Comment les Chinois ont failli me faire détester la Chine

Le titre qui appelle à peine à la polémique, un véritable appeau à trolls ! Alors je vais annoncer immédiatement la couleur : il ne s’agit encore une fois que d’expériences personnelles et de partager un sentiment qui m’est propre. Loin de moi l’idée de mettre tous les chinois que je vais citer dans un seul et même sac (même si c’est tentant, au regard de l’immensité démographique). Non, tout cela relève justement un peu de la légèreté rédactionnelle et permettra de rendre cette lecture plus agréable, plus ludique, PLUS LOL QUOI!!

Comme à mon accoutumée, mon retour sur Xi’an (西安) s’est accompagné d’une belle escadrille d’emmerdes. De toute façon, je ne m’attendais pas à autre chose. La première année ça a été la difficulté de trouver un logement avec mon coloc, pour ensuite se rendre compte que la connexion internet mettrait du temps à venir. La deuxième année, l’arnaque au visa de travail d’une école privée qui soudainement a décidé (sans consultation bien sur) que j’enseignerai l’anglais principalement et le français à titre liminaire (au lieu de l’inverse) ; obligé de quitter le territoire, refaire un visa étudiant à Hong Kong, engager beaucoup de frais imprévus etc.

Et cette année, rebelote! L’avantage en Chine c’est que ce n’est jamais les mêmes emmerdes, toujours un truc de nouveau. Y’a pas moyen de se dire : « Nan, mais ça je l’ai déjà réglé par le passé, c’est bon je gère! » NON, NON, NON! JAMAIS DE REPETITION! A chaque fois, t’as un nouveau truc qui te pète à la gueule ce qui me confirme dans mon sentiment qu’en Chine, rien n’est stable si ce n’est l’instabilité (Sarah ne dirait pas autrement).

Cette fois-ci, apprenant mes velléités de déménagement à 15 jours de la fin du bail, la propriétaire décide qu’elle me pompera (NON NON NON ON SE CALME!!!) l’entièreté de ma caution de 2000Y (275€ au cours actuel). Je peux vous dire qu’au lendemain de mon retour de France, ça n’aide pas à rester serein surtout quand les arguments soulevés par la propriétaire sont tous de mauvaise foi et non prévus au bail.

Alors je ne vais pas entrer dans les détails de ça, la page est déjà tournée depuis quelques jours et rien que d’en reparler, ça me fout les boules. Non, par contre je vais vous présenter un peu le portrait type de 3 chinois qui à eux seuls ont failli m’écœurer de la Chine. Oui, il y’a matière à caricature et je ne vais pas m’en priver mais très franchement, les entre-lignes témoignent assez bien de la réalité de cet état de faits…De toute façon, c’est mon blog, je dis ce que je veux , et toc!

La pétasse nouvelle riche

Sois belle et ouvre la!

Sois belle et ouvre la!

Oui, oui, les nouveaux riches sont partout et leur portrait est finalement assez similaire d’un pays à l’autre : sous l’afflux soudain d’argent et des capacités d’achat démultipliées, on se croit soudainement fondé à réclamer tout et son contraire et en plus, avec le sentiment d’être en droit à le faire puisque l’argent prouve notre existence soudaine. Cette cruelle réalité est d’autant plus vraie en Chine où l’appât du gain n’est pas un tabou et où la problématique de l’argent semble irriguer ou sous-tendre la moindre discussion. Le problème étant que l’argent n’a jamais acheté les bonnes manières, le savoir vivre (et le savoir être donc), l’éducation (et non l’instruction), la courtoisie, l’élégance etc.

On me répondra que je suis trop « romantique » etc. Mais merde quoi! La vieille bourgeoisie a au moins ce côté « classe » tout en étant plein aux as que toute cette tripotée de nouveaux riches n’a pas. Et en Chine, ce phénomène est endémique. Mais je dois reconnaître, après discussion avec ma chère Sarah, que les nouvelles riches remportent la palme de l’exécrabilité (néologisme je sais).

