Revue de Presse sur la Chine de la semaine du 24.06.13

La revue de presse hebdomadaire sur la Chine, c’est maintenant et c’est ici => http://seenthis.net/pe :)

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La rengaine du jour

Toujours plus puissant, toujours plus sombre, restons dans une musique aux accointances avouées avec le Grand Démon (ne serait ce que pour le « show »). On va parler cette fois de mon groupe de death metal favori et qui fait également parti des précurseurs du genre, en tous les cas, l’un des premiers à avoir donné ses lettres de noblesse au genre: Morbid Angel. Les connaisseurs du genre n’auront pas besoin de plus de précisions, ils sont mythiques et incontournables dans le genre. J’en avais déjà parlé en évoquant Gojira d’ailleurs.

Leur premier méfait commence en 1986 et ils ne se sont pas vraiment arrêtés ensuite. Ca joue vite, très très vite et c’est très brutal. Le chant et les paroles sont sans concessions et d’une rare violence (surtout pour l’époque). Certains, comme mon père, hurleront au « tombereau de vomissures » mais c’est plus par esprit obtu qu’autre chose (désolé papa, tu l’as cherché). Car les beaux diables de Morbid Angel ont comme guitariste et membre fondateur un véritable prodige de la guitare en la personne de Trey Azagthoth. Les compositions sont  relativement techniques au regard de la brutalité sonore et de la vélocité des compositions. Je ne vous parle pas du batteur, Pete ‘Commando » Sandoval, que je classe parmi mes batteurs préférés. Mais voyons ce que je vous propose.

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Qui : Morbid Angel

TitreMaze of Torment

Album: Altars of Madness (1989)

Un grand classique de Morbid Angel, joué à chaque live du groupe! Un démarrage avec une guitare qui attaque le riff principal, le son est brouillon, voire caverneux dans le genre ambiance  » La Cité des Enfants Perdus » (Genet style). La batterie déboule puis marque le break à coups de cymbales avant de….avant de…putain le DÉMARRAGE à 300 km/h!! On croirait qu’ils ont le diable aux fessex! A vous projeter la tête contre le mur, un rouleau compresseur implacable où les soli de guitares désordonnés disputent la violence des roulements de double pédale. Mais surtout, écoutez bien les roulements de batterie : une vraie mitraillette mais avec un son naturel, « mate », pas trafiqué. Ca ne sonne pas synthétique et froid, c’est vraiment un son très analogique (dans la production), très vivant et naturel! A cela s’ajoute les groals de David Vincent, le chanteur-bassiste, dont la tessiture sied très bien à cette instrumentation. La composition PAR-FAITE! Je ne m’en lasse pas!

BONUS : pour bien vous rendre compte du haut degré de technicité et de précision du batteur, je vous ajoute une vidéo prise « live », uniquement focalisée sur les mouvements du batteur et le son de la batterie. Soyez curieux à défaut d’apprécier, c’est vraiment bluffant!

Qu’est ce qu’on mange (Bienvenu dans le Jiangxi 江西)

Nous allons aborder la séquence culinaire de mon voyage dans le 江西. Pour ceux qui auraient loupé des épisodes, j’ai commencé ici puis enchainé sur ça ! Mais pour ceux qui me connaissent, les découvertes culinaires ou juste, manger, se hissent toujours dans le top 2 de mes priorités du jour, peu importe l’endroit ou le moment : quand et qu’est ce qu’on mange ? Et  forcément le voyage a été émaillé haltes gustatives. Mais je vais traiter de cette question en 2 parties.

La 1er partie, pour vous parler tout d’abord des petites douceurs que l’on trouve un peu partout en Chine durant la période des festivités des « Bateaux dragons » (端午节). Il s’agit des 粽子 (Zong Zi). Voici un véritable « gâteau » entièrement fait de riz glutineux, le tout enveloppé dans une grande feuille de bambou.

粽子  - Mais il y'a une surprise à l'intérieure

粽子 – Mais il y’a une surprise à l’intérieure

Effectivement, il ne s’agit pas que de simple riz glutineux. Les 粽子 renferment une farce, souvent sucrée mais qui peut être également salée. Dans le cas de cette dernière, il s’agira souvent de morceaux de lard. Dans le cas des 粽子 sucrés, vous trouverez des farces aux dattes rouges, aux haricots rouges etc… .

