi Fan Da Xue) et de donner mes propres cours de français en parallèle.

Mais souvenez-vous : je suis rentré en Chine avec un visa de travail temporaire et il est impossible de suivre un cursus universitaire en Chine, sans le bon visa, à savoir le visa étudiant. Il va donc falloir que je change de visa le plus vite possible…et ça ne va pas être une partie de plaisir, loin de là…

 

A suivre ^^ (paie ton suspens….)

Tu le sens, mon suspens ??

Tu le sens, mon suspens ??