Ma propriétaire par exemple. L’air hautain, l’insatisfaction permanente, certainement en possession de plus de deux appartements dans Xi’an (西安), qui se croit sapée chique alors que bon….ça se voit sur sa gueule que c’est une pouilleuse (et bim, t’avais qu’à pas porter des lunettes de soleil type « mouche » alors qu’il n’y a pas de soleil et qu’on est de surcroit en intérieur). Eh ben vas y que j’essaie d’estourbiller 275€ à l’étranger qui ne comprend rien  » Ici, on est en Chine, pas en France! » me rappela -t-elle. Peu importe s’il faut invoquer toutes les clauses les plus improbables du contrat, voire même celles qui n’existent pas, on gratte tant qu’on peut. « Je sais bien que vous en profitez parce que je suis étranger et que vous pensez que je ne comprends rien parce que mon chinois n’est pas excellent, mais faudrait pas me prendre pour un con parce qu’en France j’étais juriste » lui avais-je rétorqué…sans succès, me jurant la bouche en cœur avec son eunuque de mari que cela n’a rien à voir avec mon statut d’étranger….ben voyons!

La soif insatiable du pognon et l’ambition d’écraser son prochain pour faire miroiter son pseudo statut de réussite sociale, les femmes chinoises sont encore celles qui le font le mieux et tout ça dit sans sexisme aucun. Quelle pitié!

Bref, après de longues discussions, j’arrive à m’en sortir avec une simple pénalité de 1000Y : elle garde les 2000Y mais n’exige pas de moi le paiement des charges qui s’élèvent à peu près à 1000Y (frais annexes engagés inclus). TROP AIMABLE! Et c’est là que j’ai encore reçu une belle leçon de vie : 花钱买教训 (Hua Qian Mai Jiao Xun) selon un apophtegme chinois que me surina un de mes amis chinois « Payer pour acheter une leçon, pour recevoir une leçon (de vie s’entend)« . Dans un pays étranger, où les us et coutumes différent, quand bien même la barrière de la langue est partiellement franchie, il n’y a pas toujours de solution parfaite et il faut alors savoir se contenter de la solution la moins pire, celle qui ne nous empêchera pas d’avancer par la suite, quitte à mettre un mouchoir sur son orgueil ou sa dignité. Dure à avaler aux premiers abords, je pense que cette solution sera salvatrice pour la suite.

L’agent immobilier complaisant et veule

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Alors lui, il aurait des actions chez Pampers et Kleenex que cela ne m’étonnerait pas! Premier rendez vous avec lui, accompagné de Sarah, on sent déjà le malaise quand je lui évoque le fait que la propriétaire est en train de me la faire à l’envers avec captation de caution à la clé. Ca sue, ça goutte, ça baisse les yeux…sa couche a du se remplir en un rien de temps. On le sentait tout de suite bien emmerdé par cette affaire, au point de nous baratiner avec une clause inventée sous notre nez, pensant que nous comprendrions pas. Sauf qu’après le rendez-vous et un bon café, on s’était bien aperçu que ce n’était que mensonge.

Allez zou, nouveau rendez-vous avec un ami chinois histoire de lui mettre la pression. Tout d’un coups, changement de stratégie, il n’argue plus cette clause mais une autre, qui elle a la particularité par son manque de clarté de lui donner une bouée de secours. Mais nous ne sommes pas les seuls à lui mettre la pression, puisqu’il téléphone aussi à la propriétaire pour lui faire art de la problématique et cette dernière, en bonne 暴发户 (Bao Fa Hu – Nouveau riche) lui hurle une quantité de conneries pour faire valoir son arnaque. Lui faisant remarquer de toute façon qu’il n’était pas objectif puisque son client principal était la propriétaire et pas moi, il me répondra dans une hypocrisie pleine d’aplomb et dont les chinois ont le secret « Bien sur que non, autant que elle , vous êtes mes clients, je ne prends pas parti.« 

Ultime coups de poignard, au moment de la visite de rendu de l’appartement, vla ti pas qu’il débarque en tenue décontractée, avec son chtite n’enfant de 5 ans dans les pattes! La stratégie du gamin en bas-âge, un classique aussi! La fourberie vient du fait que personne n’aurait idée de s’engueuler devant un gamin, le pauvre, sous peine : d’une, de faire pleurer cette petite tête noire (bah oui, sont pas blonds les chinois), de deux, de perdre doublement la face. Déjà que la perdre en Chine est un affront, mais alors la perdre deux fois en même temps, j’imagine. Et donc oui, on est resté courtois eu égard à cette margoulaterie de premier ordre même si au finish, on a réussi à arracher un accord avec l’autre mégère (泼妇 – Po Fu). Note que ce constat de mégère ne vient pas que de moi, chacun de mes accompagnant ayant eu affaire à elle en est ressorti avec le même sentiment. Et l’agent immobilier lui, a réussi à se sortir de se guêpier car oui, oui, les chinois détestent (mais qui aime ça fondamentalement) les situations 麻烦 (Ma Fan – embêtante, pour rester poli) et font en général tout pour se défausser sur quelqu’un ou pour te rouler dans la farine histoire de t’éloigner, et donc , éloigner cette situation inconfortable. Courage fuyons!