Mais si "Miam!Miam"

Mais si « Miam!Miam »

D’ailleurs la grande distribution, à l’approche des festivités, a su aménagé des rayons entiers pour promouvoir la vente de 粽子 。

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Les festivités étant désormais finies depuis presque 1 semaine, il est beaucoup plus difficile d’en trouver auprès de vendeurs de rue dont au moins on est à peu près sur de la fraicheur, contrairement à ceux préemballés sous plastique en grande surface. A 九江, j’en ai acheté dans une boulangerie pour 1,5Y l’unité.

La 2e partie de ce billet concerne les plats dégustés durant le séjour dans le 江西. Proximité du grand fleuve 长江 (Yangzé) oblige, le poisson et les crustacés ont été à l’honneur, et pas qu’un peu! Un véritable calvaire pour moi qui ne supportent pas le poisson, et qui me méfie encore plus des crustacés, surtout en Chine. Mes 2 comparses étaient aux anges et c’est peu de le dire! On a commandé des quantités astronomiques à chaque repas. Il faut dire que pour ce que cela représente, c’était vraiment pas cher et semblait très bon (bah oui, vu que j’en n’ai pas mangé, cela « semblait » donc). Pour un diner avec 4-5 plats dont 2 avec de la viande (c’était mon « menu enfant ») et 2 bouteilles de bières, on dépassait rarement les 110Y en tout, soit moins de 15€!

L’intérêt du nom des plats étant particulièrement relatif et fluctuant, je n’en n’ai retenu aucun mais voici ce qui est passé sous leurs crocs acérés :

  • Des poissons de fleuve (évidemment, pas de montagne!)

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  • Des escargots

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  • Des palourdes, des coques en « flan », des moules, des couteaux de mer….

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  • Des langoustines

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  • Des grenouilles (ça c’était bon par contre)

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En gros, y’en avait pour tous les goûts sauf les miens ^^ ! Heureusement, en rentrant à 西安 je me suis précipité auprès de mon restaurant de nouilles préféré, histoire de manger un bon bol de 油泼面 ! Un pur délice.

Mais c’est aussi pour cette raison que je me suis installé dans une ville chinoise loin de points d’eau ou de fleuves, ainsi je m’assure que les spécialités locales de ne sont pas à base de produits de la mer…et pour ce qui est du 陕西, aucun risque!

Bienvenu dans le Jiangxi (江西) : la montagne Lu Shan (庐山)

S’il est vrai que je prends beaucoup de plaisir à visiter des coins de la Chine où la présence de touristes (aussi bien étrangers que chinois) est faible, je garde toujours dans un coin de ma tête la possibilité de visiter un site classé patrimoine de l’UNESCO (tant qu’à faire)! La Chine en dispose pas moins de 43 selon le dernier classement de l’UNESCO. Suivant mon raisonnement, je savais donc qu’en arrivant dans la ville de 九江, nous ne serions pas loin du site de 庐山 (Lu Shan, prononcez « Lou Shanne »).

Traduit en français, il s’agit de la « montagne Lu ». Mais comme très souvent en Chine, les Chinois ont tendance à appeler « montagne » ce qui s’avère être en réalité un parc forestier national et c’est bien le cas de 庐山. La visite de ce parc est donc au programme pour notre 3e jour dans le 江西 (Jiangxi).

Levée aux aurores pour prendre le bus à la gare routière, qui se trouve juste derrière la gare ferroviaire. Ticket : 15Y pour 40 minutes de trajets. ATTENTION : il existe une station de train qui s’appelle 庐山站 (Lu Shan Zhan), juste à côté de la ville de 九江. Le billet coute 5,5Y et le trajet 11 minutes mais il s’agit de la ville du même nom et qui est toute aussi éloignée du parc forestier que la ville de 九江. Si vous suivez cet itinéraire, vous devrez de toute façon reprendre un bus pour vous mener sur le parc de 庐山.

Les tarifs à l’entrée du site sont les suivants :

Une fois acquitté du prix, on remonte en bus pour nous amener véritablement à l’entrée du parc qui va s’avérer GI-GAN-TESQUE! Après 5 minutes, le chauffeur arrête le véhicule, et propose à ceux qui le souhaitent de descendre pour louer les services d’un taxi dont le tarif est fixé forfaitairement. On décide de tenter le coups, vu l’étendu du domaine. Mais ça sent la « traditionnelle » magouille à la chinoise: le conducteur est certainement de mèche avec la rabateuse qui nous attend à la sortie du car, qui elle même négociera pour le taxi qui attend à 10 mètres de nous (vous suivez ?). Sans être fondamentalement de l’arnaque, c’est un peu moyen mais bon, dès fois faut jouer le jeu. Et contre mauvaise fortune, bon coeur : on a un véritable chauffeur privé qui nous indique les points les plus importants à visiter en 1 journée. Chaque fois que nous terminons une visite, on lui passe un coups de fil (en fait, c’est mon compagnon de route 刘帅 qui s’en chargeait, faut pas déconner), et hop il venait nous chercher. Le tout pour 130Y la journée. Chère mais pratique!

Le lac principal

Le lac principal

Pour la petite histoire, il paraît que Mao s’y baignait très fréquemment, ce qui donne à cette étendue un caractère quasi « mythique » (ou pas!). En contre-bas de ce lac, on accède une petite forêt qui donne sur de petites cascades splendides!

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Le bassin du Dragon Jaune

Le bassin du Dragon Jaune

Là aussi, pour la petite histoire, il ne faut pas s’y laver les mains car cela porte malheur. Ne me demandez pas pourquoi, j’ai pas vraiment compris la raison. Le peuple chinois, derrière son tempérament très pragmatique et « terre à terre » nourrit un lot de superstitions assez impressionnant! Mais dirigeons nous vers les hauteurs maintenant.

Après une petite session de conduite, nous entamons la montée (bitumée) de 含鄱口 (Han Po Kou), là aussi bordé de forêts. Et les premiers paysages des montagnes environnantes nous apparaissent enfin.

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含鄱口

含鄱口

Le temps d’une petite pause déjeuner avant de commencer à redescendre tranquillement, toujours en traversant une forêt très peu fréquentée. Arrivé en bas, avant d’amorcer une grosse montée (bien que toujours bitumée), on décide d’aller se tremper les pieux (comme des gueux) dans le cours d’eau bordant la route! Particulièrement rafraichissant vu que l’on a évolué toute la journée sous le cagnare (33°C à l’ombre…y’avait pas d’ombre!).

Là, on ne cherche plus de poissons!

Là, on ne cherche plus de poissons!

Entamons maintenant l’ascension pour accéder à l’entrée de 五老峰 (Wu Lao Feng – « les 5 vieux sommets »). Nous croisons par la même occasion l’accès à de grandes chûtes d’eau, hélas payant (25Y par personne). Peu cher à première vue, mais le site de 庐山 a la désagréable particularité de faire payer, en sus du billet d’entrée global, un certain nombre d’accès à des sommets ou points de vue remarquables. Selon certains dires, si l’on s’acquitte de tout, on frôle une addition de 600Y, soit plus de 70€. Donc, non merci.

Nous arrivons enfin à l’entrée des 5 sommets en question.

La montée avec escaliers va s'annoncer terrible!

La montée avec escaliers va s’annoncer terrible!

Entre l’entrée et le dernier sommet, il y’a presque 6km de distance sachant qu’entre le 4e et le 5e c’est presque 1,5km d’écart. Le plus dure sera d’atteindre le 1er sommet, ensuite les suivants sont assez proches. Mais à chaque fois la vue s’embellit, donnant directement sur le plus grand lac d’eau douce de Chine, le 鄱阳湖 (Po Yang Hu).

Vue depuis le 1er sommet

Vue depuis le 1er sommet

Vue du 3e sommet

Vue depuis le 3e sommet

 

 

 

 

 

 

 

 

Vue depuis le 4e sommet

Vue depuis le 4e sommet

C’est tout de même époustouflant! N’ayant pas le temps d’atteindre le 5e sommet, nous descendons en toute hâte pour rejoindre notre chauffeur quelques kilomètres plus bas. Ayant fait exprès de rater notre bus touristique, dont le départ était pour 16h30, le taxi nous a donc déposé devant de petites camionnettes, stationnées à l’entrée du site de 庐山, qui faisaient la liaisons jusqu’à 九江, pour 20Y par personnes.

Cela confirme ce que me disait le tenancier du café « stylisé » à la française que j’ai rencontré en centre ville de 九江 : il faut au moins 3 jours pour visiter tous les sites de 庐山. Il n’avait pas tort le bougre, mes jambes en sont témoin. Mais c’est sur, j’y reviendrais.