L’ami passif, contemplatif et donneur de leçons

50261202178345750Sans fondamentalement viser quelqu’un (mon ancien coloc quand même), cette catégorie vise un peu tous les accompagnants chinois que j’ai eu durant cette histoire et qui à chaque moment clé n’ont pas fondamentalement essayé de comprendre mon désarroi face à cette situation qui puait l’arnaque à plein nez.. Moins pire que les deux précédents, mais pas moins gonflant sur le long terme car prompt à t’indiquer que s’énerver ne sert à rien, que si on réagit comme cela c’est que l’on n’a toujours rien compris au fonctionnement de la Chine et ponctuant son propos d’une sentencieuse expression chinoise (成语 – Cheng Yu).

Alors ça, ça me fatigue au plus au point! Car derrière un espèce de verni de compréhension se cache en vérité une attitude molle, moutonnière et incapable de faire preuve d’empathie….d’autant plus quand ces personnes passent leur temps à te dire qu’il y’a quelque chose qui les fait chier tous les deux jours. Et moi alors ? Tu comprends pas que malgré mes efforts à m’adapter et à comprendre, la Chine n’est pas mon pays ? Que je suis en difficulté face à certaines attitudes clairement malhonnêtes et que plutôt que de me lancer vos litanies vous pourriez essayer de sortir de votre certain confort « intellectuel » pour essayer d’aider au mieux un ami. Bah non, comprennent pas! Au pire quelques jurons dans le dos des deux précédents connards qui ont essayé de me rouler (et qui s’en sont pas trop mal sortis au finish), mais en face en face, de véritables eunuques.

Bref, c’est des moments où je me dis : « Mais qu’est-ce-que je fous là putain ? Un vrai pays de schizo-dinguos!« . Et puis la tempête passe, on retrouve vite pieds  avec la réalité et finalement, rapidement, d’autres chinois vous réconcilient immédiatement avec cet Empire du Milieu…et c’est heureux, mais c’est une autre histoire.

To be continued!

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« C’est sympa chez toi »

Petite « private joke » pour commencer cet article concernant mon nouvel environnement de vie quotidienne. J’annonce tout de même l’absence de changement majeur par rapport à l’année dernière vu que j’habite dans la rue parallèle suivante (cherchez le petit brousouf vert « 起 », c’est là que j’habite).

Où est...?

Où est…?

Encore une fois, je suis à moins de 10 minutes à pied de l’Université, ce qui est diantrement (ça y’est je l’ai placé!) efficace quand on voit la fournée de bus prêts à dégueuler leurs passagers à chaque arrêt. Encore une fois je peux remercier mon colocataire qui s’est donné beaucoup de mal pour trouver cet appartement. Nous avons du changer de « complex » immobilier vu que celui de l’année dernière avait drastiquement augmenté ses tarifs. Mon loyer précédent étant passé de 1400Y à 1700Y hors charges ( 205€ par mois) pour 40m² habitables.

Cette fois ci l’appartement est un petit 2 pièces de presque 50m² avec air conditionnée. L’immeuble est flambant neuf et habitable mais il y’a encore peu d’habitants et l’on croise plus souvent dans l’ascenseur les ouvriers qui finissent les appartements que leurs occupants. L’immeuble, qui se nomme « 蓝山公馆 » (Lan Shan Gong Guan – « La Mansion de la Montagne Bleue »), se trouve au bout d’une petite allée en cul de sac et agréablement ombragée par platanes. Ces derniers sont d’ailleurs communément appelés « 法国梧桐 » (Fa Guo Wu Tong – Les platanes français).

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Soit dit en passant je me suis mis au mode de vie chinois en ne prenant mes petits déjeuners qu’à l’extérieur : 包子 (Bao Zi – Petit pain cuit à la vapeur et fourrés…à pleins de trucs au choix)  au tofu et au chou blanc sauce soja [1Y à 2Y chacun], des 夹馍(Jia Mo – « Chausson » de pain avec farce au choix, je recommande les champignons hachés au piment) [2.5Y chaque] ou encre des 饼子 (Bing Zi – Petit pains fris nature, sucrés, aux poivrons etc..) [1,5Y chaque]; le tout arrosé d’un yoghourt à la paille et roulez jeunesse. J’ai mes petites habitudes dans une petite guérite à l’entrée de la dite ruelle.

Le Miaou-Miam Casba (n'importe quoi!)

Le Miaou-Miam Casba (n’importe quoi!)

Comme quoi, même dans une ville bien développée, on trouve facilement ces petits coins qui font irrémédiablement penser à la campagne chinoise. Campagne certes modernisée mais le côté « roots » est particulièrement attachant. J’en veux pour preuve les restaurants et multiples gargotes qui se situent de part et d’autre de la ruelle (qui se nomme « 农林巷 » – Nong Lin Xiang – Ruelle de l’agriculture). Je pourrais ne pas sortir de cette ruelle, tout est à portée de main : marché aux légumes improvisé, épicerie, restaurant de nouilles, restaurant de « ragou » chinois,  etc…, centre médicale ( 100% chinois, rien à voir avec nos hôpitaux), dentiste etc… . Je vous laisse en juger.

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Scènes typiques de la Chine actuelle, je ne me lasse pas d’observer ces petits moments simples de la Chine « en mouvement » mais terriblement terre à terre.

Voici enfin mon appartement, au 11ème étage. 2 pièces à vivre (Salon sans fenêtres -_- ; chambre), une cuisine enfin dotée de bruleurs à gaz et une salle de bain petite mais suffisante. Tout le confort, un brin spartiate mais beaucoup moins que l’année dernière. L’appartement a du être meublé par nos soins et tous les achats ont été faits sur internet vie les sites populaires tels que http://www.jd.com/ ou encore http://www.taobao.com/index_global.php (les équivalents de Amazon ou encore ebay). On a pu se meubler pour à peu près 2200Y soit 265€ comprenant table, chaises, sèche linge, lave linge, ustensiles de cuisine, vaisselle et réfrigérateur. Je vous laisse imaginer en France à combien tout cela nous serait revenu. Le tout pour 1200Y par mois et moins de 100Y de charges mensuelles ; honnêtement c’est pas cher bien que les loyers aient globalement beaucoup augmenté. Nous avons profité du fait que cet appartement provienne d’un immeuble tout neuf, à peine fini.

L’immobilier en Chine reste assez spéculatif et peu s’avérer assez précaire. D’ailleurs il s’agit d’une des plus grande revendication de la population (les 老百姓 « Lao Bai Xing » – Littéralement « les 100 vieux noms », la population « de base ») : l’accès à l’habitat. Sachant qu’en Chine, on n’achète jamais son terrain qui appartient toujours à l’Etat. On n’est propriétaire de son bien immobilier que pendant 70 ans (un peu comme les 99 ans au Royaumes Unis il me semble, les leaseholds). Passé ce délai, le bien revient de l’escarcelle de l’Etat à moins que vous soyez en mesure de racheter votre bien au tarif du marché. Bref, ce n’est pas trop trop gagné pour être proprio dans l’Empire du Milieu.

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A l’heure où je vous écris, je profite toujours de la connexion capricieuse de la bibliothèque de l’université mais je n’ai pas le choix. C’est aussi pour cela que je n’incruste pas trop de photos car le chargement est long. Je ne resisterais pas toutefois à vous montrer celle prise ce matin : il s’agit de femme d’un certain âges qui font de l’exercice à l’aide de raquettes à fond souple sur lesquelles est posée une balle. Cette dernière ne doit pas tomber durant les mouvements que vous effectuez…un espèce de 太极拳 (Tai Ji Quan) amélioré. Elles s’entrainaient au pied de la BU de l’université.

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Devinez qui est de retour ?