Bienvenu dans le Jiangxi (江西) : la ville de Jiujiang (九江)

Voici la raison pour laquelle j’ai aussi expérimenté une petite traversée du territoire chinois en train : découvrir la ville de 九江 (à l’occasion) des célébrations de 端午节 (Duan Wu Jie – « Fêtes des bateaux dragons »). Bénéficiant de 3 jours de congés (dont 2 jours avaient été rattrapés le week end précédent), moi, 刘帅 et mon camarade Tchèque 施文, nous nous sommes embarqués dans un voyage de 18h30 de train pour rejoindre une région assez méconnue et plutôt pauvre qu’est le 江西. Pourquoi cette région ? Honnêtement, je l’ai choisi un peu au pif, du moment que nous étions proche d’un point d’eau. Le fait aussi que ce soit une région relativement peu touristique m’a également séduit. Je dois vous avouer que je n’ai pas été déçu le moins du monde, j’ai même été particulièrement conquis par la quiétude et la beauté de la ville de 九江 (Jiu Jiang).

Bon, 1er étape : sortir de la gare et rejoindre à pied notre hôtel, au bord du lac 🙂

La gare de 九江...admirez l'architecture

La gare de 九江…admirez l’architecture

Nous bordons un lac assez étendu mais qui crée immédiatement une atmosphère très paisible et très verte par la multitude de platanes (appelés en chinois les « arbres français ») source d’ombre, plus que bienvenue. Tout au long des rives du lac, on croise de nombreux pêcheurs à la ligne ainsi que des « pêcheurs » de coquillages et autres crustacée. 刘帅 n’a alors pu s’empecher de faire comme eux et de s’approcher du bord pour saisir, sans rien d’autre que ses mains, une écrevisse! Bluffant!

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"T'as le bonjour du Capt'ain Crabs!" (presque)

« T’as le bonjour du Capt’ain Crabs! » (presque)

Une fois reposé, mon camarade Tchèque et moi-même entreprenons un petit tour de la ville de 九江 qui ne se distingue pas énormément des autres villes chinoises à vrai dire. Mais elle jouit tout de même d’une situation géographique assez prompte à la rendre singulière : au Nord, le fleuve Yangtze (长江 – Chang Jiang), au Sud le lac Gantang. La population est aussi moins nombreuse et moins « dynamique » que celle des grandes villes chinoises. Si bien que dans certains quartiers, on peur réellement se « balader » s’en être bousculé en permanence. On peut flâner quoi! J’ai même aperçu des configurations de ruelles faisant typiquement penser à nos passages commerçants.

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A la balade s’ajoute l’observation des scènes de vie quotidienne chinoises par excellence :

Calligraphie à même le sol et à l'eau

Calligraphie à même le sol et à l’eau

Le coiffeur de rue - Coupe à moins de 10Y

Coiffeur de rue – Coupe à moins de 10Y

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voilà bien ce que j’aime en Chine : les gens se laissent vivre de façon fort simple.

Le lendemain, sous un ciel bleu et un soleil écrasant, nous nous sommes tous dirigés sur les bords du Yangtzé, histoire de voir un peu la Bête! Il faut convenir que c’est assez impressionnant, ne serait-ce qu’en apercevant la taille des bateaux qui naviguent dessus ; on se demande comment la coque ne touche pas le fond. Le spectacle reste époustouflant!

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On profite également du beau temps pour visiter une petite pagode adossée au fleuve (à ne pas confondre avec le Temple de 能仁, sur le bord du lac du centre ville). Là aussi, ne serait ce que pour la vue sur le fleuve (surtout par beau temps), cela vaut le coups d’y laisser 20Y de ticket d’entrée (demi-tarif…pour les natifs!).

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Belle surprise que cette visite de la ville, même si j’ai tout de même peine à croire qu’il y’a 4,5 millions d’habitants selon le dernier recensement. Je suppute des quartiers neufs placés un peu partout autour de la ville. Le plus étonnant c’est que j’ai réussi à trouver un café qui venait juste d’ouvrir ses portes, tenu par un Chinois qui avait étudié 5 ans le français en France. Le plaisir de déguster un bon verre de rouge en terrasse, en plein 九江, ça n’a pas de prix (si en fait : 50Y la demi-bouteille)!

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