Je reconnais que cela fait un peu pétard mouillé mais oui, je suis de retour en Chine (plus précisément 西安…comme l’année dernière quoi) pour une nouvelle année d’apprentissage de la langue chinoise. Pas mal de temps a passé depuis mon dernier poste mais je tiens à rassurer mon immense base de fans (au bas mot, 30 pékins) : je vais bien. Comme dirait notre Belge préféré (non, pas Johnny!) : « I’m back physically and mentaly« 

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Je suis arrivé en Chine le 23 août à Shanghai et y suis resté 4 jours en guise de sas de décompression avant d’affronter de nouveau la rugosité culturelle et quotidienne de 西安. Je suis arrivé le 27 au matin, en train, et mon actuel colloc (et toujours partenaire de langue) est venu me chercher. Serviable et gentil comme tout, il s’était chargé de la location de l’appartement, des achats sur internets pour meubler etc etc… bref, encore une fois j’ai laissé l’autochtone se charger de tout. Nous voici donc bien installé depuis presque 15 jours, les cours à l’université (陕西师范大学 – Shaanxi Shifan Daxue – Université Normale du Shaanxi) ont repris depuis bientôt 20 jours… tout semble fonctionner comme sur des roulettes …mais non en fait : JE N’AI PAS INTERNET CHEZ MOI! Pour ceux qui ont suivi mes aventures concernant l’eau chaude et le chauffage l’année dernière, c’est la même chose cette année mais version réseau internet. Et je peux vous dire que c’est quasiment tout aussi handicapant quand on connait ma propension à surfer sur internet, ne serait-ce que pour raconter mon humble quotidien ou quelques aventures « rocambolesques » genre « Il n’y a plus de papier dans les toilettes du restaurant, que faire ? Main droite ou main gauche ?« ). Bref, l’impression d’être coupé du monde. Vous me répondrez  » Tu n’as qu’a aller dans un café avec le Wifi gratuit ou autre subterfuge« …oui mais c’est pas pareil : plus de spontanéité dans ce que j’écris car obligé de tout préparer avant de se diriger au café et se délester de 20Y pour boire du jus de chaussette un café, juste pour boire un café…Honnêtement, ça fait chier! Mais comme l’année dernière, je vais devoir prendre mon mal en patience après que mon coloc se soit fait balader par la société prestatrice : un coups ils disent qu’ils peuvent, l’autre non, 3 jours après finalement c’est possible mais le surlendemain finalement non…That’s China, et ceux qui ont vécu en Chine ne pourront que très difficilement me contredire.

Mis à part ça, tout va bien et je recommence donc sur les chapeaux de roues. En attendant d’avoir ma propre connexion internet je vais essayer de profiter au maximum de celle de l’Université, aussi instable soit-elle. Je vais profiter de post pour vous résumer un petit peu ces 3 dernières semaines.

  • L’université et les cours de chinois

Sur ce point, également peu de changements.  Je suis au niveau 4 (四班) sur 8 et une nouvelle matière s’ajoute au détriment de 2 heures de cours de conversation. Il s’agit du cours de 视听说 (Shi Ting Shuo – « Regarder Ecouter Parler ») : en gros, on regarde un dessin animé traditionnel chinois, souvent muet, puis le professeur nous demande de raconter ce que l’on voit. D’apparence intéressant, ce cours est proprement nul à chier et d’une très grande inutilité vu comme il est enseigné. Aucune vitalité, aucun souci d’expliquer comment utiliser tel ou tel mot, c’est simple, je n’y apprends strictement rien du tout. Au moins, je sais à quoi ressemble un dessin animé traditionnel chinois : c’est un peu comme les Barbapapa chez nous! J’aurais une meilleure connexion, j’aurais fait l’effort de trouver une vidéo sur internet… Nous sommes actuellement 18 en classe, avec une très grande majorité de Coréens du Sud. Mais on retrouve les classiques Kazakhs, Kirghiz etc… à cela s’ajoute une japonaise, une indonésienne, un indien, une écossaise ainsi que mes camarades de l’année dernière. Et une fois de plus, j’ai été désigné « délégué de classe » 班长 (Ban Zhang), on ne se refait pas.

Le 10e jours du 9e mois du calendrier lunaire (soit le 10 septembre 2013), c’était également traditionnelle fête des professeurs « 教师节 » (Jiao Shi Jie), preuve que ce métier revêt encore une dimension sociale particulièrement importante (même s’ils sont payés au lance pierre, comme en France en fait ^^). Le statut du professeur est réel et il est toujours apprécié donc de souhaiter à ses professeurs une « bonne fête »…je me suis abstenu quand même. L’université était bien évidement décorée pour l’occasion.

Sculpture de fleurs

Sculpture de fleurs

  • La Chine et les Chinois

Pour le coups, ça aussi ça n’a pas changé. Le chinois reste égal à lui même : attachant mais désespérant tout autant, curieux mais pragmatique, gentil mais pas fou etc… . Les chinois restent les chinois que ce soit à Shanghai (上海) ou à Xi’an (西安) : ça grouille, ca vie sans se laisser perturber par les problèmes, les choses du quotidien. « Il faut avancer », « il faut vivre! », pragmatiques jusqu’au bout des ongles même si pour le coeur de occidental cela peut parfois manquer de chaleur ou de spontanéité à la « méditerranéenne ». J’ai repris le chemin de la piscine, faute d’ouverture de portes de la salle de gym. J’habite à  10 minutes à pied de l’université et me suis rapproché de l’arrêt de bus qui m’emmène à la piscine régionale. Là aussi, c’est un mini-bus avec un vendeur de billets à l’intérieur à qui l’on indique jusqu’où l’on va afin qu’il vousfixe le tarif correspondant. Il annonce de lui même les stations à venir, engueule les gens qui ne veulent pas se serrer comme des sardines pour laisser rentrer les nouveaux passager (à croire qu’ils doivent avoir une commission au nombre de passagers transportés entre 2 stations)! Je me demande encore comment les essieux arrivent à tenir tant je suis sur que l’on dépasse le nombre maximal de passagers autorisés à être transporté. That’s China once again… et j’adore ça!

"Un bus nommé désir"

« Un bus nommé désir »

Au fait, aujourd’hui nous sommes le 19 septembre 2013, la fête de la mi-automne (中秋节 – Zhong Qiu Jie), autrement appelée la »Fête de la Lune » par les occidentaux. Suivi le guide pour la petite histoire, je n’ai pas trop le temps pour le faire. Mais on retiendra que les Chinois savourent les fameux « Gateaux de la Lune » pendant cette période. Pâtisseries typiques aussi bien farcies avec une contenu salé que sucré, elles ont la particularité d’emporter une faible adhésion gustative auprès d’une grande partie des chinois. En effet, je n’ai jamais entendu un Chinois me dire qu’il raffolait de ces petits gâteaux…mais ça ne les empêchent pas d’en offrir dans de magnifiques coffrets. D’ailleurs le bureau de la scolarité cette année nous a offert à chacun 2 gâteaux de la Lune. Il y’a 2 ans, j’en avais ramenés au bureau dont certains étaient fourrés aux ailerons de requin…ça n’a pas fait l’unanimité je dois l’avouer et je n’y ai pas touché moi même. Mais bon, cette petite fête permet de profiter de 2 jours de vacances et les cours du vendredi seront rattrapés le dimanche matin. Pas folles les autorités chinoises,  « un pont mais pas trop quand même », voilà comment on pourrait résumer la conception du « pont » jour férié en Chine : le jour offert est rattrapé le week end précédent ou suivant directement.

Ça parait bon...mais c'est infâme! (Moi les goûts et les couleurs, je les discute!)

Ça parait bon…mais c’est infâme! (Moi les goûts et les couleurs, je les discute!)

  • Moi et le quotidien « chinois »

Mon colloc m’a trouvé un élève de français pour l’équivalent de 8h par semaine (400€ par mois), ce qui améliore quand même un peu le quotidien ou permet à minima de payer le loyer. Mais je ferait un post sur mon élève qui est particulièrement motivé et cela fait plaisir d’enseigner dans ces conditions, surtout quand on n’a pas la formation de base. Mais je me sers des livres de FLE (Français Langue Etrangère) prêtés par une amie (merci Fatiah) et ils sont parfaits même si je prépare moi-même chaque leçon.

Je me suis aussi fait alpagué par un des gérants d’un café dans la rue de mon université qui m’ont demandé de les aider pour traduire leurs offres de café en anglais contre dégustation gratuite. Comment leur expliquer que ma présence récurrente chez eux n’avait pour motivation que l’utilisation de leur WIFI ? Bref, why not c’est une belle expérience et pas trop chronophage.

Les types de graines de café

Les types de graines de café

Service à table, s'il vous plait!

Service à table, s’il vous plait!

Sarah revenue de Belgique, nous avons donc organisé notre classique (du moins, ça va le devenir) soirée « Franco-Belge » : fromage à gogo, bouteille de Bordeaux (achetée chez METRO) et petite salade composée. Le tout accompagné de 3 baguettes rances datant de la veille (on n’a pas eu mieux!). Quel plaisir! L’apéritif a naturellement été fait au pastis (et merci PERNAUD RICARD, ma STARE!)

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Allez, c’est reparti pour 1 an d’étude du chinois, des chinois, de la Chine etc… En attendant d’avoir internet je ne vous cacherai pas que mes post seront plus espacés mais j’essaierais de faire mon mieux pour poster 2 fois par semaine même si cela nécessitera plus d’organisation que l’année dernière. Encore une fois c’est la Chine et comme disait le philosophe anglais  » You can’t always get what you want » (Sacré Jagger). Mais de la à ce que tout cela me fasse douter de mon amour pour le pays ?

Naaaaaaaan!

Naaaaaaaan!

Comment…j’ai survécu à l’Administration chinoise, géant de papier

Ouf me revoilà! J’ai de nouveau internet depuis moins d’une semaine et j’ai rencontré quelques soucis pour passer la « Grande Muraille » électronique chinoise. Aujourd’hui je peux donc me connecter à mon blog mais j’espère que cela sera toujours possible par la suite : soit mon logiciel VPN déconnait, soit l’heure à laquelle j’écris est plus propice à libérer de la bande passante. Dans tous les cas, si je n’arrive pas à accéder plus facilement, je n’exclue pas d’opérer une migration du blog sur une plateforme non censurée comme over-blog.
« On s’en fout » vous allez me dire, je suis d’accord. Place aux news et au croustillant. Tout d’abord je vais bien, depuis mon dernier post. Les cours ont commencé cette semaine et j’ai choisi dans un un groupe un peu « inférieur » à mon niveau car je me suis surtout rendu compte que les résultats d’un apprentissage du chinois en quasi-autodidacte pendant 2 ans ne m’a pas permis de consolider certaines bases. Surtout, il ne m’a pas permis de travailler mon oreille, ce qui me manque le plus. Je ferai un billet spécifique au sujet des cours, le fonctionnement, les profs etc… Maintenant, je suis bien installé dans mon appartement de 40m² à 3 minutes de l’Université.

Je vais plutôt vous expliquer comment, aidé de mon ami (il a fait 30h de trains assis pour venir m’aider pendant toute une semaine à clôturer toutes les procédures légales et autres : Palme d’Or donc!) j’ai eu raison des « procédures » en Chine.

 

Le 26 août 2012

L’ouverture du compte en banque ayant été déjà été fait, ainsi que celui de mon inscription à la fac, passons à la suite.

Après avoir quitté le bureau, d’inscription, nous restons (avec mon ami)dans le campus de l’université pour m’ouvrir une ligne de téléphone portable. Car il faut savoir que les campus sont tellement grands, ce sont de véritables « villes dans la ville » avec toutes les échoppes utiles : banque, téléphonie mobile, supermarché, restaurant étudiants, coiffeurs etc…. On va donc chez China Mobile

On en ressort au bout de 10 minutes, après avoir laissé une nouvelle copie de mon passeport (ça fait 2) et choisi mon numéro de téléphone. Avis aux amateurs, pour me contacter maintenant c’est le numéro suivant : 187-2986-0780, en faisant le 0086 avant. Bien évidemment, j’interdis toute tentative d’appel en PCV ^^!

 

Le 27 août 2012

Direction le centre médical agrée pour un ultime check up dont les résultats déterminent la possibilité d’étendre ou non mon Visa (en synthèse, si tu as le VIH, tu peux déjà commencer à réserver ton billet de retour….). En gros, je refais ce que j’ai fait 10 jours auparavant en France : radio des poumons, analyse du sang et ECG.

Mais finalement, au vu des résultats que je leur ai transmis, ils ont estimé qu’une simple prise de sang était nécessaire, comme quoi… En 10 minutes c’était torché! Résultats, dans 3 jours! Vous ai-je dit que j’ai également donné une copie de mon passeport ? (3)

 

Le 28 août 2012

Journée consacrée à buller mais aussi à trouver un appartement près de l’Université pour moins de 2000Y par mois, tout meublé tant qu’à faire. Et les annonces ne manquent pas!! Mon kiff aurait été une colloque avec des chinois pour m’assurer de progrès constants, mais finalement la solution du « seul dans mon appartement » paraissait la plus simple. Le meilleur moyen de trouver un appartement est donc de passer par le net, si l’on ne veut pas payer une agence. Là aussi, si vous n’avez pas quelqu’un qui parle chinois, c’est (à mon sens) quasi foutu d’avance. Car il faut tchatcher un peu avec le bonhomme pour qu’il ai envie de vous le louer, et ça, mon ami le fait à merveille. C’est donc sur ce site que nous avons trouvé mon appartement en 1 jour : http://xa.ganji.com/fang1/.

Nous avons visité dans l’appartement dans la foulée puisque le proprio est venu nous chercher à l’auberge de jeunesse dans son rutilant 4×4 climatisé! Le lendemain on signait pour 1 400Y par mois, soit 170€ avec tout le confort moderne. Je crois lui avoir filé une copie de mon passeport au passage (4).

A force de courir dans tous les sens, je commence à être sur les dents nerveusement….

 

Le 29 août 2012

Installation dans l’appartement après un nettoyage sommaire, vu que le propriétaire débarquait le soir même pour installer en 1h chrono, le lit, l’armoire et les tables de chevet! Ikea, tu peux pas test, c’est limite le mec montait ça à l’oreille et la clop au bec s’il vous plait! Après, le choix des couleurs reste discutable :

 

Le 30 août 2012

Le gars censé installer internet débarque de bon matin pour….me demander une copie de mon passeport afin de procéder à l’ouverture de la ligne (5). Cela dit en passant, on ne reverra pas sa gueule avant mardi 4 septembre 2012 malgré sa promesse d’ouvrir et installer la ligne le jour même. Cela nous a valu plusieurs déplacements et coups de fil auprès de China Telecom ; mais bon, c’est typique du « Chinese way » pas si différent qu’en France finalement quand tu fais appel à un artisan et qu’il bosse 1  jours sur 2 pour cause de chantiers annexes.

Entre temps, nous devons retourner à plusieurs reprises à la banque pour s’assurer que le transfert depuis ma banque en France à bien été opéré et que Bank of China l’a reçu. Et la feinte est la suivante : l’argent avait bien été réceptionné mais la Bank of China attendait sagement mon ordre pour procéder à la conversion des devises en raison de la fluctuation des taux de change, un coup favorable un coup défavorable. Ce qui nous a bien valu 2 copies de passeport (8) en plus, une bonne quinzaine de papiers à signer au passage…j’en pleure encore!

L’après midi nous allons cherché mes résultats médicaux, ouf, tout va bien!

 

Le 2 septembre 2012

Direction l’Université pour un test de niveau : 4 putain de pages de pur chinois, sans la moindre traduction! Haaa ça, la valse, je l’ai bien dansée!! 45 minutes pour me sortir du test, complété par une petite discussion avec une professeur pour évaluer mon niveau à l’oral. Allez zou, au niveau 3 sur 5!

Direction ensuite le poste de Police le plus proche pour enfin m’enregistrer comme résidant temporaire étranger (on fait pareil en France je précise, pour ceux qui s’offusqueraient). On avait déjà tenté le coups mercredi dernier, mais la personne était en « réunion » jusqu’au lundi…ben voyons! Hormis le fait que nous nous étions trompé de poste de police, on procède enfin à l’enregistrement (pure formalité). Copie de mon passeport, normalish! (9).

Retour à l’Université pour donner à l’administration la copie de mes résultats médicaux ainsi que de mon enregistrement au poste de police. Et si on donnait une copie de son passeport en plus tant qu’à faire ? (10). L’administration termine de tamponner les derniers documents utiles pour mon extension de Visa…on commence à en voir le bout….

 

Le 3 septembre 2012

Après une première matinée de cours assez relevée, let’s go pour le Centre d’extension de Visa, grand bâtiment de Police à l’ouest de la ville. On y arrive in extremis avant la fermeture (16h….-_-), je donne l’ensemble de mes papiers (et une copie de mon passeport (11), je l’aurais presque oublié), je pars payer (400Y) et zou, j’y retourne le 10 septembre 2012 pour récupérer le Visa avec le précieux tampon.

Le soir même, je raccompagne mon ami à la gare pour prendre son train pour Guiyang et me voilà donc seul aux manœuvres pour la suite. Je sens que cela va décoiffer un brin! Attachez vos ceintures!